INSTRUMENS POUR LE DESSIN
PAR M. Tachet.
M. Tachet^ ébéniste-mécanicien, rue de Chartres, n** 26, a présenté plusieuis produits de son industrie, dont le principal est ce qu'il appelle un curvotrace. Si l'on se représente une lame Irès-élaslique, pouvant recevoir de la pression des doigts toutes sortes de formes, il est aisé de concevoir qu'en la posant de champ sur le papier ou sur un panneau , on aura un régulateur qui servira à tracer une courbe quelconque avec pureté et correction. Mais la main ne pouvant maintenir long^ la pr^ssipu mêmes points, mêoie avec \
secours de deux personnes, les courbes sti déformeraient et l'on n'aurait rien d'exact. L'instrinneul de M. Tachel, représenté en élévation et \u en dessus (fig. 10 , pl. 8), remédie à cet inconvénient, au moyen de mains arlifirielles ce, dont chaque position est fixée par des boutons à vis dd. Le long d'une règle a, ouverte par des rainures /y, on fait glisser à volonté les porto-lames ou porte-élasliques, et on les arrête avec la vis au point convenable. Cette première opération détermine les extrémités de la courbe. Ensuite on rallonge on on raccourcit la lame d'acier pour régler le degré de courbure, et on la fixe aux points conveiiables à l'aide d'autres vis /7, qui sont aux bouts dei porte-lames; après quoi, il n'y a plus qu'tà tracer la courbe le long de l'élastique.
L'artiste ne s'est pas occupé des moyens de former une courbe donnée; c'est en effet un autre problème, et il a supposé ou que l'on copierait à vue la courbe à tracer, ou qu'on appliquerait la lame contre un modèle ou calibre. Mais, sans chercher à résoudre cette question, il aurait pu diviser les rainures de la règle. Celte division faciliterait et abrégerait la formation des courbes symétriques. Son instrument n'en est pas moins propre à tracer un grand nombre de courbes simples ou complexes, et même dans une assez grande étendue, puisque la lame a i"^,7, ou 5 pieds de développement. L'auteur aurait pu aussi allonger les rainures, en réduisant la longueur des porte-lames, ce qui est très-facile, pour obtenir des courbes plus rentrantes.
Une des principales applications du ciirvotrace est le tracé des projections géographiques sur le papier ou sur le cuivre; quelque grand que soit le rayon de courlnne , le géographe peut obtenir l'arc dont il a besoin. La marine en peut faire aussi un fréquent usage, ainsi que les divers arts.
On peut, à l'aide de cet instrument, tracer d'un seul jet une doucine, uîi talon et différentes sortes de moulures : il s'applique donc à divers arts de construction ; il sera utile au charpentier, à Tébéniste, au fabricant
201 APPENDICK.
d'ornemens, au serrurier, elc, pour tracer les calibres de plusieurs formes et graudeurs.
M. Tac/iel vend son curvoîrace 30 francs, y compris deux lames de i™, 7, dont l'une est plus épaisse et sert pour les courbes moins prononcées.
On pourrait varier les courbes encore davantage en donnant à la lame élastique une épaisseur décroissaute; il ne serait pas impossible de remplir cette condition quand on fait passer l'acier sons le laminoir.
Le second objet présenté par cet artiste est une règle, ([u'il appelle combinée ^ à l'usage des dessinateurs d'arcbilecture; elle ne peut se déjeler, parce qu'elle est formée de quatre pièces taillées en forme d'arc, bien collées à plat et assujéties dans les bouts. L'intervalle des arcs sert à saisir la règle. L'exécution de ces pièces ne laisse rien à désirer; il faudrait seulement s'assurer qu'en toute saison la rectitude de cette règle est invariable, comme on est porté à le croire par l'état de tension où sont les pièces de bois.
Enlin, M. Tachci a soumis à la Société une plancliette à dessiner. Au lieu d'être formée d'une ou plusieurs planches assemblées, qui voilent presque toujours, à cause de la faible épaisseur qu'on est obligé de leur donner, il compose le panneau de 96 pièces ou petits panneaux, assemblés à rainures et languettes, le tout garni d'emboîtures comme à l'ordinaire; mais ces pièces sont toutes en ])ois debout, placées dans tous les sens, ce qui produit dans les variations atmosphériques, l'effet de la compensation. Le milieu de la planclie ne pouvant céder, elle ne se tourmente pas par l'action hygrométrique; le retrait n'a pas lieu, et les bouts ne se lèvent point. Les plus grandes planches, qui ont i 3 décimètres, coûtent le double des planches ordinaires : leur exécution est également très-bonne.
Académie y figure nue, enlièro. On dessine Tacade mie, d'après nature en copiant un modèle vivanr, d'après la bosse en copiant unesîaluc. {l^oyez § II, Élude de la Figure. )
Académique {pose), altiluJe un peu forcée d'une académie ; la pose académique du modèle vivatit est quelquefois nécessaire pour faii-e comprendre à l'élève le jeu des muscles , et lui donner la facilité de le dessiner; mais, en général, toute atlilude forcée et contrainte esl, dans sa raideur immobile , une attitude aussi peu nalurelle que les contorsions des sauteurs-équilibristes , et qu'aucun dessinateur de bon goiit ne doit é're lenté de reproduire dans un lableau.
Accord f liaison convenable de toutes les parties d'un ensemble. Il ne peut y avoir accord dans la perspective d'un dessin , si le ton des niasses n'est pas en rapport avec les contours qui en marquent les différens plans.
Accuser^ faire ressortir, par un trait prononcé , par une loucbe vigoureuse, un contour, un Ion qui a besoin d'être senti.
Adoucir^ affaiblir insensiblement un trail, une nuance, une forme, en les fondant avec l'objet qui leur sert de champ. Il faut savoir accuser et adoucir à propos, pour donner de la vigueur et de l'harmonie à l'ensemble ; si l'on accuse sans discernement , on tombe dans la sécheresse ; si Ton adoucit tout sans rien accuser, ou tombe dans la mollesse et dans \eJlou. Adoucir le travail du crayon, c'est passer, à l'aide des hachures ou du
loi VOCABULAIRE.
pointillé, d'un Ion Irès-viqoureux au ton le plus léger, et au l)laiîc du papier, par une leiule qui s'affaiblit insensiblement.
Les couleurs s'adoucissent par le tiavail du pinceau , qui les fond les unes avec les autres, en mariant la nuance la plus forte avec la nuance la phis faible par une i^radation insi risible.
^JfaihUr. On afiaiblit une leiule d'aquarelle en l'étendant dVau. Le noir du crayon s'aiïaibiil en l'étendant à reslon>pe. Affaiblir, c'est diminuer l'effet {général; adoucir, c'est exiler une transition brusque de la plus grande force au plus grand affaiblis.seuieuf.
Agencer y disperser, se dit plus piirlicuîierement des draperies ; l'agencement de b urs plis doit être large et point ujaniéré.
Aiguilles. Celles qui servent à piquer les dessins doi-veut èire fines eî bien trempées. Uu piqut)ir est une bampe armée d'une aiguille. ( Vor. § I , Dessin de la Topographie. )
Air. V air ambiant, dans un dessin, ne peut s'interposer entre diîlérens plans que par l'adoucissement des contours, lin dessin manque d'air quaiîd les objets y sont plaqués l'un sur l'autre, et crayounés également comme le noir d'une silbuueltc.
Alun L'eau d'alun sert pour encoiier îe papier qui ne l'est pas a-^scz , et pour le réparer dans les endroits qui ont élc grattés. ( Voy. § P»', Dessin de la Topographie,)
Angle de réduction. On l'emploie pour réduire les plans et les cartes. ( Voy. § II , Dessin de la Topographie.
Anse de panier, courbe qui ressemble à une ellipse , et qui se compose de plusieurs ares de cercle. ( Voy. § icr^ Defisin géométrique.)
Antique* Dessiuer d'après l'antique, c'est copier les
VOCABUtAIRE. a05
Statues, bas-reliefs , vases , etc. , qui nous sont restés de ranliquilé.
Plus on étudie d'après nature, et plus on \oil avec quel soin les artistes de l'antiquité ont recherché le beau idéal de la nature humaine dans toutes leurs compositions.
Aquarelle, dessin avec des couleurs à l'eau; le blanc ménagé du papier indique les clairs.
Arabesques. ( f^oy. § III , Tracés géométriques appliqués au dessin de l'Ornement. )
Arbres. ( ^oy. § III , Etude du Paysage ; § IH et § IV, Dessin de la Topographie. )
Arc , portion de la circonférence du cercle. ( Voyez § 1*^ et § II , Dessin géométrique. )
Architecture. ( Voy, § III , Tracés géométriques appliqués à l'Ornement. )
Ardoise. On se sert d'ardoises particulières pour dessiner et pour écrire: ce genre de tableau est très-utile pour les premières é'ude du dessin linéaire.
Armées. ( Voy. § III et § IV, Dessin de la Topojra phie. )
Attitude^ pose naturelle; l'attitude des personnages dans un tabl» au indique l'action , et il ne peut y avoir d'ensemble qn'uutanl que l'altitude de chacun concourt à l'effet général.
Altribu's , accessoires en quelque sorte obligés des divinités mvthologiques : les foudres à Jupiter, le caducée à Mercure , eic. , etc. Insignes d'une profession ; dans les tableaux d'histoire , les al tributs des personnages sont une indication de l'époque où la fccène e pa^se.
Uaboclier, dépasser, lorsqu'on pose une lelnle avec un pinceau ou qu'on l'adoucit, le trait que 1 on doit suivre , et étendre l'encre ou la couleur au-dela de ce trait.
Hase. Le dessin est la base de tonte espèce de peinture. La base d'un dessin ou d'un tableau , c'est la ligne de terre , au bas du tableau , et à parlir de laquelle commence la scène et l'horizon.
Ddûmens , Murs de clôture, Ponts de pierre et autres ouvrages de maçonnerie. ( F. g III et § IV, Dessin de la Topographie. )
Berges , Côtes , Pentes de coteaux , Encaissement de routes , Déchirement de terrain , etc. ( § IH ^'t § IV, Dessin de la Topographie. )
IJistre f couleur faite avec de la suie de cheminée; elle a un beau ton , mais présente souvent le grave inconvénient d'absorber l'humidité quand elle a été employée épaisse, et alors elle ne tient plus au papier el salit les objets avec lesquels elle est on contact.
Blanc Le blanc, couleur, ne s'emploie que dans îes dessins à la gouache ; dans l'aquarelle , le blanc se réservtj sur le papier; dans la miniature, le blanc s'épargne sur l'ivoire ; dans toute espèce de dessin au crayon , le b!ai:c se réserve sur le papier ou s'enlève au grattoir.
Bleu-Cohalt ^ couleur très-fine , et qui n'acqniei t îouîe son intensité que par son exposition à l'air; se forme artificiellement par une combinaison de sous-phosphate de cobalt et d'alumine; elle remplace avantageusement l'oulremer , qui est d'un prix infiniment plus élevé. La couleur du cobalt est inaltérable ; elle peut remplacer les autres bleus dans la topographie. {F. % III et § IV, Desçin de la Topographie. )
VOCABULAIRE. lO'J
Bleu combinaison d'acide bydrocyaniqne ,
de potasse et de fer; cette couleur est propre l\ composer de, beaux verts, par son mélange avec les jaunes; mais elle a l'iocouvénient de changer de ton et de s'allérer facilement.
Boire, se dit du papier; le papier boit quand la teinte y entre subitement en h ah o chant ^ sans laisser le temps d'adoucir ni de fondre; on y remédie en l'imbibant avec de l'eau saturée à' alun , ou avec de V encollage. ( Voyez ce mol. )
TJois , Arhres , Haies. ( § IH et § IV, Dessin de la Topographie. )
Boile à coiileurs0'Lii plus convenable est celle qui tient le moins de place et dont le transport est le moins embarrassant ; il faut éviter de la surcharger de couleurs inutiles, surtout celle qui doit servir au topographe, à l'arpenteur, ou au militaire. On place dans cette boîte les crayons , canifs, pinceaux , et enfin tous les objets nécessaires au dessinateur.
Bordures. Entourages ou cadres des dessins. Les bordures les plus simples sont celles qui conviennent le mieux à toute espèce de dessin, et le (îhoix de la bordure, quand il est bien entendu, peut faire valoir le dessin.
Bosse ^ figure en plâtre qui représente tout ou partie d'une figure, et qui sert de modèle aux dessinateurs. ( ^. § II , Dessin de la Figure. )
Boueux. Une teinte est boueuse quand elle est salie par un mélange confus de couleurs ; un dessin s^en)pàte par une teinte boueuse, ou par un crayonnage confus.
Boussole , instrument dont l'aiguille aimanté et mobile a la vertu de se placer dans la direction du méridien , du nord au sud.
On indique la boussole sur un plan pour Torienter. ( V. § IV, Dessin de la Topographie. )
Drosse , pincêau dont ou se sert pour la peinture à l'huile , et dont les soies ne font pas la pointe.
Drosser^ étendre la couleur avec une brosse.
Broyer y écraser les couleurs entre un morceau de gUce et une mololle de marbre ou de cristal ; il faut , pour l'aquarelle , ajouter de l'eau bien pure et pas trop de goinaie arabique ; plus les couleurs sont broyées , plus elles acquièrent de finesse et plus leur emploi est facile cl avanlageux.
Bruyères, ( ï\ § III et § IV, Di^ssin la Topog! aj)hiG. )
Cadres, [f'oy. Bordure).
Calque , transport d'un dessin sur un papier transparent, ou sur une feuille de papier ordinaire , au moyen d'une glace. ( f'^oy. § II , Dessin de la Topographie. )
Calquoir, instrument pour faire des calques, {l^oy, S 1 , Dessin de la Topographie. )
rognure de peaux qui sert à réparer le papier sur lequel ou a gratté. ( Voy, § I, Dessin de la Topographie. )
Capucine , espèce de crayon ; c'est une mine de plomb fine, naturelle ou factice, enveloppée dans Fintérieur d'un bàîon cylindrique, d'un bois tendre.
/ Carmin , poudre d'un très-beau rouge foncé et ve-
louté, que Ton extrait de la cochenille ; cette couleur n'offre qu'une faible solidité ; elle finit même j.ar disparaître entièrement. On peut la remplacer par le carmin de garance.( J^oy. § I, Dessin de la Topographie.)
Carmin de garance y couleur riche et pure, fixe et solide, qui doit remplacer le carmin ordinaire dans les cas où un dessin doit être long-temps conservé.
VOCABULAIRE. ÎIOQ
Carnation , se dit des chairs et des parties nues d'un tableau» prises dans leur totalité : de belles carnaùons; les carnations du Titien. On ne s'exprime pas dans ce sens lorsque l'on ne veut parler que d'un bras, d'une cuis«^e, etc., mais ou di!, cette cuisse ou ce bras est bien de chair. En parlant des parties plus délicates et mieu.x colorées, on peut dire : les joues, fa bouche sont d'une belle carnation.
Caractère , on dit en peinture qu'une tète a du caractère^ pour exprimer que l'ensemble est d'un style élevé, noble et correct. Ce mot caractère varie d'ailleurs dans les acceptions : en peinture, chaque objet, figure ou paysage, doit conserver ^on caractère^ c'est-à-dire la physionomie qui lui est propre.
Caricature^ dessin chargé pour mieux accuser le ridicule du modèle. I-es Anglais ont excellé long-temps dans la caricature politique.
Carreaux^ copier aux carreaux, {^'oy. § II, Dessin de la Topographie. )
Cartes géographiques , topographiques ^ dessins ou plans d'un pays; le mot carte es[ employé quand il s'agit d'une étendue considérable de pays. Les cartes géographiques sont sur une échelle infuiinient petite : les cartes topographiques sont sur une échelle moins petite, qui permet d indiquer la coufiguralion du terrain : lorsque l'échelle est plus grande et le terrain moins vaste, on emploie la dénomination du Plan.
Cartons, on appelle ainsi certains dessins que les peintres font pour servir de modèles aux décorateurs et aux ouvriers en tapisseries.
On appelle cartons certaines esquisses que les peintres font en grand, d'après lesquelles ils peignent à fres* que. Les carions de Raphaël sont d'une grande célé^ brilé,
Pp tend le papier sur des cartons pour dessiner |
quelquefois morne on dessine sur le carton , et celui de Bristal est renommé pour ce genre de dessin.
Cartouches, ornemens dans lesquels on met des armoiries, inscriptions, etc. On les appelle cartouches , parce qu'ils imitent des cartons roulés.
Cercle. ( J^oy. § I et § II, Dessin Géométrique. )
Chaud, un dessin est chaud de ton quand sa teinte générale est montée en couleur. Un dessin est d'un faire chaud et vigoureux, quand le crayon a été mené d'une main ferme et qu'il y a de la verve dans le crayonnage. La chaleur d'une composition git dans ragencemenl de la scène et dans l'attitude des personnages.
Champ , coucher ch champ , c'est étendre de larges teintes : on dit aussi le cliamp d'un dessin ou d'un tableau, pour en exprimer rétcndac ; on dit encore que les fonds et le ciel servent de champ aux arbres des plans intermédiaires ou du devant, etc., etc.,
Chanfrein , biseau que l'on donne à l'un des côtés d'une règle, pour en diminuer l'épaisseur apparente.
Charbon, charbonner; le charbon sert de crayon pour des ébauches grossières. On dit qu'un dessin est charbonné quand il est grossièrement crayonné, sans demi teinte, et sans harmonie.
Charge, charger; on dit ce dessin n'est pas assez terminé, il faut le charger davantage; mais, en général, le mot charge se prend en mauvaise part ; c'est une exagération grotesque en dessin ou bien en peinture. Ce portrait ne ressemble pas à M. ici, mais c'est bien sa charge, c'esî-à dire sa caricature.
Châssis, pour dessiner à la vitre. ( f^oj. Calquoir.)
Chemins et Sentiers, Chaussées, Routes, Fossés, Canaux, {Voy, § lîl et § IV;, Dessin de la Topographie.
Çh^vaUii le chevalet du peintre se compose ordinai'»
VOCABUTAIRE.
rement de Irois ais en bois, dont l'un sert à soutenir les deux autres; une crémaillère mobile soutient entre les deux premiers ais une petite planche à rebord sur laquelle repose le tableau. On désigne aussi par le nom de tableaux de chevalet les tableaux de petite dimension.
C/ieiTuxy la souplesse des cheveux ne peut se rendre avec le crayon que par des traits foncés ou clairs sur les teintes qui indiquent chaque masse des cheveux.
Clair, les parties les plus éclairées d'un dessin ou d'un tableau s'appellent parties claires, ou seulement clairs d'un lableati ou d'un dessin.
Clair obscur, le clair obscur consiste dans la faiblesse ou la vigueur des teintes, suivant l'intensité qu'elles reçoivent indirectement des modifications de la lumière, des ombres et des reflets; la science du clair obscur est de faire distinguer à travers l'ombre , la couleur ou la teinte qu'aurait un corps s'il était éclairé.
Colle à bouche, sert à réunir, en les collant, plusieurs feuilles de papier sur les tablettes ou cartons à dessiner, (^oj. § I, Dessin de la Topographie), sa composition et son emploi.
Coloris, le coloris assigne à chaque objet le ton de couleur qui lui est propre, avec toutes les nuances qui déterminent directement l'interposition de Tair atmosphérique et les accidens de la lumière.
Coloriste, on distingue ainsi les peintres qui ont le sentiment du coloris.
Compas, Instrument pour tracer des cercles ou des arcs de cercle. ( Foj, § I et § II, Dessin géométrique.)
Compas à verge , pour tracer de grands cercles,
Compas de proportion.
Compas dtf réduction^
VOCABITtArei.
Compas -équerre ^ nouvel insfrument pour élever des perpendiculaires sans un tracé géomélrique.
Composition t insenXion de Tensemble d'un dessin; c'est l'art d'invenler^ de disposer les objels, les personnaj^es, leurs attributs, et enfin toutes les parties d'un tableau. Les études copiées sur la nature servent à guider le peintre dans ses compositions.
Cône, solide, (^oj. § II, Dessin géomélrique.)
Contraster. L'opposition de l'ombre et de la lumière contraste dans un tableau, mais il ne faut pas chercher sans cesse des contrastes , car on tomberait dans le papillotage et la marqueterie.
Copie , imitation d'un dessin modèle. La copie doit reproduire fidèlement l'original. Une copie, quelque bien faite qu'elle soit, n'a jamais Tallure franche d'un original , et c'est par une raideur qui n'échappe jamais à l'œil du vrai connaisseur que se décèle une copie. On dit aussi copier la nature, c'est-à-dire dessiner la nature qu'on a sous les yeux.
Copier f faire une copie ; la copie peut être faite à la même échelle que le modèle, ou bien à une échelle de proportion. ( Voy. § II , Dessin de la Topographie. )
Corde, ligne droite sous- tendante d'un arc. ( Voyez § et § II , Dessin géomélrique. )
Cordeau , sert de compas sur le terrain et d'alignement. ( Vof. § I et § II , Dessin géométrique. )
Corinthien, ordre d'architecture. ( ^. § III, Tracés géométriques appliqués au Dessin de l'Ornement. )
Costumes ; habillement particulier à certains peuples, à certaines dignités, et dont Texactitude dans un tableau, caractérise l'époque oii la scène se passe.
Cotes ( V, § III et § IV, Dessin de la Topographie. )
Couche t enduit de couleur; couchery c'est appliquer pu étendre une cQUçhe; coucher ^ine teinte plate g c'çs^
VOCABUI AtRÏ.
couvrir une grande surface par une teinte unie. Oa dit aussi coucher un vernis.
Couleurs^ ingrédiens qu'on a préparés, et dont on se sert pour assigner aux objets îe-; tous de la nature quand on peint , et les teintes de convention quand on dessine au lavis. § I*'", Dessin de la Topographie.) — Couleur s'entend aussi des coloris; la couleur de Rubens^ V Ecole Flamande est remarquable par sa couleur
Coup de force , trait plus ferme et plus gros ordinairement que celui qu'il sert à faire valoir par opposition ; dans les plans et les élévations , comme dans les tracés d'ornemens et de figures, on les j lace quand les dessins svont temunés. On doit s'abstenir des coups de force dans les coupes, afin de conserver au trait louîe sa pureté, et aux détails leur échelle.
Coupe , bâtiment , machine , pièce de charpente , etc. , supposée coupée, eî dont le dessin montre une partie de rinlérienr.
Il y a des coupes verticales, horizontales, de profd, etc. , etc.
Crayons, matières diverses, pierres, poudres préparées de manière à pouvoir tracer sur le papier des traits fins eî assez fixes. Il y en a de naturels et de factices ; les crayons nalureis^sont la pierre de sanguine, le charbon fusain ou de saiiî«j , la mine de plomb , la pierre noire ou d'Italie. Les crayons factices sont le méiange de certaines matières ou de couleurs qu'on détrempe , que Ton péiril et que l'on réduit en petits morceaux ou bâtons. ( r. § II, Etude de la Figure; et § lîl , Des^^in de la Topographie ).
Crocade , Croquis, esquisses faites à la hâte, pensée jetée avec précipitation sur le papier. Les croquis d'un maître ont plus de feu (\ue les dessins finis; ils indiquent plus netlemi ;it la pensée du peintre, parce qu'il iie craint pas dans un croquis de l'accentuer, de l'accuser avec une énergie et par des contrastes qui nuiraient par leur àpreté à l'harmonie d'un dessin, d'un tableau terminé.
2 l4 VOCABULAIRE.
Croquer, saisir vivement et largement les Irails saillans d'une figure.
Cru, UQ ton cru ou criard détruit l'harmonie; il faut rompre assez le Ion sur la palelte pour que jamais il ne soit cru; on détruit la crudilé de ton pour les glacis.
CjUndre, solide. § II, Dessin géoméiriipie.) D.
Décoration, consiste dans la nouveauté, Tinvenliou et la variété des objets, dans le beau choix des ordres d'architecture, et dans la fraîcheur du coloris, dans les propoi lions de la perspective, dans la richesse et la magnificence des ornemeiis. ( Voy. § III , Tracés géométriques appliqués au Dessin de l'ornement.)
Décorateur. Celui qui s'occupe de décorations, qui les exécute.
Décrire, tracer, exprimer, accuser les contours d'une figure , d'une tète, d'un bras, etc. — Décrire un cercle au moyen d'un rompas. — Z>6'c/7rc un arc , une courbe. ( V. g. I et §. IL Dessin géométrique. )
Degrés. lîivision du corde en 36o parties (ancienne)? et en 400 parties d'après le calcul décimal.
Demi-Teintes , nuances intermédiaires entre les teintes des ombres t;t les teintes des clairs. Le clair obscur doit se marquer atix teintes qui riiarmonisenî.
Dessin. S'enlend par fois delà composition ; le coloris de ce tableau est bien pauvre, mais le dessin en est riche; ce tableau est d'un bon dessin. La richesse du dessin n'excuse pas la pauvreté du fonds, se dit d'une composition insignifiante dans la([iielle les accessoires sont bien dessinés. Le mot dessin s'entend dans une foule d'exceptions au propre et au figuré, qui toutes ont rapport aux beaux arts.
VOCAnULATRE. 11 5
Délachev. Un oh]eÀ se détache d'un autre ou sur nu outre par l'apparition du Ion de l'un à l'autre, se dit des diverses parties d'une façade qui se détachent les unes des autres par l'harmonie des ombres et des teintes plates.
On applique ce mot à tous les genres du dessin et aux plans topograpliiques, pour indiquer les objets qui font relief.
Di'lnîllé ^ se dit d'un plan de bâtiment où sont indiquées toutes les distributions intérieures, ou d'un plan topographique indi(juant tous les accidens du terrain.
Détrempe. Couleurs délavées avec de la gomme ou de la colle; elles sont employées pour la peinture des décorations.
Diamètre. Est double du rayon. ( P\ §. lî. Dessin géométrique. )
Directeur. Plan directeur , celui qui sert de base aux projets, ce qui fait loi dans les décisions relatives aune place.
Direction. Sens dans lequel on agit; il a donné une bonne direction à ses études de dessin , il ne peut manquer de devenir un bon dessinateur. Les anciens, dans leurs compositions , se dirigeaient avant tout par le beau idéal dont ils avaient fait le type de leurs divinités.
Dorique. Oi'dre d'architecture. ( F. Ut. Tracés géométriques appliqués au dessin de l'ornement, )
Draper. Revêtir de draperie , habiller une figure.
Dunes. Banc de sable. ( F. §. IIÎ et §. IV. Dessin de la Topographie. )
Eau gommée. Eau pure dans laquelle on fait fondre de la gomme arabique pour broyer ou délayer les cou^ leurs, et leur donner de la fixité.
ai6 VOCABULAIftÈ.
Eaux. [Voyez § III, Elude du Paysage; § III et § IV, Dessin de la Topographie.)
Ebauche, ébaucher. Tracé de la première pensée du dessinateur, du premier ensemble d'un ouvrage. L'ébauche est indiquée par la dispositiou générale des masses, el terminée par les points de repère des détails.
Echelles. ( V. § II et § IV, Dessin de la Topographie) . îln dessin ne peul avoir d'ensemble : la même échelle de proportion ne s'applique pas à toutes les ,j)artics.
Éclat. Un trop grand éclat de couleurs s'achète souvent aux dépens de l'harmonie.
Economie. Dispositions, ordonnance.
Ecriture des plans et cartes. ( V. §. IV, Dessiri de la Topographie. )
Effet. Ce qui est produit, ce qui résulte; un bel effet de lumière, de draperies, etc. Il ne peut y avoir d'effet général dans un tableau , si tous les effets de détail ne concourent pas à l'harmonie de l'ensemble, harmonie à laquelle ils doivent èire sacrifiés au besoin. Effet se dit aus>i plus [iarliculièremeui dans le paysage, pour désigner le nuîlif du lableau , paysage, effet du soir, etc.
Eli'gance i\n dessin, des contours élégans , etc., entraiiie l'idée de grâce, de souplesse, de légèreté, et pour kl ni uu slyle sévère n'extjuî pas rélégance du di'ssiu.
Elèvnffori. Objet vu sur une proji^rlinn verticale, de f. lee iM de profil; un ar!)îe vu en élévation, l'élévation d'un éJihce, par opposition au |)lan ou à la coupe.
( Pn)j<M'tion. )
Elive l)is< iple , c'est un terme consccré à l'étude d ^s arts; Télèvo d'un gra.id maîire.
Ellhn^e. ( V. g. lî, Dessin géomélriqne, el §. IIT, Tracés géoméJriquesappliqués au dessin de rornemenl.)
Elol^iicmcnt, Loiulaiii,
Emhoire. On dit que les couleurs s'emboivent quand elles se mêlent ou ne se distinguent ^lus les unes des autres sur du papier mal collé.
Encollage. ( V. §. I". Dessin de la Topographie. ) Encre de la Chine. ( F. §. P"*. Dessin de la Topographie. )
Encre rouge. Sert à tracer les ouvrages de maçonnerie sur les plans de topographie ou d'architecture.
Enduit. Un ensuit d'encollage , de couleur , de vernis, etc.
Ente. Petite lièche de bois ou d'ivoire diminuée par les bouts , qui sert à emmancher les pinceaux. ( ^. § Dessin de la Topographie. )
Epargner. Conserver le blanc du papier.
Épingles à calquer ou punaises. ( V. §. I^^. et §. II. Dessin de la Topographie. )
Equerre. Instrument pour tracer des lignes parallèles , perpendiculaires. — Equerre mobile. ( V. et §.
Estampes, les estampes en taille douce sont celles tirées à l'aide d'une planche gravée au burin. Il y a des estampes gravées à Teau forte.
Estomper, étendre le crayon en le frottant avec une estompe de papier ou de peau roulée, dont le bout sert de pinceau. [Foy. § II, Elude de la Figure. )
On dit aussi qu'un dessin s'estompe, si le crayon se gâte et s'étend par un frottement accidentel.
Estropier, se, dit d'une figure, d'un membre dessiné sans justesse et sans proportion. On estropie une figure, lorsque l'on fait une de ses parties hors des rapports qui doivent la lier aux parties voisines.
Esquisse, suit l'ébauche et précède le dessin fini. {Foy; § II, Etude de la Figure, § III, Etude du paysage, § III et IV, Dessin de la Topographie. )
2l8 VOCABULAÎRE.
Eiaiigs, ( Voy. g III et § IV, Dessin de la Topographie ).
Eteindre^ adoucir, affaiblir. Les grandes lumières doivent èlre éteintes; le blanc peut ^^éieindre par les bruns.
Etude, se dit des dessins particuliers faits d'après nature, ou bien d'après les grands maîtres qui ont dessiné on peint certaines parties qui peuv(;ut entrer dans une composition. Etude d'après Raphaël; étude, étudier, observer une figure, en détailler les parties, etc.
Exactitude. Il est impossible, sans exactitude, que la copie rappelle TorigiuaL
jE^/? /'Ci. L'expression est comprise dans le dessin par la représentation véritable et naturelle des choses, surtout des mouvemens de l'ame et des passions; on dit que le dessin et le coloris sont le corps de la peinture, et que Vexpressïon en est l'ame, ^expression est la pierre de touche de l'esprit du peintre.
Extrémités, parties qui terminent une figure, un dessin, etc.
Fabriques. ( Voy. § III , Etudu du Paysage. )
Face, Façade ou Elévation ^ le côté principal d'un bâtiment pris depuis la terre jusqu'à la corniche.
Faire, se dit de l'exécution dessin ou peinture; le faire du Titien n'a pas toujours été le môme.
Fantaisies , dessin fait d'inspiration et au goût de
Tartisle. Callot a gravé des fantaisies ; la lithographie a propuit des Jantaisies pleines de gaîté et d'originalité.
Faux-jour. Un tableau est dans un faux-jour, lorsque la lumière du dehors ne i épond pas aux parties éclairées du tableau, et ne le laissa», pas observer dans son véritable point de vue.
Feu, Ce croquis est plein de feU; e dchaleur, d'origi-
TOCABULAIllE. 219
nalité. Il est bien dilTiciIe de faire passer dans une copie tout le feu d'un original.
Figures. {Voy; § II, Etude de la Figure.)
Figurines, petites figures.
Fil à plomb , sert à déterminer des lignes verticales, à placer des objets dans une position verticale, {T^oy, § I et § II, Dessin géométrique.)
Finesse, délicatesse. Ce tableau est remarquable par la finesse de la louche et la finesse du ton. La finesse du ton est sin-tont caractéHsée par la transparence C't la naïveté du coloris.
Fixer et tendre le papier sur la table, sur une planehe à dessiner ou sur un cariou. {^'oy, § I, Dessin de la Topographie.)
Fleuves et Rivières, {Voy. § lîl et § IV, Dessin de la Topographie. )
Flou , dénote la mollesse et l'indécision du trait ou de la touche.
Fondre , mêler des couleurs , les bien lier ensemble , adoucir les extrémités des teintes , etc.
Fonds , champs du tableau, lointains; les fonds de ce paysage sont d'une grande richesse, mais les devans en sont bien pauvres. Dans un portrait , il faut que le fond se marie bien avec l'effet général de la physionomie , et serve cependant à la faire valoir,
Forêts , Bois , Fortifications. ( V. § III et § IV, Dessin de la Topographie.
Frais, fraîcheur ^ se dit du coloris, de la pureté, du brillant des tons , des carnations , etc. ^ Fraisque ou Fresque, peinture faite sur un enduit encore frais.
Franchise. La franchise du trait ou de la touche consiste dans sa précision et sa netteté. Le flou et la sécheresse sont également les opposés de la franchise du crayon ou du pinceau.
Friche. ( F. § III , et § IV Dessin de la Topographie. )
Fuir, Fuite , se dit principalement des figures mise en perspectives. La perspectve fait fuir les objets. On dit de belles fuites, des couleurs juj antes , etc.
Fusain, charbon de l'arbrisseau qu'on nomme fusain^ et qui sert à ébaucher les dessins.
Gai. Couleurs gaies , ce sont des couleurs vives , légères , brillantes.
Gade-main , papier sur lequel on essaie le crayon ou le pinceau ; il sert à empêcher le dessin de se salir et de s' estomper par le frottement de la main.
Glacis, teintes légères et fuyantes que l'on applique sur la couleur pour l'harmoniser. Les glacis s'enlèvent facilement quand on dévernit les tableaux.
Gode , défaut d'égalité dans la surface d'une feuille de papier. Il faut coller le papier avec soin poui éviter les godes.
Godets , petits vases de faïence , de porcelaine , de verre ou d'ivoire , nécessaires pour les couleurs. On les remplace quelquefois par des coquilles.
Gomme élastique, sert à effacer le crayon mine de plomb. Le crayon noir et rouge s'effacent avec la mie de pain.
Gomme , matière gluante don on se sert pour fixer et durcir les couleurs broyées à l'eau; on y emploie la gomme arabique ; les couleurs épaissses ont besoin d'être plus gommées que les autres.
La gomme employée en trop grande quantité noircil les couleurs.
Gomme-gutte , couleur jaune. ( V. § P^, Dessin de la Topographie.)
Gouache f genre de dessin ou de peinture dans lequel les couleurs sont employées très-épaisses et avec de la
gomme que Ton couche à plat : c'est en quoi elle diffère de la minialure, qui ne peut être que pointillée ou hachée, et du lavis, en ce que les jours , au lieu d'être ménagés sur le papier, sont ajoutés après coup avec du blanc.
Grotesques ,^etï{es figures d'hommes ou d'animaux représenlées avec des ornemens chimériques et grotesques.
Groupe, ensemble de figures d'animaux, de fruits, de fleurs, d'arbres. Ces figures sont bien groupées ensemble.
Hacher , faire des hachures.
Hachures f traits parallèles ou croisés, pour exprimer les ombres d'un dessin au crayon ou à la plume.
Hachures, indication des accidensde terrain dans un plan topographique.
Haies. {J^.§Il et § IV, Dessin de la Topographie. )
Hampes. ( Voyez Ente. )
Harmonie, union déformes et de tons convenables, tendant par leur accord à former un tout complet ; d'une nécessité absolue dans la distribution d'un plan , d'un paysage , d'un tableau.
Heurté^ se dit d'un dessin qui est fait avec une grande liberté, touché avec hardiesse, mais d'une manière inégale.
Hollander; c'est passer une plume dans la cendre.
Horizon , ligne de séparation du ciel et des eaux. ( V.le Manuel de Pespective. III, Etude du Paysage.)
Houblons, ( y. § III et § IV, Dessin de la Topographie. )
Inde ou Indigo , couleur extraite de différentes plantes du genre indigofera et aussi du pastel, isatis linetoria ; n'est pas trés-solidc ; peut se remplacer avec avantage par le cobalt. ( F. § I^"", Pesssin de la Topographie, )
Inondations. ( Voy, § III et § IV , Dessin de la Topographie. )
Instrument pour le dessin. {Voy. § I et § II, Dessin Géométrique. § I , Dessin de la Topographie. )
Intersection , point de jonction de deux lignes droites ou courbes.
Ionique y ordre d'architecture. ( ^. § III, Tracés géométriques appliqués au Dessin de l'Ornement.)
Jalons , jalonneur. Jalonner une ligne c'est indiquer sa direction par des jalons ou piquets de bois que Ton plante sur différens points de cette ligue.
Jardius. {Voj. § III et § IV, Dessin de la Topographie. )
Jaune de Mars , belle couleur, très-solide, formée artificiellement par une combinaison d'alumine et d'oxide de fer; elle est la nuance intermédiaire de l'ocre jaune et de l'ocre de rue; cette couleur peut remplacer la gomme-gutte dan> le lavis de la topographie. {Voy. § I , Dessin de la Topographie.)
Jour, côté d'où vient la lumière ; il est d'usage, dans les plans, élévations, de le faire venir de gauche, sous l'angle de 5o degrés, et de porter les ombres du côté opposé.
Landes. ( T. § III et § IV, Dessin de la Topographie. )
Large, un faire large, une touche large ont toujours de la franchise et ne doivent pas dégénérer en un faire trop lâché et de convention.
Laver, étendre de l'encre de la Chine ou toute autre couleur sur le papier; on dit laver un plan, un dessin d'architecture, une carte topographique.
Lavis , art d'employer les couleurs broyées à Teau e( gommées» ^ /^p/. § ui, Dmin 4§ la Topographie. )
Lignes. ( § I et § Il , Dessin géométrique. )
LithograpJùe , dessin fait sur une pierre avec une plume ou un crayon, et qui peut, après une certaine préparation , être reporté sur le papier au moyen de l'impression. ( Foy. Manuel de l'Imprimeur et du Dessinateur Lithographe. )
Locales^ couleurs spéciales pour chaque objet en particulier, et qui dislinguent chaque chose; il faut qu'elles expriment fidèlement la nature.
Lointain. On exprime par ce mot les plans éloignés d'un dessin , d'un tableau ; les lointains dans les paysages doivent s'accorder avec les devans.
Losange. ( Foy, § I et § II , Dessin géométrique. )
Louche. Un ton louche manque de transparence et de franchise.
Lumière^ les oppositions de lumière et d'ombre donnent le relief d'un dessin. Quand les clairs sont disséminés dans un tableau, la lumière y est éparpillée et sans effet; ce tableau a de l'air, la lumière est bien ménagée.
Mains. ( F. § II, Etude de la Figure.)
Manière. C'est en peinture ce qu'est le style en littérature ; ainsi la manière d'un peintre est son faire particulier, dessin et couleur.
Maniéré., se prend en mauvaise part ; un dessin maniéré , tourmenté , prétentieux.
Marais j Marais salans. § III et § IV, Dessin de la Topographie. )
Masses., assemblage; une masse de maisons, de rochers, d'arbres; on ne doit s'occuper des détails qu'après Jes masses.
Masser^ on dil masser un dessin pour indiquer lei.
Mélange. On mêle les couleurs , on en fait des mélanges qui donnent d'autres tons et qui sont susceptibles d'une grande variation. Il faut beaucoup d'exercice pour bien connaître le mélange des couleurs.
Méplat , terme particulier à la peinture. Il est évident que les membres d'un homme ne sont pas ronds comme s'ils étaient tournés au tour : ils sont composés de surfaces dont une grande partie sont plates et arrondies sur les bords; il faut faire sentir dans les dessins ces différentes superficies ; ainsi, on appelle manière méplate, celle qui fait sentir ces surfaces, et manière ronde, celles où elles ne sont point marquées.
Mer. ( ^. § III et § IV, Dessin de la Topographie. )
Mètre, grandeur de l'étalon des mesures de la France, dix-mi! lionième partie du quart du méridien, ou longueur en mesure ancienne de 3 pieds ii lignes 296 millième de ligne. Le mètre est la base ou l'unité de mesure du système métrique. {V. le Manuel d'Arithmétique. § II, § III et § IV, Dessin de la Topographie. )
Mie de pain, elle sert à décrasser le papier, en en passant légèrement un morceau sur le dessin qui vient d'être fmi , s'il est fait à la plume ou au lavis. La mie de pain doit être à cet effet plutôt dure que molle.
Mine de plomb, plombagine qui sert de crayon.
Miniature, genre de peinture qui s'exécute sur ivoire avec des couleurs à l'eau. Le travail de la minialure se fait comme celui du crayon par un pointillé ou par des hachures; les blancs se réservent en épargnant l'ivoire. ( F. le Manuel de Miniature. )
Modeler, terme emprunté à la sculpture pour exprimer le relief des objets et en accuser les formes.
Montagnes. ( V. § III et § IV , Dessin de la Topogr. )
Mouiller le papier, pojT le coller et le tendre il faut qu'il soit imbibé bien uniformément, sans être trop mouillé; on le retourne ensuite pour le fixer par les bords avec la colle h, bouche»
Moiwemens du corps humain , Muscles. (^V. § II , Etude de la Figure.)
Nature^ on dit qu'un paysage est nature quand il représente lidèlemenl la nature. Copier la nature, dessiner d'après nature, c'est la meilleure de toutes les études pour le peintre et pour le dessinateur.
Naturel^ qui ressemble parfaitement à la nature.
Nez , le tiers de la face. ( § II , Etude de la Figure. )
Normale^ perpendiculaire à une surface. La direction du fil à plomb ou la verticale, est une normale à la surface de la terrée.
Nu , nudité. On dit dessiner sur le nu , le nu des figures; les draperies doivent suivre le nu , etc.
Un tableau est nu , quand il manque des accessoires convenables; un paysage sans figure, est souvent trop nu.
Dans les nudités qui choquent le plus nos convenances de civilisation , l'artiste ne voit qu'un sujet d'étude.
Objets usuels pour le dessin de la Topographie, {V. § I , Dessin de la Topographie. )
Observations sur les proportions du corps humain, (^. § II, Etude de la Figure.)
OmbrCf ombres. § I, Dessin d'après Nature; § II, Etude de la Figure; § III, Etude du Paysage.
Oppositions. C'est par l'opposition du clair et de l'ombre que se modèle le dessin ; ces oppositions manquent d'harmonie quand elles contrastent durement, sans demi-teintes.
Ordres d'architecture. ( ^. § III, Tracés géométriques appliqués au Dessin de l'Ornement. )
22 6 VOCIBULAIRE.
Oreille , son tracé, sa proportion. ( ^. § II , Etude de la Figure. )
Orienter un plan , y placer une boussole qui indique le nord. § IV, Dessin de la Topographie. )
Ostéologie, nomenclature des os. ( ^. § II, Elude de la Figure.)
Palette, instrument sur lequel le peintre dispose ses couleurs. Palette s'entend au figuré du coloris.
Pantographe ^ instrument pour copier les dessins, les grandir ou les réduire. ( 1^. § I , Dessin de la Topographie.)
Papier, noms et grandeurs des papiers. Le coller sur les tables ou planches à dessiner. ( F. § I , Dessin de la Topographie. )
Papilloter, se dit d'un dessin dont la lumière est trop éparpillée.
Parallélipipède , solide, {F. $ I et § II , Dessin géométrique. )
Pastel, mélange de couleurs qui, après avoir été broyées, sont mises en une espèce de pâte, et dont on fait ensuite des crayons.
Les ouvrages faits avec ces crayons sont appelés pastel; on dit peindre en pastel, etc. Ces ouvrages ont très-peu de soliditi et sont passés de mode.
Paysage. ( f^. § III , Elude du Paysage. )
Peinture^ peindre est représenter une chose avec des couleurs; c'est un art qui, par le moyen du dessin et des couleurs, imite sur une superficie plate tous les objets visibles , et leur donne le relief convenable.
Perspective-, elle a pour objet de représenter les corps comme nous les vovons, d'en figurer les contours et les disposi lions matérielles, sans avoir ces corps sous les yeux et par la seule connaissance de leurs positions relatives et de leurs dimensions géométriques. ( V, le Manuel de Perspective. )
Pied dt roi y mesure de longueur ; le pied se divise en 12 pouces, le pouce en 12 lignes : cette dernière division servait autrefois à la construction des échelles.
Pierre noire ou Pierre d^ Italie ^ crayon. ( F. § Il . Etude de la Figure. )
Pinceaux pour étendre et fondre les couleurs. ( K § I^^, Dessin de la Topographie. )
Pinces à coulans , insirumens en cuivre façonnés exprès pour maintenir deux dessins ou deux feuilles de papier l'une sur l'autre, pour calquer ou piquer.
Piquer un dessin ^ pour en faire une copie exacte.
Piquoir^ instrument pour piquer les dessins. ( F. § I et § II , Dessin de la Topographie. )
Pittoresque. On applique ordinairement ce mot pîttoresque à la composition d'une scène ou d'un paysage qui fait un grand effet ; on dit : ce site est pittoresque , ces attitudes sont pittoresques.
Plan. (^.Projections.)
Planche^ petite table mobile destinée à coller les dessins pour les laver.
Plumes {cJtoix et usage des), {Voy. § I, Dessin de la Topographie. )
Pointillcr^ obtenir l'effet des ombres au moyen des points ou moins serrés, plus ou moins fins.
Les pointillés de miniature se font avec la pointe du pinceau.
Polygone. ( F. §. I et § II, Dessin géométrique.)
Poncer, c'est passer sur un dessin , dont tous les contours ont été piqués avec une aiguille, de la poudre de charbon enveloppée dans un linge pour contreîirer le dessin sur le papier, la toile, des tapisseries, etc. Les peintres en décors emploient souvent ce moyen pour le tracé des ornemens.
Poncif, expression figurée par laquelle on désigne un dessin lourd et commun , sans originalité , sans verve.
Portrait, copie d'après nature de la face ou de l'académie d'une personne. La pose doit en être simple , les accessoires ne doivent jamais y briller aux dépens de l'ensemble et la ressemblance ne s'y étend pas seulement aux traits et à la physionomie du modèle , mais encore à ses habitudes et à son caractère.
On dit d'un paysage copié sur nature avec exactitude, ce paysage est portrait.
Prairies. {Voy. § III et § IV, Dessin de la Topographie. )
Précieux, en parlant du coloris, se prend soit en mauvaise part , soit en bonne part ; ce tableau serait d'un meilleur effet si le faire en était moins précieux , c'est un dessin d'un fini précieux : à force d'être précieux dans les moindres détails, ses dessins sont de véritables charges.
Primitives [couleurs). Il y en a trois : le jaune, le rouge , le bleu.
Prisme, solide. § I et § II, Dessin de la Géométrie.)
Profil, vu de côté. ( F. § II, Etude de la Figure.)
Projections. ( ^. § II, Dessin géométrique.) La projection sur un plan horizontal se nomme plari et la projection sur un plan vertical se nomme élévation ; on distingue de même les coupes en coupe horizontale ou verticale , suivant que le plan coupant de projet soit horizontal ou vertical. Un plan , une coupe et une élévation suffisent ordinairement pour construire un solide.
Prononcé. Des traits sont plus ou moins prononcés chez un adulte; ils sont rarement prononcés dans un enfant. Des traits trop prononcés vont mal à un visage de femme.
Proportion et mesure du corps humain. ( F. § II » Etude de la Figure. )
Proportion de la main, du pied, de la femme, des enfans , d'une tête d enfant , d?une tête vue de trois quarts. ( Fojez § II , Etude la Figure. )
Punaises ou Epingles à calquer, ( § I et § II, Dessin de la Topographie. )
Pyramide, solide. ( T. § I et § II, Dessin géométrique. )
Raccourcis, ( f'. § II , Etude de la Figure. )
Raccorder. On raccorde un trait avec un autre, uue teinte avec une autre, en les liant par un passage insensible et en adoucissant le raccord et les parties raccordées.
Rapporteur^ instrument pour prendre les ouvertures des angles et les mesurer. (K. § I et II , Dessin géométrique. )
Réduction, copie sur une échelle plus pelite.
Réduire ou grandir. Par le moyen des échelles ou d'instrumens construits exprès. ( V. §. II, Dessin de la Topographie. )
Règle y instrument pour tracer des Hgnes droites.
Reflets., lumière réfléchie dans les parties obscures par les parties éclairées. — Petit clair qu'on laisse auprès des lignes.
Rehausser, relever, remonter de ton. On pique la lumière par des rehauts.
Repiquer, on repique des clairs dans les parties ombrées, en effaçant le crayon avec de la mie de pain ou avec le grattoir.
Repousser, la vigueur des masses du devant repousse naturellement les lointains; mais un repoussoir de convention , charbonné et faisant silhouette , rompra toute harmonie.
Rivières, Ruisseaux, Marais, Rizières, Rochers, ( r. § III et § IV , Dessin de la Topographie. )
Sables. {V. % HT et § IV, Dessin de la Topographie. )
Sacrifier. Les détails doivent être sacrifiés à l'ensemble; il faut sacrifier en les éteignant tous les clairs éparpillés dans les fonds, pour faire valoir la lumière des devans qui doit être large et franche , sans papillotage.
Sandaraque, poudre résineuse avec laquelle on frotte les parties du papier qui ont été grattées; il faut éviter d'eni[iloyer cette matière pour les dessins. ( F. Encollage et Calpin. )
Sanguine, crayon rouge fail avec une substance minérale.
Sec, se dit d'un trait, d'un dessin au crayon ou lavé, qui n'a pas de suavité , qui est dur et désagréable à l'œil.
Sépia, couleur brune d'un ton plus chaud que le bistre. On l'imite avec un peu de rouge et d'écorce de chêne.
Singe de Buc/wite , Signes conventionnels. ( § I, g III et § IV, Dessin de la Topographie.)
Solides, Sphère. ( F. § I et § II, Dessin géomér trique. )
Suave j effet doux et harmonieux de diverses teintes ou couleurs réunies, ou de l'ensemble d'un dessin de figure ou de paysage.
Svelfe, élancé ; il y a plus de grâce dans le genre sveltq que dans un lourd poncif; mais le svelte conduit souvent à la maigreur.
Table a dessiner, ( ^. § I , Dessin de la Topogi'aphie. )
Tdler, Tâtonner. Le trait du dessin doit être franc et non talonné; à force de tâtonner, on perd le trait et l'on ne peut achever une esquisse.
Teinte f c'est en général loute couleur qu'on étend su;* du papier avec des pinceaux, ou encore toute partie «;^Jiverle par un greué ou des hachures régulières de i Çon.
y^inte plate ^ qui n'est ni adoucie ni fondue, niais bien
Teintes com^endonnelles. {V. % III , Dessin de la To- ] ographie. )
Terrains vagues , Terres arides , Jiumides , labourées. { V, § III et § IV , Dessin de la Topographie. )
Tête vue de profil, proportion et tracé. {V. §11, Etude de la Figure.)
Tiratore , instrument pour tendre le papier, espèce de planchette sans pieds.
Tire-ligne , instrument pour tirer des lignes à Tencre ou avec des couleurs.
Tirer des lignes, c'est tracer des lignes avec la règle et le crayon ou la plume.
Toscan , ordre d'architecture. ( ^. § III , Tracés géométriques appliqués au dessin de rornemeut.)
Ton, nuance de la couleur. Le ton, la teinte, la nuance , se confondent souvent dans la langue des beaux art ; mais le ton indique particulièrement le ressort ou l'énergie de la couleur.
Touclie, se dit du maniement du crayon et pinceau, «ne touche ferme et hardie, une touche timide, dure, sèche, etc.
Tourbières, {V. §. III et §. IV. Dessin de la Topographie. )
Tracer, faire un trait, tracer une ligne, un cercle, une figure, etc.
Tuer, éteindre, détruire. Ou dit cette couleur tue telle autre, une partie du dessin trop fortement colorée tue les parties environnantes ; il faut tuer les parties trop fortes qui font tache.
Fase, Peignes, Vignes et Hoiihïons, V ergers. {V, § III et }5 IV , Dessin de la Topographie. )
Vélin. {F. Papier, § I, Dessin de la Topographie.)
Velouté. Un dessin velouté est noir et harmonieux : il ne faut pas sacrifier la correction du dessin au velouté du crayonnage.
Férité. Un dessin ne peut être vrai qu'autant qu'il est nature. Toute convenlion de crayonné, de teinte, est ennemie de la vérité qu'il faut rechercher avant tout. En dessin et en peinture, c'est toujours la nature qu'il faut prendre pour modèle , et copier avec vérité.
Fermillon, belle couleur rouge faite par la subli' mation du cinabre naturel (combinaison de mercure de soufre), dans un appareil en fonte de fer, ell^ résiste assez bien à l'action de la lumière : on peut em' ployer ce rouge pour le lavis des maçonneries dans coupes d'architecture.