‹ Manuel du mécanicien fontainier, pompier, plombierChapitre 6 sur 42 · NO · texte numérisé non relu

NO

Quantité d’eau élevée pour une révolution de l’arbre.

Quantité d’eau fournie par heure.

Pouces cubes.

Litres. Pieds cubes.

Prix.

3oo

3o,ooo

Nous avons extrait ce qu’o«i vient de lire d’un prospectus que font circuler les fabrîcans.

56 représente un antre système de pompe circulaire ; AB CD est une boite circulaire en laiton, semblable à celle dont nous avons parlé plus haut. Un noyau cylindrique intérieur , adhérent avec l’axe moteur , est placé excentriquement de manière à tangenter un des points de la paroi intérieure de la boîte.

Ce noyau est divisé en quatre parties , ou plutôt il porte quatre ouvertures diamétralement opposées , destinées à recevoir les quatre palettes P P P' P' ; ces capacités sont telles que ces palettes et leur ressort R puissent s’y noyer entièrement.

Ces ouvertures du noyau ne communiquent pas entre elles par un canal égal à leur calibre , mais seulement par une petite ouverture qui traverse l’axe et^a partie du noyau qui n’est pas coupée. Ces petites ouvertures sont destinées à recevoir des chevilles, et ces chevilles à pousser chaque ressort et par conséquent chaque palette qui appuie au-dessus.

Nous avons dit que le noyau était placé excentriquement dans la boîte de manière à tangenter la paroi intérieure. Deux tubes A et B sont , en outre, disposés pour >communiquer avec la capacité de la boîte; l’un sert de tuyau d’aspiration , l’autre de refoulement , et ces deux tubes, sépares par le point de contact, ne sauraient communiquer directement ensemble.

P' P' représentent deux palettes dans la position de leur plus petite étendue; la cheville LL maintient le?ir écart; mais si on fait tourner l’axe jusqu’à ce que cette position soit devenue semblable à la seconde PP, il est

bien évident que les extrémités des palettes ne seront plus en contact avec la paroi circulaire de la boîte ; il s’en faudra de la différence entre la longueur de la corde et celle du diamètre. Les palettes se communiquent bien leur poussée réciproque par l’effet des chevilles mobiles, mais elles ne sauraient remplir cette différence , quelque minime qu’elle soit. Nous disons quelque minime , car il est possible de la rendre presque nulle, et cependant d’obtenir des volumes d’eau très satisfaisans.

Or, pour remplir cette différence, on adapte à chaque extrémité des chevilles , ou même à une seule., des ressorts dont l’effet, pour les plus grandes dimensions de pompes , peut se borner à remplir un déplacement de 5 ou 6 millimètres.

On remarquera que cette disposition , quels que soient les effets de l’usure , tend aussi à les prévoir , puisque l’action des ressorts est continue et concourt incessamment à l’application intime des parties frottantes. On sait que les ressorts fabriqués en laiton bien écroui jouissent d’une qualité égale, dans quelques cas même supérieure, à celle de l’acier, et qu’ils sont de plus très peu altérables dans l’eau, même dans celle.de la mer; et d’ailleurs, dans notre machine, leurs fonctions étant très bornées , leurs qualités élastiques ne sauraient s’altérer même après un très long usage.

On ne s’est pas contenté d’adapter à ces machines les moyens de correction que üous venons de citer, on a voulu aussi que tous les frottemens de métal contre métal fussent supprimés et remplacés par des frottemens de métal contre cuir : à cet effet, chaque palette a été composée de feuilles de cuir superposées et réunies entre elles a»

moyen de vis , de manière à laisser dépasser leurs tranches pour être soumises au frottement, 57. Cet assemblage constitue une espèce de boîte qui doit contenir le ressort correcteur dont nous avons parlé plus haut.

Nous avons dit dans le principe que le noyau était fendu en quatre parties , de manière à ce que des capacités, capables de contenir les palettes et leurs ressorts, y fussent ménagées. Mais la seule portion de ce noyau qui n’est pas coupée , et au milieu de laquelle passe et est fixé l’axe de la pompe , ne serait évidemment pas suffisante pour donner une solidité convenable au système. Mais on remarquera que ces quatre portions de noyau se trouvent encore liées entre elles par l’excédant circulaire de métal O O, Jig. 58 et 56 ; or , ces disques métalliques , parties intégrantes du noyau , frottent également sur des anneaux de cuir, et à cet effet les noyures des fonds dans lesquelles ils doivent se perdre sont ménagées plus profondes. Cette dernière disposition à cela d’avantageux qu’elle concourt particulièrement à empêcher l’introduction de l’air dans les boîtes; car nous devons prévenir que c’est encore à cette introduction d’air par les tourillons , qu’on doit une grande partie des perturbations qui , dans les grandes limites d’aspiration , affectent le jeu de la pompe de Dietz. (i)

Le jeu de ces machines est semblable à celui des pompes dont nous avons parlé plus haut. Si le prolongement du tube A plonge dans l’eau, en tournant la manivelle et par conséquent le noyau dans le sens indi-

(i) Ces pompes se fabriquent chez M. Rouffet, mécanicien , rue de Perpignan , 8 , en la Cité , à Paris.

que par les|flèches , la capacité K tendant à s’augmenter, se remplira d’eau après avoir chassé l’air, ou si elle est déjà pleine d’eau, les palettes qui se suivent, la pousseront en lui faisant parcourir la route P" P P'. Chaque palette passera à son tour, et au point le plus culminant de la course , et ensuite au point de contact ; le vide ne peut pas s’établir dans la boîte , et les mêmes capacités qui tendaient à s’augmenter dans le principe, diminueront ensuite; le liquide, arrêté au point de contact du noyau et de la boîte, se trouvera ainsi obligé de refouler par le tube d’en haut, et de se reproduire par celui d’en bas.

Cette machine jouit d’un avantage que n’a pas celle de Dietz , ni les autres pompes circulaires ; c’est que tous les frottemens étant obtenus au moyei\ du cuir , cette dernière matière seule peut se dégrader par l’effet de l’usure. Le corps principal de la boîte et les autres parties du mécanisme resteront intacts , et une réparation peu coûteuse (subordonnée probablement au temps que le cuir met à se pourrir dans l’eau) à la portée des ouvriers que comportent ordinairement les villes ou les navires , le rendra à son premier état.

Les mêmes règles assujetties aux pompes ordinaires à tubes et à mouvemens rectilignes , sont applicables à celles-ci, c’est-à-dire que les effets d’aspiration n’étant dus qu’à la pression atmosphérique , elles ne sauraient élever Peau si les corps de boîtes sont placés au-dessus de 32 pieds; il convient même de les fixer au-dessous de cette limite pour être assuré de leurs fonctions et afin qu’elles ne soient fpas sujettes^ aux variations atmosphériques.

On doit avoir également soin de ne pas faire passer dans les boîtes une quantité d’eau plus grande que celle que les tubes peuvent conduire, car alors on reproduirait les effets dé la presse de Pascal, c’est-à-dire qu’on agirait sur une grande masse d’eau pour n’en élever qu’une portion, et une très grande dépense de force motrice en serait la conséquence inévitable.

Les quantités d’eau que peuvent produire ces pompes sont subordonnées au canal intérieur de la boîte et à celui des tubes; elles sont les mêmes que celles de Dietz, dont nous avons donné le tableau. Comme ces dernières , la hauteur à laquelle l’eau peut être élevée n’a d’autre limite que celle de la force motrice employée , qui peut s’estimer par atmosphère, c’est-à-dire par colonne de 82 pieds, plus le frottement nécessaire qu’il faut vaincre.

La résistance de toutes les parties du mécanisme, siège du mouvement et des tubes conducteurs , doit être éga. lement proportionnée à la pesanteur du liquide suspendu , ainsi qu’à la puissance motrice.

Pour maintenir ces pompes pleines d’eau , et par ce moyen éviter de les amorcer , on doit aussi garnir leurs tubes inférieurs de clapets ; mais cette précaution devient inutile quand la boîte est peu élevée au-dessus du niveau de l’eau.

On peut aussi garnir les tubes aspirateurs de cribles ou de réservoirs ; on doit éviter qu’ils n’appuient sur le sol, afin que l’effet de l’aspiration n’entraîne pas des corps étrangers ou des parties terreuses ou calcaires capables de dégrader le mouvement , ou d’en troubler les fonctions.

La règle à suivre relativement à l’application de cette

go MANUEL DU MÉCANICIEN FONTAINIER,

pompe aux incendies , est de* faire passer dans les boîtes une plus grande quantité d’eau que les tubes n’en peuvent émettre , et de ne permettre l’éjection qu’à une portion du liquide sur lequel on agit. On obtiendra ainsi un effet semblable à celui des pompes à incendie ordinaires ; mais aussi , comme pour ces dernières , ces résultats seront les conséquences nécessaires d’une dépense très notable de puissance motrice.

Nous avons dit que ces macbines , pour être susceptibles de fonctionner, demandent à être placées aux environs de 32 pieds, mais jamais au-dessus de cette limite. Un mécanisme très simple peut être mis en usage pour les puits plus profonds. Nous l’avons dessiné Jig. 5g ; la boîte de pompe est fixée en C à une hauteur supposée de 26 pieds depuis le niveau de l’eau. R R^ est une tringle qui porte une fente en A , et cette fente est destinée à fournir librement un passage à coulisse au point d’appui A fixé à la maçonnerie intérieure du puits. P R' est une double manivelle à laquelle s’applique la puissance ; elle peut tourner librement sur le support S, et d’autre part au bout de la tringle en R'. L’extrémité inférieure de cette même triugle est également fabriquée de manière à s’adapter à la manivelle coudée de la pompe circulaire , qui tourne aussi avec liberté au point R.

Il résulte de cette installation qu’en agissant clrculaîrement sur le point P de la manivelle, le même mourvement se reproduira en bas au point R.

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