‹ Manuel du microsope dans ses applications au diagnostic et à la clinique [electronic resource]Chapitre 67 sur 133 · ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE

La muqueuse de toute la partie sous-diaphragmatique du tube digestif est tapissée par u.i épithélmm cylindrique, depuis le cardia jusqu'à l'orifice anal. Ces cellules ne forment qu'une seule et simple couche qui repose immédiatement sur

\. Mémoires de la Soc. de lioloaie et Journal de physiologie, 1

M l 'Q 1 1 R (J S !■ G A STI tO- 1 N T i;ST I \ A I . I'.

lu cliorioii do la muquouso ; copciidaiil on poul apercovoir, au point d'implaiilntion dos collulos cylindiiquos, des élémeiils plus petits, do l'urmo plus ou moins polyédrique, destinés sans

doute à reproduire les cellules cylindiiquos lorsque celles-ci sont détncliécs de la muqueuse. Cette cliulo des cellules prismatiques est très-fré(|uento : d'après certaine théorie de l'absorption (Kiiss), elle constituerait même un phénomène physiologique auquel est soumise à chaque digestion toute la muqueuse de l'intestin grêle :

il est donc très-important d'étudier l'aspect de ces cellules détachées, leur forme normale, et les modifications qu'elles subissent par suite de l'imbibition, do la macération et sous l'inlluence do certains réactifs.

Les cellules cylindriques sont des éléments de 22 à :26 de long sur 6 à 9 [jl de large : elles sont à S ou 6 pans, de sorte que, vues d'en haut, c'est-à-dire par leur extrémité libre, elles représentent, par leur juxtaposition, une élégante mosaïque (fig. 63, c) ; l'extrémité par laquelle elles adhèrent au tissu sous-jacenl est plus ou moins effilée. Ces cellules adhèrent très-fortement entre elles, de sorte qu'elles se détachent d'ordinaire par petits lambeaux, plus rarement en éléments isolés. Elles sont formées d'un protoplasma granuleux, contenant beaucoup de mucine, comme le montre l'action de l'acide acetique, et un noyau clair, vésiculaire, ovalairo. Le tout est renfermé dans une enveloppe qui, au niveau de la partie libre de la cellule, s'épaissit en un bourrelet, dit bourrelet de la base ; pai- la juxtaposition dos cellules, les bourrelets voisins forment

Fig. 63. — Collulos épithcliales dos villosilés, gross.

350. (Ivœllikor.) — a, dont la mcnibrano est gonlloc ; b, dont la niembrano gonfléo est tombée ; c, quelques cellules vues d'en haut.

ANATOMIE

rommc une couclie particuUôvo, une culicule au-dessus do l'épithéliuni cylindrique (lli^. (il). Ce Iwurrelot do In l)asc paniit

Fiy. Cl. — Cellules épiUiéliales de l'iiitcstin gi'èlo, oncoi-o ailliOi'oiites les unes avec les autres (gi'oss. 300 (1.). — a, inonibrano gonlliSo par l'eau. (Kœllikcr.)

finement strié, ot on effet les recherches sur les animaux inférieurs (insectes) permettent facilement de constater qu'il est

FifT. 65. — A, Cellules iSpithéliales do l'intestin, traitées par l'oau (n, plateau épais et strié; 6, goutte transparente du contenu, sortie sous l'influence do l'oau) ; B, cellules isolées; C, cellules semblables, à paroi supérieure soulevée par l'action de l'oau ; D, les mémos après l'aclion prolongée do l'eau.

percé de fins canalicules. L'eau imbibe rapidement ces cellules et produit d'abord une sorte de hernie do la matière muqueuse

M LIQ U E U s lî G A ST KO - 1 N r l':ST I N A LE .

(lig. Bî), A); si l'action rio l'eau continue, le plateau ijoul être soulevé, le contenu de la cellule refoulé vers la pointe, de sorte que la cellule cylindrique se présente fortement renflée (fi;,'. (55, C); cet aspect peut encore s'exagérer (comme en IJ). Le plateau lui-môme, sous l'action de l'eau et de la macération, se gonfle: si l'on ajoute de l'acide acétique, il paraît se dédoubler en une multitude de bâtonnets juxtaposés (comme en B, (ig. GS), de sorte que l'on croit avoir sous les yeux une cellule à cils vibratiles : enfin le plateau peut se détacher en restant soudé aux plateaux de cellules voisines, de façon à représenter un lambeau de cuticule libre. Malgré la chute du plateau, la cellule prismatique ne reste pas ouverte au niveau de la base, ce qui prouve qu'en ce point la membrane d'enveloppe est double, ou mieux, que le plateau est une couche surajoutée à la membrane générale en un point particulier ; mais la cellule prend alors des formes particulières sous l'influence de l'imbibition : la figure 63, D, donne une idée de ces cellules renflées et hydropiques à une extrémité, avec noyaux et protoplasma refoulés. Ces cellules ainsi modifiées ont été prises souvent pour des éléments normaux particuliers ; contentons-nous d'indiquer que c'est là probablement ce que Gruby et Delafond ont décrit sous le nom à'épithélium capitatum, ce que plusieurs auteurs appellent cellules de Letzerich, du nom d'un histologiste qui a insisté sur leur description. Nous devons cependant ajouter que cette question est encore réservée jusqu'à un certain point, et que quelques micrographes admettent, en efi'et, au milieu des cellules cylindriques, des cellules particulières, à formes renflées, qu'ils regarderaient volontiers comme des glandes unicellulaires (Kœlliker, Ranvier) '.

1. Ces cellules (dites ciipnUformes) seraient alors des organes normaux, des glandes unicellulaires chargées de produire le mucus. On en a décrit de semblables sur un grand nombre de membranes mii- (|ueuses et récemment encore sur la conjonclive elle-même. Ajoutons cependant que, d'après des travaux plus récents, les cellules cuimliformes de la conjonctive ne seraient, elles aussi, que des cellules épithéliales ordinaires qui, sous l'influence d'une innammalion catarrhale, ont subi la dégénérescence muqueuse. (Voy. Rich. Centralblatt, IST'.. n" 47, p. 737.)

ANATOMIE

L'épithélium cylindrique tapisse non-seulement toutes les parties unies de la muqueuse digestive, mais encore ses saillies et SOS dépressions ou glandes : ses saillies sont les villosités. sortes de prolongements digitilbrmes, très-riches en vaisseaux sanguins et lymphatiques, vu leur rôle essentiellement absorbant, et coiffées d'un capuchon complet de cellules prismatiques : parfois le capuchon épithélial d'une villosité peut se détacher en entier et être retrouvé ainsi dans les selles. Les villosités n'existent que dans l'intestin grêle, depuis le pylore jusqu'à la face supérieure de la valvule iléo-cœcale.

Dans la plupart des glandes, l'épithélium de la muqueuse reste cylindrique. Telles sont les glandes de Lieberkuhn, les glandes" dites muco-gastriques de l'estomac, les glandes en tube du gros intestin et la glande biliaire elle-même : en effet, ce n'est que vers les extrémités terminales, encore mal connues, des canaux biliaires, que l'épithélium change de nature; partout ailleurs, dans la vésicule, dans le canal cholédoque, dans les canaux hépatiques, l'épithélium des voies biliaires est cylindrique comme celui de l'Intestin. Dans les autres glandes, l'épithélium, cylindrique dans les canaux excréteurs, se modifie au niveau des culs-de-sac sécréteurs ; ainsi au niveau des glandes pepsiques il se compose de grandes cellules polygonales pâles, finement granulées, à noyau très-distinct, mais sans membrane d'enveloppe bien visible (cellules à pepsine); au niveau des glandes de Brunner et des culs-de-sai- du pancréas, l'épithélium devient semblable à celui des glandes en grappe de la bouche et de l'œsophage. Nous ne parlerons pas des follicules clos isolés ou agminés (plaques de Peyer) de l'intestin ; leur partie fondamentale, les follicules lymphatiques, présentent des éléments analogues à ceux que nous avons étudiés dans les cavités buccales et pharyngiennes (p. 219 et220).

La muqueuse gastro-intestinale donne naissance à des produits spéciaux et k des mucus qui diffèrent peu du mucus que nous avons étudié d'une manière générale.

Dans l'estomac, le mucus est sécrété, comme nous

236 MLIQl'KLSr, C.AsritO-INTKSTI.NAI.i:.

IVivons vu, par des iïlimdos dislincles de celles qui doimeuL naissance au suc gastrique. Ces trlandes ronclionnenl isolément, c'est-à-dire que lamuqueusi; c^astriquc produit, à certains moments, du mucus, et ne produit pas de suc gastrique, ou bien d(jnnc naissance à du suc gastrique et ne produit alors que très-peu de mucus.

Dans l'intestin grêle, le mucus proprement dit se mélange continuellement au produit des glandes de Brunner et de Lieberklihn, de sorte que le suc eniérigue représente, au point de vue microscopique, un mucus plus ou moins dilué.

Dans le gros intestin, la sécrétion muqueuse est très-prononcée et forme à la surface de la muqueuse une couche visqiieuse douée d'une certaine ténacité ; ce mucus est souvent excrété sous la forme de flocons distincts, plus ou moins volumineux. (Voy, Mums en général.)

Les liquides de sécrétion spéciale versés normalement dans le tube intestinal sont : le suc gastrique, le suc pancréatique et la bile.

Le sîic gastrique, s'il n'est pas mêlé à du mucus, est un liquide parfaitement limpide dans lequel on ne trouve aucun élément figuré ; il contient seulement quelques granulations libres et, tout à fait accidentellement, des cellules épithéliales prismatiques de l'estomac.

Le s«c ]}ancréatiqv,e normal ne contient non plus en suspension aucun élément anatomique; sa matière albuminoïde, la pancréatine, n'est pas comparable à la mucosine; du reste, on n'a pas besoin de microscope pour la caractériser, et l'on a une réaction chimique bien plus nette, découverte par

Cl. Bernard, c'est TacLion du chlore qui colore la pancréaline en rouge : la pancréaline est la seule substance organique qui présente cette réaction.

La bile, outre les éléments figurés qu'elle peut renfermer elle-même, jouit de la propriété de colorer vivement tous les éléments anatomiques au contact desquels elle se trouve : les débris de cellules, les fragments d'épithélium concentrent la matière colorante de la bile en s'en imprégnant, de sorte que parfois l'étude microscopique des particules en suspension dans un liquide pourra y faire reconnaître la présence de la bile, ou du moins de sa matière colorante, lorsque l'examen h. l'œil nu y faisait à peine soupçonner sa présence. Enfin, on pourra rendre la coloration encore plus évidente par l'action de l'acide azotique, qui exagérera la couleur verte des éléments imprégnés de bile ; on verra, en continuant l'action du réactif, cette couleur verte virer peu à peu au bleu, au violet et finalement au rouge.

La bile, eu dehors des éléments du mucus qui s'y mêle dans la vésicule biliaire, ne renferme en suspension que des éléments pour ainsi dire accidentels, et qui n'ont rien de caractéristique, ou bien des corps qui se forment par la précipitation et la décomposition des principes tenus en dissolution dans la bile toute fraîche. Les premiers éléments sont : des granulations moléculaires, tantôt isolées, parfois réunies en plaques verdàtres (de Blainville, Ch. Robin), des gouttelettes d'huile d'un jaune verdâtre, des cellules d'épithélium prismatique provenant des gros conduits excréteurs du foie et de la vésicule biliaire (mucus."' Parmi les corps qui se forment par la décomposilion de la bile avec la précipitation de

M UU U I-: IJ SlL GASTItO - 1 NÏKSTIN A LE

ses clémenls dissous, les plus imporlanls sont : la taurine, qui se dépose paribis spoulauémenl, ou dont ou détermine la précipitation par l'action des acides et de la chaleur (qui décompose l'acide taurocholique) : la taurine se présente alors sous la forme de prismes rhomboïques à six pans, terminés en pointe; parfois ces formes cristallines sont moins nettés, moins volumineuses, et se groupent en petites masses ou gerbes irrégulières.

Vient ensuite la cholestérine, dont nous avons déjà parlé (voy. Peau, p. 137 et 14b). Mais dans le cours normal de la bile, c'est-à-dire lorsqu'elle est versée dans l'intestin pour jouer dïms la digestion son rôle encore bien mystérieux, ce n'est pas de la cholestérine qui se dépose et que l'on retrouve sous forme de cristaux lamellaires mêlés aux matières fécales : dans l'intestin, la cholestérine, soit par déboublement, soit par fixation d'eau, se transforme en séroline (Boudet), qui se présente d'ordinaire sous la forme de débris blancs nacrés, solubles dans l'éther comme la cholestérine. Entin, quoiqur la matière colorante de la bile normale reste d'ordinaire dissoute, et se dépose rarement et seulement 30US forme de particules amorphes, les nombreux dérivés de cette matière colorante, et particulièrement la bilifulvine ou bilirubine, forment parfoi> des cristaux à peu près identiques, comme aspect el comme composition, à l'hématoïdine (voy. p. 79) : on ne peut du reste encore dire précisément si ces cristaux de bilirubine proviennent de la matière colorante de la bile ou de celle du sang. Dims le cours normal de la bile dans l'intestin, et pendant son mélange avec les produits de la digestion sloma-

VOMISSEMENTS

cale, une partie de la matière colorante .de la bile exerce son action tinctoriale sur les débris alimentaires qui vont former le^ matières fécales; en même temps, une portion de la matière colorante se précipite à Tétat de grains arrondis et ovoïdes jaunes verdâtres, larges de b à 30 millièmes de millimètre (Ch. Robin). C'est surtout dans le méconium du fœtus que l'on peut bien étudier ces grains, remarquables par leur couleur d'un beau vert à la lumière transmise empruntée à des nuages blancs; vus à lumière jaune orange de la lampe, ils prennent une teinte violacée ou grise à reflets violets qui est moins caractéristique (Ch. Robin) ; on peut, par l'acide azotique, produire sous le microscope dans ces grains de biliverdine les réactions colorées bien connues et caractéristiques de la matière colorante biliaire (réaction de Gmelin).

Vomissements

Le vomissement, évacuation brusque, convulsive, de matières solides ou liquides parvenues naturellement ou accidentellement introduites dans l'estomac et rejetées par la bouche, ne fournit en général, lorsqu'il est considéré isolément, que des données séméiologiques assez peu précises. Ni son abondance, ni sa fréquence, ni même la nature des matières qui le composent, ne prouvent son origine. Il importe cependant d'examiner avec soin les matières rejetées par le vomissement. Ajouté à d'autres signes, celui-ci, en effet, peut préciser le diagnostic. Il en est des vomissements comme des crachats, des matières fécales, de l'urine. Alors que, dans une

2i0 MUQUlilISK OASTHO-INTESTINALK,

maladie où les iiiducLions diagnoslitiuos abondeiil, Tclude des produits excrétés i^euL i^araître inutile, il arrive trop fréquemment que dans des cas plus complexes, plus difficiles, cette étude, toujours délicate, suffirait, si elle était faite consciencieusement, pour éclairer le médecin. Dans les vomissements dus à des intoxications, dans ceux que déterminent le cancer de l'estomac, l'alcoolisme, etc., l'examen des produits rejetés par la bouche met assez fréquemment sur la voie du diagnostic. I^es matières vomies peuvent contenir :

1°) Les produits de sécrétion de la muqueuse stomacale, produits qui se mélangent h de la salive, presque toujours sécrétée en abondance.

2°) Des matières alimentaires ayant subi un commencement de digestion ou à peine modifiées sous l'influence des sucs nutritifs.

?,°] Des produits accidentellement déversés dans le ventricule stomacal et rejetés par le vomissement (bile, calculs biliaires, etc., matières slercorales plus ou moins liquides).

Du sang et du pus.

b») Des lambeaux pseudo-membraneux.

6«) Des animaux ou végétaux parasites, des corps étrangers, des sels métalliques, etc.

I. Les vomissements glaireux, piluiteux (gastralgie, cancer de l'estomac au début, alcoolisme, hystérie, vomissements du début de la grossesse, elc.\ sont presque exclusivement composés de mucus stomacal et de salive. Ce mucus stomacal est filant, alcalin, gris jaunâtre, renfermant quelques Qocous pseudo-membraneux ou quelques débris de matières alimentaires. La salive picsquc pure, secrclee eu

VOMISSEMENTS

quanlité d'autant plus abondante qu'il y a en même temps irritation stomacale, est accumulée, dans l'estomac, après des mouvements i\^pétés de déglutition, puis rejetée au dehors (pyrosis). Les vomissements salivaires proprement dits sont trèspauvres en éléments figurés. Le microscope ne peut y reconnaître que quelques rares leucocytes mélangés à des cellules épitliéliales pavimenteuses (provenant de la bouche), et à quelques cellules globuleuses, infiltrées de granulations et présentant un large noyau périphérique. Ces cellules paraissent provenir des canalicules des glandes salivaires. Le mucus, traité par l'acide acétique, présente assez difficilement l'aspect strié qui le caractérise : cet aspect se reconnaît aisément toutefois dans les masses glaireuses, parfois assez cohérentes qui nagent au milieu du liquide vomi. Dans les vomissements pituiteux du début de la grossesse, on trouve un assez grand nombre de cellules épitliéliales, parfois accolées les unes aux autres, des leucocytes granuleux, un assez grand nombre de gouttelettes de graisse, enfin des débris alimentaires.

Les vomissements cholériques contiennent, au milieu d'un liquide très-séreux, fluide, à réaction alcaline, très-rarement coagulable par la chaleur ou les acides, des granules riziformes et quelques flocons de mucus. Les grains riziformes contiennent quelques leucocytes agglutinés par le mucus et un assez petit nombre de cellules épitliéliales déformées, granuleuses, infiltrées de graisse. Des cellules analogues, qui parai.ssent provenir de l'épithélium de la muqueuse stomacale altéré comme dans l'intestin et en voie de dégénération granulo-graisseusc,

-242 MUQUEUSE GASTRO-INTESTINALK.

nagent dans le sérum ambiant, où Ton remarque aussi un grand nombre de granulations, les unes prolciques, les autres graisseuses, et des parasites que nous signalerons plus loin.

II Mélangées en proportions assez faibles aux vomissements que nous venons de décrire, les matières alimentaires peuvent constituer, d'autres lois, la presque totalité des matières vomies. Il est souvent difficile de reconnaître, dans ces cas, les éléments iigurésqui entrent dans la composition des matières évacuées. Pour y parvenir, il taudra diluer les produits rejetés par le vomissement, puis laisser la masse ainsi étendue d'eau reposer dans un vase; en enlevant, à l'aide d'une pipette, les diverses couches du liquide, on obtiendra une sene de préparations qui pourront être facilement étudiées. Les Vomissements alimentaires devront cependant être examinés, surtout au point des vue de 1 état des matières kimentaires qu'ils renferment. Parfois, en effet, les matières vomies sont rejetees presque immédiatement après avoir été introduites dan. l'estomac: elles seront alors à peu près mtacle.. et l'on s'en assurera aisément par l'examen microscopique. D'autres fois, la masse pulpeuse, rougeàtre, Se. rejetée par le vomissement, ne contiendra ciue des fibres désagrégées, ayant f^^^^^^ tement perdu leur aspect strie, des granulation, nd cula'res en grand nombre, des masses graisseuses plus ou moins divisées, etc. Il sera nece..aiie mr ois de rechercher quelles sont les substances Tu ont été digérées, quelles sont celles cpu son rendues presque immédiatement ^^n. a^ o e e attaquées par 1. suc g.stnqup. Tnns lo. Aomi.

VOMISSEMENTS

ments qui surviennent dans les premiers temps de la grossesse, dans les vomissements des hystériques, etc., il peut n'exister que de la salive et du mucus gastrique; d'autres fois, tandis que certains éléments passent sans provoquer aucun malaise, d'autres sont tout à fait rèfractaires à la digestion et peuvent toujours être reconnus dans les vomissements soit à l'œil nu, soit au microscope. Mélangé à ces aliments mal digérés, le mucus stomacal et la salive se reconnaissent moins aisément que dans les vomissements glaireux de la pituite; on peut toutefois retrouver, dans le liquide qui surnage ces déjections, quelques cellules d'épithéliums prismatiques plus ou moins déformées, plus ou moins granuleuses. Enfin, souvent ces vomissements sont mélangés de bile.

III. La bile, dont la coloration et la quantité varient essentiellement dans les vomissements dits Mlimx, colore en vert, en jaune, quelquefois même en brun plus ou moins foncé les masses glaireuses , muqueuses, évacuées par le vomissement. On reconnaît la bile aux changements de coloration qu'elle présente par l'action de l'acide azotique ; ses réactions microscopiques sont beaucoup plus délicates et moins précises. (Voy. p. 238.) Les vomissements bilieux renferment souvent des cristaux de taurine (p. 237) qu'il est parfois assez difficile de reconnaître. On les retrouve cependant dans les parties supérieures du liquide qui a servi à' diluer les matières vomies. Enfin, un examen à l'œil nu ou à la loupe suffit parfois pour reconnaître des calculs biliaires (p. 263). Les matières biliaires, plus ou moins décomposées ou mélangées de matières alimentaires,

ni MUQUEUSK GASTIïO-INTI'STINAUi:.

peuvent répandre une odeur stercorale qui iail supposer Tcxistence d'un élrauf/lement interne. Les vomissements stercoraux proprement dits ne caractérisent pas cette grave airection. On les observe, en effet, dans certains cas d'hystérie, alors que des matières fécales ont été avalées ; on les constate même dans les cas où un obstacle momentané (compression d'une anse intestinale) s'oppose à l'évacuation par le rectum des matières déjà en partie digérées. Les matières fécales déjà presque solides n'existent que très-rarement dans ces vomissements. Mais la présence des résidus alimentaires très-altérés, leur odeur caractéristique, parfois l'existence de cellules prismatiques agglutinées formant par leur agglomération une masse qui simule une coiffe de villosilés intestinales, suffisent pour faire supposer que des matières provenant de l'intestin grêle ont été évacuées par le vomissement.

IV. Le sang, lorsqu'il existe dans les matières vomies, peut être absolument pur et présenter les caractères qui le font aisément reconnaître (p. 32 et suiv.) (hémorrliagies abondantes). Il est souvent coagulé et, dans ce cas, l'examen à l'œil nu suffit pour le distinguer. D'autres fois, il est noirâtre, d'une coloration qui rappelle le marc de café, la suie délayée dans l'eau, etc. Bien que cette coloration s'observe parfois dans l'hémoptysie, elle est le plus souvent caractéristique de l'hématémese. L'examen microscopique, en constatant la présence de globules plus ou moins déformés par un contact prolongé avec les liquides de l'estomac (p. Tb;, eu permettant de reconnaître la fibrine dans les lambeaux pseudo- membraneux éliminés en même

VOMISSEMENTS

temps (p. 43), fera aisément reconnaître le sang ainsi altéré des divers produits de coloration noirâtre. Ce liquide renferme d'ordinaire un grand nombre de granulations amorphes provenant de débris alimenl aires aisés à distinguer des globules sanguins, quelque déformés, quelque dissociés qu'ils puissent être. D'ailleurs, quelque altéré qu'ait été le sang, il présente toujours quelques globules sinon intacts, du moins faciles à reconnaître. Dans le cancer de l'estomac, à ces matières hémaliques noirâtres s'ajoutent souvent des produits pouvant mettre sur la voie du diagnostic. Pour les reconnaître, il faut laisser longtemps séjourner les matières vomies, les délayer dans de l'eau pure, puis décanter et examiner au microscope les flocons qui nagent dans le liquide. Souvent alors il arrivera, dans les cas de cancer, de retrouver au milieu du muco-pus des cellules très-volumineuses, de formes et de dimensions variables : les unes, spliériques, rondes, polygonales; les autres à raquettes, à extrémités effilées ; d'autres fusiformes ; toutes renfermant un ou plusieurs noyaux. Ces éléments, déjà signalés (voy. couches profondes de l'épiderme), peuvent faire supposer l'existence d'une ulcération cancéreuse et permettent de distinguer le cancer stomacal de l'ulcère rond ou de la gastrite chronique avec érosions hémorrhagiformes, qui tous deux peuvent donner naissance à des vomissements noirs.

Le pus, mélangé en abondance à un mucus filant, opaque par places, très-visqueux, peut indiquer l'existence d'un abcès dont le contenu a été avalé. Parfois on rencontre beaucoup de leucocytes dans les vomissements de la gastrite chronique (phleg-

MC) MUQUKUSE GASTRO-INTESTINALK.

monouse); d'autres fois, leur présence indique qu'un abcès, provenant d'organes voisins (foie, rein, rate, tissu cellulaire de l'abdomen) s'est ouvert dans Testomac. Les caractères de ces leucocytes sont ceux que nous avons déjà signalés (p. 104). Dans les vomissements, ils sont mêlés à des globules de sang, à des fragments alimentaires, quelquefois à des débris d'hydatides.

Y. Les lambeaux pseudomembraneux éliminés par les vomissements seront distingués par les caractères que nous avons signalés en étudiant les fausses membranes que l'on rencontre à la surface de la muqueuse buccale Ip. 228).

Des plaques de muguet, des fausses membranes diphtliéritiques, des débris d'iiydatides seront aisément reconnus.

VL Parmi les parasites que Ton rencontre dans les vomissements, il en est un dont rimportance avait été singulièrement exagérée par les observaleui's La sarcine (Merismopedia venlriaoli Ch. Robin), considérée autrefois comme caractéristique des vomissements qui surviennent dans le cancer stomacal, a été rencontrée depuis dans un assez grand nombre de maladies (gastrite chronique, ulcères, cancer de l'estomac, tuberculose, etc.). On la retrouve nonseulement dans les vomissements, mais encore dans

Fig. G6. — Produits de vomissements (d'après L.

Bealc). — a, sai-cino; h, gfaiiis d'amidon ; c, vibrioniens ; (Z, sponiles diverses ; /*, gouttes de graisse.

VOMISSEMENTS

les fèces et même dans certains parenchymes. Cet entophytede la classe des champignons est composé de plaques quadrangulaires plus ou moins aplaties, sous forme de masses cubiques dont chaque face est partagée en 4 saillies par deux lignes transparentes perpendiculaires l'une à l'autre (fig. 66). Ces cellules renferment un noyau jaunâtre. Elles sont accolées les unes aux autres, de manière à constituer des masses composées de 8, 16 ou un plus grand nombre d'éléments.

Outre la sarcine, d'autres parasites végétaux, déjà décrits, tels que Voïdixim dv, muguet (p. 2'i?>),\Q leptothrix buccalis (p. 224), des sporules de confervoïdes du genre torula, quelques sporules encore mal définies que l'on a signalés dans le choléra (p. 273), se rencontrent dans les vomissements.

On y retrouve aussi quelques entozoaires. Bien que la portion supérieure du tube digestif en soit exempte, ceux-ci peuvent accidentellement parvenir dans l'estomac et être évacués par une simple régurgitation (ascarides) ou mélangés aux produits des vomissements (débris d'hydatides, etc.). Nous étudierons les caractères de ces parasites en parlant des matières fécales (p. 27b). Disons seulement ici que toutes les matières des vomissements présentent, au bout de peu de temps, un nombre assez considérable de protozoaires, déjà signalés sous le nom de bactéries. Ces protozoaires ne paraissent pas exister dans le suc gastrique, mais se développer dans les matières en voie de décomposition.

Les corps étrangers que l'on trouve dans les vomissements se reconnaissent presque toujours à l'œil nu. Cependant, dans les cas d'empoisonné-

m MUQLIF.USK OASTHO-INTKSTINALK.

mcnl, certains métalloïdes ou métaux loxkiues peuvent nécessiter un examen microscopique. îsous croyons donc devoir indiquer la méthode a suivre et les recherches à taire dans les cas où Ton soupçonnera un empoisonnement.

' Les matières vomies à la suite d'un empoisonnement nécessitent un examen immédiat. Le chmc.on, après avoir reconnu, d'après les symptômes de 1 intoxication, quel est le genre de poison auque i peut avoir affaire, ne devra pas manquer de recueilli, les matières évacuées par le vomissement et de les étaler sur une assiette en les délayant sous un eger met d'eau. On reconnaîtra ainsi, soit a 1 œil nu, soit à l'aide d'une loupe, des corps étrangers, parois des cristaux, qu'il sera nécessaire d'étudier av c soin Nous allons donc indiquer sommairement de quelle utilité pourra être, dans tous ces cas, 1 exa- Zn microscopique. Nous nous hâtons cependant de rappeler que les réactifs chimiques et une étude minut euse, après destruction de la matière organique, son! le plus souvent indispensables pour arriver à la certitude. Toutefois l'examen immédiat, fait à l'aide du microscope, pourra donner quelques indications précieuses et engager le médecin a provoquer une expertise chimique approfondie^

Lorsque, dans les matières évacuées par le ^ oi sèment on aura reconnu des grains blanchâtre. dC peu solubles dans l'eau froide, solubles dans Peau bouillante, et que l'examen clinique aura fait \::;çonnerunempoisom.ementparl'««^..«^ ,n iourra immédiatement, -eme sans av u b^m

Z^c:^és, sJ foire une idée des caractères iu foison à examiner. On déposera un ou

VOMISSKMENTS.

deux de ces crislaux dans un verre de montre que l'on échauffera lentement à l'aide d'une lampe à alcool. Dès lors la sublimation pourra donner naissance à des vapeurs dont l'odeur alliacée mettra sur la voie du diagnostic. Il sera plus sûr encore de recouvrir la capsule ou le verre de montre d'une plaque porte-objet du microscope. En examinant celle-ci peu d'instants après, on la verra recouverte de beaux cristaux octaédriques ou tétraédiques transparents. Ces cristaux sont peu solubles dans l'alcool et tout à fait insolubles dans l'éther. On pourra les dissoudre dans l'eau bouillante et constater dès lors que cette solution décolore le permanganate de potasse et se colore en vert par l'addition d'une goutte de sulfate de cuivre ammoniacal. Veut-on plus de précision encore, on pourra mélanger ces cristaux à un peu de carbonate de soude et les placer à l'extrémité d'un tube effilé à la lampe et bouché, mettre plus haut quelques morceaux de charbon et chauffer à la lampe; le charbon étant rouge, on chauffe l'extrémité du tube et l'on obtient un peu plus loin un anneau brillant analogue à celui de l'appareil de Marsh. Le tube étant brisé un peu plus loin que l'anneau, on chauffe celui-ci et l'on peut, en le déplaçant, recevoir sur le verre porte-objet un anneau d'arsenic non oxydé. Si l'on brise, au contraire, les deux extrémités du tube, on aura sur la plaque porte-objet, le courant d'air qui se produit ayant oxydé l'arsenic, des cristaux octaédriques d'acide arsénieux. Or, dans les deux cas, l'examen microscopique affirinera le diagnostic. Dans l'anneau déplacé, le centre seul est composé d'une couche épaisse et assez peu nette de corpus-

250 MlIQUr^l'Sl'. GASTRO-lNTKSTINALIi.

culcs à reflets métalliques; à la périphérie, les cristaux octaédriques se retrouvent et sui'lisent à eux seuls pour dislint^uer une tache obtenue à l'aide de Facide arsénieux d'une tache antimoniale'.

Dans les cas où, n'ayant pu retrouver dans les matières vomies les cristaux ou les poussières blanchâtres caractérisant l'acide ai'sénieux, on soupçonne cependant ûQ ^oj?® £j un empoisonnement par ce toxi- '''[h\''j3'''s^ que, on pourra combiner les ^°°^y^ù%'^?a résultats fournis par la dialyse '^"^o^/a.v-e" avec ceux que donne l'examen " ^fuao'o^ microscopique. On introduira les matières vomies dans le dialyseur

Fi" 67. — Cristaux . , . ^, j.

d'acido arsénieux de Graham (V. Briand et Chaudé, obtenus par dialyse p 636)% OU plutôt encore dans et évaporaiion. - baudruche qu'ou laissera

Gross. 500 Q. , i.

plonger dans un verre rempli d'eau distillée. En ajoutant à des matières provenant de déjections, à des crachats, par exemple, une goutte d'une solution a d'acide arsénieux, nous avons retrouvé dans l'eau du dialyseur les cristaux caractéristiques de l'acide arsénieux. Il est vrai que. dans les matières vomies, les sulfures d'arsenic formés ou bien encore le mélange intime de l'acide arsénieux avec les corps gras pourront empêcher la dialyse. Quoi qu'il en soit, l'eau que l'on veut examiner, après y avoir laissé séjourner pendant dix à douze heures les matières contenues

■1 Vov Holwig, dns Mikroshnv in der Toxicologie. Mains 1S6.-.. 2'. Criand cl Cliaudé, Mailuel complet de médecine légale, eir. 8« édit. J.-B. BaiUiôre, 1869.

VOMISSEMENTS. -2ol

dans une baudruche, sera évaporée lentement, puis examinée au microscope. Souvent on reconnaîtra les cristaux octaédriques d'acide arsénieux. Helwig affirme que, dans une solution à ëôîôô' on peut encore les retrouver. En cas de doute, on fera bien de déposer sur les bords de la préparation une goutte de nitrate d'argent ammoniacal. On obtiendra, au contact de l'acide arsénieux et de ce réactif, une coloration jaune citron plus ou moins foncée suivant la concentration du liquide. Enfin, lorsque tous ces procédés auront été insuffisants, l'examen direct des matières vomies ou l'étude microscopique des anneaux obtenus à l'aide de l'appareil de Marsli pourront encore mettre .sur la voie d'un diagnostic que confirmeront les analyses plus rigoureuses de la chimie toxicologique.

Le même procédé peut être appliqué à l'étude de tous les poisons cristallisables. Le tartre stibié, qui est soluble dans l'eau, passe assez facilement par dialyse et pourrait être reconnu dans l'eau évaporée. Toutefois, les cristaux tétraédriques, octaédriques ou cubiques, auxquels il donne naissance, sont assez difficiles à reconnaître. Helwig prétend que le procédé par sublimation suffit pour faire distinguer l'antimoine de l'arsenic. Un fragment d'antimoine ne donnerait point, par sublimation, les cristaux octaédriques si aisés à obtenir par la sublimation de l'acide arsénieux. On pourrait même ainsi diagnostiquer, sur une tache obtenue à l'aide de l'appareil de Marsh, si l'on a eu affaire à de l'antimoine ou à de l'arsenic. Nous avons bien constaté que les fragments de tartre stibié ne se volatilisaient point comme ceux de l'acide arsénieux ; mais, dans le liquide des

Page 1