‹ Manuel du microsope dans ses applications au diagnostic et à la clinique [electronic resource]Chapitre 98 sur 133 · PROSTATE · texte numérisé non relu

PROSTATE

La couleur du liquide des vésicules séminales esl rendue encore plus brunâtre par la présence de granules ou goutlelelles graisseuses d'un jaune brun, que Ton trouve tantôt dans l'intérieur des cellules épilliéliales, tantôt libres dans le liquide;, dans ce dernier cas, ces gouttes ressemblent au premier abord à des globules rouges du sang, mais on voit que l'eau ne les attaque pas, et que, par les mouvements imprimés à la préparation, on les fait glisser en les étirant et parfois en les fusionnant les unes avec les autres.

Prostate. — La prostate présente à étudier l'épithélium de son utricule, celui de ses nombreuses glandes en grappe, et enfin celui de la portion prostatique du canal de l'urèthre.

Victricide prostatique peut être considérée comme l'homologue de l'utérus do la l'emmo (utérus môle); aussi sa surface interne est-elle revêtue d'un épithelium ci/lindriqîie ; quelques auteurs ajoutent que cet épithélium est pourvu de cils vibratiles, comme celui de l'utérus ; cependant, d'après les récentes recherches de Robin et Cadiat(/o?(!'/"M. de l'Ânatomie;l81a), cel épithélium serait simplement prismatique, sans cils vibratiles, analogue à celui de l'urèthre, mais à cellules plus minces. L'existence et la nature de cet épithélium est importante à connaître, , car, dans certains cas de végétation de la région prostatique, la sonde ou un instrument explorateur ayant amené au dehors des débris de la tumeur, on a pu reconnaître, à la nature de l'épithélium qui les recouvrait, que le néoplasme-avait pris naissance dans la muqueuse de l'utérus mâle.

Les glandes qui rayonnent du canal de l'urèthre dans la moitié postérieure de la prostate se composent de culs-de-sac tapissés par un épithélium à cellules polygonales ou cylindriques.

Enfin la muqueuse de la portion prostatique du canal de l'urèthre est revêtue d'un épithélium à plusieurs couches de cellules, dont les superficielles sont cylindriques, ot les profondes arrondies et oblongues. Telle est, du reste, la constitution de la Muiqueuse uréthrale sur toute la longueur du canal.

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Des différents élémenls que nous venons de voir dans la prostate, le plus important, à notre point de vue, est répitliélium des glandes prostaliques et leur produit de sécrétion.Ge produit reniernie des cellules épithéliales prismatiques et un grand nombre de granulations d'aspect graisseux, à centre brillant et à contour Ibncô : grâce à ces éléments, le liquid(! prostatique présente un aspect blanc crémeux, et, en se mêlant au sperme, il lui rend sa coloration primitive, blanche, lactescente, opaline (Ch. Robin); mais comme cette sécrétion n'est pas très-abondante ni très-rapide, lorsque les coïts sont très-rapprocliés. les dernières éjaculations donnent un liquide plus grisâtre, plus clair, moins lactescent (Ch. Robin;.

Les glandes de la prostate présentent encore un produit très-intéressant, et qui se trouve en grande abondance surtout dans les prostates hypertrophiées des vieillards ; ce sont des concrétions analogues aux sympexions , mais qui en diffèrent en ce que la matière azotée qui les forme est disposée par couches stratifiées comme celles d'un grain d'amidon: de plus, ces concrétions sont colorées d'une manière plus ou moins foncée, ce qui les a fait dès longtemps comparer à des grains de tabac. Nous ne devons qu'indiquer ces produits, car ils restent indéfiniment en place, et on ne les a jamais signalés dans le sperme éjaculé. Parfois cependant ils s'accumulent en assez grande quantité pour qu'il devienne nécessaire de les enlever.

Les gla7ides de Cooper, annexées à la portion membraneuse du canal de l'urèthre, sont des glandes analogues aux glandes salivaires, à vésicules tapissées d'un épithéliumpavimenteux : leur produit est

SPERME

un liquide cssentiellemenl muqueux cl filant (voy. 3/nciis. p. 197^, dépourvu d'éléments anatomiques caractéristiques: mais il importe de noter que de tous les liquides que nous venons de passer en revue, c'est celui des glandes de Gooper qui présente presque seul les réactions caractéristiques duïiiucus : c'est lui qui donne au sperme éjaculé son état filant et gélatiniforme.

Les //landes de Liltré. disséminées dans toute la longueur du canal de l'urèthre. donnent un produit muqiuîux identique à celui des glandes de Gooper.

II. — Sperme éjaculé ; ses variations de composition, ses anomalies. — Recherche du sperme.

Après la revue que nous venons de faire, il est facile de comprendre la composition du sperme éjaculé, et l'origine de ses éléments. L'élément caractéristique est le spermatozoïde; en seconde ligne viennent différents éléments : cellules épithéliales pavimenteuses, provenant de la muqueuse uréthrale : cellules cylindriques, avec ou sans cils vibratiles; leucocytes: globules rouges du sang; granulations graisseuses, cristaux de phosphate de magnésie ou d'oxalate de chaux; .sympexions, etc., qui proviennent tous des divers liquides qui se joignent au produit du testicule.

Ges éléments ne sont pas distribués en proportions égales dans tous les spermes :

Le sperme d'un coït pratiqué après une longue abstinence est remarquable par la grande abondance des sympexions : ces éléments, se réunissant

358 MUgUKl.'^ili DKS UKGANKS GKMTAUX DE L'HOMME.

en pt;l,ilps masses, donuenl au produit de réjaculaliou un aspeci, grumeleux caraclcrislique. Nous

phosphate de magnésie.

avons déjà dit que, dans ces circonstances, les globules rouges du sang n'étaient pas rares dans le liquide des vésicules séminales, et par suite dans le produit de Péjaculation.

SPERME

Ces globules rouges sont aussi Irès-abondants dans le sperme des vieillards ; lorsqu'ils y sont en très-grand nombre, les spermatozoïdes deviendraient de plus en plus rares, d'après A. Dieu. « Il semblerait donc, dit cet auteur, que la génération des spermatozoïdes chez le vieillard ait une certaine, relation de cause à ell'et avec les petites hémorrhagies. Toutefois il ne faut pas oublier qu'il m'est arrivé dans certains cas de ne pas trouver des spermatozoïdes dans du sperme limpide, incolore et dépourvu de sang et de pigment. » L'examen microscopique sera donc toujours le seul critérium capable de prononcer sur la valeur du produit de Féjaculation.

Ce produit, tout en présentant parfaitement l'aspect d'un produit normal, peut ne pas contenir de spermatozoïdes : le fait a été signalé par Gosselin poiu- les cryptorchides. Il en est de même, d'après les travaux de Godart. Dans certains cas d'oblitération des voies spermatiques, à la suite d'orchite double, l'examen du sperme, surtout dans ce dernier cas, est d'autant plus intéressant que l'oblitération peut n'être que temporaire, et que, le testicule ne s'atrophiant pas, les spermatozoïdes peuvent reparaître au bout d'un certain temps dans le produit de l'éjaculation.

Résumant les travaux de Gosselin, Godart, Curling, et les complétant par des observations personnelles. Liégeois conclut de la manière suivante : « Il en résulte que, chez les sujets qui ont été atteints d'épididymites doubles, la persistance de rmduration n'implique pas d'une façon certaine l'oblitéra lion des conduits épididymaires. pas plus

Am MUQUEUSh: UV.r, OUGAM:s GKNITAUX IJK L'IIO.M.MI::.

([ue la disparilion de F induration, n'implique d'nne façon certaine le rétablissement des voies spermatiques. Dans Tiin et dans l'autre cas, le microscope doit intervenir pour décider la question'. »

L'absence des spermatozoïdes a été constatée dans certains cas, alors que les voies génitales étaient parfaitement saines, alors que l'état général du sujet semblait excellent; c'est ce qui résulte de plusieurs observations faites par Ilirtz. D'un autre côté, les maladies chroniques les plus graves, celles qui entraînent le marasme le plus complet, ne déterminent point la disparition des spermatozoïdes dans le sperme. D'après Godart, l'absence des spermatozoïdes coïnciderait toujours cependant avec l'existence d'un testicule tuberculeux: elle précéderait même de un ou deux ans la tuberculisation testiculaire, et ce caractère pourrait aider à distinguer le testicule tuberculeux de l'orchite chronique.

L'examen microscopique peut être encore trèsutile pour rassurer des personnes qui se croient atteintes de spermatorrhée. Ces personnes, .souvent rendues hypochondriaques par abstinence sexuelle, s'aperçoivent qu'après certains efforts, cl notamment après ceux de la défécation, leur méat urinaire laisse échapper un liquide épais et filant. L'examen microscopique, en dénotant l'absence de spermatozoïdes, suffira pour prouver que ce liquide provient de la prostate et des glandes de Cooper; de plus, les caractères de la mucosine montreront qu'il provient surtout de ces dernières glandes.

f.a véritable spermatorrhée es! caractérisée par la

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