‹ Manuel du citoyen catholiqueChapitre 3 sur 20 · DE LA. SOCIETE, EN GENERA L DEFINITION ET DI · texte numérisé non relu

DE LA. SOCIETE, EN GENERA L DEFINITION ET DI

VISION. a

lo Qu'est-ce qù> une\ société ?

Une société est i; une union stable entre des in: dividus doaés d'intelligence et de liberté, qui obéissant au même pouvoir, tendent volontairement à une même fin par des efforts communs."

2o Qu 'entendez- >*ous quand bous dites que les menthres d'une soc ie'te' dérivent être des individus doues d'intelligence et de liberté' ? "

Quand je dis que l^s membres d'une société doivent être des individus' doués d'intelligence et de liberté, j'entends qu'ils doivent être capables de discerner la fin spéciale que poursuit cette société et de vouloir tous réunir leurs efforts en vue de l'atteindre sûrement. : ! : , •

3o Pourquoi eivez-vous dit que les membres d'une société tendent volontairement à ht fin qu'elle poursuit ?

J'ai dit que les membres d'une société tendent volontairement à la fin qa'elle poursuit, parce que, en se réunissant en société, ils ne cessent pas de demeurer des êtres intelligents et libres, obligés par là même, de régler en tout leur conduite d'une manière conforme aux lumières de la raison et à la loi Dieu.

4o D'oh rient que Vunion entre les membres (Tune société doit être stable ?

L'union entre les membres d'une société doit être stable, c'est-à-dire qu'elle doit durer aussi longtemps qu'il est nécessaire pour que cette société puisse atteindre sa fin spéciale. Il suit de là que la famille, l'Etat et surtout l'Eglise supposent entre leurs membres une union plus durable que les autres sociétés.

5o Pourquoi avez-voiiS dit encore, dans votre définition, que les membres cF une société tendent à >nn même fin par des efforts communs ?

J'ai dit que les membres d'une société tendent à une même fin par des efforts .communs, parce que le but que les hommes se proposent en se réunissait en société est précisément de s'assurer par l'union de leurs esprits, de leurs volontés et de leurs forces, la possession d'un bien qu'il leur serait généralement impossible d'atteindre par des efforts isolés.

60 Pourquoi, enfin, avez-VOUS dit que les monbres aVune même société doivent obéir à un même pouvoir ?

J'ai dit, enfin, que les membres d'une même société doivent obéir à un même pouvoir, parce que,

n'étant pas déterminés nécessairement, comme les animaux, à chercher le bien qui leur convient, il arriverait, s'ils n'étaient pas soumis à un même pouvoir, qu'ils ne pourraient unir leurs efforts pour atteindre une même fin, par suite de la diversité de leurs jugements et de leurs intérêts personnels.

7o Quelle doit-être, considérée d'une manière générale, la fin de toute société humaine ?

Considérée d'une manière générale, la fin de toute société humaine doit être un bien naturel ou surnaturelle, que ses membres puissent légitimement rechercher; car, il ne saurait jamais être permis aux hommes de se réunir en société, dans un but qui pourrait les détourner de leur fin dernière, c'est-àdire, dans un but nuisible à leurs intérêts éternels.

80 Toute société parmi les hommes doit-elle avoir un rapport, au moins indirect, avec leur fin dèrnière ou leur sanctification ?

Oui, toute société parmi les hommes doit avoir un rapport au moins indirect, avec leur fin dernière ou leur sanctification; car, la fin dernière de toutes les sociétés humaines étant nécessairement la même que celle des hommes qui en sont les membres, il s'ensuit qu'elle consiste, comme elle, dans la gloire de Dieu et le salut des âmes.

9o Une société ne peut- elle pas cependant avoir pour fin directe et spéciale la recherche et la possession tranquille des seuls biens de la vie pre'sente ?

Oui, une société peut avoir pour fin directe et spéciale la recherche et la possession tranquille des seuls biens de la vie présente; car cps biens sont des biens véritables, non seulement utiles, mais quelquefois indispensables aux hommes pour subsister icibas. Il ne saurait donc être interdit aux hommes de

se réunir en société pour arriver plus sûrement à -les posséder, pourvu qu'ils ne prennent dans ce but aucun moyen coupable.

lOo Q a en tendez- nous par société naturelle et par société sur naturelle ?

On entend par société naturelle, une société qui a pour fin spéciale l'acquisition ou la conservation des biens de la vie présente seulement, et par société surnaturelle une société qui a pour fin spéciale l'acquisition ou la conservation des biens nécessaires ou au moins utiles pour mériter la vie éternelle, fin dernière et surnaturelle de l'homme.

Ho Qu'entendez- vous par société nécessaire et par société 'volontaire ?

On entend par société nécessaire, une société à laquelle les lois naturelles ou divines imposent aux hommes communément l'obligation d'appartenir. On appelle, au contraire, société volontaire, une société à laquelle personne n'est strictement obligé d'appartenir,' à moins de s'y être librement engagé.

12o Quelles sont les principales sociétés humaines dont il sera parlé dans ce " tàanuel / "

Les principales sociétés humaines dont il sera parlé dans ce Manuel sont: La société domestique ou la Famille, la société civile ou I'Etat, la société religieuse ou I'Eglise. Nous étudierons successivement ces différentes sociétés, mais surtout les deux dernières tant en elles-mêmes que dans leurs relations mutuelles.

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