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Analyse quantitative des globules, du sérum, de la

FIBRINE, DE l’hÉMOGLOBINK, DE i/aLBUMINE ET DES SELS CONTENUS

dans le sang. — Un exposé succint de l’ordre à suivre dans l’analyse du sang suffira pour guider ceux qui sont déjà familiers avec les méthodes quantitatives. Quant à ceux qui n’ont point acquis l’habileté pratique nécessaire parla fréquentation des laboratoires de chimie, il est est inutile qu’ils essaient de déterminer la composition quantitative du sang, non seulement parce que les opérations sont très compliquées, mais surtout parce qu’ils seraient, incapables de découvrir les erreurs qu'ils pourraient commettre.

Le sang à analyser est recueilli dans quatre vases, et soumis dans chacun d’eux au traitement suivant :

SANG

1. Dix ou douze centimètres cubes de sang, provenant directement des vaisseaux de l’animal vivant, sont introduits dans une capsule de porcelaine pesée à l’avance et recouverte d’un verre de montre, dont le poids est également connu. Après avoir été pesé, le sang est évaporé au bain-marie et desséché dans une étuve à la température de 120°. Le résidu sert à doser tous les corps albuminoïdes, les graisses et les sels. On le laisse refroidir sous la cloche à acide sulfurique, puis on le pèse. Le poids déduit de celui de la capsule et du verre de montre, donne le poids de tous les corps solides. Ce résidu desséché, est alors pulvérisé dans un mortier de verre ou de porcelaine avec de l’alcool ordinaire ( poids spécifique 0,890), puis versé dans une petite capsule, dans laquelle on ajoute également l'alcool qui a servi à laver soigneusement le mortier. Gela fait, on porte le contenu de la capsule à l’ébullition, puis on jette le liquide alcoolique ainsi obtenu sur un petit filtre pesé d’avance. Ce qui. reste dans la capsule est traité de la même façon par une nouvelle quantité d’alcool et versé ensuite sur le même filtre. Après avoir lavé le filtre avec de l’alcool bouillant, la liqueur réunie avec l’alcool de lavage est évaporée au bain-marie, desséchée à 1 10°, puis refroidiesous la cloche à acide sulfurique et pesée. Le poids obtenu est celui des substances solubles dans l'alcool a.

Le résidu, non dissous par l’alcool, est traité par l’eau distillée et chauffé au bain-marie. La solution aqueuse est versée sur le même filtre, dont on s’est déjà servi, recueillie dans une capsule d’un poids connu recouverte d’un verre de montre, évaporée au bain-marie, desséchée à 1 10°, refroidie sous la cloche à acide sulfurique et pesée. Le poids obtenu, diminué du poids de la capsule, représente celui des substances solides solubles dans l’eau. . . b.

Les matières restées sur le filtre sont desséchées à 1 10°, puis portées sous la cloche à acide sulfurique et pesées à plusieurs reprises jusqu’à ce que leur poids reste constant. Dans ce but, on les place dans deux verres de montre maintenus l’un contre 1 autre. Le poids obtenu, diminué de celui du verre de montre, du filtre, etc., est égal au poids des substances solides insolubles, c.

Les matières grasses du sang sont contenues dans a, d’où on les exlrail en traitant à plusieurs reprises par l’éther et en éva-

MATIÈRE COLORANTE Dü SA-NL

porant la liqueur éthérée. Le résidu est calciné clans une petite capsule de platine.

b est incinéré dans la capsule où on l’a pesé ; c est également incinéré avec le filtre qui le contient dans une autre capsule. Les cendres de a et de b représentent les sels solubles du sang,

Fig. -13. — Flacon de Hoppe-Seyler pour la préparation de la fibrine.

e’est-à-dire le chlorure de sodium (cinq sixièmes delà masse), le phosphate, le sulfate et le carbonate de sodium, le chlorure et le sulfate de potassium. Les cendres de r sont formées de phosphate de calcium et de magnésium1.

1 Quand on incinère, il est important de prendre une capsule ou un creuset suffisamment grand pour pouvoir contenir quatre ou cinq fois le volume de la matière employée. Les vases de platine sont les plus convenables. Si la substance contient beaucoup de matière organique et en même temps beaucoup de sels solubles, tels que des chlorures, il est nécessaire de diviser l’opération, c’est-à-dire qu'on carbonise d’abord la substance, puis on traite les cendres par l'eau bouillante et on recueille dans un filtre la partie insoluble débarrassée de cendres ou en contenant un poids connu. Le filtre, après avoir été soigneusement lavé, est desséché à 110°; la température est graduellement portée au blanc jusqu'à disparition complète du charbon. La presque totalité des sels solubles est contenue dans la solution aqueuse. De la sorte on évite la décomposition des carbonates alcalins et des chlorures, qui a lieu à une haute température. Lorsqu’on incinère la masse totale des corps solides du sang, cette manière de procéder est avantageuse, quand ca ne serait qu’à cause de l’extrême difficulté de se débarrasser du carbone en présence d'une aussi grande quantité de sels alcalins. Si l’on suit la méthode

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2. Une deuxième quantité de sang (35 cent, cubes) sert à doser la fibrine. On emploie dans ce but un flacon recouvert d’un capuchon en caoutchouc, dans lequel s’engage un batteur en baleine élargi par le bas(fig. 13). On introduit le sang dans le flacon, on recouvre ce dernier du capuchon en caoutchouc et on agite vivement. Grâce à la disposition de l’appareil, on évite toute perte de poids due à l’évaporation. Aussitôt que la coagulation est complète, on pèse le flacon avec son contenu. La quantité de sang employée est égale au poids obtenu, moins le poids du flacon, de son capuchon et du batteur. On agite et on laisse reposer, puis on décante le liquide et on traite de nouveau la fibrine avec une nouvelle quantité d’eau, également additionnée de sel. La fibrine est ensuite recueillie sur un filtre peséà l’avance et lavée avec de l’eau distillée, jusqu’à ce que le liquide passe incolore. La fibrine légèrement rosée, ainsi obtenue, est finalement lavée sur le filtre avec de l’alcool bouillant, desséchée au bain-marie et sous la cloche à acide sulfurique et pesée.

3. Une troisième quantité de sang est introduite dans un appareil semblable et après avoir été défibrinée, filtrée à travers un linge et pesée. La liqueur est mélangée dans un grand vase avec dix volumes d’une solution de chlorurcde sodium composée de neuf volumes d’eau et d’un volume de solution saturée. Au bout d’un jour les globules se sont déposés, le liquide est alors décanté et replacé dans la même quantité de solution saline. On laisse encore reposer, on décante, on lave à l’eau le résidu dans une capsule de porcelaine, on évapore au bain-marie, on dessèche, on pulvérise avec de l’alcool et l’on procède, pour séparer les corps albuminoïdes des matières solubles, comme on a déjà fait avec la première quantité de sang. Le poids du résidu insoluble (c), moins le poids de ses sels, est égal au poids de l’albumine et de l’hémoglobine de la masse sanguine totale.

4. Une quatrième portion de sang est soumise à la coagulation

décrite dans le texte, ces difficultés sont évitées d’une autre façon. D’une part, en effet, les liqueurs alcoolisées et aqueuses contiennent très peu de matières organiques. D’autre part, le résidu insoluble (c) est complètement débarrassé des sels alcalins.

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dans une capsule. On décante le sérum et on détermine, d’après la méthode qui vient d’être décrite, le poids de l’albumine contenue dans ce liquide.

En résumé, par ces quatre opérations, nous avons déterminé :1a proportion d’albumine et d’hémoglobine contenue dans les globules d’un poids connu de sang (3°), la proportion d’albumine et d’hémoglobine contenue dans les globules et le plasma (1°), et par conséquent en retranchant le premier résultat du second le poids de l’albumine du plasma seul, la proportion d’albumine du sérum et par suite aussi le poids du sérum (4°), le poids du plasma qui est égal au poids de la fibrine (2°) plus le poids du sérum, et finalement le poids des globules humides en retranchant le poids du plasma du poids du sang total.

24. Dosage de i/hêmoglobine du sang. — Il est souvent très important de pouvoir déterminer la proportion d’hémoglobine contenue dans une petite quantité de sang, telle que celle que l’on obtient dans la scarification. On y arrive en faisant une solution dans l’eau d’une quantité mesurée ou pesée de sang, et en cherchant au spectroscope quel est le degré de dilution nécessaire pour que les rayons soient seuls transmis (vov. § 18). Preyer a montré que le degré de dilution, qui correspond à l’absorption complète du vert, est assez constant pour qu’on puisse s’en servir dans le dosage de l’hémoglobine.

La détermination du titre de la solution normale de l’hémoglobine nécessaire dans le procédé d’analyse spectroscopique, se fait en introduisant une solution concentrée d’un poids connu de cristaux d’hémoglobine pure dans une cuvette de verre représentée figure 11. La cuvette, éclairée par la lumière d’une lampe à pétrole, est placée devant la fente du spectroscope. On y verse avec précaution, à l’aide d’une burette divisée en centièmes de centimètre cube, de l’eau distillée jusqu’à ce que tout le spectre soit absorbé à l’exception du rouge. Le commencement de l’apparition du vert indique le moment où il faut arrêter l’opération. On note le volume de la solution diluée, la distance de la cuvette de verre à la lampe, ainsi que la largeur de la

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fcnlc du spectroscope. La proportion d’hémoglobine contenue dans cent parties delà solution est celle qui correspond, dans les conditions données, à l’absorption totale du vert. On peut la désigner par la lettre k.

Pour déterminer la proportion centésimale d’hémoglobine contenue dans un spécimen quelconque de sang, il suffit de répéter la même opération. Une petite quantité de sang frais, agité dans l’air et défibriné, est introduite dans une petite pipette graduée; on en verse un centimètre cube dans la cuvette de verre placée devant le spectroscope et on y ajoute de l’eau (que l’on mélange soigneusement) jusqu’à ce que le vert commence à apparaître. A ce moment la solution contient une quantité d’hémoglobine égale à k. Désignons par e le volume d’eau distillée ajoutée au sang, par b le volume du liquide sanguin. La richesse du sang en hémoglobine sera donnée par l’équation suivante :

d'où on tire x= k -b )j~ c)

et si la quantité de sang employée est égale, comme nous l’avons supposé, à un centimètre cube, on a x = k (t + c).

25. Dosage de l’hémoglobine du sang par l’analyse quantitative du fer qu’elle contient. — L’hémoglobine renferme 0,42 pour 100 de fer. Si l’on suppose que tout le fer du sang est combiné avec la matière colorante, il est évident qu’en dosant le fer contenu dans une quantité donnée de sang, on pourra facilement calculer la proportion d’hémoglobine. Bien que ce procédé présente des désavantages comparé au précédent, à cause du temps qu’il réclame et de ses résultats moins précis, cependant nous le donnerons, parce que dans bien des circonstances (par exemple, lorsque le sang n’est plus parfaitement frais), il est Je seul applicable. Pour déterminer la proportion du sang on incinère une certaine quantité de ce liquide, après l’avoir pesée soigneusement. On dissout les cendres dans de l’acide chlorhydrique pur étendu et l’on opère le dosage volumétrique du fer au moyen de l’hypermanganate de potasse.

La liqueur titrée d’hypermanganate de potasse se prépare en dissolvant des cristaux de ce sel dans de l’eau distillée, dans la

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proportion de 3Br16 pourun litre d’eau; delà sorte 17cc,05 correspondent approximativement à-jj-de gramme de fer métallique. Il est nécessaire, avant de se servir de ce réactif, de déterminer exactement son titre, au moyen d’une solution d’un poids donné de sulfate double de fer et d’ammonium (SO 4 Fe NH v 3 IP). La préparation de ce sel se trouve indiquée dans tous les traités d'analyse chimique à l’aide des liqueurs titrées. Il renferme exactement 4- de son poids de fer, de sorte que 0Br,7 représente 0sr,l de fer. Voici la manière de l’employer :

Oji dissout 0 gr,7 de sel dans de l’eau distillée et on ajoute 5 à firent, cubes d’acide sulfurique faible (I pour 5). Cela fait, on laisse couler goutte à goutte la solution d’hypermanganate de potasse contenue dans une buvette graduée, munie d’un robinet de verre, jusqu’à ce que la coloration rose ne disparaisse plus en agitant la liqueur. Comme la solution d’hypermanganate doit être versée légèrement en excès pour produire une coloration bien visible, il faut corriger le résultat en tenant compte de cet excès de la liqueur titrée, qu’on détermine expérimentalement. Le nombre de centimètres cubes de solution que l’on a employés pour 0?r,7 de sulfate double (c’est-à-dire pour 0*^,1 de fer métallique) est marquée sur la burette. Cette méthode d’analyse étant basée sur l’oxydation du fer aux dépens de l’hypermanganate, il faut naturellement que tout le fer du liquide, sur lequel on opère, soit à l’état de sel ferreux; c’est pour cela qu’on commence par traiter les cendres par l’acide chlorhydrique afin de réduire le fer. On chauffe la solution dans un ballon avec un peu de zinc, jusqu’à ce que le métal soit complètement dissous et que le liquide soit incolore. On laisse refroidir, on ajoute une quantité d’eau suffisante pour arriver à 50 centimètres cubes, après quoi, on verse la solution d’hypermanganate renfermée dans une burette, avec les précautions déjà indiquées, jusqu’à ce que la couleur rose reste persistante. Chaque centimètre cube de solution d’hypermanganate employée pour arriver à ce résultat correspond à 0&,-,0056 de fer.

26. Numération des globules rouges. — Il est important, aussi bien pour la physiologie que pour la clinique, de déterminer

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le nombre des globules contenus dans un spécimen donné de sang. Plusieurs méthodes ont été proposées pour arriver à ce but. Les meilleures sont celles de Malassez et Haÿem. D’après la méthode de Ilayem, le sang dilué avec un volume connu d’une solution sans action sur les globules est introduit par capillarité entre deux lames de verre parallèles distantes d’une quantité connue. On examine au microscope avec un objectif faible la couche de liquide ainsi préparée, et l’on compte le nombre des globules, ce qui est facile parce que la lame de verre inférieure est un micromètre quadrillé.

Les instruments nécessaires sont : 1° une pipette pour mesurer la solution, 2° un tube capillaire pour mesurer la quantité de sangemployée, 3° un vase de verre dans lequel on fait le mélange, et 4° une cellule de verre dans laquelle on le place pour compter les globules.

Le docteur Gower a donné une forme plus perfectionnée à l’appareil. Les parois de la cellule sont distantes l’une de l’autre de -î- de millimètre, et chacun des carrés tracés sur la paroi inférieure ont de millimètre carré ; par conséquent le volume du mélange sanguin, dont on compte les globules, est de de millimètre cube. La capacité de la pipette étant de 995 millimètres cubes, et celle du tube capillaire de 5 millimètres cubes, il en résulte que le sang est dilué dans la proportion de 1 pour 200. Et comme un millimètre cube de sang normal renferme cinq millions de globules rouges, -5—- de millimètre cube d’une solution de ce sang à 1 pour 200 contient cent globules. Pour avoir une approximation suffisante, il est nécessaire de répéter l’observation plusieurs fois ; la moyenne des résultats exprime sans aucun calcul en centièmes la proportion des globules contenus dans le sang examiné comparée à celle du sang normal '.

1 Les instruments perfectionnés par le Dr Gower sont construits par M. Hawksley, 300, Oxford Street, Londres.

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