RELIQUAIRE DE TOUS LES SAÎNTS. — XII'' SIÈCL
AL'TBEFÛIS A GISANDMOM'. — AUJOURD'HUI DANS L'ÉGLISE DE G H AT E A U- P 0 N S A T (H A U T E- V l E N N E).
On croirait que l'article suivant de l'inventaire de Grandmont, dressé en 1666, a été écrit pour le reliquaire n° 30 : — ■ « Un reliquaire fait en tableau, dont le cadre est en bois, et par-dessus orné d'ivoire et d'ébène, bien travaillé. On lit à travers d'une glace ces mots tout autour d'un carré : Sancti per fulem vicennU régna; operafi sunt, elc, et les noms autour des reliques dont il est garni :
« Sancti Andrese, apostoli ; sancti Mathiae, apostoli; sanctorum Innocen- « tium, martyrum ; sancti Sebastiani, martyris; sanctee Apolloniœ, Virginis (( et martyris; sanctae Gersinœ; sancti Ambrosii, episcopi Mediolani ; sanctœ (( Potentianse, virginis; sancti Agapiti, martyris; 40 martyrum; sancti Odolc( phi ; sanctiB Cordulœ, virginis et martyris; sancti Mauricii, martyris; sanctse (( Catharinœ, virginis et martyris; sanctse Barbarœ; undecim millium virginum « et martyrum; sanctorum Machabseorum ex legione sancti Gereonis; sancti (1 Alexandri, militis; sancti Bonifacii, papœ; sanctorum Thebseorum, marty- « rum, 16182. ,
Voilà un reliquaire presque universel, ou du moins d'une généralité considérable : outre les saints et saintes nommés par leur nom propre, il y a des
1. Voyez dans les « Annales Archéologiques », volume xiii, page 327, une description par M. Texieretune gravure par M. Gaucherel de ce curieux et beau reliquaire. t.. M. l'abbé Texier « Dictionnaire d'orfèvrerie chrétienne », colonne 871.
reliques des saints Macliabécs de la légion de Saint-Géréon, de seize cent dix-huit soldats martyrs de la légion Thébéenne, et enfin des onze mille compagnes de sainte Ursule. Pour contenir et surtout pour montrer les reliques d'un nombre aussi grand de personnages, le moyen âge a inventé de petits tableaux à une face, comme paraît avoir été celui de Grandmont, ou à deux volets, comme celui de l'église de Polignac, gravé ci-dessous, ou à trois compartiments, c'est-à-dire en triptyque, comme celui qui appartient à M. Arondel, et que M. VioUet-le-Duc a décrit et dessiné^, ou enfin à cinq, sept, neuf compartiments, comme on en voit encore dans certaines églises d'Autriche et d'Allemagne. Ces tableaux étaient divises en un très-grand nombre de petites cases, comme des alvéoles dans une ruche d'abeilles, et dans chaque chambrette était logée au moins une relique. Gela rappelle un peu le « columbarium )) de l'antiquité ou les chambres et galeries des catacombes de Piome.