A LA CATHÉDRALE DE SAINT-OMER. — HAUTEUR TOTALE, 23 CENT
Quant aux ciboires en forme de coupe , ils sont extrêmement rares. Je n'en connais que trois exemples : l'un est au Musée du Louvre et, dit-on, provient de Montmajour, près d'Arles; l'autre est dans le trésor de la cathédrale de Sens; le troisième appartient à la cathédrale de Munster, en Westphalie, où il sert aujourd'hui de reliquaire.
Le ciboire du Louvre est certainement le plus riche et le plus beau vase du XII' siècle qui existe 2 ; l'émail et les pierres précieuses concourent à rehausser les ornements ciselés et les têtes en relief qui en couvrent les deux hémisphères. Les seize personnages humains, prophètes et apôtres, mêlés aux trentesix anges qui tapissent la coupe, le couvercle et le bouton, semblent bien,
1. Dans son « Trésor de l'art ancien en Belgique », M. Arnaud Scliaepkens a décrit et gravé ce vase, page 21, planche x\v.
2. Il faisait partie de la précieuse collection que M. Réveil, peintre, a cédée au Louvre en 1828. Il a été décrit par M. A. Darcel et gravé par M. L. Gaucherel dans le volume xiv, pages 1-H, des « Annales Archéologiques ».
comme dans la pyxide aux anges, exprimer que l'homme, depuis l'incarnation, s'est transformé en un être céleste, et que le pain angélique déposé dans cette coupe, dans ce tabernacle, est devenu la nourriture de l'humanité et surtout de l'humanité malheureuse :
Panis angelicus fit panis liominum.
Dat panis celicus figuris terminum.
0 res mirabilis! manducat Dominum Paupcr, servus et luimilis '.
131. — CIBOIRE DU LOUVUli. — X 1 1" SIECLE. — EN CUIVRE ÉMAII.LÉ.