CHAPITRE I APERÇU GÉNÉRAL SUR LA PAROISSE
Les commencements de la paroisse de Sainte- Anne de Beaupré remontent presque au berceau de la colonie. Sa proximité de Québec, son sol riche et fertile fixèrent, naturellement, l’atiention des colons qui voulaient se livrer à la culture de la terre.
Les actes de concession les plus anciens, conservés dans les archives du Séminaire de Québec, sont datés de l’année 1650. Il est donc vraisemblable de supposer que la colonisation de cette paroisse, qui ne devait pas tarder à devenir un lieu célèbre, a dû commencer vers cette époque, ou certainement peu de temps auparavant,
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Elle a pour limites celles que la nature semble avoir voulu lui assigner : la chaîne des Laurentides, au nord; le Saint-Laurent, au sud ; à l’est, la rivière Sainte-Anne, qui la sépare de la paroisse de Saint-Joachim ; et au sud-ouest, la rivière aux Chiens; ce qui lui donne une étendue d’à peu près quatre milles de front sur un peu plus de six de profondeur.
Le chemin royal, d’une extrémité à l’autre de la paroisse, longe, en faisant de légers circuits, un joli coteau dont le versant est presque partout couvert d’arbres fruitiers.
Les maisons qui bordent la route annoncent généralement l’aisance.
Le village, qui se composait tout au plus de quelques maisons, il y à vingt ans, sans être aujourd'hui très-considérable, a grandi dans une assez large mesure, depuis surtout que le pèterinage a commencé à prendre de l’extension.
Lorsque le pèlerin qui fait, par terre, le voyage à Sainte-Anne de Beaupré, n’a plus que quelques minutes de marche pour arriver au terme de son voyage, il voit apparaître tout à coup, au centre d’un petit groupe de maisons, le sanctuaire si renommé qu’il a essayé bien des fois d’apercevoir avant d'arriver. Ce monument, encore inachevé, s'élève au sud du chemin royal, à l’opposite de la chapelle des processions, bâtie sur l'emplacement de l’ancienne église. Un peu plus de cent pieds au nord-est, en ligne droite avec le nouveau tem-
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ple, on voit la résidence des RR. PP. Rédemptoristes. On aperçoit aussi, en mème temps, à deux arpents du vieux presbytère, au tiers de la côte, l’hospice tenu par les Révérendes Sœurs de la Charité, et fondé dans les intérêts du pèlerinage.
Le nombre de familles qui composent la paroisse, de Sainte-Anne est de cent cinquante, formant un total de huit cent cinquante communiants. C’est une population intelligente, et qui semble avoir conservé, plus que toute autre, les mœurs d'autrefois. La condition aisée à laquelle elle est parvenue, ne lui a pas fait perdre cette belle simplicité qui aura bientôt disparu de la plupart de nos paroisses canadiennes. »,
Elle s'enorguëillit, à bon droit, d’avoir fourni à l'Eglise du Cavada le Rév. M. Gagnon (1), mort, à un âge avancé, curé de Berthier (en haut), et à l'Etat le respectable vieillard qui, pendant quatre ans, a occupé, avec dignité’ et habileté, le poste de lieutenant-gouverneur de la province de Québec, Son Excellence feu
(1) Jean-Frs Gagnon né à Sainte-Anne le 13 décembre 1793, du mariage de Gabriel Gagnon et de Françoise Simard, fut ordonné le 12 octobre 1817, Après avoir été vicaire à Saint-Pierre du Portage, mission: naire à Ristigouche et Carleton, curé-de Saint-Pierre les Becquets et de Saint-Jean Deschaillons, de Saint- Antoine de la Valtrie, il fut en 1835 nommé curé de Berthier (en haut), où il est mort en 1875, après cinquante-huit ans de sacerdoce,
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René-Edouard Caron (2). On voit encore, à un mille eaviron plus bas que l’église, telle qu’elle était autrefois, la maison qui l’a vu naître et grandir, et dont le propriétaire actuel est un brave et honnête cultivateur, frère de Son Excellence.
A l'instar des premiers établissements fondés sur la Côte Beaupré, le Petit Cap—tel était le nom primitif de la paroisse de Sainte-Anne— fut près d’un demi-siècle sans avoir de prêtre résident. Ilétait desservi par des missionnaires qui, une fois ou deux dans l’année, visitaient les habitants disséminés le long de la côte, et leur administraient les sacrements dans une maison privée, servant de chapelle pour la circonstance.
Quoiqu'il ne puisse être produit aucun document qui l’atteste, il est probable que le culte de la Bonne Sainte Anne a pris naissance avec les commencements de la paroisse, ou, pour être plus exact, avec l’humble chapelle bâtie en
(2) M. Caron est né à Sainte-Anne de Beaupré, en 1860, Il était le fils de M. Augustin Caron, qui a repré senté pendant deux parlements le comté de Northum-
erland, Admis au Barreau en 1826, il fut élu maire de Québec en 1834, et député pour Québec la même année, Appelé au Conseil Législatif lorsque l’Uniun des denx Canadas fut consommée, il en devint le Président en 1843, et futune première fois ministre de 1848 à 1849, et de nouveau de 1851 à 1853, époque à laquelle il monta sur le banc judiciaire, Il laissa le banc en 1873 pour occuper le poste honorable de lieutenant-gouverneur, Il est mort en décembre 1876, laissant deux fils : l’aîné représente à la Chambre des Communes 1e comté de Québec, et le plus jeune est vicaire f“ctueliement à Saint-Charles de Bellechasse.
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