CHAPITRE XVn
Des différens omemens des Uures et pcarticuUàre^ ment de la gravure et de la reliure.
Après la netteté et l'agrément des caractères , la beauté du papier des gravures et de la reliure con^ slitue le principal ornement d'un livre.
Les ornemens que l'on recherche le plus aujourd'hui dans un hvre sont les gravures } aussi sontelles portées maintenant à un haut degré de fini et de perfection. Tous les artistes semblent rivaliser d'une noble émulation en consacrant leur burin à
(32) Tels sont les ouvrages secrets qui sortes des presses. Par exemple , les éeriU du cardinal Quirini , ne seront jamais trop connus, par^equ'il les a fait imprimer à ses dépens, qu*il n'en a point été irenda, et qn*il s'est réservé le plaisir d'en faire des présens.
(83) G*est un stratagème auquel le libraire , ou un auteur, ont souvent recours lorsqu'ils veulent déguiser un ouvrage qu'ils ne peuvent débiter publiquement, ou dont ils ne trouvent pas à se défaire.
orùer les belles productions typographiques qu'en^ faute journellement Fioiprimerie^
Ccmime la gravure était encwe dans son berceau lors de l'invention de l'imprimerie , nos premiers livres ne furent ornés que de gravures en taille de bois. Maso Finîguerra , orfèvre florentin , inventa la gravure sur métal ou en taille douce vers l'an i46o. U oroa de planches plusieurs ouvrages publiés en Italie (i). La gravure en taille douce ne fut exercée en Allemagne qu'en 1 4^ i > et dix ans après elle fut eonnue en France. Dès l'origine de l'imprimerie , on orna les livres de lettres toumeures (a). Les impri-^ meurs plaçaient aussi comme ornement , en tête des anci^ines éditions , dés vignettes, ainsi nommées parce que leurs premiers dessins, d'après ceux des manuscrits ^ offraient des feuilles de vigne (3). Suivant l'opinion commune , Aide IVIanuce est celui qui les a mises en usage poui* la première fois*
La reliure des livres devint., dès l'origine de leur impression , l'un de leurs prindpauK ornements. L'art
(1) Le pik'emîer de Itoos , d*après rôpinton de Mercier de Skmt-Léger , hUnn in-4% intituHé: Il éhotUè ^omèo di Dio , liDipritaié à Florence « en 1477 -, par Nicole di Lorenzo , et qui apoor atxieur AniiMte Bettmi^ deSienne^ évéque de Foligno.
(2) On nomma ainsi ces sortes de lettres de leur forme contournée et entourée ordinairement "de ■ftctiTS vt ti't>r»cmeas. EHes forment des lettres capitales qu'on peignait sou- ▼etit de diverses cofuleurs rehaussées d'argent ou d'or.
(3) Voir le chap. xiii. di-dessus, 4>ù il est traité plus amplement des vignettes.
du relieur n'est guère connu que depuis l'invention de l'imprimerie (4),dont il paraît avoir suivi les progrès. Nous ne parlerons point ici de l'art du relieur , ni des procédés employés dans les différentes espèces de reliure, tels que : i® débrocher; 2^ collationner ; 3® blattre le livre ; 4° grecquer ; 5® coudre ; 6® apprêter le volume pour l'endossure ; 7® épointer les ficelles ; 8° préparer le carton et le fixer au volume ; 9® endosser ; i o® prépai'er le livre à la rognure ; 1 1 ° rogner ; 1 2® faire la tranche ; 1 3° tranchefiler ; 1 4*^ rabaisser ; 1 5** couper les coins , coller la carte et les coins en parchemin ; 1 6*^ couper et parer les peaux; 17*^ coller la couverture; i8**raciner et marbrer la couverture ; 1 9° des ornemens rapportés sur la couverture; 20® de la dorure; 21*^ brunir la tranche; 22° coller la garde; 23® de la polissure; 24® du vernis , etc. Cette partie est du ressort des arts et métiers. Nous nous contenterons d'indiquer I ® les difierentes matières employées pour la reliure; 21® les différens genres de reliure , et enfin ; 3® les principaux relieurs modernes.
I ^ Dans le principe , la reliure a eu pour seul but la conservation des livres ; et ensuite, quand l'art du relieur s'est perfectionné , elle n'a pas peu contribué à l'ornement des bibliothèques (5).
(4) Car QiiparaTant on ne faisait que rouler {vohere, d'où est venu le mot volume ) le parchemin et les feuilles ou écorces sur lesquelles les livres étaient écrits.
(5) H est certain que plus d'un livre médiocre , surpris
• ( ^^7 ) Dans le i5^ siècle, les reliures commencèrent à
être enrichies de plaques d'or, d'argent ou d'incrustations eu ivoire. Dans le 1 6®, pour rendre les livres plus solides, on les couvrit de planches de bois (6) ; souvent on revêtit ces planches de cuir ou de velours (7). Les ouvrages de petit format furent ensuite
de se trouver sur les tablettes d*acajoa du somptueux bibliophile , peut , grâce aux Thouvenin , aux Simier , aux Purgold , s'écrier avec Sedaine : « Ah ! mon habit ^ que j» vous remercie ! » Ce serait peut-être le cas de citer ici ce que Sèneque disait de quelques amateurs de son temps : Plerisque,,,, libri non studiorum instrumenta sunt^ sed aediutn ornamenta ( De TranquilL, chap. ix).
(6) Le berceau de l'imprimerie a été le tombeau de quaatké de précieux manuscrits. Par une manie , dont on n« devrait pas se douter , on a flsiit main basse au siècle de l'invention de la typographie , sur beaucoup de manuscrits, et cela pour s'en servir à relier des livres imprimés. A voir les reliures du XV* siècle , on dirait qu'elles sont faites pour l'éternité. Des planchettes de bois sont revêtues de peaux de pore^ on collait en dedans du papier fort, ou du parchemin , ou vélin. Le parchemin étant rare et coûteux , on déchirait des manuscrits , pour en employer les feuilles à cet usage. De là , on trouve souvent au dedans des couvertures de livres imprimés , des fragmens d'ouvrages utiles et curieux , qui méritent d'êlre recueillis. Plus d'une fois Cicéron , Horace , Virgile, ont servi pour habiller quelque auteur scolasiique ou des légendes.
Ceci doit engager les bibliothécaires , surtout an moment où ils sont occupés de Tarrangement d'une bibliothèque nombreuse , à examiner avec soin les anciennes couvertures des livres, depuis l'invention de ^imprimerie, afin de pouvoir encore sauver des fi^agmens précieux.
(7) Ce velours se notumait velttyau ; il était ordioairemeat bleu ou veimeiL
couverts de peaux que l'art sut embdlîr et peindre. Souvent on découpa ces peaux de diverses couleurs, en compartimens sépares par filets d'or, et on en fit des espèces de parterres ou de mosaïques (8). Enfin le luxe de la couverture des anciens livres était poussé au point qu'outre les étoffes riches brochées en or ou en argent dont elle était revêtu, die était souvent encore enrichie de perles fines et de pierres précieuses.
Les reliures modernes se font ordinairement en parchemin (9) , en véUn (lo), en basane (11) ^ en
(8) Les reliures en mosaïque de ceUe époque » el paiicuiièrernent quelques-unes de celles qui décoraient les lî- Tres précieux d^Henri II et de Diane de Poitiers , sont revé^ tues de dessins arabesques d*une imagination charmante et d'un fini incroyable. On ^voyait dans la belle bibliothèque de De Thou des livres enrichis des ornemens les plus élégans y et leur antique parure les fait encore rechercher
aujourd'hui pai* les curieux. Y. Dict. Bibliogr. par Jf. P
(Psaume)Tom. I, p. 126.
(9) La peau de tous les animaux pourrait être transformée en pcMrohemin ; cependant on ne prépare que les peaiix de mouton ou de chèvre , pour récriture , Fimprimerie , etc.
(10) Le vélin est fabriqué de la peau d'un veau mortné , ou d'un veau de lait. Le plus beau et le plus recherché est celui qui provient d'un veau mort-né. On éprouva la qualité du vélin en en mouillant une partie avec la langue ; si l'endroit mouillé sèche lentement , le velin e$t bon ; si au contraire il sèche promplement , c'est qu'il boit, et alors il ne vaut rien.
(11) La basane est la peau de veau ou de mouton passée par le tan , qui n'est point courroyée , qui sert sans autre préparation à couvrir des livres , des pantouffles 1 etc.
veau, en maroquin de diverses œmleurs (12), en cuir de truie , en cuir de Russie ( 1 3) , en oha-r grin ( 1 4) 9 on satin , velours ciselé , etc.
On les wne souvent de dentelles d'or sur le pl^t du volume ^ on y grave des armoiries , des devises , ou les noms des propriétaires. Les diverses couleurs dont sont décorées les reliurd^ en veai^i , les font distinguer sous les noms de veau fauve , de veau écaille y de veau jaspé, de veau marbré, de veau porpbire , de veau racine , etc. On double quelquefois les couvertures de maroquin , avec d'aulres maroquins d'une couleur différente, ou bien aveo du tabis ( 1 5) , de la moire et du satin , enjrichis d'une large bordure.
(12) On donne le nom de maroquin aux peayx de bouc ou de chèvre qui ont été travaillées et passées en sumach ou en galle , et qu'ensuite on a mises en couleur. Ce mot dérive de Maroc ( en Afrique ) où fut inventée la manière de fabriquer le n^aroquin.
(18) hp^ Russes préparent une sorte fie cuir Offdéjuotep , teint en rpuge avec le saptal odorapt , assez recherché à cause des propriétés qu'on lui a reconnues de n'être pas sujet à se moisir dans les lieux humides.
(14) Le chagrin est une espèce de cuir graine ou coui?ert de papilles rondes , serré , solide , qu'on tire de Conr slantinople , de Tauris , 4* Alger > etc. Les cuirs qui portent ce nom se font avec des peaux de la croupe des cheveaux et des mulets.
(15) C'est une étoffe de soie ondée , une espèce de gros taffetas , que Ton prend ordinairement de couleur bleue » rouge ou aurore pour doubler les reliures de luxe.
2^ Les différens genres de reliure en usage aujourd'hui sont la brochure , la reliure à la corde , en nerfs , à la grecque , à l'allemande ; auxquels il faut ajouter les demi-reliures et les cartonnages à laBradeL
Brocher les livres , c'est coudre les feuilles d'un ouvrage^ pliées dans leur format , avec quelques points d'aiguille d'un ouvrage par dessus , sans y employer de cordes , pour y faire des nervures. Relier à la corde y c'est se servir de ficelle que l'on met au dos du livre , de distance en distance , pour tenir les cahiers unis , sans pourtant y ajouter de couverture. Relier en nerfs y c'est relier de manière que les nervures paraissent et forment sur le dos de petites élévations de la grosseur de la ficelle. Relier à la grecque , c'est faire en sorte que les nervures ne paraissent point , et que le dos soit tout uni. Relier à V allemande ou à dos brisé y c'est disposer tellement la partie de la couverture qui est au dos du livre , qu'elle ne soit point collée entre les nervures ; de sorte qu'en ouvrant le livre relié , on apperçoive un espace vide entre la couverture et le livre, dans toute la longueur du dos. Outre les progrès que l'art de la reliure a faits, on a vu JML. Bradel à Paris perfectionner les demi-reliures, c'est-à-dire celles dont le plat de volume n'est point recouvert en peau de basane ou de veau , mais d'un simple carton , en appliquant sur celui-ci un papier servant de couverture et qui imite parfaitement le maroquin (16)*
(16) Les hvres imprimés sur vélin (peau) exigent des
S'* Les premiers relieurs furent d'adord des ouvriers assez grossiers et dont l'ignorance même était regardée comme nécessaire à leur état (17). Cette crasse ignorance ne se fait plus remarquer aujourd'hui , et l'on voit des relieurs analyser avec beaucoup de précision le titre des livres pour le mettre sur le dos de ceux qu'ils relient. L'art de la reliure qui avait été longtems stationnaire , et qui avait même rétrogradé , semble aller de pair aujourd'hui avec tous les arts qui concourent à la perfection d'un livre. Les travaux des relieurs de toute l'Europe se perfectionnent de plus en plus , et sont dignes de la majesté des chefs-d'œuvre typographiques de ce siècle. Les relieurs qui ont acquis le plus de réputation , sont : Deseuille y Padehup , Deromme y Bozérian y
soins particuliers ; on ne doit les faire relier que long-temps après Timpression , lorsque Tencre et le vélin sont parfaitement secs ; et quand ils sont reliés , il faut différer de les enfermer jusqu'à ce que la reliare n'ait plus rien de l'humidité occasionnée par la colle que l'on y a employée. En général, rien n'attire et ne conserve plus l'humidité que le parchemin et le vélin. La blancheur du vélin est éclatante; mais si on le laisse trop long-temps à l'air, il devient jaune, et il se crispe facilement à l'humidité ou à la chaleur.
(17) On lit dans les recherches de Patquier qu'en 1492 la chambre des comptes de Paris , choisissant son relieur , lui fit prêter serment de ne savoir ni lire ni écrire , afin qu'il ne pût divulguer l'état des sommes et des comptes.
Simier , Thouvemn ( 1 8) , Vogel ^ Courtevcd et Ginain > en France ; Schavaye , Forsthof, Hoch^ muth , Dumont y De Flirme , en Belgique ; £aU^ hoeber j Baumgarten et surtout Roger Pa^ne > eo Angleterre.
CtïAPlTRE XVm.
De la manière de restaurer les libres et (PenieçfBr les taches dont ils sont soUHlés.
Il est essefitiel qu'un bibliothécaire connaisse la manière de ri^staurer les livres qui ont pu être endommagés , soit par le temps , soit par quelque accident. Des livres très curieux ou très précieux tachés d'encre ou d'huile , seraient impitoyablement mis au rebut par bien de personnes^ si l'on ne connaissait pas l'art inventé par Vialard et Heudier ^ art qui reçût le nom de Bibliuguinancie (i). Il consiste à blanchir le papier , à (èh enlever toute espèce dé tâches j à réparer les ravages des vers , à rétablir dails quelque langue que ce soit , tout ce qui a pu leur servit* de patûre , soit lettres , soit vignette^ , à rendra au papier la force qu'il a perdue, et mém6 à lui donner celle qu'il n'a jamais eue , etc.
ii***MMi^«*à.
(18) Les reliures de Thouvenin surtout se dislînguèni par uiië ettrëiûe pureté et put utie sévéHtë dé ^ût ^ni Ctepehdàni n'eiclut poitit la rithesse, par Ih pt^èèhibti 61 le 6ni ; enfin , par cette recherche de perfeclioà <i}tii Vèttt ne rien laisser désirer à la pensée.
(1) L'art de restaurer les livres endommagés.
Le Dictionnaire de V Industrie s'exprime ainsi à ce sujet : <c 11 arrive souvent que l'huile qui entre dans la composition de l'encre des imprimeurs , se sépare à la longue de cette encre, et tache le papier , sur lequel elle s'étend imperceptiblement ; la même chose arrive aux estampes. Nous allons indiquer le moyen d'y remédier. On ôte d'abord la couverture du livre qu'on veut nettoyer , ensuite on prépare une lessive avec de la cendre de sarment de vigne; il ne faut point que la lessive soit trop forte ; pour cet effet on met un boisseau de cendre sur quatre seaux d'eau de rivière ; on la fait bouilhr plusieurs heures pour que l'eau se charge dès sels de la cendre ; on la laisse reposer l'espace de 7 à 8 jours ; on la tire ensuite à clair par inclinaison. On peut alors , avec cette lessive , nettoyer toutes sortes de livres et d'estam^ pes, pourvu qu'ils ne soient point écrits avec encre ou couleurs gommées j càf il n'y a que l'encre d'impression qui résiste à ce blanchissage. On prend le livre que l*on veut lesMver , on le met entre deux curtons que l'on èerr'e légèrement avec une ficelle , afin que la lessive puisse pénétrer entre les feuillets ; dans cet état , on met lié livre bouillir un quart d'heure dans la lessivé préparée ; on l'en retiré ensuite ; on ôte la ficelle , et on le met en presse pour eti exprimer toute l'eau qui sera chargée de sa crasse ; on le hisse sous presse un quart-d'heure , puis on le remet de nouveau dans la lessive bouillante comme auparavant; après l'avoir passé une seconde fois à la presse I on le met dans un chaudron plein d'eau
( 234 ) fie rivière , bouillante et propre , qui achève de le nettoyer parfaitement, et d'en enlever toutes les taches de graisse et de crasse sans que le papier ni l'impression en souffrent. S'il y avait quelques endroits qui ne fussent pas bien nettoyés , il faudrait recom* mencer le même procédé. Comme , dans ces opérations réitérées, les lessives détachent une bonne partie de la colle du papier , qui alors , n'ayant presque plus de corps , serait sujet à se déchirer, on y remédie en mettant le livre par deux fois dans de l'eau d'alun, et même alors il pourra souffrir Fécriture sans boire l'encre ; on fait ensuite sécher le livre sur des ficelles , en éparpillant un peu les feuillets (n), dans un endroit qui ne soit point exposé au grand air, ni au grand soleil. Il faut qu'il sèche lentement. On peut, en suivant la même méthode, blanchir les estampes , et l'orsqu'on veut les faire sécher , on doit avoir les mêmes précautions , et les suspendre à des ficelles avec de petites fourchettes en bois d. Lorsque les estampes sont couvertes d'une teinte jaune qui provient de ce qu'elles ont été imprimées avec de l'huile qui n'a point été assez brûlé , ou d'une teinte rousse , qui leur vient d'avoir été exposées aux impressions dé l'air , on fait disparaître ces couleurs en répandant sur les estampes de l'eau bouillante à plusieurs reprises , et uniformément ;
(2) Parce que , si on les laissait sécher appliquées Tune sur Tautrc , elles risqueraient de se coller ensemble en séchant , et de se déchirer lorsqu'on voudrait les séparer.
on les met dans un vase assez grand pour les contenir dans toute leur longueur; on verse dessus de l'eau bouillante , et on couvre le vaisseau avec un linge pour concentrer la chaleur ; au bout de 5 à 6 heures les estampes reprei^ent leur blancheur naturelle , c'est-à-dire , celle du papier. Les taches d'encre qui peuvent endommager les estampes s'enlèvent en y versant de l'eau-forte ; mais il faut à l'instant verser de l'eau fraiche par dessus , afin que l'eau-forte ne morde pas avec trop d'ardeur : on peut laisser l'eau fraiche 5 à 6 minutes sur l'estampe ; ensuite on la pompe avec un linge fin, et on la serre entre des feuilles de papier , que l'on charge , pour empêcher qu'elle ne se chiffonne en séchant.
L'emploi du bi-chlorure de chaux appliqué par M* Payeriy au nettoyage des gravures enfumées et tachées , aux livres jaunis par le temps , etc , a produit des résultats très satisfaisant. Voici ce procédéextrait des Annales de Vindustrie nationale et étran-* gère (3).
« On prépare une solution saturée de bi-chlorure de chaux ; lorsqu'elle est faite et filtrée , on y plonge la gravure et on la laisse séjourner dans ce liquide jusqu'à ce qu'elle ait pris une couleur blanche ; l'espace de temps est plus ou. moins long , suivant que, k gravure soumise à l'opération est plus ou moin&
(a) Cahier de Juillel 1825 , pag. 89.
sale (4). On relire la gravure de la solution et on la lave avec de l'eau claire à plusieurs reprises. L'odeur du clilorure de chaux n'étant pas de nature à incommoder comme celle du chlore , c'est un grand avantage pour Topéi^teur. On peut si la gravure est grande , la placer sur une tahle garnie de rebords , et on l'immerge de bi-chlorure de chaux. Quand celte solution a enlevé les taches , on lave avec de l'eau claire et on fait sécher. La solution qui a servi à nettoyer les gravures peut encore , après cela , servir à désinfecter des matières putrides, etc.».
Il y a des hommes patiens qui ont le talent de recoller fort adroitement du papier neuf, et qui font disparaître par ce moyen les piqûres de vers. Ce remède, qui peut être employé utilement sur la marge des livres , n'est pas sans inconvénient quand les vers ont endommagé l'impression ; mm. alors on peut corriger ce défaut avec un imprimeur adroit.
Quant aux taches de fruit , de tabac , etc. , on les enlève facilement , soit en faisant tremper la feuille tachée dans l'eau pure , soit en ajoutant à cette eau quelques gouttes diacide muriatique oxigéné (5).
(4) £d 5 minules , des gravures tachées de fumée et d'humidité ont élé rendues à leur état primitif.
(5) Toutes les fois qu'on emploie cet acide, il faut avoir soin de laver la feuille dans Fcan pure , en observant toujours de ne pas frotter le papier qui se détruit aisément lorsqu'il est humecté.
( 337 ) Beaucoup de livres sont empreints sur la marge d'une crasse qui est venue des doigts des lecteurs , surtout de ceux qui font un grand usage de tabac. La lessive caustique emporte cette graisse, mais il faut du temps pour la faire disparaître entièrement.
En général il faut de la prudence et de la patience dans ce genre de travail. On a besoin d'y faire une sorte d'apprentissage, et il y aurait de k témérité d'entreprendre un essai sur un ouvrage précieux, sans avoir fait auparavant de longues épreuves sur des bouquins sales.