‹ Manuel du mécanicien fontainier, pompier, plombierChapitre 1 sur 42 · AU COIN DE CELLE DU BATTOIR · texte numérisé non relu

AU COIN DE CELLE DU BATTOIR

PRÉFACE

Dans aucun temps , peut-être , les circonstances n’ont été plus favorables pour publier un livre sur un sujet quelconque de mécanique ; car la science des machines , alliée à la physique et à la chimie (i) , a fait plus de progrès depuis trente années, en fait encore davantage aujourd’hui, que n’en ont jamais fait les arts libéraux du temps de Louis XIY. On discute moins sur la métaphysique 5 on agite moins ces luttes d’esprit qui n’ont rien produit de positif; mais en même temps que la population s’augmente, on s’occupe davantage des réalités , des moyens industriels capables d’accroître nos ressources.

Mais ce qui est vraimënt digne de remarque, et en même temps propre à encourager les industriels de toutes les classes , c’est que les plus ingénieuses machines , dans presque tous les genres, sont sorties d’une classe que n’a point aidée une éducation soignée, ni une théorie quelquefois surabondante.

(i) On a dit, avec juste raison : la chimie a été bonne à connaître de tous les temps ; il sera bientôt honteux de Figuorer.

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Et relativement au progrès qu’a fait l’art des fontainiers , nous citerons particulièrement l’anglais Bramah , non pas tout-à-fait parce qu’il peut être considéré comme l’inventeur d’une pompe nouvelle dont nous parlons dans cet ouvrage, mais principalement parce que ce mécanicien infatigable a épuisé presque tous les systèmes qui ont plus ou moins de rapport avec cette branche de la mécanique; il peut être rangé parmi les premiers mécaniciens de notre époque.

Et qu’on nous permette ici d’établir une différence entre les mécaniciens qui se vouent à l’utilité publique , qui ont secondé de leurs travaux, de leur fortune, les sciences et les arts, tels que Newcamen , Papin , Wat , Woolf ^ Bramah f Beichembach, ïabbé d! Hautefeuille ^ Sully J Berthoudf Harisson, etc., et cette autre classe de mécaniciens dans laquelle on peut comprendre Michael, qui occupe une place dans les biographies parce qu’il fit une tête parlante , qui , on ose le dire , articulait un passage entier de l’Énéide; Jacquet Droz, parce qu’il employa vingt années pour fabriquer deux pantographes habillés, automates de pure curiosité, inutiles à l’industrie; Vaucanson, parce qu’avec beaucoup de travail et de patience il parvint à construire un automate flûteur , et un canard qui , dit-on , digérait.

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Comme s’il fallait autre chose que de la patience pour animer deux cylindres d’un mouvement de rotation, au moyen d’un ressort moteur, d’un engrenage plus ou moins compliqué et d’un modérateur; et parce que les pâtes à palettes, à roue , à rochets , qui servaient elles-mêmes de modérateurs en frappant l’eau sous-jacente ; parce que ce système fut réuni dans une capacité flottante semblable, quant à l’enveloppe extérieure , à un canard ; parce qu’enfin les matières , ou les alimens supposés , en passant entre les deux cylindres, se trouvaient broyées à leur sortie , on lui donne une place dans l’histoire !

Donnons-la-leur plutôt parce qu’ils nous ont laissé quelques machines utiles , l’un à l’hôtel de la Monnaie , l’autre dans les usines de son pays (departement de l’Isère); mais sachons modérer notre admiration pour ces autres machines , qui , si leur enveloppe tombait , ne nous montreraient plus que les effets d’une patience et d’un travail excessif, sans doute , mais qu’il eut été plus honorable de consacrer à son pays.

Plus sérieux, moins versatile, notre caractère change avec les temps ; nos ressources se multiplient avec nos besoins ; peu découragés par l’indifférence, les artistes redoublent d’ardeur, s’attachent moins aux colifichets de luxe , qui font briller l’opulence , inutiles à l’homme labo-

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rieux ; les inventions se succèdent malgré les difficultés , et ce combat de l’industrie , force des nations, est un monument plus durable, plus glorieux, que ces batailles meurtrières, jeux d’échecs sanglans , dont toutes les combinaisons calculées ne sauraient lutter contre un coup du hasard , de ces coups considérés comme savans quand ils réussissent , et comme heureux quand ils retranchent de notre sphère commune des milliers d’hommes à la fois.

Nous osons aussi nous ranger parmi les soldats subalternes qui combattent pour l’industrie nationale. Souvept un conseil parti de bien bas a produit des effets avantageux, et cette pensée nous soutient dans nos travaux.

Nous nous abstiendrons de reprendre la mécanique des pompes à partir du moment oii elle a commencé à offrir des avantag;es à l’industrie humaine ; il faudrait remonter bien loin , 120 ans avant Jésus-Christ, au temps de Hiéron l’Ancien, un des premiers physiciens célèbres, à l’époque d’un nommé Clesibius ^ qui vivait i3o ans avant Jésus-Christ^ à Archimède, 287 ans avant Jésus-Christ, et meme, relativement à la partie de la physique qui y a plus ou moins de rapport, au temps d’Aristote, de Platon, et de Pythagore, qui vivait 600 ans avant Jésus-Christ.

Hiéron l’Ancien inventa la fontaine connue

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SOUS le nom àe fontaine de Hieron; il avait déjà connaissance de la vertu compressive de l’air.

Ctesibius fut le premier inventeur des clepsydres, espèce d’ampoulettes à eau, horloges qui alors servaient à mesurer le temps; il inventa aussi la pompe aspirante.

On doit à Archimède la vis sans fin , notre meilleure machine hydraulique, etc.

Après avoir donné des aperçus généraux sur la nature du liquide qui fait l’ohjet principal de ce volume , nous avons été dans l’ohligalion de redire sur les pompes ordinaires ce que tout le monde n’ignore pas. Ensuite , sans nous écarter de ce principe , qu’il s’agit de se faire entendre par la classe ouvrière , celle qui ne veut point de calculs compliqués , qui puissent lui dépenser de précieux momens , nous nous sommes arreté sur toutes les pompes nouvelles , et principalement sur les pompes circulaires que l’on fabrique depuis peu à Paris. Nous avons donné également un procédé pour leur application à un genre de navigation qui probablement ne sera bientôt plus un problème à résoudre.

Nous donnons aussi un moyen d’application des pompes circulaires au rafraîchissement de l’eau sans l’emploi des machines pneumatiques ;

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problème pour la solution duquel plusieurs mécaniciens anglais se sont ruinés.

Enfin , relativement à l’art du plombier, nous donnons les procédés les plus usités pour le traitement du plomb et les progrès qu’a faits cette branche de l’industrie jusqu’à nos jours.

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