‹ Manuel du microsope dans ses applications au diagnostic et à la clinique [electronic resource]Chapitre 69 sur 133 · Yoy, Robin, Dit microscope, (i. "ii · texte numérisé non relu

Yoy, Robin, Dit microscope, (i. "ii

VOMISSEMENTS

morphine, de stryclmine, de digilaline, eLc, et reconnaître ceux-ci à l'aide du microscope. Dans un cas d'empoisonnement, on pourra procéder de la manière suivante. Les matières évacuées (vomissements, fèces, etc.) seront étalées sur une feuille de verre et examinées à la loupe ; on recherchera ainsi les débris de végétaux, les parcelles minérales ou cristallines, etc., qui pourront mettre sur la voie du diagnostic. Cela fait, on traitera de petites portions des matières évacuées par l'eau, par l'alcool, l'éther, la chloroforme, l'alcool amylique, l'éther acétique, etc. On sait, en effet, que les divers alcaloïdes sont solubles dans quelques-uns seulement de ces réactifs. Chacune des portions ainsi traitées sera filtrée, puis concentrée par évaporalion. Une goutte du liquide sera ensuite déposée .sur l'objectif du microscope et traitée à l'aide d'un faible courant électrique. Le plus souvent, les alcaloïdes apparaîtront sous forme d'aiguilles ou de cristaux qui pourront, soit par leur forme cristalline, soit par leurs réactions microchimiques, mettre sur la voie du diagnostic. Rappelons seulement que la morphine, soluble dans l'alcool amylique et l'éther acétique, cristallise en prismes transparents incolores, que l'on peut facilement étudier en laissant évaporer la solution sur le portc-olijet du microscope (Voy. fig. 68).

Les sels de morphine seront décomposés par In Micnoscopc. i'' ÉniTioN. j.sj

Fig. 68. — Crislaux do clilorhydi'atc de morpliine obtenus par évaporation sur le porteobjet du microscope.

Gross. SOO d.

-iji MUglJKlJSK (lASTHO-lNTESTINALi:.

pile, cl Ton pourra dès lors oblenii', avec l'empois d'amidon el l'acide iodique, une coloration bleue qui bruniL sous Tinfluence de l'ammoniaque. La strychnine, qui est soluble dans l'alcool étendu, l'alcool amylique et le chlorolorme, cristallise en octaèdres ou en prismes incolores. Les sels de strychnine sont précipités en blanc par le sulfocyanure de potassium, et donnent naissance à la formation d'aitruilles cristallines. La strychnine isolée se reconnaîtra à l'aide d'acide sulfurique uni à quelques traces d'oxyde puce de plomb. On obtiendra ainsi une belle coloration bleue, puis violette , rouge , et enfin jaune. — Nous ne pouvons insister davantage sur ces recherches ; mais nous renvoyons, pour l'étude des formes cristallines des divers alcaloïdes, à l'ouvrage du docteur Helwig, ouvrage que nous avon.< déjà signalé, et dont les belles planches photographiques pourront servir de guide dans ces recherches toujours délicates.

Ce que nous avons dit des caractères de la muqueuse intestinale, et ce que nous dirons plus loin en étudiant les résidus alimentaires dans les fèces, nous permettra d'être très-courts en signalant les résultats que donne l'étude du produit des fistules intestinales [anus contre nature). La recherche de la bile et celle du suc pancréatique ne pourront, en effet, être faites qu'au point de vue chimique, et Ton devra se borner, le plus .souvent, à examiner les débris alimentaires (v. p. 261). Le chyme, très-Quide dans les premières parties de l'intestin grêle, devient consistant et prend une odeur stercorale dans les dernières parties du jéjunum et surtout dansl'ileon. Le plus souveul il renfermera des cellules végétales

MATIÈRES FECALES.

et des grains d'amidon intacts ou à peine modifiés, des libres musculaires désagrégées, ayant perdu pour la plupart leur striation transversale, des globules graisseux en grand nombre, quelquefois même des quantités assez considérables de larges gouttes de graisse, des granulations élémentaires animées de mouvement brownien, etc. L'examen des cellules épilhéliales nageant dans le liquide ou extraites en raclant la surface d'une anse intestinale herniëe ne pourra 'qtlè très-difficilement donnier une idée du point où s'est faite l'ulcération intestinale. Mais l'examen des matières contenues dans la partie inférieure de l'intestin et expulsées au moment de la défécation donné souvent des Tésultàts intéressants. Les selles tenfei'merit, en effet, des pelotes ou des cylindfeS durs, grisâtres, parsemés de grains ou de taches brunâtres composés de mucus concret, grenu, mêlé de granulations de graisse, de biliverdine et de cellules épithéliales déformées. D'après Robin, la matière adhésive, mucilagineuse, qui constitue ces cylindres ne serait pas du mucus, mais du suc intestinal coagulé.

Matières fécales

L'examen micrôscopiquè des matières fécales J)eut devenir indispensable, dans un assez grand nombre de cas, pour contrôler, rectifier ou préciser ce que n'a pu apprendre l'examen macroscopique. Il sera nécessaire d'avoir recours à ce moyen d'investigation dans la plupart des maladies de l'appareil digestif, et il est probable que s'il était employé plus fréquemment, si la composition anatomique des

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fèces élail aussi bien connue que les réactions cliimiques de l'urine, la palliot^énie des différentes formes de la dyspepsie serait mieux élucidée.

Pour examiner au microscope les matières fécales liquides, il importe de les laisser reposer afin de pouvoir ijorter sou attention aussi bien sur le dépôt que sur les matières tenues en suspension dans un liquide.

Quand les matières sont liquides, il faudra donc laisser séjourner les produits évacués dans un vase conique-, les parties liquides qui surnageront devront être examinées comme nous l'indiquerons dans un instant; les résidus accumulés au fond du vase seront l'objet d'un examen plus approfondi. Lorsque les matières sont de la consistance d'une pâte tenace, peu friable, s'étalant sans couler, il sera nécessaire non-seulement d'examiner des parcelles de cette matière solide, mais encore de les délayer dans de l'eau pure et de procéder ensuite comme si l'on avait affaire a des matières liquides. Enfin dans les cas où l'on aura soupçonné l'existence de corps étrangers d'un volume assez considérable {calculs, etc.), il pourra devenir indispensable de tamiser les matières en les délayant sur un tamis à mailles assez étroites. On recueillera dès lors les particules solides assez volumineuses pour être examinées isolément. .

Dans tous ces cas, il est utile, sinon nécessaire, de desmecter les matières à examiner îi l'aide d'un réactif qui, sa^^ altérer la texture des éléments figurés, puisse faire disparaîtra en partie l'odeur repoussante que présentent les déjection pathologiques. Cette odeur, qui varie avec la nature de l'alimentation, sera surtout combattue en ajoutant aux matières . examiner une solution d'acide phénique (-nrôô)' 6" songea:: toutefois à l'action exercée par une semblable préparation su les protozoaires (vibrions, bactéries, etc.) dont l'acide pheniqula créosote, etc., arrêtent les mouvements. L'odeur des m^: tières fécales est d'ailleurs presque nulle dans le choiera, glycosurie, etc.

■ L'examen microscopique des matières fécales peut donne-: quelques renseignements au médecin. Le plus souvent, asser

MATIKRES FÉCALES.

consistantes, adhérentes aux vases qui les renferment, se moulant sur les surfaces intestinales qu'elles ont à traverser, les déjections alvines deviennent d'un calibre excessivement mince, après un jeûne prolongé, lorsque l'intestin a perdu momentanément son calibre primitif (maladies chroniques); parfois elles sont aplaties en forme de ruban (tumeurs intestinales); dans d'autres cas (dysenterie, constipation opiniâtre), des matières dures en forme de boulettes analogues aux excréments de brebis sont évacuées en môme temps qu'un liquide diarrhéique quelquefois sanguinolent.

La coloration des matières fécales varie aussi dans l'état de santé : souvent brune ou même noirâtre, elle peut devenir grisâtre (ictère), blanchâtre (alimentation lactée), verdâtre (alimentation herbacée, calomel), noirâtre (fer), jaunâtre (rhubarbe), etc. Chez les enfants dont les selles sont normalement plus liquides, plus blanches, moins fétides, la coloration verdâtre, très-fréquente également, paraît due à la présence de quantités notables de biliverdine sous forme de granules que le microscope permet parfois de reconnaître. Cette coloraiion verdâtre, qui a été attribuée à diverses causes dans les cas où l'on ne trouvait que des traces de matière biliaire, disparait d'ailleurs au moment de la putréfaction.

Le microscope permet de reconnaître dans les fèces normales certains éléments caractéristiques ; les matières évacuées par l'extrémité inférieure du gros intestin renferment en effet : '1° les produits de desquamation des cellules épithéliales qui tapissent toute l'étendue du tube digestif; 2° les résidus non absorbés des humeurs excrémento-récrémentitielles versées à la surface de l'intestin ; 3° des détritus alimentaires en proportions variables. A ces éléments normaux s'ajoutent, dans des conditions pathologiques, des corps étrangers ou des parasites dont nous aurons à étudier la provenance et la composition.

I. MÉGONiuM. — Le type le plus simple des fèces ormales conslilue le méconiumK Au moment de la

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