SUR LA DEUXIÈME EDITION
Lorsque, pour répondre à la demande d'un jeune ami et à Tappel d'une œuvre de charité, j'entrepris d'écrire le Manuel^ nous étions aux premiers jours d'octobre, de ce mois le plus charmant de l'année dans notre vieille Lorraine : point de pluie, du vent rarement, un beau ciel, une température douce encore, la chasse dans son plus vif entrain, les vignes à
la veille d'une joyeuse vendange, les hameaux et ies bois animés par des réunions folles, partout enfin le bruit des plaisirs de la jeunesse ou des délassements de Vâge mûr.
Au milieu de telles circonstances, et pour un chasseur, il eût été difficile de donner à un ouvrage, même aussi frivole que le Manuel^ une attention soutenue. Il a donc été bâclé en peu de jours et comme la suite d'une causerie, à travers mille négligences, mille défauts, mille oublis. Ces incorrections et ces oublis sont réparés dans cette seconde édition : on y remarquera particulièrement les articles sur les différentes races de chiens d'arrêt, sur la chasse aux morelles, sur le braconnage des honnêtes gens, sur les mœurs de la caille, et autres réclamés' par le bienveillant M. Godde, du Journal des Chasseurs; c'est donc, pour ainsi dire, un livre nouveau que nous offrons au public.
On m'a trouvé sévère envers le Chasseur
rustique; certes, si j '.avais connu comme je connais à présent les qualités aimables et sérieuses de M. d'Houdetot , j'aurais mille fois renoncé à écrire le Manuel plutôt que de dire un mot, un seul mot qui pût paraître désobligeant. Mais, si dans les affaires oii la morale et rhonneur sont engagés il n'y a point d'excuse à l'altération de la vérité, de même dans les œuvres frivoles ou secondaires, celles dont tout le mérite consiste dans l'exactitude des faits et des règles, il faut signaler sans ménagement ce qu'on croit être une faute ou une erreur.
Je veux que Ton soit homme, et qu'en toute rencontre Le fond de notre cœur dans nos discours se montre, Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments Ne se masquent jamais sous de vains compliments *.
Plusieurs journaux ont eu la bonté de s'occuper du Manuel et d'en parler dans des termes favorables, je les remercie d'une indulgence si
' Molière. Le Misanthrope,
peu méritée. Ils ont particulièrement louange le style sans prétention de Tauteur. Je ne crois pas à Tadage : Le style est de V homme ^, mais, pour cette fois, ma vanité et un peu la vérité m^invitent à y ajouter une foi entière et à prier humblement le lecteur de partager mon sentiment.