POILS
foUiîts, remplit un canal situé dans l'axo du poil ; tantôt elle le remplit complètement, tantôt elle forme des traînées incomplètes, entre lesquelles se trouvent des espaces vides plus ou moins régulièrement disposés. Elle est composée de cellules analogues comme structure à celles de la substance corticale, mais qui en diffèrent quant à leur forme rectangulaire ou quadrangulaire, plus rarement arrondie et fusiformc. Quand cette substance médullaire est irrégulièrement répartie dans le canal, elle présente à l'examen microscopique un aspect assez analogue à celui que nous pouvons constater à l'œil nu dans la substance médullaire qui remplit le tube corné des grosses plumes d'oiseaux.
Pour isoler les cellules épidermiques cornées qui constituent les divers éléments des poils, on se sert de la potasse (à 40 pour 100) à chaud ou à froid. Dans ce dernier cas, il faut plusieurs jours de macération. On réussit beaucoup plus vite en chauffant le poil placé dans une goutte d'acide sulfurique ordinaire, et recouvert de la lamelle. Les mêmes procédés sont applicables à l'isolement des cellules de l'ongle.
Les poils sont beaucoup plus abondamment distribués à la surface du corps qu'on ne pourrait le croire au premier abord : sur la peau des aines et du lobe du nez, ils sont presque aussi rapprochés que ceux qui végètent au-devant des lèvres et du menton. Le pavillon de l'oreille, dont la peau est si mince et si douce au toucher, présente, lorsqu'on l'examine à la loupe, une véritable forêt de poils. 11 en est de même de la peau plus mince et plus transparente encore qui recouvre les paupières (Sappey) ; seulement, ce sont là des poils rudimentaires, des poils de duvet.
Le médecin légiste peut avoir parfois à reconnaître des cheveux, à en indiquer la provenance, à les distinguer des poils d'animaux. Cette distinction est établie par les caractères suivants ' : « 1° la forme cylindrique dans les cheveux, conique dans les poils; les poils de cochon se rapprochent de la forme cylindrique, mais sont plus roides et rameux au
1. G. lourdes, art. Blessures, Dictionnaire encyclopédique, t. IX ■18G8, p. 788.
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sommet; los crins sont cylindriques, mais plus volumineux ; :2' les dimensions : cheveux plus longs que les poils ; en général poils plus gros (0'",06 pour les premiers, 0'",02 à O^jOS pour les seconds); 3» section à la pointe, abrupte sur les cheveux coupés, effilée sur les animaux non tondus ; {° la transparence centrale ; canal continu pour les cheveux, opacité pour les poils ; ceux de la chèvre et du blaireau ont une transparence partielle ; le chien et le loup ont aussi des poils transparents au centre. La distinction des cheveux d'homme, de femme et d'onfant est basée sur leur longueur et leur diamètre, qui est notablement plus faible dans le premier âge. Des observations comparatives seront toujours faites et serviront à établir l'identité du cheveu, s
Ongles. — Les ongles peuvent être regardés comme une production identique à la substance corticale des poils : l'ongle est un poil sans substance médullaire, étalé en lamelle au lieu d'être enroulé en cylindre. Lorsque les ongles commencent à se former, c'est-à-dire au troisième mois de la vie intra-utérine, au niveau de ce qui constituera plus lard la matrice de l'ongle, les cellules épidermiques intermédiaires entre la couche cornée et la couche de Malpighi se disposent en lames aplaties, et s'unissent intimement entre elles, tout en conservant leur noyau ; vers le sixième mois ce corps de l'ongle,' se dirigeant en avant, devient libre par sa face supérieure, et enfin, glissant sur la couche de Malpighi jusqu'à l'extrémité des doigts, présente un bord libre et saillant. Dès lors, l'ongle continue à s'accroître en longueur par sa racine, c'est-à-dire par la partie primitivement formée et incluse dans la matrice unguéale, et en épaisseur par la couche de Malpighi sur laquelle elle glisse, et qui ajoute sans cesse de nouvelles couches à sa face inférieure. On peut donc regarder cette couche de Malpighi comme faisant partie de l'ongle, de sorte que nous trouvons dans cet organe (moms la partie libre), deux couches bien distinctes, la couche cornée et la couche de Malpighi.
La couche cornée de l'ongle (fig. 30) se compose d écadles cornées unies les unes aux autres en lamelles tres-serrees, et parsemées de noyaux très-rapprochés les uns des autres ; l'action do la potasse fait reconnaître dans ces écailles dos
ONGl.ES. '-'^
cellules épidermiques (lui ont consci\é leur noyau, mais qui ont subi en totalité la transformation cornée.
La coîcche muqueuse de l'ongle ( fig. 30, B ; e, d) se compose de cellules identiques à celles do la couche de Mal-
Pi„ 30. — Scclion transversale à lra\ers le corps rie l'ongle, grossie 350 fois. — A, Derme du lit de l'ongle; li, couclie muqueuse de l onglc; C, sa couche cornôc ou substance do l'ongle proprement dit. {Rœlliker.)
pighi, mais beaucoup plus nombreuses, c'est-à-dire qu'au lieu d'une seule couche (rf) nous trouvons ici cinq et six couches (e, d) de cellules cylindriques, et ce ne sont que les éléments tout à fait contigus à la couche cornée qui all'ectent la forme arrondie ou polyédriipie. Ces dernières cellules s'ajoutent à la t'iice iiilérieiire de la couche cornée, h mesure
ANATOMlIv DE LA PEAU.
que celle-ci croit d'avant on arrière, de sorte que l'ongle est d'autant plus épais qu'il est plus ancien.
Cette couche de Malpighi repose sur un derme (lit de l'ongle) identique au derme des autres régions (fig. 30, A) ; SCS papilles sont disposées en crêtes antéro-postérieures, très-riches en vaisseaux sanguins, surtout dans la partie
iMg. 31. — Doux glanJes sébacées : l'une 1, plus grande, de la lame interne du prépuce; l'autre 2, plus petite, du gland du pénis; a, Épithélium glandulaire se continuant en 6 avec la couche de Malpighi de la peau; c, contenu de la glande avec quelques grosses gouttelettes de graisse. Gross.. 50. (Kœilikcr.)
antérieure du lit de l'ongle, mais presque absolument dépourvues d'éléments nerveux. (Sappey.)
La couche cornée et la couche muqueuse de l'ongle peuvent être mécaniquement séparées l'une de l'autre. Le chirurgien qui procède à l'arrachement de l'ongle n'enlève que son plan superficiel, le plan profond reste on place. (Sappey.)
Glandes de la peau, — Les glandes de la peau sont de deux ordres : les glandes sébacées et les glandes sudoripares.
Les glandes sébacées sont d'ordin;.iio annexées aux folli-
GLANDES SUDORIl^ARES.
cilles pileux, vers l'extrémité desquels elles viennent s'ouvrir par un canal excréteur analogue au goulot d'une bouteille (fig. 31). Cependant quelques-unes ont une existence indépendante et s'ouvrent isolément à la surface de la peau -par un large orifice qui donne parfois passage à un poil de petite dimension, de sorte q,ue l'on peut, avec Sappey, diviser les glandes sébacées en trois classes : celles qui s'abouclient dans la cavité d'un follicule pileux (les plus nombreuses, par exemple celles du cuir chevelu); celles qui s'ouvrent directement à la surface de la peau, et qui donnent' passage à un poil rudimentaire (front, aile du nez, et . face en général) ; enfin, celles qui ne sont en connexion avec aucun poil (surface interne du prépuce chez l'homme ; mamelon et vestibule du vagin chez la femme). Le corps même de la glande est représenté par une vésicule simple, ou plus ou moins ramifiée. Leur intérieur est tapissé par une couche d'ordinaire simple, de cellules analogues à celles de la couche de Malpighi, mais moins allongées, presque sphériques ou polyédriques, et . présentant des granulations graisseuses. Toutes les autres cellules situées au-dessus de celles-ci, au lieu de présenter, comme sur les surfaces libres delà peau, la transformation cornée, subissent une dégénérescence graisseuse très-prononcée, de sorte que là où les cavités piriformes de la glande sont entièrement remplies de cellules volumineuses pleines de gouttelettes distinctes de graisse, quelques-unes de ces cellules éclatent et laissent échapper une matière huileuse jaune ou blanc jaunâtre qui, mêlée aux cellules intactes et aux débris de membranes cellulaires, constitue le produit sébacé. (Voy. p. l3o.)
Les glandes sudoj'ipares sont formées par une glande en tube plongeant profondément dans l'épaisseur de la peau et qui, arrivée au niveau du tissu cellulaire sous-cutané, se pelotonne sur elle-même de façon à constituer un glomérule. Ces glandes se composent donc : d'un glomérule, de dimensions variables selon les régions, très-gros (1 et 2 et même 3 millimètres de diamètre) dans le creux axillaire, irès-petit (0'""',2 à 0'"'",4), dans la peau du pénis, des paupières, du pavillon de l'oreille ; et d'un canal excréteur qui iruverse directement le derme et la couche de Malpighi, puis
ANATOMIli Dli LA l'KAL'.
se lait jour à travers la couche cornée de l'épiderniG eu affec, tant une disposition spiroïdo (fig. 32). iJans leur passai^e à travers l'épiderme, ces canaux ne présentent pas (le paroi propre, et sont simplement constitués par un trajet lacunaire, limité par des cellules épidermiques placées verticalement,
Fig. 32. — Canaux des glandes sudoi-ipares, grossis o50 Ijis. — A, Canal à parois minces, non musculaires, avec une cavilé ceiiir'ale, pris sur la main ; ft, enveloppe de lissu conjonclif; b, épithClium ; c, lumière du canal. - B, Porlion de canal dépourvu de cavité, avec des parois musculaires, prise sur le scrotum; a, tissu conjonclif; h couche de muscles; c, cellules remplissant le canal glandulaire et présentant des granulations jaunes dans leur contenu FKœllikcr.)
c'est-à-dire ayant leur grand exe parallèle à celui du canal. Dans tout le reste de leur étendue, les canaux sudonpares sont constitués par une tunique externe de tissu conjonclif renfermant parfois des fibres musculaires lisses, a direction longitudinale fSappey, glandes de l'aisselle), et par une tumque interne épitliéliale, formée d'une ou plusieurs couches de cdlulcs identiiiues aux cellules profondes do lepidorme.