APPLICATIONS DE LA CHALEUR
(SUITI.)
Dessiccation (dessiccation dans les étuves , mécanique , ventilation, etc.). —Utilisation des gai perdus dans les hauts-fourneaux. — Oxide de carbone. — Sur la cause des explosions arrivées dans plusieurs hauts-fourneaux du département des Ardennes. — Fourneaux à puddler le fer. — Application des gaz des gueulards au puddlage du fer. — Forges de Traveray. — Emploi de Pair chaud.
Tout l'art de sécher se réduit k employer la quantité de chaleur nécessaire pour convertir en vapeur l'humidité d'un corps. On a donc h rechercher comment cela peut se faire avec le moindre degré d'attention et la plus petite dépense de combustible possible, et en évitant aussi, autant que faire se peut, un appareil coûteux et l'emploi de bâti mens spacieux. L'application directe d'une haute température suffit pour convertir en vapeur toute l'humidité de quelque objet que ce puisse être, dont le tissu est mince et léger, et lorsqu'on veut sécher très vite , c'est le meilleur moyen qu'on puisse employer; mais il n'en est pas de
même pour les étoffes d'un tissu serré et très épais. La même observation s'applique aux corps en poudre ou en grain, qu'on veut sécher; ces derniers doivent être en parties peu considérables, par couches très minces et tenus en mouvement quand on les sèche par l'application directe de la chaleur. Nous avons vu , dans les essais des engrais , que la dessiccation peut être aidée en opérant dans le vide; mais cette application ne saurait être d'une grande importance , puisqu'on ne peut la faire que pour des objets de petit volume. L'affinité de l'air pour l'humidité donne encore un autre principe de l'art de sécher (i). Cette affinité est bien plus forte quand l'air est échauffé, parce qu'il produit alors un effet équivalent à la dessiccation de la pression atmosphérique.
(1) Lorsqu'on veut se rendre compte de l'état hygrométrique de l'air d'une salle à chauffer, d'un séchoir, d'une étuve , etc., on peut se servir de l'appareil suivant; il donne des résultats beaucoup plus s,ûrs et plus exacts que l'hygro-* mètre ordinaire. On prend un flacon de 4 à 5 litres, muni i sa partie inférieure d'un ajutage à robinet ; on le remplit d'eau exactement , et l'on adapte au goulot un bouchon qui donne passage à un tube mis en communication avec un ou deux tubes à boules, et à un ou deux tubes en U. Le dernier de ces tubes reste ouvert, et est en communication directe avec l'air. Dans un des tubes en U se trouve du chlorure de calcium parfaitement sec ; dans le second , de l'amiante im* bibée d'acide sulfurique concentré. On connaît le poids de chacun de ces tubes. Dans les tubes à boules , on peut met» tre une quantité connue de solution de potasse caustique et d'acétate de plomb , si l'on désire connaître aussi la quantité d'acide carbonique et d'acide suif hydrique contenue dans l'air
Mais quoique l'air ait de l'affinité pour l'humidité, il ne peut l'absorber que dans l'état de vapeur, et par conséquent il faudra encore autant de chaleur qu'eu exige le changement en vapeur de toute l'eau que contient le corps a sécher , indépendamment de celle qui est nécessaire pour chauffer l'air, le principal effet de l'affinité de l'air étant de rendre plus prompte l'opération de se* cher. Il est évident que l'air agit avec la plus grande force; et, comme l'air froid exige pour êtresa-
i examiner, et qui peut influer sur la dessiccation. Pour examiner l'air d'une étuve , on y porte cet appareil , et l'on ouvre le robinet ajusté au flacon ; immédiatement , l'air qui a un libre accès dans le tube qui termine l'appareil , s'y introduit en faisant pression sur le liquide contenu dans le flacon et en détermine l'écoulement. En passant à travers le chlorure de calcium et l'amiante imbibée d'acide sulfurique, l'air se dépouille de toute son humidité , et lorsque le flacon est vide , on referme le robinet , et l'on pèse les tubes en U. Ils donnent alors très exactement la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'étuve en faisant un calcul fort simple , puis qu'on opérait sur 4 ou 5 litres , et qu'on peut savoir par la grandeur de l'étuve ce qu'elle contient en mètres cubes , et facilement en litres d'air atmosphérique, etc. L'air extérieur étant très fréquemment humide , lorsque cela a lieu , celui qui est chargé du soin d'une étuve ne doit y laisser entrer cet air qu'avec ménagement ; il doit aussi tenir la tempéra* ture plus élevée, s'il ne veut pas faire une trop forte consommation de combustible; car, quel que soit l'état de l'air qu'on introduit , il enlève de la chaleur à proportion de sa qualité , et s'il est d'avance saturé d'humidité , il enlève moins d'eau aux objets qui sèchent. Mais en élevant sa température, on lui donne le pouvoir d'enlever une plus grande quantité d'humidité , et cela avec une moindre dépense de chaleur,
turé moins d'humidité que l'air chaud , il doit arriver souvent que l'air froid se trouvera très sec , et qu'il aura un effet très avantageux dans une chambre à sécher. Dans les temps de gelée, il est très aisé aux blanchisseuses de faire sécher le linge en l'étendant humide sur des cordes en plein air, l'eau dont il est imprégné se trouvant presque aussitôt solidifiée par l'air, et dans un état de division très grande , sfen échappe facilement et en peu de temps. Dans le Nord , on fait sécher des betteraves en les coupant en rondelles minces qu'on expose à l'action de la gelée ; enfin chacun sait que dans les temps de longue gelée, la boue se convertit bientôt en poussière comme au milieu des chaleurs de Tété.
L'affinité de l'air aide d'une manière fort avantageuse les opérations pour sécher les étoffes d'un tissu épais et serré, les bois, etc.
Lorsqu'on veut sécher une matière quelconque, on doit lui faire offrir le plus de surface possible à faction de l'air; si c'est une matière pulvérulente, on la divisera en couches minces sur des ta* blettes , une étoffe sera suspendue de manière a ce que ses surfaces supérieures et inférieures soient également soumises à la sécheresse.
Le poids de l'eau absorbée par différens corps est très différent. M. Tredgoid a fait des essais sur le papier, la soie, la toile fine, la toile à voiles, le calicot et la flanelle. Il avait soin , avant de peser les différens articles mouillés, de les faire tordre,
comme cela se pratique par les blanchisseuses. Voici h peu près les résultats obtenus :
Poids sec. Poids mouillé. Poids de Posa absorbé*.
Flanelle
Calicot
Soie
Toile de lin....
Toile à voiles...
Papier
Pipier à dessiner
Or, pour que des poids égaux de ces différentes sortes d'objets pussent être séchés dans des temps égaux , la force de la chaleur devait être capable d'enlever deux livres de vapeur, tandis que celle pour sécher le calicot n'avait besoin que d'être suffisante pour en enlever une livre, et celle pour la toile de lin, pour en enlever trois-quarts de livre. Quand la force de la chaleur est la même pour chaque espèce , les temps pour sécher sont dans un rapport beaucoup moins simple.
La vapeur peut être employée comme moyen de sécher dans divers cas , pour sécher les grains , la drèche, le houblon , le papier, la poudre & canon, le sucre , etc. La vapeur pourrait être employée avec un grand avantage à sécher le blé, lorsque la moisson a été humide. On pourrait; pour cela faire; se servir de remplacement d'un four a drèchc, muni d'un appareil a vapeur.
Enfin ; des ventilateurs analogues à ceux dont nous avons parlé pour l'accélération du tirage dans Les cheminées ; peuvent très bien s'appliquer aux
séchoirs. On peut aussi se servir de l'air chaud perdu , provenant de quelque fabrication ( voyez hauts- fourneaux). El, dans tous les cas , la dessiccation mécanique peut, dans plusieurs circonstances , présenter une économie importante.
Utilisation des gaz perdus dans les hauts* fourneaux. — Le minerai de fer le plus abondant dans la nature, et celui qui sert à l'extraction de ce métal , est un oxide presque toujours uni â d'autres oxides, tels que la silice, l'alumine et la chaux* Nous décrirons succinctement les diverses opérations qu'on fait subir a la mine pour en extraire le métal , afin de donner a nos lecteurs une idée de cette industrie , et pour faciliter l'intelligence des faits que nous exposerons à la suite.
Le minerai est soumis à des opérations mécaniques préliminaires, qui ont pour but de le débarrasser des terres argileuses ou calcaires qui l'enveloppent, ou de le diviser et de le séparer par une calcination k l'air des particules de soufre et d'arsenic qu'il peut contenir. La première opération s'appelle bocardage ; elle se fait en lavant le minerai sous un courant d'eau ; la seconde s'exécute en plaçant la mine concassée avec du bois ou de la bouille dans des fours particuliers. Elle porte le nom de grillage.
Après ces opérations , on procède à la réduction de la mine, en la mettant en contact avec du charbon à une température très élevée dans des four-» fceaux particuliers , désignés à cause de leur dimen-
sion sous le nom de hauls-fourueaux. Ils sont d'une hauteur moyenne de a5 h 3o pieds , et représentent h peu près deux cônes tronqués et creux, appliques par leur base. La partie inférieure de ces fourneaux offre une cavité particulière, désignée sous le nom de creuset ; c'est dans cette partie que viennent se rendre les produits de la fusion. Audessus de celle-ci existent trois ouvertures : deux latérales, qui portent les tuyaux de forts soufflets ou de pompes soufflantes, sont destinées à entretenir un courant d'air continu; la troisième, située à la naissance du creuset , a pour objet de donner écoulement au laitier qui a été produit. On remplit d'abord de charbon de bois , de bois torréfié (charbon roux) ou de coke, le fourneau, et lorsque sa température est très élevée, on jette par la partie supérieure , alternativement de la mine et du charbon , de manière h entretenir le fourneau toujours plein, ainsi qu'une certaine quantité d'argile ou de terre calcaire pour faciliter la fusion des substances étrangères contenues dans la mine. La nature de ce fondant varie suivant la nature de la mine; lorsqu'elle est très siliceuse ou alutniueuse, on ajoute du carbonate de chaux , qui porte en terme d'art le nom de castine, et de la terre argileuse , connue sous le nom d'erbue, lorsque la terre calcaire domine dans le minerai.
L'oxide de fer est réduit par le carbone , tandis que la silice, l'alumine, la chaux, irréductibles par ce corps combustible , s'unissent pour former
un verre plus ou moins coloré, connu sous le nom le laitier. A mesure que le fer est ramené a l'état nétallîqae , il se combine avec une certaine quantité de carbone, fondu en se convertissant en fonte, [jui se rend avec le laitier dans le creuset. La sepâration de ces deux substances ne tarde pas à s'opérer par la différence de densité, et lorsque le creuset est rempli de fonte , le laitier qui la recouvre continuellement et la préserve de l'action de Vair s'écoule par une ouverture pratiquée au bord du creuset. Après cette époque, on débouche avec un ringard un trou fait au fond du creuset , et qu'on tient bouché avec de l'argile, et aussitôt la fonte coule en (lots de feu et se rend dans des sillons creusés dans la terre et enduits de sable. En se refroidissant dans ces sillons elle se moule et acquiert cette forme triangulaire qui distingue la fonte ainsi coulée, qu'on connaît dans les arts sous le nom de gueuse.
Cette fonte est un composé de fer, de carbone , <le silicium, de phosphore , de soufre et de manganèse ; c'est avec celle-ci qu'on obtient le fer, en le soumettant à une opération secondaire qui porte le noofi d'ajfinage'de la fonte. Le but de cette opération est de brûler la plupart des substances étrangères au fer, en exposant la fonte en fusion à un courant d'air.
L'affinage de la fonte se fait aujourd'hui avec de la houille, et dans des espèces de fourneaux à réverbère , appelés fourneaux à puddler ( sur les-
quels nous aurons quelques mots à ajouter). Ces fourneaux présentent une voûte surbaissée , construite en briques réfracta ires , au-dessous de laquelle se trouve une cavité recouverte d'une plaque de fonte et de sable infusible. Le foyer est placé à Tune des extrémités , et séparé de la cavité par un petit mur en briques; une longue cheminée pyramidale se trouve à l'extrémité opposée , et détermine un courant d'air rapide qu'on peut diminuer ou augmenter par un registre en fer, placé à la partie supérieure , et qu'on ouvre plus ou moi us à volonté.
D'après la description que nous venons de donner de l'extraction du fer, on peut se faire une idée de la quantité énorme de calorique produit; et partant de calorique perdu. Aussi a-t-on dû chercher a utiliser les gaz perdus de cette vive décomposition , et à les appliquer à divers chaînages et notamment à faire marcher les générateurs chargés d'alimenter la machine a vapeur qui met en action les soufflets des hauts-fourneaux ; cette chaleur perdue a été de plus utilisée à chauffer l'air dont on se sert pour accélérer la combustion (i)«
• (1) C'est ici le lieu d'indiquer l'emploi des ventilateur* , sorte de tamis à air, mus par une machine à vapeur, ou, pins rarement, par un manège , dont on se sert aujourd'hui aff* les plus grands avantages pour faire arriver dans le cendrier des fourneaux une masse d'air assez considérable pour brûler la presque totalité du carbone, dont une grande partie , dans les cheminées ordinaires , s'échappe à l'état très divisé, et forme cette fumée noire qui est une perte
Une chose digne de remarque , V est que le gaz qui se perd en plus grande quantité daus les hautsfourneaux, est précisément celui qui est le plus utile à la désoxi dation du minerai , nous voulons parler de l'oxide de carbone. Pendant long-temps ou a attribué la décomposition du minerai de fer, à la combinaison du carbone avec l'oxigène de l'oxide ; mais M. Leplay , ingénieur en chef des mines , a prouvé que la réduction de l'oxide de fer était due à l'oxide de carbone formé pendant la combustion , et formé en quantité d'autant plus grande que les tuyaux envoient constamment dans le haut-fourneau de l'air atmosphérique (i).
Parmi les applications des gaz perdus des hauts-
pour les manufacturiers, et un inconvénient souvent grave pour le voisinage. Nous avons été à même d'observer sur le fourneau d'un générateur à vapeur tout l'avantage de ces ventilateurs. Les cheminées n ont plus besoin d'être aussi faites , parce que le tirage est accéléré d'une manière prodigieuse par le tarare à air, et parce qu'il ne s'échappe que dei gaz incombustibles dont la perte dans l'air est inappré- «Urie.
(1) Il résulte du travail important de M. Leplay t 1° que h cémentation des corps oxidés, sous l'influence du carbone, s'a été inexplicable jusqu'à présent que parce qu'on n'avait ps remarqué qu'il y avait dans ce phénomène présence nécessaire de réactifs gâteux* Ce sont ces derniers qui produisent les résultats complexes attribués à tort au carbone solide. L'explication de tous les faits observés se déduit naturellement des propriétés que manifestent les deux composés ttidéi du carbone mis en présence du carbone , de l'oxigène, des corps oxidés et de leurs radicaux. Des expériences directes prouvent que l'oxide de carbone réduit tous les corps
fourneaux, nous devrons d'abord citer les séchoirs du bois et des fours h charbon de bois roux em» ploycs au traitement du minerai. Le charbon de bois roux est à proprement parler du bois peu carbonise et simplement torréfié : ce combstiblc présente une très grande économie, attendu qu'il renferme plus de matières combustibles que le bois
oxidés, signales jusqu'à présent comme réductibles par cémentation , etc. (Ann. des Mines, t. xix , 376.)
Lorsque le carbone est mis en contact avec l'oxigène ou l'air atmosphérique, à une température élevée, l'oxigène est absorbé avec un dégagement de chaleur et de lumière, et il se forme de l'acide carbonique et de l'oxidede carbone. Celui-ci se produit lorsque la température est aussi élevée que possible , et le carbone est en excès par rapport à l'oxigène ; lorsque , par exemple , le charbon brûle en grande masse dans un fourneau où la chaleur s'élève beaucoup, et où le courant d'air est trop faible relativement au volume de combustible, le résultat de la combustion consiste alors principalement en gaz oxide de carbone, qui produit une flamme bleue, visible au haut du fourneau de la cheminée. — L'oxide de carbone est sans odeur ni saveur, irrespirable; au contact de l'air, il brûle avec une belle flamme bleue» absorbe de l'oxigène et se convertit en acide carbonique. En enflammant un mélange d'oxide de carbone et d'oxigène, lès deux gaz s'unissent avec dégagement de chaleur et de lumière et une détonnation ; il se produit encore de l'acide carbonique.— On le prépare en traitant le sel d'oseille (quidroxalate de potasse = acide oxalique (I atome d'oxide de carbone et 1 at. d'acide carbonique) -|- oxide de potassium) par l'acide sulfurique, et en chauffant légèrement. — L'oxide de carbone a été découvert par Phestley ; mais il n'y a qu'une trentaine d'années que sa véritable nature et sa coin* position ont été bien reconnues par Clément Desormes et par un chimiste anglais , Gruikshank.
sons le même volume, puisqu'il est desséché, et plus que le charbon ordinaire, puisqu'il n'a pas perdu par une longue carbonisation près des deux tiers de ses principes combustibles. Il a de plus l'avantage de fournir pendant la combustion du gazoxide de carbone en grande abondance, gaz qui, comme nous l'avons vu, est le réducteur par excellence du minerai. Mais ces avantages se trouvent en partie détruits par un inconvénient grave que viennent de signaler, il y a quelque temps, des accidens arrivés dans des hauts-fourneaux du département des Ardennes. Nous croyons utile, pour nos lecteurs, de citer les recherches de M. Sauvage, ingénieur en chef au corps des Mines, sur cet important sujet.
Après avoir relaté avec détails les explosions arrivées dans les hauts-fourneaux de la commune de Fade , arrondissement de Mézières , M. Sauvage développe de la manière suivante sou opinion sur la cause à laquelle doivent être attribués ces sinistres.
Je suis porté à croire que la cause principale de ces graves accidens réside dans l'usage du bois torréfié. Les explosions ont eu lieu , en effet , pendant une allure irrégulière des fourneaux, et toutes ont été précédées de chutes de mine et de descentes brusques dans les charges. Dans ces circonstances, une grande quantité de combustible peut et doit môme arriver dans l'ouvrage, au point ou la température est la plus élevée , avant d'être complétera
tu
Bien! carbonisé. II peut même arriver presque cru; H* il est soumis brusquement a un degré de chaleur considérable ; sa décomposition s'opère rapidement ; de grandes quantités de gaz inflammable! se développent dans un temps fort court. Ce gas peut s'accumuler dans les vides qui se forment au milieu des matières qui remplissent le fourneau, vide* qui existent incontestablement au momentoù la marche est irrégulière , oh les chutes sont fréquentes. 11 se trouve à peu de distance au-dessus 4e la tuyère, quelquefois même devant elle à une température fort élevée ; il est en mémo temps comprimé par le poids des matières qui descendent. On conçoit alors qu'il se combine avec l'oiigène de l'atmosphère , puisqu'il existe dans uns région de l'appareil où cet oxigène n'est point eu* cave épuisé ; de là explosion , force expansive , projection des matières hors du fourneau, soit parle gueulard, soit par la tympë, suivant que b résistance est plus grande d'un côté que de l'autre.
Cette explication est la première qui se présents à l'esprit; cependant on ne peut se dissimuler qu'elle soit sujette a plusieurs objection» graves* Par exemple, il est difficile d'admettre qu'use explosion puisse se faire autrement que par la combustion spontanée d'un mélange déjà formé d'oxigène et de gaz combustible ; or , ce n'est évidemment pas le cas dans les fourneaux dont il s'agit. D'un autre côté, si cette explication est vraiep il Sfeoabte que l'explosion doive être instantané^
et au contraire, on a vu que les projections au gueulard pouvaient durer pendant plusieurs minutes. Les considérations suivantes rendent compte des phénomènes observes d'une manière plus satisfaisante. On admet , comme tout a l'heure, que le bois se trouve arrive presque cru dans un espace très échauffé, et qu'il y soit emprisonné entre ces toutes qui se forment fréquemment dans les hauts* fourneaux , surtout quand ceux-ci brûlent des minerais fusibles et en petits grains. La tension des gaz et des vapeurs qui se produisent par la distillation du bois, augmente progressivement, et il irrive un moment où elle est suffisante pour faire éclater comme une bombe la croûte des matières demi-fluides, demi-solides , qui lui font obstacle. Cette explication rend assez bien compte des circonstances qui accompagnent l'accident; on conçoit, en effet, comment les projections se font tantôt au gueulard, tantôt a la tympe, pourquoi l'explosion n'est pas instantanée , et pourquoi des détonnations successives se produisent. C'est l'effet qui a lieu dans un fusil à vent.
Quant à l'air chaud, il est évident qu'il ne peut atoir dans ces circonstances qu'an rôle indirect et tout-à-fait secondaire; car un appareil 5 air chaud qui ne fonctionnerait pas avec régularité, et qui donnerait des degrés de chaleur très variés n vent qui pénètre dans le fourneau , contribuerait même d'une manière puissante li amener de grands dérangemens dans la marche , 5 produire
des chutes de mine et des descentes brusques do bois non carbonisé, à faire naître ces agglomérations, ces enveloppes de matières pâteuses , et par suite h rendre plus imminentes ces productions de gaz , ces explosions.
En résumé, ces combustibles a flamme paraissent être la cause principale des accidens signalés plus haut, et cette opnion est confirmée parles expériences que Ton a faites pour opérer la fusion des minerais avec la houille crue, il parait que dans ces essais, des explosions et des projections de matière se produisaient fréquemment ; on doit à ce sujet se rappeler que l'emploi du bois sec, ou peu torréfié, a rendu plus fréquentes les chutes de mine; c'est au moins ce que j'ai eu occasion d'observer dans les usines du département des Ardenlies. 11 est évident, en outre, que toutes les circonstances, de quelque nature qu'elles soient, qui tendront a rendre irrégulière l'allure du fourneau, contribueront à faire naître ces accidens, et c'est de cette manière que l'air chaud, mal appliqué, pourrait agir dans beaucoup de cas.
La conséquence à déduire de ce qui précède n'est certes point qu'il faille renoncer h l'emploi du bois , et encore moins 5 celui de l'air ebaud. Il faudrait alors renoncer a tout progrès dans findustrie du fer. Autant vaudrait abandonner lan&7 vigation a vîipeur parce que quelques chaudière! ont lait explosion , défendre l'extraction de M bouille parce que l'hydrogène proto - carbone I*
ïxerce dans les mines des ravages terribles. D'an iutre côté , beaucoup de fourneaux fonctionnent ivec une grande perfection au moyen du bois tor- -éfîé et de l'air chaud. Ce qu'il faut faire , puisque a cause du mal est dans la marche irrégulière de 'appareil de fusion , c'est de chercher & rendre celte marche plus uniforme , plus parfaite, et là il y a beaucoup h faire.
On doit apporter plus de soin qu'on ne le fait généralement dans la composition des charges du haut-fourneau; il faut introduire chaque fois la même quantité de combustible préparée d'une manière uniforme, des minerais d'une richesse» d'une fusibilité égales dans le même degré de sécheresse. La machine soufflante doit être parfaite* ment réglée ; la même quantité de vent h la même pression , à la même température , doit être introduite a chaque instant , et il importe de faire quelque modification a tout appareil à air chauil qui ne produirait pas une température uniforme ou à peu près uniforme ; il conviendra aussi, si Ton remarque que le bois simplement desséché est là cause de chutes fréquentes, de l'amener à qn état de torréfaction plus avance. '"■*!
Nous avons déjà donné une idée de la construction des fours a puddlcr, aussi croyons-nous inutile d'y revenir. Aujourd'hui on est parvenu à se servir des gaz du gueulard pour 1* puddlage du fer, et nous ne pouvons mieux donner une idée des résultats obtenus par ce procédé, qu'en repro
duisant un article, récent dn journal V Ancre 9 sur le travail des forges de Traveray.
Le travail des forges de Traveray se continue maintenant sans interruption et est devenu aussi régulier par lo gaz que par le puddlage a la houille. Ces usines viennent d'obtenir un nouveau succès dont les défenseurs des Allemands n'attribueront probablement pas l'honneur h ces derniers : c'est le puddlage aux gaz, sans mazéage ni autre opération , dejonles obtenues au coke qui ont été d'un travail aussi prompt et aussi facile que les meil- : ures fontes au bois.
Des fontes aux gaz viennent d'être essayées au t ..'son ; elles ont produit, comme à Eurville, de hr •>■ es barres et des barres d'une qualité moindre. T ■»■;•■ lion des maîtres de forges n'en est pas moins .-.■• ' oi able au système, et sans les discussions t occupent Messieurs de la grande société,
pi ■ j usines travailleraient maintenant au gaz, e+ :,*u. : c maître de forges apporterait au perfeo ;.<".■ ?ment du nouveau système le fruit de set '. ,res et de son expérience. Déjà l'appareil, ur la prise des gaz est placé sur un des fourneaux d'Eurville, mais comme il faut l'autorisation de hm. société pour le faire fonctionner, nous ne le verront aller que quand les arbitres auront décidé la ques — tion d'existence qui parait s'agiter eu ce moment - Nous venons de parler de perfectionnement &&* nouveau système : on conçoit, en effet, qu'un ^ théorie nouvelle et d'une aussi grande importance
ne peut être parfaite à son début. Combien d'années d'expériences sans résultats le puddlage n'at-il pas coûtées aux Anglais ! et après les succès de ces derniers , n'avous-nous pas nous-mêmes passé quatre *u cinq ans a n'en retirer que de mauvais produits? Puddler n'a fait pendant long-temps que des scories : il n'en a pas été ainsi du coup d'essai de Traveray ; des le premier jour on a obtenu des fers de première qualité. Donc on pourra n'en pas obtenir d'autres , toutes les fois que les appareils adoptes seront convenablement disposés. De cela seul paraît dépendre l'uniformité dea produits, selon plusieurs maîtres de forgâ qui toôtià éta Ont parlé sans ë*&géràtiôtt. tyiàhd les g&E arrivent régulièrement , les maâsiaux sont parfaits, on espère même les amener bientôt a l'état d'acier; mais quand il y a des fuites de gaz, la moindre intermittence influe sur la qualité. De Ih ces différences observées à Eurville et au Buisson sur les massiaui provenant des premiers trains. Du reste, M ML Dandelarre et compagnie ont déjà obtenu un degré suffisant de régularité, pour les trains récens.