UUSTE D'ÉVÊQUK. — FIN DUXV' SIECLE
l'IlOVlENT DE COLOGNE. — HAUT., 12 CENT.
bronze, argent ou or, dans lesquels se placerait le fragment spécial à chaque saint. Des rangées de petites figures diverses, qui pourraient être des œuvres d'art, parleraient ainsi et tout à la fois au cœur et aux yeux, au goût et à la piété ^.
1. L'un des bustes les plus intéressants et les plus historiques est celui du roi saint Oswald, en bronze doré, que possède le trésor de la cathédrale de llildesheini. Un octogone porte une sorte de dôme à huit côtés, d'où s'élève la lète couronnée du saint. Sur chaque face de l'octogone est représenté en émail un des sept rois canonisés pour leur sainteté, et qui font ainsi honneur à saint Oswald figuré une seconde fois, assis sur un trône et occupant la huitième face. La tète, (jui domine tout le monument, est coilTée d'une cinironne ornée des plus riches pierreries. Dans son « Der Dom zu Ilildesheim », M. le docteur Kralz a donné en description (pages 144-148) et en lithographie (planche m, figure 2) C3 buste de saint Oswald que M. Th. King, architecte de Bruges, vient de reproduire sur une plus grande échelle dans ses « Études i)ratiques de l'archi-
ET D'OiîFKVRERIE DU MOYEN AGE.
La planche qui suit offre de rintérêt, non pour la beauté du personnage, mais pour l'exécution et la forme de l'objet. C'est de l'argent martelé en feuilles minces, relevé de pierres et de filigranes, et cloué sur une âme en bois. C'est ainsi qu'on a toujours exécuté les relic|uaires en or, comme l'autel de Bàle, comme les statuettes de la sainte Vierge à Miinstcr et àEssen (Westphalie). La matière est trop précieuse pour la couler comme on coule le bronze. L'argent, trop précieux aussi, a prescjue toujours été traité comme l'or, par feuilles amincies au marteau et clouées sur un noyau en bois. Ainsi est fait le buste de saint Théofrède ou saint Chaffre, deuxième abbé du Monastier flïaute-
BUSTE DE SAINT-TIIEOFRKDP:. — X II '' SIliCLE.
DANS L tGL:SE DU iMUNASllER, H A D T E-LO 1 B E.
Il Ai; T., Gl CENT-
I^ioire), martyrisé par les Sarrazins vers l'an 7o2. «(C'est un reliquaire on chêne, revêtu de plaques d'argent, qui mesure 61 centimètres de hauteur. Le socle, dont la hauteur est de /i5 millimètres, est garni de feuilles de cuivre que décore supérieurement une bande ou bordure d'argent. Toutes* les lames sont liées ensemble, par superposition de leurs bords, au moyen de petits clous en argent. Enfin, à la face inférieure du socle, une porte en cuivre ferme l'entrée d'un réduit consacré aux reliques* ».
lecUire », volume ir, pliinclies lxv et lxvi. A la frisn, qui sépare du toit la partie droite de l'octogone, on lit :
+ Rex • pivs • Oswaldvs • sese • dcdit • et • sva • Cliristo . Lictoriqve • ca|i\t. • qvod • in • avro • condilvr • isto •
Les sept autres rois qui accompagnent Oswald sont : saint Edouard, saint Elfrède, saint Edelwald, saint Canut, saint Edclbert, saint Edmond et saint Sigismond.
1. Auguste Aymaud et Hippolyte Malègue , « Album pliotographique d'arcliéologie religieuse », page 7, planche i. — Ce buste n'est pas sans analogie, comme époque et comme facture de construction, avec celui de saint Candide, soldat martyr, qui est conservé dans le trésor de Saint-Maurice en Valais. Voir !'« Histoire de l'architecture sacrée en Suisse », par 11;vignac, architecte, Paris, 18.33, pages 161-165, planches xviiixix.
11 est rare de voir des reliquaires dont le buste soit aussi prolongé que celui de saint ïliéofrède; ordinairement, on ne montre que la tête, le cou et le haut des épaules, comme au reliquaire de sainte Madeleine, n° 17, et comme k celui du n° 18. Cette particularité nous conduit tout naturellement à la statue ou statuette en pied comme celle qui suit, et que les lecteurs des (< Annales Archéologiques » connaissent parfaitement, grâce à la description de M. l'abbé Texier et à la gravure sur métal de M. Léon Gaucheren. C'est assurément l'une des œuvres les plus élégantes de la fonte, de la ciselure, de la gravure, de l'émaillerie et de la joaillerie du xiir siècle. Toute la métallurgie du moyen âge est là, et merveilleusement représentée. On me re])roche souvent d'aimer le moyen âge aux dépens de la renaissance et même de l'antiquité; l'accusation est fondée, mais aussi, c'est que l'antiquité et la renaissance ne valent pas le moyen âge. Je défie les admirateurs de l'art païen de me montrer une œuvre d'un travail analogue à cette statuette de saint Etienne de Muret, et qui lui soit égale ou même comparable.