PRÉFACE DE LA TROISIÈME ÉDITION
catoire des Libertés de l'Eglise gallicane, qu'il adressait à Matthieu Molé, alors garde des sceaux, en 4 651 , temps de régence et de minorité : « Croyez-moi , je vous supplie, » monseigneur, que leurs desseins et leurs efforts ne sont » point à mépriser. Comme le bruit extraordinaire de cer- » tains oiseaux est une marque assurée de la pluie pro- » chaine , l'on peut dire aussi que Y émotion extraordi- » naire que ces personnes font paraître est un présage de » quelque mouvement à rencontre de cet Etat »
C'est aux pouvoirs publics à résister ; c'est aux chambres à éclairer le gouvernement, à le soutenir, à le stimuler au besoin; à lui prêter force pour maintenir, dans les agitations qui ont la religion pour prétexte, aussi bien que dans les autres crises, l'indépendance nationale, la dignité de l'Etat, la liberté des citoyens, la sécurité publique.
Il existe des lois dans le royaume, pourquoi ne sontelles pas exécutées? Si elles sont insuffisantes, qu'on
en demande de nouvelles : mais peut-on accuser d'impuissance celles que nous avons, tant qu'on n'aura pas essayé de leur faire produire leur effet?
La question, je l'annonçais il y a peu de temps, ne sera bientôt plus ni uitramontaine ni gallicane : elle deviendra entièrement politique et constitutionnelle.
Qu'on change les noms, qu'on écarte, si l'on veut, les anciennes locutions, les mots surannés, le fond des choses n'en restera pas moins le môme; tout ne tardera pas à se traduire en langue vulgaire et à devenir clair pour les moins clairvoyants.
S'il y a péril dans cette lutte, il y a bien aussi quelque honneur à la soutenir, surtout lorsqu'on y entre, comme j'ai toujours eu à cœur de le faire, — avec un, amour vrai de la religion ; — un respect sincère de la hiérarchie dans tous ses degrés; — la volonté de repousser ou de combattre tout ce qui a le caractère illégal d'usurpation et d'abus ; mais aussi avec la ferme résolution de ne jamais se laisser entraîner au delà.
Paris, ce 15 avril 1815,