‹ Manuel du microsope dans ses applications au diagnostic et à la clinique [electronic resource]Chapitre 5 sur 133 · I.NTKOUUCTION l'liATiUUK · texte numérisé non relu

I.NTKOUUCTION l'liATiUUK

qui onl besoin, pour devenir bien visibles, d'être mis en contact avec une substance colorante dissoute, dont ils s'imbibent rapidement et dont ils concentrent pour ainsi dire la couleur dans leurs molécules. Ici la teinture ammoniacale de carmin est de peu d'usage : peu concentrée, elle n'agit, en efFel, que grâce à une macération de douze à vingt-quatre heures, ce qui la rend peu pratique ; très-concentrée, elle produit des effets qui dépassent généralement le but que l'on voulait atteindre. On pourra employer de préférence une légère solution d'acide chromique, ou mieux encore une solution concentrée d'acide picrique. L'acide picrique se trouve dans le commerce en petites lames cristallines d'un jaune serin franc. La solution saturée se prépare à chaud, et le liquide refroidi constitue un excellent réactif pour colorer les éléments trop transparents. Il est tres-précieux pour faire apparaître les cellules épilhéliales qui flottent dans les divei's liquides de l'économie : il altère à peine ces éléments, mais les rend très-visibles, en dessinant leur noyau et leurs contours.

En combinant l'acide picrique et le carmin, on obtient une solulion colorée encore plus utile. 'picro-cartiiinalc (l'mnrnoniaque (Ranvicrj s'obtient en ajoutant la solution ammoniacale de carmin à la solution d'acide picrique jusqu'à ce que la liqueur prenne la teinte ju.s de groseille. Celle solulion a l'avantage de ne pas colorer également toutes les espèces d'éléments d'une préparation : sans qu'on puisse encore fixer de règles précises, on remarque que, selon leur nalure. les éléments histologiquos s'imprègnent les uns de la couleur jaune de racidt'

INSTRUMliNTATION. —

KliACTIFS.

picrique, les autres de la couleur rouge du carmin.

La solution de fuchsme ou rose d'aniline (ou sulfate et acétate de rosaniline) est aussi un réactif excellent pour colorer en quelques instants une préparation : elle offre de plus cet avantage que, comme les réactifs'dont nous parlerons en quatrième lieu, elle agit d'une manière caractéristique sur certains éléments, sur les fi.l)res élastiqties par exemple ; en effet, si Ton dépose sur une préparation une goutte de solution d'aniline, tous les éléments se colorent, mais si on lave ensuite la préparation avec l'eau acidulée (acide acétique), la couleur disparaît et ne reste fixée que sur les fibres élastiques cette réaction, peu connue, est très-fidèle, et peut être d'un grand secours, car on sait combien il est important de reconnaître et de caractériser les fibres élastiques dans certains crachats.

On trouve les sels de rosaniline (fuchsine) dans le commerce sous forme de cristaux d'un vert métallique. Ils .se dissolvent dans l'eau ou l'alcool ; la solution aqueuse est préférable ; elle est d'un beau rouge-rose foncé.

RÉACTIFS ISOLANTS. — Nous donnerons ce nom aux réactifs qui produisent plus de transparence dans une préparation, et permettent d'apercevoir des éléments qui demeuraient peu visibles au milieu des autres; nous trouverons des réactifs isolants qui font presque complètement disparaître certains éléments, de façon à mettre entièrement au jour certains autres qui y sont mêlés en moins grande quantité.

Le réactif lo plus général de ce genre est la r/lycé-

INTKODUCTION IMiATlQUÊ.

Hiie: ce liquide rend plus Iransparenls presque tous les cléments hisLologiques; il n'a guère d'action spéciale sur tel élément plutôt que sur tel autre ; on l'emploiera donc comme liquide diluant toutes les ibis que des raisons particulières ne rendront pas nécessaire l'usage des réactifs neutres. La glycérine est très-utile pour l'étude des poils, qu'elle éclaircit de façon à permettre de rechercher les parasites végétaux qui infiltrent parfois leur racine et jusque leur canal médullaire ; mêlée à partie égale d'acide acétique, la glycérine constitue un réactif que Ch. Robin recommande tout spécialement pour l'étude de tous les parasites, et spécialement pour les acariens.

Les solutions de soude et de potasse sont employées dans les mêmes circonstances pour les poils et les productions épidermiques, dont elles dissocient les éléments : « Il n'y a que la fibre élastique et les cellules cornées qui résistent à l'action de ces agents énergiques. Aussi ne les emploie-l-on que dans les recherches cxpédilives et .surtout dans le cas où l'on veut constater la présence de fibres élastiques dans les crachats d'un malade supposé atteint de phthisie pulmonaire et eu voie de ramollissement. » (Ch. Morel.)

Il en est de même de Vaimiomaque.

'L'acide acétique jouit des mêmes propriétés ; mais il est de plus employé, à l'état très-dilué, pour hâter l'imbibition et le gonflement des élémenis desséchés ; il gonfle et fait disparaître les libres conneotives en respectant les fibres élastiques : si Ton neutralise la préparation avec quelques goulles d"alcali. on voil do nouveau apparaître les fibrilles du lissa

l;\STUUi\iENTATION. — RÉACTIFS. 2o

counectif. — L'acide acélique est i^récieux pour faire apparaître les noyaux des éléments cellulaires. — A ce point de vue, Vecm elle-même constitue un réactif: ainsi dans l'étude des globules blancs du sang et des globules de pus, on fait d'abord agir l'eau pour amener l'apparition des noyaux précédemment peu visibles; puis on les rend encore plus apparents par l'eau acidulée d'acide acétique. — La manière différente dont Vecm imbibe divers éléments en fait dans certains cas un réactif précieux pour distinguer des produits en apparence identiques. ^ Nous devons accorder encore une mention à l'acide chromique employé comme isolant. Getagent, qui, en solution de J sur 100 ou sur 200, constitue le plus précieux des liquides durcis.sants, se présente alors sous la forme d'une solution jaune tirant légèrement au rouge. Mais en solution de 1 pour o.OOO d'eau, il est très-utile pour préparer la dissociation des éléments d'un tissu, d'une tumeur, par exemple au bout de 24 à 48 heures de macération dans ce liqmde, il est facile d'isoler avec des aio-uii- Jes et d'observer à l'état intact toutes les formes cellulaires qui sont mêlées aux fibres d'un tissu II n est pas nécessaire de préparer ces solutions exactement dosées: il suffit, pour avoir un bon liquide isolant, de laire la solution d'acide chromique assez aible pour que, au lieu d'une couleur jaune tirant egerement au rouge, elle présente une teinte jaune laible tirant presque au vert.

RÉACTIFS PROPREMENT DITS. - Ges réaclifs sont e plus nombreux; nous ne pouvons indiquer ici qur les principaux, car. ]KH,r êi,v rouq^lel. il nous laudra.t passer en revue lous h. .,eL empl yê

20 in-|iu)I)U<:ti().n piiAïiyui:;.

dans les réacLions microcliimiqucs; quclques-un.s seulement de ces réacLils trouvent leur application • dans les recherches cliniques, et ils seront indiqués plus spécialement à propos de chacune des recherches auxquelles ils se ra,pportent. Nous nous bornerons donc ici à quelques indications générales.

Ces réactifs sont souvent employés pour caractériser des éléments anatomiques figurés, ou des substances organiques que leur aspect seul tendrait à faire confondre. C'est ainsi qu'en présence d'organismes très-inférieurs, comme les bactéries et les bactéridies, on se trouve souvent embarrassé pour décider si ces éléments appartiennent au règne végétal ou au règne animal. On a recours en général à la solution de potasse ou de soude, pour trancher cette question : ce qui n'y. résiste pas appartient au règne animal. — Vacide acétique nous permettra d'autre part de distinguer la fibrine de la mucosine. La solution aqueuse d'iode nous révélera une forme particulière de dégénérescence, l'infiltration amyloïde, en même temps qu'elle nous permettra de constater les corps amyloïdes du cerveau, et de caractériser nellemcnt les grains d amidon provenant' du règne végétal.

Enfiu, à un point de vue plus général encore, nous aurons dans le chloro forme et dans Iclhcr des réactifs qui nous permettront de reconnaître le^ matières grasses qu'ils dissolvent. Avec les ocuk^ acétique, nitrique, chlorhjdrique, elc, nous reconnaîtrons les carliouiiles dans un grand nombre de pc lits calculs (calculs salivaires, etc.). par le vif dégagement de IniUes gazeuses (CO^) auxquels ils don n(M'(ml lieu. — L'emploi des autres réactifs, qu

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