‹ Manuel du bibliothécaire, accompagné de notes critiques, historiques et littéraires (volume 3)Chapitre 40 sur 75 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

Des plus célèbres imprimeurs du l'j^ siècle.

Le dix-septième siècle, qui vit éclore tant de chefs-d'œuvre dans la littérature et les beaux-arts y vit naître aussi des imprimeurs dignes d^en transmettre à la postérité les immortelles productions. C'est dans ce siècle que Vitré entreprit Timpression de la fameuse Polyglotte de Lejay , en- 1 o volumes in-foL, dont l'impression dura 17 ans, c'est-à-dire, de 1628 à 1645. Les caractères en furent gravés par Jacques Sanlecque / et le papier , fabriqué exprès pour cette grande entreprise , fut si beau et d'une si grande dimension , qu'il en conserva le nom de papier impérial (i).

On vit à la même époque Sébastien Cramoisy^ directeur de l'imprimerie du Louvre , nouvellement établie par le cardinal de Richelieu , publier ces grands ouvrages connus sous le nom d^Editions du Louvre (2). L'imprimerie royale eut aussi pour

(1) On fait un juste reproche à Vitré ^ d^avoir détruit les superbes caractères qui ont servi à Timpression de ce beau monument typographique , de crainte que Ton n'imprimât de pareils ouvrages après lui. On lui reproche encore de n'avoir pas distingué dans cet ouvrage les voyelles I et u des consonnes j et 9.

(2) Parmi lesquelles on distingue les œuvres de St-Chrysotiôme^ 9 vol. in-fol. ; Historiae francorum scriptores par Andr. Duchêtne^ 5 vol. in-fol. , etc.

directeur dans ce siècle Jean Anisson ^ imprimeur Lyonnais , lequel soutint dignement la réputation de ce célèbre établissement. On vit pareillement à cette époque de superbes éditions sorties des presses d' Oxford et de Cambridge.

Mais de tous les imprimeurs qui illustrèrent le 1 7^ siècle , il n'en est point qui aient acquis autant de gloire que les Elzépirs. Leurs éditions font le charme des hommes de goût , et les bibliophiles de tous les pays n'ont rien de plus à cœur que d'en réunir et d'en posséder la collection.

De douze imprimeurs de la famille des Elzévirs qui exercèrent leur art en Hollande dans le courant du 17^ siècle , six se sont fait connaître par le nombre et la beauté de leurs éditions. Ces six célèbres imprimeurs sont Isaac ^ qui imprima à Leyde ^ de 1617 — 1628; Bonaventure ^X, Abraham , frères et associés , qui imprimaient également à Leyde de 1626 — 1662 , époque de leur mort; Louis fils d'Abraham , qui exerça son art seul à Amsterdam , de 1640 — 1655 ; et depuis cette dernière époque jusqu'en 1662 (date de sa mort) en société avec Daniel fils de Bonaventure. Ce dernier enfin imprima à Leyde , et Jean à Amsterdam , depuis i652 — 1668 (3).

(3) Quoique les Ehévirs jouissent de la plus haute repu*tation dans Tari typographique , ils sont cependant inférieurs aux EHennes^ pour Térudition et pour les éditions grecques et hébraïques ^ mais ils ont été au-dessus d'eux

( i59) CHAPITRE VII.

Des plus célèbres imprimeurs du i8' siècle.

Le dix-huitième siècle, si brillant par tous les genres de gloire qui Tillustrèrent , ne devait pas être inférieur au 17* dans Fart typographique; il devait même le surpasser dans ses dernières années et porter cet art sublime au plus haut degré de perfection. Toutefois on vit rimprimerie languir en France au commencement de ce siècle; mais bientôt Couste* lier j Guerin y Latour et Barbou rompent ce sommeil et publient ces belles éditions si recherchées des amateurs. Le génie s'éveille et inspire lesDidot^ les Gillé , les Causse de Dijon , les Crapelet ^ etc. ; mais c'est surtout aux Didot y c'est à cette honorable famille qui marche si dignement sur les traces de celles des Aides , des Etiennes et des Elzévirs , qu'il semblait être réservé d'atteindre le beau idéal de la typographie : grâce et élégance des caractères , cor^ rection du texte , blancheur du papier , beauté des gravures , tout en un mot charme dans les éditions sorties de leurs presses (i).

pour réiégance et la délicatesse des petits caractères. Leur Virgile , leur Térence , leur nouveau Testctment grec , 1633 , in-12 , etc. , et quelques autres livres ornés de caractères rouges , vrais chefs-d'œuvre de typographie , se font autant admirer par ragrément que par la correction.

(1) M. Camus , dans un rapport fait à Tlnstitut de France en Tan Vï , sur leur Virgile , s'exprime en ces termes :

La France ne fut pas la seule contrée en Europe où Ton vit l'imprimerie faire des progrès dans ce grand siècle. En Italie , Joseph Comino porta , à Padoue , la superbe imprimerie appelée de son nom Conùniane. Elle travailla avec gloire jusqu'en 1756 , sous la direction des frères Fo^i. Mais la palme d'honneur pour toutes les belles impressions sorties du sein de l'Italie , est due incontestablement aa céièhreBodonij directeur de l'imprimerie de Parme (a).

L'Espagne n est pas moins fière de la gloire typographique Slbarra que l'Italie de celle de Bodoni ,

« La typographie doit beaucoup à Pierre Didot et à Firmin son frère. Pierre jeune encore , décriyit les progrès de son art en vers , comme Henri Etienne Tayait défendu contre les ignorans qui le dégradaient. Au milieu de ragitattoa et des tumultes , Didot a constamment travaillé à perfectionner toutes les parUes de la typographie , comme Planiin fonda une des plus célèbres imprimeries à Anvers, à la fin du 16* siècle , au sein des guerres qui désolaient la Flandre. 11 a employé sept années entières à faire des ien-* tatives de tout genre , et avec de grandes avances de fonds ^ pour mettre le Virgile dans Tétat où il vous Ta présenté... » «L'avis de voire commission est que Pierre Didot, avec les caractères gravés par Firmin Didot son frère, donne uq nouvel éclat à la typographie française , qu'eux-mêmes et plusieurs autres artistes célèbres avaient déjà portée à un haut degré de perfection. »

(2) On distingue parmi ces éditions le Virgile^ le Hfhrace , le Catulle , le Callimaqae , VHomère grec , mais surtout le Boileauy le Télémaquej et le magnifique Racine que sa mort ne lui permit pas d'achever, et qui fut terminé par sa veuve.

la France de celle des Didot , et l'Angleterre de celle des Baskervîlle. Ibarra a donné une grande impulsion à la perfection de son art dans sa patrie (3).

Enfin ^Angleterre , ce pays si fertile en hommes de génie dans tous les genres , n'a pas eu une moindre part aux progrès de l'imprimerie dans le 1 8® siècle. Les Tonson , les Brindley , les Foulis , les Bas^ herpUle y les Martyns , l'ont enrichie de leurs chefsd'œuvre typographiques (4). BaskerviUe fit fondre lui même les caractères pour ses belles éditions , et le papier dont il se servait dans son Virgile , si brillaDt et si poli qu'on le croirait plutôt de soie que de chiffons , était également de sa composition. Ses poinçons ont été achetés , après sa mort , par le célèbre Beaumarchais, qui ne pouvait certainement en faire un plus noble usage que de les consacrer à l'impression de la première édition complète des œuvres du plus grand écrivain du 18® siècle (5).

(3) On doit aux presses de ce célèbre imprimeur uno <rac/i«o#»on àe Salluste , un Don Quichotte , V histoire cf Espagne de Mariana , et plusieurs autres chefs-d^œuvre d'impression.

(4) Le beau César de Tonson , le Hume et le Shàkes^ feaire de Martyns , et le Virgile de BaskerviUe sont des objets d*adrairation pour tous les connaisseurs.

(5) Panokoucke , héritier des manuscrits de Voltaire , toulant donner une édition complette des œuvres de Voltaire, conçut le projet de la dédier à Timpératrice de Russie; il lui écrivit en conséquence pour la prier d*agréer cet hommage : 7 mois s'écoulèrent sans qu'il eût reçu de réponse ;

il crut que l'impératrice ne voulait point accepter sa pror

ai

( i62 ) CHAPITRE Vm.

Nomenclature latine-française par ordre alphabétirque des pilles les plus connues dans la république des lettres.

Comme , dans les ouvrages latins , on est souvent embarrassé de connaître les noms des différentes ;rilles qui se trouvent sur les frontispices des livres, lious avons cru nécessaire de donner ici , pour éviter .des recherches aux bibliographes ainsi qu'aux bibliothécaires, une nomenclature latine-française par ordre alphabétique des villes les plus connues dans la pubHque des lettres (r).

position; et pour répondre à Timpaiieace avec laquelle le poblic attendait cette édition, il traita avec Beaamarciiois , et Ini remit tons les manuscrits de Voltaire. Le leoilepiain de la signature du traité , il reçut une lettre de rimpératrice , qui acceptait sfi proposition , se chargeait de tous les frais d'impression , à condition que les manuscrite lui seraient envoyés aussitôt que Touvrage serait acheté et accompagnait sa réponse d'une lettre de change de IW^OOO livres. PanckoucLe se repentit d'avoir traité si promptement, mais Taffaire était consommée , et Beaumarohm donna sa belle édition de Kbell, qui cependant -n'est pas tout à £ût exempte de défauts. Y. Pei^uoi, dict. rais, de Bîbliologie tom. l" p. 44.

(1) Nous avons omis à dessein dans cette liste les noms des TiUes connues de tous les bibliographes, comme : AnU merpiaf Brumeliae, Pariêiae et beanconp d'antres de ce fenre.

Abbatis^ViMa j Abbeville Brixia ^ Bresse.

(3). Brunna j Brinu en Mor»-*

St.-Albani VUla , Saint vie.

Albans (3). Buda ^ Bade ou Offen.

Albiaj, Albie en Savoie; Burgdorfium,Burgdm^£Ga Aldenarda , Oudenarde. Bertoud»

Ahstum , Alost. Burgi y Bui^os.

Altavilla^ Elteville (4}. BuscoduXy Bois-Ie^dac Andegavum y Angers. Cabelia > Cbablis.

^/-^(^/^oratom^Strasbourg, CadomuSy Caen.

Asculum j Ascoli. Caesar^Augusta j Sarra--

Avenio y Avignon. gosse.

Augusta^ Vindelicorum y Ca/&'z/m ^ Cagli.

Augsbonrg. CasaJe-St.'-EpaxU , Casai

Aurélia, Orléans. de Saint-Vas.

Austriae-ChitaSyCWiàAà Casale-major, Casal^Mag-^

di FriulL giore.

Barchinona , Barcelone. Cassettae > CasseL Barcum , Barc (5). Chamberium y Cbambery.

Basilea , Baie. Clat^assium , Civasso.

Bergomum y Bergaroe. Cluniacum y Clugny.

J5^/io/ia, Munster en Suisse; CoUisy GoUe.

Bisuntium y Besançon. Colonia^Jgrippina > Go- BononiOy Bologne. logne.

(2) Ville de France , dans la Basse-Picardie..

(3)Bto Angleterre.

(^ Près Mayencc.

(9) Dans le Bressan en Italie.

( ,64 ) 'Comum , Corne. Gienmum , Jaen.

Constantia , Constance. Gouda, Goude ou Ter- Cremona, Crémone. gow.

Culemburgum , Culem- Gradisca , Gradisqae.

bourg. Granata, Grenade.

Cusentiaj Cosenza. Hafnia, Copenhague*

Daventria, Deyenter. Hagenoa , Haguenau.

Delphi , Deift Hala, Halle ou Hall.

Divio , Dijon. Harlemium, Harlem.

Dolae y Dole. HasseUum y Hasselt

Engolisma, Angoulême. HerbipoUs y Wûrtzbooi^. Eifordioy ErfurL HispaUsy Sévitte.

Ergovia y Argou. Holmiay Stockholm.

Essium ou Oesium y Jesi. Ilarda y Lerida.

EssUnga y Eslingen. Jngolstadium y Ingolstadt.

Eustadium y Neustadt. luliomagus y Angers.

Eermriay Ferrare. Kuttenberga ou Cutna ^

Eivisanum y FixiiSLUo (6). Kuttenberg.

Elorentia y Florence. JLantenacum ou Ijodea—

Forilivium , Forli. cum y Lantenac ou Lo-

Friburgum y Friboui^. deac.

Frisinga ou Fruxinum y Lantriguierium ou Trean

Freisingen. rium y Treguier.

Fulginium y Fulîgno. Z.ai^|t>zgtz (sic), Lavingen. Gaietta y Ga jette. Lemovicum y Limoges.

Gandavum y Gand. Ugnicium y lignitz.

GenevUy Genève. Lipsia y Leipsick.

Genua y Gènes. Londmum y Londres.

(0) Ville d^Etrurie.

( '65) Lubeca y Lubeck. Nozanum Qzstellum y —

Lucay Lacques. O^e/ziz^r^/Ti^Offenbourg.

LéUgdunum , Lyon. Olomucium y Olmutz.

Lugdunum-* batat^orum y Oppenhemium y Oppen-

Leyde. heim.

lMnebiirgumy\j\màûo\xv^. Oxonium y Oxfort.

' s Madritum ou Mantua" Palentia ou Palancia .

Carpetanorum, Madrid. Palencia.

Marsipolis ou Martino- Pampeluna ou Pompeio-'

polis y Mersbourg. polis y Pampelune.

Mediolanurriy Milan. Panormurriy Palerme.

MemnUnga ou Drusomar- Papia-Flavia ou Tici--

gus y Memmingen. nium y Pavie.

Messana y Messine. Patavia y Passaw.

JMoguntia y Mayence. Patapiuniy Padoue.

Monachiurriy Munich. P^/]pfj(zia/z2//7z ^ Perpignan. Monasterium y Munster. Perusia y Perouse.

Monasterium Montis Ser» Phorca ou Pforzemium , • rati y Couvent du mont Pfortzheim.

Serrât. Pictaviurriy Poitiers.

Mons-regcdis y Mondovi. Pilsna ou plutôt Pekina Murcia y Murcie. ou Pilsenia ou Nova-

Mutina y Modène. plzna y Pilsen en Bo-*

Nannetes y Nantes. bême.

Neapolis y Naples. PînaroUum y PigneroL

Nonantula y Nonantola. Pisa y Pise.

Norimbergay^xjiremhev^. Pisaururriy Pesaro.

NopiomaguSy Nimègue. Piscia y Pescia.

Novae y Novi. Placentia y Plaisance.

Plei^isacium ^ Piève di Senae y . Sieiine.

Sacco (7). Sleswicumy Sleswicl.

PoUianum Rus , près de Soncinumy Sonoino.

Vérone. Sora vi\ Sofia- ^^ Som- en

Portesium , — — — Espagne.

PragUy Prague. Sorteit monasterium ,■ en

Promentour y — — — Souabe (8), Propinum , Provins. Spira , Spire.

jRj^lgium y Reggio. Tarrazono ou Tarraco ,

Reutlinga j Reutlingen. Tarragone en Espagne. Rhedones ou Condate , Tarvisiamy Tr&fiae.

Rennes. Taurimmij , Turin.

Rostochium- y Rostock. Toletum , Tolède.

Rothomagurriy Rouen. Toloza , Toulouse (9)»

Salinae apud Sequanos. , Trecae , Troyes»

Salins. Treuiimi'y Trevi ou Tre^

Saimanticay Salamanque. ba {io\^ —

SaviUianum > SaviUana TriderUam y Trente.

Savonna y Sa vone; Turo y ou CoAsarodvnum,

Scandianuniy Scandiano. Tours.

Schoenlwvia^ùiç^oiàxQis^xjL. TuscjdamimLacu&Beruu Schedanum y Scbiedam. (11).

Segvbrica y Segorbe^ Ulma y Ulm.

(7) Danis le Padouau.

(8) Abbaye de prémoDtrès. Oa Is nomme eu AUemand Sohua$enried ^ en latin AJjbaiia- Sorethana^

(9) En France, ou ToIosm en Biscaye.

(10) Oppidum £aHi^ dit Panzer.

(t I) Tmouianmn Oppid, agri Briaiensis jvartùr Benaeum > dit Panzer.

( »67 ) Vhrajeètum , Utreclit. Vierma in Delphinatu , Ufyssipo^, Lisbonne. Vienne en Daujihiné.

JJrhinum y Urbin. Viqueria y en Italie.

Vrsius Sanctus , près de Viterbium y Viterbe.

Viccnce. Pf^estmonasteriumyyVesi-

Utinum oU 'Ulna, tUdine. tnûnster.

Valeniia , Valence. 'ff^interberga y Winter-

VaUiaoUtum y Valladolid. bourg (12).

Venetiae y Vienne. WittemheTga y 'Wittem-

VerceUm y Veroeil. berç.

Verona y Vérone. Xerica ( 1 3) , —

Vioentia y Vicence. ZennaoxiTzennayAhhaije

V^ienna-'Aiàstriae ou Vin- de Tordre de Citeaux

dobona y Vienne en en Saxe.

Autciche. Zu^oUoe y Zwol.

CîHAPITfiE IX.

Des caractères employés pour Pimpression.

L'art de fondre les caractères (i) à l'aide de matrices frappées aii^ec des poinçons a été découvert en Allemagne, comme nous l'avons remarqué au Chap. m .de la seconde partie. Son utilité en rendit

(12) On Wimberg en Bohème.

(IB) 0pp. nohiî. in regno VdlenHno y dît Panzer.

(t) On entend par oaraotèrea nn assortiment cqroplet de tous les signes qui servent à représenter un discours, par Timpression ; tel que ^ grandes et petites capitales, lettres du bas de case , chiffres , ponctuation , etc.

( i68) ^ les succès plus rapides. Plusieurs perscmnes s'occupèrent en même temps de sa perfection ; les uns s'unissant d'intérêt avec l'inventeur , d'autres volant , à ce qu'on prétend , une partie du secret pour faire société à part , et enrichir l'art naissant de leur propre expérience. Quoiqu'il en soit , l'art de graver et de fondre les caractères est parvenu de nos jours à un degré de perfection qui laisse difficilement concevoir qu'il puisse s'élever plus haut.

On avait donné aux difierens corps de caractères des noms purement conventionnels pour les désigner et les distinguer les uns des autres. Mais un artiste de nos jours a cru devoir substituer à ces dénominations équivoques une méthode plus judicieuse ; c'est de désigner les caractères par le nombre de points que comportent leurs corps. Pour cela il a eu recours à une mesure commune , appelée point typographique , lequel consiste dans la sixième partie d'une ligne. Cependant tous les fondeurs n'ayant point encore adopté cette règle , il en résulte une grande diversité dans les caractères , tant sous le rapport de l'œil que sous celui de là force de^corps (a) elle-même.

Dans l'imprimerie on a distingué pendant long*

(2) Od appelle fores de oorps la bauteur da caractère qai compreDd Tœil, comme dans les lettres o, e, m, qui n^ont pas de queues ; 'plus les queues supérieures , comme dans la lettre d ; plus encore les queues inférieures , comme dans la lettre q.

( i69) tems deux seales espèces de caractères j le caractère romain et le caractère italique (3). Après on y a introduit trois autres espèces. Ces nouveaux caractères imitent diflGérents genres d^écritures à la plume. La première peut être nommée écriture j/î/za/zc/^r^ y elle se divise en bâtarde y coulée , et anglaise. La seconde est la ronde ; la troisième est la gothique {^^

(3) Le caractère romain est dû à Nie. Jenson , imprimeur à Venise au 16« siècle. Il fut nommé romain , à cause des capitales romaines qui servaient de majuscules. Le ca'> ractère italique tire son origine de récriture de la chancellerie romaine, désignée par les mots cursivetos seu cancellarios. Delà vient qu*on a appelé cette sorte d'écriture cursive. Il a été aussi connu sous le nom de lettres venitienneBf parce que les premiers poinçons ont été faits à Venise ; ou sous celui de lettres aldinea^ parce que Aldus Manu^ iiu9 s'en est servi le premier ; enfin le nom d^italique lui a été donné parce qu'il nous vient d'Italie , et ce nom a prévalu. On s'en sert pour distinguer les citations, certains passages, etc. V. Peignot^ dict. rais, de bibliologie, t. L pag. 138.

(4) La bâtarde ancienne , en usage en France dans les 14* et 10' siècles , dérive des lettres de forme , dont on a retranché les angles et quelques traits. Notre ronde finan* oière, dont on ne s^est point encore défait, en conserve quelques traces. On les remarque pVus particulièrement dans les livres de la civilité que Ton donne aux personnes ( et même aux enfans ) pour les préparer à la lecture des vieilles écritures. Les caractères gothiques employés dans les édi« tiens du 15* siècle n*ont rien de commun avec ceux que les Goths apportèrent en Italie et en Espagne , lors de leurs incursions. Celui dont Ulphilas , évéque Arien , Goth de nation , est réputé Tauteur , se nomme gothique ancien ^

( 17^ ) Autrefois on distinguait jusqu'à 2^ sortes de caractères différens , depuis l'œil le jdus fin jusqu'à l'œil le plus gros , et dont la plupart ne sont plus en usage aujourd'hui.

Dans l'impossibilité où nous nous trouvons de pouvoir donner ici un tableau avec modèles de tons ces diflSérens caractères , nous devons nous contenter d'en donner une simple dénomination' que nous avons e&traite d^un manuscrit fort curieux qui se trouve entre les mains de MM. Yanlinthout et Vandenzande , imprimeurs libraires à Louvain (5). Ces caractères sont :

A. Doubles Capitales :

composé du gr€c et da latin. Le gothique moderne est la tfoDSommatioD delà décadence de récriture dans les 13',14* et 1-^ siècleSé Les caractères gothiques anciens dans Timprimerie , «ont connues sous le nom de lettres de forme , à canse des traits angulaires , pointus , qui rendent la forme de ces lettres plus composée. Ils étaient d'abord destinés en Allemagne, en France, en Angleterre, en Iulie, en Flandre, pour les inscriptions publiques , pour les livres d'église , etc. La plupart des imprimeurs du 15* siècle, ont employé dans leurs éditfbns les lettres de somme ^ moins changées d'angles et de pointes que les lettres dé forme. Les Anglais les désignent sous celui de hlaeh-letter , les Flamands sons celui de lettres St.^Pierret; et la plupart des antres peuples sons celui de caractères Flamands ou Allemands.

(5) Cet ouvrage a pour litre : Klynen formaet-hoeh van de edele konste der boeck-druckerye door Franciscus Masson , toi Brussel , hy Franciscus Masson , letter-stetter van zyfien stiel, ir08 , 1 vol. gr. in-li^ Msc.

I. Capitales ornées en bots; s. Capit. en b^s; 3. Autres Capit. en bois; 4- ^^P^* parisiennes; 5. Capit, double-parangon; 6. Capit. double te&te ; 7^ Capit. double Augustin ; 8. Capit. double médian ; 9. Capit. double desçendian ; 10. Capit* double garmond. *

B. Caractères flamands ou Allemands :

i. Diamant allemand; fi. Robin; 3. Perle; 4- Colonel; 5. Bréviaire; 6. Bourgeois; 7. Garmond ; 8. Desçendian allemand sur Garmond ; 9. Desoendian allemand ; i o. Médian allemand ; 11 . Augustin; 12. Texte; i3. Parangon; i4- Canon; i5. Médian écriture; i6. Texte écriture; — 17. Desçendian notes; 18, Médian notes ; 19. Grand Augustin notes ; 20. Double Augustin notes.

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