ÉTUDE MICUOSCOPIQCE DU PUS
fréquent d'y rencontrer des cristaux de cliolestérine — Le pus des ahccs pulmonaires entraîne aussi toujours quelques cellules épithéliales du poumon plus ou moins granuleuses, sphéroïdales, etc. Quant au pus de la moelle des os, parfois il renferme des cellules adipeuses entières (fig. 2b), d'autres fois il contient un grand nombre de cellules petites, arrondies, pourvues d'un noyau, que Robin a signalées comme caractéristiques de la moelle des os [médullocelles]. La présence de ces médullocelles pourrait faire croire à un pus très-riche en globules de pus; car, au premier abord, ces deux éléments sont très-faciles à confondre. On les distingue cependant en ce que les leucocytes, à l'étal frais, ne laissent voir un noyau qu'après l'action de l'eau ou de l'acide acétique, tandis que les médullocelles offrent un noyau avant comme après l'action de l'eau ; de plus, alors que le noyau des leucocytes se fragmente par l'action de l'acide acétique, celui des médullocelles demeure intact. (Robin.)
LIQUIDES PURiFORMES. — Des tumeurs qui se ramollissent et que l'on ponctionne, ou qui s'ulcèrent et se vident en partie à l'extérieur, fournissent un liquide dont l'aspect plus ou moins blanchâtre et crémeux peut rappeler celui du pus. Nous avons déjà vu que les altérations des surfaces épithéliales
Fig. 25. — Doux cellules adipeuses de la moelle du fémur de l'iiommo.
a, Moyau ; b, membrane de la cellule; c.
graisse. Gross., 330.
(K.œlliker.)
LIQUIDES l'LIRlFOHMES. 11"
et épidermiques peuvent donner lieu à des produits semblables.
Le microscope servira à distinguer ces produits d'avec le pus proprement dit, en faisant voir que leur consistance et leur aspect est dû moins à la présence des globules blancs (car on en trouve presque partout) qu'à celle de détritus divers et de molécules graisseuses provenant de la fonte des éléments normaux et pathologiques. En effet, le mode par lequel s'accomplit le ramollissement des néoplasmes est presque toujours la dégénérescence graisseuse. Or nous avons eu et nous aurons trop d'occasions d'étudier les molécules graisseuses, les cristaux de corps gras et les lamelles de cholestérine, pour que nous nous y arrêtions ici.
Du reste, le ramollissement peut se faire par les divers modes de dégénérescence que l'on observe dans les épilliéliums (voy. pages 206 et 207), et nous renvoyons à l'étude de ces produits pour les procédés à suivre afin de caractériser la substance muqueuse, colloïde ou pigmentaire ainsi produite.
On voit donc que ces liquides puriformes n'ont rien de caractéristique.Les tumeurs sont caractérisées par la nature et par la disposition de leurs éléments anatomiques; or, par l'examen des liquides puriformes, il est à peine besoin de le dire, on ne peut acquérir aucune notion sur la disposition de ces éléments. Quant à leur nature, ils ont d'ordinaire subi une dégénérescence trop complète pour qu'il soit possible de rien préciser par un examen de ce geni^e. Nous verrons plus loin (p. 188) que l'on peut arriver, en raclant certaines tumeurs, ou en pratiquant sur des pièces fraîches un examen hislologique rapide,
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à acquérir quelques notions qui mettent sur la voie du diagnostic, mais qui ne permettent pas de reconnaître la nature d'une tumeur. Nous renvoyons donc à rétude des produits que Ton recueille dans les couches profondes de la peau, l'exposé de ces quelques résultats fournis par l'examen histologique des différents liquides puriforraes (p. 189 et 190).