MITRE DE JEAN DE MARIGNY. XIV" SIÈCLE
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HAUTEUR DE C H A r, r N E , 24 CENT. — LARGEUR UE CHACUNE, 27 CENT.
Nous n'avons pas songé malheureusement à mettre une gravure ou deux des mitres actuelles en parallèle avec ces deux mitres anciennes ; mais ^ous pourrons le faire dans un autre travail, et nous pensons qu'on aura peine à ne
1. « Accipe baculum pastoralis officii, et sis in corrigendis vitiis pie sseviens, judicium sine ira tenens, in fovendis virtutibus auditorum animos demulcens, in tranquiilitate severitalis censuram non deserens. » — Citation du docteur Kreiser, « Kiriicnbau », vol. ii, p. 154.
pas rire en comparant le bon sens du moyen âge avec l'affectation de notre temps.
Avant de terminer ce paragraphe relatif aux bâtons et aux crosses, je demande la permission de revenir un instant sur les bâtons.
On conservait, dans le trésor de l'église abbatiale de Saint-Denis, ce que l'on appelait le sceptre d'or de Charlemagne. C'était un bâton haut de deux mètres environ, au sommet duquel était figuré Charlemagne, vêtu en empereur, assis sur un trône défendu par deux lions et deux aigles. Ce sceptre servait au couronnement des rois de France, et l'empereur Napoléon 1" le prit en main le jour de son sacre. Or, M. de Guilhermy nous a révélé ^ que ce prétendu sceptre n'était pas autre chose que le bâton du grand chantre de Saint-Denis. En effet, sur la hampe, à l'endroit de la poignée, on avait gravé cette inscription :
D'argent fist faire ce baston
Lan MCCC quatre vins
Quatorze ne plus ne moins
Ceux qui le tiendront en leurs mains
Veuillent prier après la vie
Que same soit es cieux ravie
.... Qu'il fust gardé
Et en grans festes regardé
Car pour loyaulté maintenir
Le doibt chantre en la main tenir
Malheureusement, pour que Napoléon ne s'aperçût pas qu'il tenait à la main un bâton de chantre au lieu du sceptre de Charlemagne, on fit limer ces vers 2, et aujourd'hui cet heureux bâton se pavane dans le musée des Souverains, au Louvre, au milieu des pièces les plus authentiques.
Un autre bâton, qui avait appartenu à Charlemagne ou à l'un des siens, existait dans le trésor de la cathédrale de Metz et servait au grand chantre capitulaire dans certaines cérémonies. On lit dans un inventaire de cette cathédrale, dressé en 1682 et publié en 1843 par M. Bégin, la mention suivante : (( Le bâton du maitre d'hôtel de Charlemagne, en ivoire. La pomme et la poignée étaient couvertes de lames d'or sur lesquelles on lisait : svm PANDVLPHi PRiNCiPis. Aux processious générales, un chanoine, revêtu d'une chape très-ancienne, semée d'aigles d'or et qu'on assurait avoir été portée
\. «Annales Archéologiques », vol. m, pages 266-268.
2. Lire dans le volume m des « Annales », cité ci-dessus, tous ces curieux détails que M. do Guilhermy tenait de MM. Révoil père et fils.
par l'empereur lui-même, marchait avec ce bâton à la main ^ » Enfin, la description suivante des bâtons choraux de la cathédrale d'Amiens complétera ce que nous avons dit sur la forme et l'usage de cet instrument :
(( A côté des croix 2, sont les bâtons en argent dont se servent messieurs le prêtre-chantre et le chantre aux offices. Ces bâtons sont ornés, par le haut, d'une espèce de tour à jour, de figure hexagone, formée par six colonnes isolées, qui soutiennent un dôme fait en lampe renversée, surmontée d'une fleur de lis. Dans cette tour est une petite statue de saint en vermeil doré. Autrefois ces messieurs se servoient de bâtons d'argent, lesquels se terminoient en croix potencées ^ dont se servent encore à certains jours les chantres et choristes ^. »