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ALTÉRATIONS DU LAIT

que le lait agité avec de Téther reste opaque (Féther ne dissout pas le globule graisseux protégé par sa couche de substance albuminoïde périphérique), tandis qu'il devient clair) (la graisse est dissoute par réther) dans les mêmes circonstances, si Ton a préalablement ajouté quelques gouttes de solution de potasse (la potasse ayant dissous Tenveloppe albuminoïde). A cette manière de voir, Gh. Robin répond qu'il est facile, en comprimant une goutte de lait entre deux plaques, de déterminer la formation de cylindres constitués par l'agglomération des globules butyreux, et d'autre part que la caséine contenue à l'état liquide et diffus dans le lait a la propriété de maintenir à l'état d'émulsion aussi bien le beurre dissous dans Téther que le beurre à son état naturel; la solution de potasse agirait simplement en détruisant ce pouvoir émulsif. Ajoutons, avec de Sinéty (Recherches swr les globules du lait^ archiv. de physiologie, 1874), que si, sur un échantillon de lait bien frais, on fait agir une solution aqueuse de rouge d'aniline, on voit se colorer quelques rares corpuscules de colostrum et quelques globules blancs, pareils à ceux du sang ; mais les globules du lait restent tout à fait incolores, ce qui ne serait pas s'il y avait une membrane albuminoïde.

Le lait peut être altéré par la présence du colostrum, par l'addition de globules de pus, reconnaissablés à l'examen microscopique (la potasse les dissout et laisse intacts les globules de lait), par son mélange avec des globules sanguins, etc. Le lait des nourrices réglées paraît renfermer un assez grand nombre de corpuscules granuleux ; enfin, le lait des

syphilitiques ne présente aucune altération caraxîtéristique *.

Diverses colorations anormales ont été observées dans le lait. Le plus souvent, la couleur est blette. sous forme de taches d'un bleu foncé ou violacé, à contours diffus, se réunissant bientôt les unes aux autres. Cette coloration bleue serait due (Fuchs) à un vibrion particulier [vibrio cyanogenus), tandis que Robin croit, au contraire, qu'elle se produit sous rinfluence du développement d'algues du genre Le]^ tomitus. Le lait est parfois noir ; d'après Fuchs, cette teinte serait due à la présence du mbrio xantogenus. Ce que l'on peut affirmer, c'est que le lait qui a séjourné quelque temps au contact de l'air, le lait altéré dans diverses maladies, les masses de caséum rendues par les enfants nouveau-nés, renferment des myriades d'infusoires vibrions ou des spores d'algues difficiles à déterminer. Disons enfin que certains médicaments ou poisons, tels que l'antimoine, l'arsenic, le bismuth, le fer, le mercure, le plomb, l'iode passent assez rapidement dans le lait et peuvent être reconnus à l'aide de l'analyse chimique.

1. Voy. art. Lait, par Coulier {Dictionnaire encyclopédique), et Chanlreuil. Thèse d'agrégation, Paris, 1872, p. 54 et suiv.

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