CROSSE A FEUILLAGE. — KIN DU Xll' .SIÈCLE
K.N ANGLETERRE, DANS UNE COLLECTION PAli TIC [I LIBRE.
Le nœud, comme la feuille de la volute, e.st émaillé d'émail incrusté et d'une grande finesse; s'il y a contrefaçon, ce que je crois, ou du moins imitation, c'est d'une habileté fort rare. -
Presque toujours la volute de la crosse est formé par un corps de serpent écailleux, dont les anneaux se hérissent de crochets et dont le cou et la tête s'arrondissent en cercle pour former le crosseron proprement dit. Ce serpent, qui est le diable, attaque un lion ou bien il est attaqué lui-même' par cette bête qui , dans ce cas, semble symboliser le bien et rappeler le lion de Juda auquel Jésus-Christ est comparé : « Vicit leo de tribu Juda » .
Eï D'ORFÈVRERIE DU MOYEN AGE. 121
Les exemples de crosse en serpent aux prises avec un lion sont les plus nombreux que l'on connaisse. Chaque fois, pour ainsi dire, que l'on découvre un tombeau d'évêque du xii" ou du xm" siècle, on y trouve une crosse ainsi faite. C'est à croire que ce modèle appartient à tout le monde, à tous les orfèvres et fondeurs de France et des autres nations, et qu'à la même époque, de 1150 à 1280, ou environ, on l'a mis dans les mains de tous les prélats du monde.
*La crosse trouvée dans la tombe de l'évêque de Troyes, Hervée, mort en 1222; la crosse trouvée par M. Bœsvvilwald dans le tombeau d'un évêque