PIERRE-FLAVIEN TURGEON
PAR LA MISERICORDE DE DIEU ET LA GRACE DU SAINT-SIEGE APOSTOLIQUE, ARCHEVEQUE DE QUEBEC.
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Au clergé séculier et régulier, aux Communautés religieuses, et à er notre tous les Fidèles de notre Diocèse, Salut et Bénédiction en Nous en Notre- Seigneur. , de notre Pour la seconde fois depuis son heureux avéne-
ment au trône pontifical, le ris suprême du troupeau de Jésus-Christ, Sa Sainteté le Pape Pie IX, demande que tous les fidèles unissent solennellement leurs prières aux siennes, afin d'attirer ÉBECe sur l'Eglise les secours extraordinaires dont elie a besoin FA ces jours d'épreuves et d'afiictions. : Pour les engager plus efficacement à élever leurs voix suppliantes vers le Dieu des miséricordes, :! ouvre les trésors spirituels qui lui sont confiés, t:
leur accorde l’indulgence plénière du Jubilé. Sans doute, Nos Très-Chers Frères, les com- | bats, les épreuves n’ont rien qui doive étonner l'Eglise; c'est là sa destinée, son héritage sur la terre, Elle peut dire à bou droit avec le Roiprophète : Souvent, depuis ma jeunesse, les méchants m'ont déclaré la guerre, et ils n'ont pu prévaloir contre moi, Sœpè expugnaverunt me à juventute mea ; etenim non potuerunt mihi (Ps. 128, V. 2). nt D A ë
La barque de Pierre, si souvent battue par les vents et par les flots, est aujourd’hui assaillie dans sa course glorieuse par une des tempêtes les plus furieuses que l’enfer ait jamais soulevée contre elle. Pour la perdre, les puissances des ténèbres em-
loient les efforts les plus audacieux et ourdissent es plus noires conspirations. La touchante lettre apostolique dont vous allez entendre la lecture, vous dira ces tristes détails ; elle vous expliquera le cri de détresse qui s'échappe en ce moment du cœur de l'Europe catholique: Seigneur, sauveznous, nous périssons. Domine, salva nos, perimus (Matth. 8, 25).
Hélas! N.T.C.F., notre pays, jusqu'ici le séjour privilégié de la foi pure du catholicisme, } commence à ressentir l'agitation produite dans | l'ancien monde par le vent pestilentiel des doc- | trines perverses. Dans nos campagnes, jadis si morales, si religieuses, se sont glissées, au moyen de certaines feuilles périodiques, des idées sibversives de l'autorité, de l'ordre et de la morale. D'abord accueillies avec défiance et froideur, elles | ont fini par se faire quelques prosélytes, même
armi des chrétiens attachés à leur religion.
Quoi ue le mal soit encore loin d’être généralement répandu, il se montre néanmoins suffisamment pour nous faire craindre les malheurs qui désolent } en ce moment l'Europe, et qui menacent de saper ; les bases de la société.
C'est avec douleur que nous vous le disons, N. T. C. F., l’homme ennemi est entré dans le champ du père de famille, et s'occupe à y semer l’ivraie
au milieu du bor grain. En contemplant les fruits 2
heureux produits si abondamment par les retraites paroissiales, dues au zèle de nos chers et dignes coopérateurs dans le saint ministère, nous avions été grandement consolé. Nous nous réjouissions en à id que les désordres avaient cessé, que la paix régnait dans les familles, que l’intem:
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‘honte de notre sainte religion, au mépris de Pan- B ; è
pérance avait disparu, que le règne de Dieu semblait s’affermir dans toutes les parties de notre immense diocèse. Et voilà que, honteux de ses défaites, l'esprit du mal s'efforce de renouveler la lutte et de ramener dans ses fers les victimes qui se sont soustraites à sa tyrannie. Dans plusieurs localités, l’intempérance relève sa tête hideuse et menaçante ; des hommes poussés par une déplorable cupidité, des hommes qui se disent chrétiens, spéculent sur le malheur et la ruine des familles, et s'efforcent d'introduire de nouveau
armi vous le démon de l’ivrognerie. Oh! N. T.
. F, nous vous en supplions, au nom de ce Dieu abreuvé de fiel et de vinaigre, de ce Dieu mort pour vous sur la croix ; nous vous en supplions, unissezvous pour étouffer ce monstre qui porterait la désolation dans vos familles, qui détruirait vos espérances pour ce monde et pour l’autre. Au milieu des exercices du Jubilé, renouvelez la résolution
acharnée ; rappelez à leur devoir vos frères qui ont eu le malheur d'oublier leurs promesses, et pro des mesures énergiques pour résister à ’ennemi commun et l'arrêter dans sa marche.
Nous désirons attirer encore votre attention sur un autre mal devenu commun parmi les populations rurales, et qui est la source d’une foule d'injustices et de haines: c’est ce malheureux esprit de chicane, ui, au mépris de la charité chrétienne, multiplie e plus en plus les procés dans les cours de justice. On les ï: .ente pour satisfaire une vengeance, pou:
| contenter un orgueil blessé, pour résister à une loi
dont an n’ignore pas le but louable. De là naissent les dissensions, les calomnies, les animosités et sou-
| vent la ruine des familles. Un des résultats les plus
déplorables de cet état de choses est la fréquence des parjures, dont se plaignent avec amertume les magistrats chargés d’administrer la justice. - A la
tique bonne foi de nos pères, le Saint-Nom de Dieu “est attesté pour affirmer le mensonge et pour étayer Fgnenen oilà, N. T. C. F., sans parler de nos autres craintes pour le présent et pour l'avenir, voilà certes d'assez puissants motifs d'élever vos “eux et vos cœurs vers les montagnes éternelles (Ps, XX. I), vers le Dieu de toute consolation pour ie sapplier d’avoir pitié de cette portion si intéressante de son héritage.
Mais, si la prière nous ouvre les portes du ciel, l’'aumône nous purifie de tous nos péchés : Æleemoy a ab omni peccato et à morte liberat (Tob. 4, 11).
ussi parmi les œuvres prescrites pour gagner l'indulgence du Jubilé, le Souverain Pontife enjoint, dans le but d'attirer la miséricorde de Dieu sur les
pére, deux aumônes, l’une pour les pauvres, |
autre pour l’œuvre de la Propagation de la Foi.
Ne soyez pas étonnés, N. T. C. F,, si à cette occasion nous faisons appel à votre charité en faveur d’une institution que nous avons à cœur de compléter Depuis deux ans a été commencé, dans notre ville métropolitaine, un vaste Hospice de Charité, destiné à recevoir les malades, les infirmes, les orphelins qui se trouvent sans ressources et sans asile. Nous employons à l’avancement de cet édifice tous les moyens que la Divine Providence met à notre disposition ; mais ces moyens ne suffisent pas pour terminer une entreprise devenue si nécessaire. C’est vers cette bonne œuvre que nous vous invitons à diriger votre aumône en faveur des pauvres, persuadé que l’aide donné à cette institution de charité
vous sera méritoire devant Dieu et remplira les vues à
du chef de l’église.
__ À ces causes, le saint nom de Dieu invoqué, nous avons réglé et ordonné, réglons et ordonnons
ce qui suit :
. 19 Le temps du Jubilé, en vertu d’un'indult par-
ticulier du Saint-Siége accordé à toute la province
pm de Dieu pour étayer
nos autres voilà certes eux et vos