‹ Manuel des uvres de bronze et d'orfévrerie du moyen ageChapitre 80 sur 151 · liNCKNSOIR UOMAIV". — EN STYLE DU Xll'-Xlll'^ SlÈCI.E · texte numérisé non relu

liNCKNSOIR UOMAIV". — EN STYLE DU Xll'-Xlll'^ SlÈCI.E

COPIÉ SUR va ENCENSOIR DE PIERRE, A LA CATHÉDRALE UE CHARTRES. — HAUTEUR, 17 CENT., DIAMÈTRE, 10 CENT.

L'encensoir à chaînes, placé entre les mains du thuriféraire, forme, parmi les instruments du culte, une des séries les plus intéressantes. Aux xii'' et xiii'' siècles, l'encensoir a la forme d'une sphère coupée en deux par la moitié. La partie inférieure, munie d'un pied sur lequel le petit appareil est assis, reçoit les charbons et l'encens qu'on y fait brûler; c'est la cassolette proprement dite. La partie supérieure, couvercle de la cassolette, est percée de trous

nombreux par où s'(k-liappent les nuages de l'encens. La forme du sphéroïde a singulièrement varié depuis le xi" siècle jusqu'à nos jours; mais les deux sections, qui sont indispensables, se retrouvent dans les encensoirs de toutes les époques. Le couvercle est mobile ; il monte et descend le long de trois ou quatre cliaînes qui sont fixées à la cassolette et vont s'attacher, par leur extrémité supérieure, à un petit pavillon. A travers ce pavillon ou chapeau passe une chaîne plus courte, terminée par un anneau, et cet anneau permet d'appeler ou de renvoyer le couvercle à volonté.

Le petit encensoir qui précède indique ce mécanisme qui n'a pas varié depuis bien des siècles.

Le moine Théophile, qui vivait au xii" siècle, a donné, dans son » Essai sur divers arts », les procédés de fabrication et les motifs d'iconographie pour exécuter des encensoirs en métal battu ou fondu. L'encensoir battu est le plus simple. Ainsi, dans la partie supérieure de l'encensoir, au centre et au sommet du couvercle, une tour octogonale percée de fenêtres; plus bas, quatre tours rondes alternant avec quatre tours carrées, percées de fenêtres et décorées de fleurs, d'oiseaux et d'animaux, lùitre ces tours, anges ailés. Dans la partie inférieure du couvercle, au milieu de quatre arceaux, les quatre évangélistes. Entre ces arc?, quatre têtes d'homme ou de lion, à travers lesquelles passent les quatre chaînes. Dans la partie inférieure, à l'encensoir proprement dit, quatre arcs, au milieu desquels les quatre fleuves du paradis, sous forme humaine, tenant chacun une urne d'où s'échappent des flots. Entre ces arcs, les faces de lion ou d'homme dans lesquelles sont attachées les chaînes. Le lis ou pavillon, auquel doivent s'adapter l'anneau et les chaînes, est orné de fleurs, de petits oiseaux ou animaux ^.

L'encensoir de Trêves, dont voici la gravure, répond jusqu'à un certain point à la description de Théophile. Pas de fleuves, ni d'évangélistes, ni d'anges; mais fleurs et animaux aux quatre arcs. Tour octogonale au sommet, dominant immédiatement huit tours, alternativement rondes et carrées, toutes percées de fenêtres 2.

i; TiiEOPHiLi, « Diversarum artium schodiila >., !ib. m, cap. lx. Traduction de M. le comte CiiAKLKS DK l'Escalopier, in-4", Paris, 1813, pages 207-216.

2. M. DE L.VBouDiî, « Notice des émaux du Louvre», deuxième partie, « Glossaire », donne, pages 260-261, les deux textes suivants qui ont un certain rapport avec nos gravures : — « Duo turribula argentea, exterius totaliter deaurata, cum opère gravato et levato, cum ecclesiis et turribus, et sexdecem campanellis argenteis apensis, et cathenis albis argenteis, ponderis xj m. xx d. » (Inventaire de Saint-Paul de Londres, année 1295.) — « Un encensier d'or, à quatre clieminées et quatre lucarnes, pesant, à tout le fer, deux marcs, quatre onces, quinze cstcrlins. » (Inventaire de Cliarles YI, année 1399.)

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