‹ Manuel des uvres de bronze et d'orfévrerie du moyen ageChapitre 86 sur 151 · AU MUSEE DE ROUEZ · texte numérisé non relu

AU MUSEE DE ROUEZ

LO.NCUEtR, 14 CENT., LARGEUR, 7 CENT.

Cette forme de navette n'est peut-être pas antérieure au xir siècle ; mais, à partir de cette époque jusqu'à la nôtre, elle a régné partout, sans modifications essentielles. Déjà le nom de navette, qui emporte avec lui la forme de nacelle, existe au commencement du xiir siècle, et M. A. Darcel l'a cité^ d'après un inventaire de la cathédrale de Salisbury : — « Thuribula iij argent, cum nacella argentea ad tluis. »

1. « Annales Arcliéologiques «, \o\. xiv, page 26i, arlicle « Na\ elles à encens ».

Les anges email lés sur le couvercle se voient assez fréquemment : « Une navette dorée' à mettre encens et est esmaillée cà angeloz et poise ij marcs i. » Quelquefois on les remplace par ces petits dragons enroulés sur eux-mêmes , qui servent de boutons au couvercle, comme à une navette allemande du xiir siècle, que nous venons de faire fondre d'après un moulage.

Le duc Jean de Berry, qui avait pour devise « Orsine » et pour « rébus » un ours et un cygne, donna à la Sainte-Chapelle de Bourges une navette d'or qui rappelait cette fantaisie : — « Une navette d'or c{ui siet sur un ours, et dessus ladite navette a un cygne émaillié de blanc, et tient ledit cygne avec le bec un escuçon aux armes dudit seigneur. Pesant, avec la cuillère, !\ marcs, 2 onces, 5 esterlins^. »

Les cuillers à prendi'c l'encens, dont il est fait mention ici, sont devenues bien plus rares ({ue les encensoirs; je ne sais même pas s'il en existe encore un exemple ancien. Dans cette pénurie, M. Darcel nous en a composé une dont l'extrémité finit en tête de serpent, en petite « gargoule » comme l'appelle r « Liventaire de Charles V, de l'an 1380, cité par M. de Laborde dans l'ouvrage cité ci-dessus, « Notice des émaux du Louvre » : — « Une navette d'argent verre, avec la cuiller oii il a inie gargoule, pesant ij marcs, j once, XV esterlins. »

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