‹ Manuel du laboratoire de physiologieChapitre 65 sur 120 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

GÉ NÉR ALITÉS

1. Préparation de grenouille. — Après avoir détruit le cerveau et la moelle épinière d’une grenouille, on la place sur le ventre et on incise la peau le long de la ligne médiane de la face dorsale de la cuisse, depuis le genou jusqu’à l’extrémité du coccyx; on prolonge l’incision sur le dos jusqu’à environ moitié

distance, entre le coccyx et l’ilium (fig. 37, ligne k, m, n). En écartant ou en enlevant la peau on met à nu le triceps fémoral en dehors (fig. 95, a), le semimembraneux c en dedans, et entre les deux, le biceps fémoral b. On sépare avec précaution b et c et on découvre entre eux le nerf sciatique et les vaisseaux fémoraux.

On enlève le tissu connectif qui entoure le nerf, en commençant à paTtir du genou, où il se bifurque, et en s’arrêtant au niveau du muscle n. Dans celte opération il faut prendre bien garde de ne toucher le nerf lui-même que le moins possible, et surtout de ne pas le saisir avec une pince. On coupe en travers le muscle pyramidal n et le tissu connectif qui entoure le nerf à ce niveau, ainsi

Fig. 95. — Diagramme des muscles de la patte de la grenouille, vus par la face postérieure. — a, triceps fémoral; b, biceps fémoral; c, semi-membraneux; cl, iléo-coccygien ; e f, tendon d’Achille ; g, gastrocnémien ; k, péronier recouvrant en partie le tibial antérieur; /, droit interne; m, fessier; n, pyramidal; x, coccyx; y, ilium; a', vaste externe.

GÉNÉRALITÉS

«pie le muscle iléo-coccygien d , et on suit jusqu’à la colonne vertébrale les trois nerfs que 1 on aperçoit après l’écartement des deux bouts coupés du muscle et qui se réunissent pour former le sciatique et d’autres nerfs. Finalement on coupe la colonne vertébrale au-dessous de la dernière vertèbre lombaire ; on tient le fragment osseux avec une pince, on enlève les tissus qui l’environnent et avec les ciseaux on suit la direction

des nerfs vers le genou, divisant, chemin

faisant, les nombreuses branches qu’ils émetenoüuïe" tent et.les débarrassant des tissus qui peuvent

V insertion sur le Qn C0Upe je tendon d’Achille en /, aufémur du petit ten- ' ■ ' ’

don du gastrocné- dessous de la saillie du talon. Quand le

ainsi qu’une autre branche qui longe sa face inférieure pour se rendre dans d’autres muscles. On sépare le tibia et le péroné du fémur en prenant grand soin de ne pas blesser la première de ces branches et sans s’occuper de la seconde. On sépare de l’extrémité inférieure du fémur, avec les mêmes précautions, tousles muscles de la cuisse, de manière à dénuder cet os et on le scie au niveau de son tiers inférieur. De la sorte on n’a laissé que l’extrémité du fémur auquel est attaché le gastroçnémien intact avec le nerf qui s’y distribue dans toute sa longueur, depuis le muscle jusqu’à son entrée dans le canal rachidien. La préparation terminée est représentée dans la figure 96.

2. Myographe. — Pour étudier la contraction des muscles on se sert de .leviers enregistreurs appelés myographes.

Le myographe de Helmoltz et Ptlüger est représenté fîg. 97. Le levier a se meut autour du pivot horizontal b et est équilibré par un contrepoids c. En d est un style qui écrit sur une lame

mien.

muscle est écarté, on aperçoit facilement la branche que lui fournit le nerf sciatique,

GÉNÉRALITÉS

de verre ou sur un papier recouvert de noir

de fumée. La lige e

Fig. 97, Myographe de Pflüger. On n’a pas représenté la chambre humide qui est fixée sur le grand support vertical.

qui porte le style se meut également autour d’un pivot en f et

Fig. 98. — Myographe de Marey.

porte un contrepoids y. Il résulte de cette disposition que la pointe écrivante décrit une ligne droite, quand l’extrémité du

GÉNÉRALITÉS

levier décrit, un arc de cercle. Le fil de sore fixé au tendon du muscle s’attache en h. Le petit plateau situé au-dessous reçoit des poids destinés à tendre le muscle.

Dans les expériences ordinaires le myographe simple de Marey, représenté dans la figure 98, est d’un usage plus commode, en môme temps qu’il transmet plus fidèlement les mouve' ments. Le levier est perforé tout près du pivot pour permettre de fixer les crochets auxquels sont attachés le muscle en dessus et le plateau en dessous. Au delà il est constitué par une mince tige de hois ou de caoutchouc ou par une paille terminée par une pointe de parchemin, de métal ou de corne, destinée à écrire sur du verre ou du papier recouvert de noir de fumée. Les poids peuvent être remplacés par un long ressort en spirale faible, par un fil de caoutchouc fixé près du pivot ou par un ressort de montre qui agit sur le levier dans une direction opposée au mouvement imprimé par le muscle. Mais quand on veut avoir des mesures exactes, il est préférable d’employer des poids.

3. Chambre humide. — Pour empêcher le muscle et le nerf de se dessécher par évaporation, il faut qu’ils restent toujours humides. Si on humecte le muscle et surtout le nerf, même avec une solution de chlorure de sodium à 0,75 p. 100, on introduit par là même des erreurs dans les résultats. Si, cependant, on a recours à ce moyen, il faut employer de préférence du sang de grenouille défibriné dilué avec deux parties de solution saline. Il est, par conséquent, nécessaire de placer le muscle et le nerf dans une atmosphère maintenue au même degré d’humidité. C’est à quoi l’on arrive au moyen de la chambre humide (fig. 99).

Celle-ci est formée d’un plateau de hois dur qui peut s abaisser ou s’élever, tourner autour d’un support vertical et être fixé dans l’une quelconque de ces positions au moyen d une vis. Le plateau porte deux ou plusieurs paires de bornes électriques destinées à recevoir les fils de cuivre du circuit, ainsi que des emboilures destinées à recevoir un porte-électrodes en plomb. Le support verLical le long duquel glisse le plateau porte au-dessus de celui-ci un bras horizontal mobile sur lequel s’attache le fémur, le muscle gastrocnémien préparé, comme il a été dit plus haut,

GÉNÉRALITÉS

et au-dessous un bras de môme induré auquel est fixé le levier. Il est bon que le support vertical qui porte ainsi la chambre, le levier, etc., soit disposé de façon à pouvoir se mouvoir verlica-

Fig. 99. — Chambre humide avec le gastrocnémien préparé, les électrodes non polarisables, le porte-électrodes et le levier disposés pour faire une expérience.

lement. Le fil qui rattache le muscle au levier traverse une fente creusée dans le plateau. Une cloche de verre, dont les bords reposent dans une rainure circulaire du plateau, recouvre le tout, et il suffit de placer en dedans de la cloche des morceaux de papier à filtre mouillés pour que l'atmosphère reste saturée d’humidité pendant un temps suffisant.

4. Chambre a nerf. — Lorsqu’on se propose d’étudier les phénomènes de l’électrotonus, il est bon d’employer une chambre plus petite que la chambre humide ordinaire. On peut la fabriquer soi-même avec une petite cuve de verre de 75 millimètres de long sur 25 millimètres de large, dont le fond est mobile et dont une des parois latérales est remplacée par une lame de caoutchouc percée d’une fente en son milieu. Les électrodes sont introduits par la fente, le nerf est placé sur les deux électrodes et on dispose des morceaux de papier à filtre mouillés à côté du

2fiS

nerf, mais sans qu il y ait contact, puis on replace le couvercle. On peut ainsi conserver pendant très longtemps le nerf à l’abri de la dessiccation.

5. Électrodes. Dans beaucoup d’expériences on peut se servir de l’extrémité des fils de cuivre comme d’électrodes. Les deux fils peuvent être séparés ou réunis à une distance déterminée l’un de l’autre dans un manche isolant d’os, de bois, de

gutta-percha, etc. (fig. 100). Il est souvent commode que les extrémités de ces fils soient recouvertes jusqu’à la pointe sur laquelle on applique le nerf. Dans ce cas, il est avantageux que les extrémités soient légèrement recourbées. On peut facilement construire une paire d’électrodes de ce genre en attachant deux fils de cuivre, ayant la courbure voulue, de chaque chaque côté d’un petit morceau de bois, ou de tout autre corps non

conducteur, suffisamment épais pour les rtg. 100. — Electro- , r 1

des ordinaires. séparer 1 un de 1 autre. On recouvre le tout de paraffine fondue, et quand la paraffine est refroidie, on l’enlève à l’extrémité, en la grattant jusqu’à ce que les pointes des deux fils soient découvertes. On remplace avantageusement les extrémités de ces fils de cuivre par des fils de platine.

6. Electrodes non polarisables. — Dans beaucoup de cas, pour des raisons que nous exposerons quand nous décrirons les expériences en particulier, il est absolument indispensable d’employer des électrodes impolarisables. Les deux formes d’électrodes impolarisables, dont on se sert, sont les suivantes :

1° Electrodes de du Bois - Reymond , modifiés par Donders (fig. 101). — Un tube de verre a de 8 millimètres de diamètre est fermé à une de ses extrémités par un bouchon formé de kaolin dissous dans une solution de chlorure de sodium à 0,75 p. 100 et qu’on a laissé dessécher de façon à former un tampon. Au-dessus n verse avec précaution quelques gouttes d’une solution saturée

GÉNÉRALITÉS

de sulfate de zinc c. Un lil de zinc z soigneusement amalgamé à son extrémité 1 et recouvert de vernis sur tout le reste de son étendue, est introduit dans le tube de façon à plonger dans la solution de zinc à deux ou trois centimètres au-dessus du bou-

Fig. loi. — Électrodes non polarisables de d i Bois-Reymond, fixés sur le

porte-électrodes.

chou d’argile plastique. L’autre extrémité du fil est recourbée par dessus le bord du tube et vient aboutir à la borne portée par le col lier de laiton d, mobile le long du tube. Le fil de cuivre e se fixe sur la même borne.

Un doit avoir des électrodes de formes différentes. Le bouchon d’argile plastique peut faire saillie à la partie inférieure du tube de verre, soit 'sous la forme d’un cône, soit sous tout autre forme convenable (fig. 102, A). Il est souvent avantageux que l’extrémité du tube soit coupée obliquement et que le tampon d’argile ne fasse pas saillie au dehors (fig. 102, G). Le diamètre du tube peut être le même à son extrémité que dans le reste de son étendue, ou bien son extrémité peut être plus ou moins étirée en pointe.

i Liquide à amalgamer. Dissolvez à une douce chaleur, 4 parties de mercure dans un mélange de 75 parties d’acide azotique et de 15 parties d’acide chlorhydrique, puis ajoutez 20 parties d’acide chlorhydrique. Ce liquide doit être étendu de 10 fois son volume d’eau. 11 faut avoir soin de ne pas trop amalgamer. Le zinc doit êlre martelé, et sa surface parfaitement unie.

Fig. 102. — Extrémités de trois électrodes non polarisables.

— b, tampon d’argile plastique; c, solution de sulfate de zinc; z, fil de zinc.

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Quand les électrodes doivent être appliques sur les nerfs, ils doivent avoir la forme figure 102, B; l’extrémité du tube est recourbée et la pointe est fermée ; près de cette pointe est creusée une petite cavité; il en résulte que le tampon b ne communique avec l’extérieur qu’en b'.

On doit avoir aussi des électrodes de longueur différente; ceux que l’on emploie, quand on se sert de la chambre humide, ne doivent pas avoir plus de 5 centimètres de long; dans tout autre cas, ils doivent avoir de 12 à 15 centimètres.

Le meilleur porte-électrodes est celui qui est représenté fig. (01 . Il se compose d’une tige de plomb k terminée par une tête de laiton h', sur laquelle se meuvent et peuvent être fixés à l’aide de

Fig. 103. — Porte électrodes avec un électrode non polarisable.

la vis h deux bras ff, supportant chacun un électrode au moyen d’un collier à ressort. Ue la sorte on peut rapprocher ou éloigner a volonté les deux pointes des électrodes. La tige de plomb, qu’il est préférable de choisir cylindrique, est très flexible, mais n’est pas élastique, et permet, par conséquent, de placer une paire d’électrodes exactement dans la position qu’on désire. Un autre porte-électrodes très commode est représenté dans la figure 103.

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o® Électrode à fourreau. — Cel électrode consiste en une lame de zinc en forme de rame, à surface parfaitement unie et amalgamée, entourée d’un étui en peau de chamois, exactement appliqué et trempé dans une solution saturée de sulfate de zinc. Cet étui à son tour est enveloppé d’une couche de solution saline de kaolin, à laquelle on peut donner la forme que l’on désire. Souvent il est hon de réunir le tampon de kaolin avec le tissu par un fil humecté dans une solution de sel. De celte façon il est possible de limiter très exactement l’application de l’électrode au tissu sur lequel on veut expérimenter. Dans beaucoup de cas la grande résistance qu’oppose le fil au passage du courant est un avantage. On ne peut se servir des électrodes de ce genre que dans la chambre humide.

7. Commutateur. — Cet instrument sert à changer la direction d’un courant quand on étudie les effets des courants constants.

On peut se servir de n'importe quelle forme de commutateur; les plus commodes sont ceux qui permettent d’interrompre complètement le courant, aussi bien que d’en changer la direction. La figure 1(H représente un instrument de ce genre très commode, mais d’un prix élevé; quand la poignée est horizontale le circuit est complètement séparé desélectrodes; et, suivant qu’on l’élève ou qu’on l’abaisse, la direction donnée au courant varie. Les fils de la pile sont fixés aux bornes supérieures et ceux des électrodes aux bornes inférieures.

Commutateur.

8. Commutateur de Pohl. — Cet instrument est le commutateur le plus commode, et en même temps il sert à faire passer un courant donné d’une paire d’électrodes dans une autre. Il est représenté dans la figure 105. On voit que les capsules à mercure, correspondant aux bornes métalliques 1 et 2, communiquent I une avec l'autre au moyen d’une poignée dont la partie cen-

272 GÉNÉRALITÉS

traie est formée d’un corps isolant et les extrémités de fds de cuivre épais. Chacun de ces dis, au moment où il pénètre dans la poignée, est croisé par un arc de même métal. Ces deux arcs plongent par une de leurs extrémités dans les capsules 3 et 4

quand la poignée est inclinée à droite, comme c’est le cas dans la figure. Les fils d’une paire d’électrodes sont fixés sur les bornes 3 et 4, et ceux de la seconde paire aux bornes 5 et 6, les petites capsules sont remplies de mercure et les deux fils d’une batterie ou d’une bobine d’induction sont fixés sur les bornes 1 et 2; puis on enlève les fils de communication qui réunissent 3 et 6, 4 et 5. Si l’on incline la poignée à droite, le courant passe dans les fils fixés aux bornes 3 et 4 ; si on l’incline à gauche, il passe dans les fils fixés aux bornes 5 et 6.

9. Rhéocorde. — Cet instrument nous servira simplement pour faire varier d'une quantité déterminée l’intensité d'un courant constant. La figure 106 représente le rhéocorde de du Bois-lteymond.

Les deux fils de la pile, ainsi que ceux des électrodes, aboutissent aux deux bornes placées à une des extrémités de la caisse

en bois qui supporte l’appareil.

Si tous les coins métalliques sont en place et si les dés de fer mobiles remplis de mercure sont tout contre les plaques de laiton a b c d, la résistance opposée par le rhéocorde au passage du courant comparée à celle du circuit des électrodes est pratiquement réduite à rien, et, par conséquent, le courant suivra de préférence la voie du premier; si les dés de fer, qui glissent sur desfils de platine, sont placés à quelque distance des plaques de laiton, le courant, pour passer d un des côtés du rhéocorde à l’autre côté, sera forcé de traverser

Fig. 105. — Commutateur de Pohl.

la portion des fils de platine situés entre les dés de fer et les plaques de laiton a , b. Mais ces fils minces offrent une certaine résistance au passage du courant, et, par conséquent, une fraction proportionnelle du courant ira dans le circuit des électrodes. En faisant glisser à des distances variées, les dés de fer le long du bord gradué de l’instrument, on fait varier les résistances opposées par le rhéocorde et, par conséquent, aussi les fractions du courant qui passe par le circuit des électrodes. Si on enlève un des coins, on augmente la résistance du rhéocorde et simultanément une certaine fraction du courant est introduite dans le circuit des électrodes. L’enlèvement successif des coins introduit dans le circuit du rhéocorde des résistances croissantes correspondant à des fractions de plus en plus grandes du courant total qui passe par le circuit des électrodes. Les coins sont disposés de telle sorte que les résistances, quand on les enlève, soient des multiples de la résistance opposée par la longueur totale des fils de platine. Si, par exemple, on prend pour unité la résistance présentée par les fils de platine, quand les dés de fer sont placés à leurs extrémités du côté opposé aux plaques de laiton a et b et quand les coins sont tous en place, l’enlèvement du coin désigné par le chiffre 5 entre e et f, quintuplera cette résistance, et, par conséquent, fera passer dans le circuit des électrodes une fraction proportionnelle du courant.

10. Levier-clef enregistreur. — Cet instrument (fig. 107) se compose d’un levier de métal a a' mobile dans un plan vertical autour du pivot b , et dont le bras a est beaucoup plus lourd que le bras a. Le pivot communique au moyen des bornes, que porte le petit pilier de laiton c avec les fils d’une pile ou d’un courant induit, etc. Le pilier c est placé à une des extrémités d’une pièce d faite d’une substance non conductrice, et qui, au moyen du collier à vis e , peut être fixée horizontalement ou verticalement sur un support. A l’autre extrémité de la pièce d, se trouve un pilier semblable muni également de bornes et sur lequel repose le bras a du levier ; g est un ressort faible, destiné à maintenir l’extrémité du levier; h est un petit bout de guttapercha ou de caoutchouc terminé par un style.

BURDON 8ANDERSON, IclbOl’. de physiologie.

Si l’on joint c avec l’un des pôles d’une pile et /'avec une des extrémités d’une bobine primaire, quand le levier est abaissé a est en contact avec le pilier et le courant passe à travers le levier de c en f. Quand le bras a vient à être subitement relevé, ce qu’on peut faire avec le doigt, le courant est instantanément ouvert, et le moment de l’ouverture est indiqué sur le papier noirci par la des-

Fig. 107. — Levier-clef enregistreur.

cente du style du levier. Si l'on désire enregistrer la rupture du courant au lieu de sa fermeture, on fixe les deux lils positifs (ou négatifs) en f et les deux fils négatifs (ou positifs) en c. Le soulèvement de a correspondra à la fermeture du courant comme dans le levier-clef de du Bois-Reymond.

On peut remplacer avantageusement cet instrument par le signal de Deprez, que Alarey a appliqué aux recherches physiologiques.

11. Diapason enregistreur. — Pour mesurer de petits intervalles de temps dans les expériences physiologiques, il est absolument nécessaire de se servir de diapasons dont le nombre de vibrations par seconde soit connu. La figure 108 représente un de ces appareils construit par Konig de façon à enregistrer les vibrations sur un cylindre. Un pied massif porte un diapason A solidement fixé. Les deux bobines c c ’ (que le petit chariot k permet de faire glisser le long du pied, pour les adapter aux diapasons de longueur différente) s’avancent au-dessus des deux extrémités du diapason, et chacune d’elles porte une vis d que l’on peut à volonté rapprocher ou éloigner de ces extrémités- Le bras supérieur du diapason est muni d’une petite tige de platine a qui plonge dans une capsule de mercure b.

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Le diapason B, qui doit offrir le même nombre de vibrations par seconde que A, est fixé sur un pied facilement mobile ; ce qui permet d’approcher le style g du cylindre enregistreur, de façon que le contact soit aussi léger que possible. Ce diapason est du reste disposé de la même manière que le diapason A, avec ses extrémités placées entre les bobines e e' portant également des vis ff’

L’un des fils d’une pile w communique, au moyen d’uneborne métallique, avec le pied du diapason A et, par suite, avec la tige a. La capsule de mercure b est réunie par le fil s avec la bobine e du diapason B. L’autre pôle de la pile est réuni par x avec les bobines c et c de A, et de là par y avec la bobine e’ de B.

Fig. 108. — Diapason enregistreur.

Rapprochez les vis d d\ f f\ des extrémités correspondantes des deux diapasons, placez une petite quantité de mercure recouverte d’une mince couche d’alcool dans la capsule b , et aprèsavoir mis en vibration le diapason A, disposez la lige a de façon a interrompre le courant. B vibrera alors synchroniquement avec A et le style g tracera des courbes sur le cylindre enregistreur. Les vis d d f f doivent être éloignées des diapasons autant qu’il est possible sans interrompre le courant.

A cet appareil on peut en substituer un autre beaucoup plus simple. 11 se compose d un diapason interrupteur et d’un signal Deprez, placés tous les deux dans le même circuit. Le mouvement est enregistré sur le cylindre par le signal, qui vibre à l'unisson avec le diapason.

Fig. 109. — Pince de Kronecker.

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12. Disposition de la préparation de grenouille et de l’appareil pour faire UNE expérience. — Les électrodes sont fixés sur les poi tc-électrodes, ceux-ci adaptés au plateau de la chambre humide et les fils des électrodes réunis avec les bornes métalliques ; puis la préparation de grenouille est attachée par le fémur, de façon à ce que le muscle pende verticalement audessus de la fente. Saisissez avec les pinces le segment vertébral et placez doucement le nerf sur les électrodes. Assujettissez solidement le tendon d’Achille sur une pince de Kronecker (fig. 109) et réunissez la pince de Kronecker avec le levier à travers la

fente, au moyen d’un fil de soie fort. Disposez les deux bras horizontaux qui portent le muscle et le levier de façon que le muscle soit parfaitement vertical et que, sans être tendu, la simple contraction fasse mouvoir le levier qui doit être parfaitement horizontal.

Réunissez les fils de la batterie ou du circuit d’induction aux bornes, auxquelles sont attachées les fils des électodes. Placez la cloche de verre sur le plateau, ainsi que des morceaux de papier à filtre mouillés, en prenant garde que ceux-ci ne touchent ni la préparation, ni les fils de cuivre.

Préparez des poids destinés à charger le levier; ceux qui conviennent le mieux sont : 5, 10, 20, 30,50, 150,200 et 300 grammes. Enfin, placez tout cet appareil de façon que le style du levier soit en contact avec le cylindre enregistreur.

Quand on veut étudier le muscle sans que la circulation soit abolie, il faut avoir recours à une autre méthode.

Détruisez la moelle épinière et le cerveau d’une grenouille, et fixez solidement l’animal sur le ventre avec des épingles sur la lame de liège qui recouvre le plateau. Une des épingles doit être enfoncée tout contre le fémur, immédiatement au-dessus du genou. Faites une légère incision le long du tendon d’Achille; sectionnez celui-ci aussi bas que possible, et disséquez-le soigneusement sur une étendue de quelques millimètres. Enfoncez dans le tendon un crochet en forme de S petit, mais fort, muni d’un fil de soie et, après avoir fait passer ce fil sur une des petites

GÉNÉRALITÉS 277

poulies fixées sur le plateau, attachez -le au levier situé audessous.

On peut ensuite disséquer le nerf sciatique sur la cuisse sans blesser les vaisseaux et glisser la pointe recourbée des électrodes au-dessous de lui.

Quand le cylindre enregistreur dont on se sert se meut autour d’un axe horizontal, on fixe le levier dans une position horizontale devant le plateau et le fil de soie réunit en ligne droite le tendon au levier. On peut opposer une résistance à l’action du muscle soit à l’aide d’un ressort faible, soit à l’aide d’un poids mobile autour d'une poulie. En règle générale, il vaut mieux autant que possible éviter de se servir d’une poulie.

Fig. 110. — Levier-clef de du Rois-Reymond.

13. Disposition de l’appareil électrique. — Courant constant. — Placez le nerf (ou le muscle quand on expérimente sur celui-ci seulement) sur les électrodes, en ayant soin qu’il soit bien en contact avec les deux électrodes. Quand on se sert

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d’électrodes non polarisables, les tampons doivent être maintenus humectés par la solution saline normale, tout en évitant qu’ils ne le soient trop et surtout qu’il ne se forme entre eux un pont de liquide le long du nerf.

Engagez les fils des électrodes dans les bornes A et B du levierclef de du Bois-Reymond (fig. 110), ainsique les fds de la pile. Colorez en rouge le fil positif, c’est-à-dire celui qui communique aveclecuivre, le charbon, le platine, etc., ainsi que le fil de.l’électrode fixé sur la même borne. Cet électrode sera l’électrode positif ou anode. Colorez en bleu les deux autres fils qui font communiquer le zinc de la pile avec la clef, et celle-ci avec l’autre électrode, qui devient par conséquent l’électrode négatif ou cathode.

Quand le levier Ç est baissé, le prisme de laiton offre si peu de résistance au passage du courant comparée à celle offerte par le nerf, etc., que le courant tout entier traverse la clef et qu’aucune fraction ne passe-à travers le nerf.

Par conséquent, l’ouverture de la clef fait passer le courant dans le nerf, et la fermeture de la clef le détourne du nerf. Pendant tout le temps que la clef est ouverte, le nerf est soumis à l’action du courant.

Quand le cathode (pôle négatif) est placé sur un point du nerf plus rapproché du muscle que l’anode, le courant est dit descendant', quand c’est l’anode qui est le plus [près, le courant est ascendant.

14. Courant d’induction simple. — Réunissez les deux fils de la pile avec la bobine primaire G, et les deux électrodes E, E’ avec la bobine secondaire D. Dans chacun des deux circuits est interposé un levier-clef a et b (fig. 11 1).

Toutes les fois que la clef h est ouverte et que le courant de la pile passe à travers la bobine primaire, il se développe un courant induit dans la bobine secondaire; de même un courant induit se développe dans la bobine secondaire quand on ferme la clef. Dans l’intervalle il ne se développe aucun autre courant, pourvu que le courant qui passe dans la bobine primaire soit constant.

GÉNÉRALITÉS 27

Si la clef a est ouverte, à chaque ouverture ou fermeture de la clef b un seul courant d’induction traverse le nerf.

Si a est ouvert quand on ouvre b, c’est-à-dire quand le courant passe dans la bobine primaire et si on le ferme avant qu’on ne ferme b, un courant de fermeture passe dans le nerf.

Si a est fermé quand b est ouvert, mais si on l’ouvre avant de fermer b, un courant d’ouverture passe dans le nerf.

Fig. lll.— Disposition des appareils électriques pour étudier les effets de l’électrotonus. — A, muscle; sur son nerf sont placés les électrodes polarisateurs P, P et les électrodes excitateurs E, E' ; H et B, éléments ; C bobine primaire ; D, bobine secondaire ; G, commutateur ; a et b, leviers clefs.

Quand on détermine la direction du courant induit, il faut se rappeler que lorsque le courant commencé dans la bobine primaire, le courant d’induction dans la bobine secondaire est inverse, et que lorsqu’il est interrompu dans la bobine primaire, le courant d’induction dans la bobine secondaire est direct.

15. Courant interrompu (faradisation). — Quand on veut produire des effets de tétanisation, on se sert de l’interrupteur magnétique de l’appareil de du Bois-Reymond (fig. 112). Joignez le fil positif de la pile à la borne métallique g et le ül négatif avec a. Le courant pénètre par g, traverse le ressort en maillecbort qui, à l’état de repos, est en contact par une petite lamelle de platine soudée à sa partie supérieure avec la pointe de platine de la vis f. De f le courant passe à travers la lame de

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laiton cl surmontée d’une borne métallique et arrive dans la bobine primaire c ; puis il arrive dans l’électro-aimant b et retourne à la pile par le fil fixé à la borne a. Le marteau h est maintenu au-dessus de l’ électro-aimant par le ressort de maillecliort. Quand le courant traverse 6, le marteau avec le ressort est attiré de façon que le courant est interrompu en f. L’aimant cesse alors d’agir, et laisse le ressort prendre sa première position. En faisant glisser la bobine secondaire à une distance plus ou moins grande de la bobine primaire, on fait varier à volonté l’intensité du courant induit.

Fig . 112. — Appareil d’induction à chariot avec interrupteur électro-magnétique de du Bois-Reymond.

Quand il y a nécessité d’éviter l’inductionjunipolaire, on fait subir à l’appareil la modification suivante indiquée par Helmholtz : on établit une communication permanente entre la colonne g et la borne d et on relève la vis f de façon qu elle ne puisse toucher le ressort et on élève le sommet de a. La disposition de l’appareil est représentée (fig. 113). Le courant entre comme précédemment en g, mais il traverse le fil latéral g pour se rendre dans la bobine primaire. Quand le marteau est attiré en bas, comme c’est le cas dans la figure, le ressort butte contre le sommet de a et le courant se dirige vers la pile dans le sens indiqué par les flèches en partie para, en partie par le fil latéral

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et la bobine. A ce moment, le courant qui passe par l’électroaimant est sifaible qu’il ne suffît plus pour maintenir le marteau abaissé, et le ressort se relevant de nouveau, le contact est interrompu en a et ainsi de suite. Les résultats de cette modification apportée à l’appareil sont les] suivants : 1° les courants induits sont plus faibles, car les] différences dans l’intensité du courant sont moindres; 2° l’intensité du courant induit d’ouverture qui,

Fig 113. — Schéma de l’appareil précédent, pour montrer le jeu des différentes pièces.

dans la disposition primitive de l’appareil, est plus considérable que celle du courant induit de fermeture, sont presque égales en énergie.

Si l’on veut que le courant de la pile aille à la bobine primaire sans passer par l’interrupteur, de façon à produire un seul courant d’induction d’ouverture ou de fermeture, on attache le fil positif de la pile en e et le fil négatif comme précédemment en a.

Il est souvent commode de placer un levier-clef entre la pile et la bobine d’induction et un autre entre la bobine secondaire et les électrodes.

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