QUATRIÈME JOUR
"Annonciation de la très- Sainte Vierge.
CONSIDÉRATION
Marie est la plus parfaite des créatures, et elle est en même temps la plus humble et la plus détachée d'elle-même. C'est particulièrement dans le mystère de l’Annonciation qu’éclate sa profonde humilité. L’adorable Trinité lui envoie un prince de la cout céleste, pour lui demander son consentement au prodige qui va s’opérer, et
par lequel elle sern élevée à la dignité de Mère E y de Dieu. L’Ange l’uborde avec respect, et lui SAR donne le plus bel éloge que puisse recevoir une x] mortelle: “ Vierge pleine de grâce, lui dit-il, je né ie vous salue; le Seigneur est avec vous; vous êtes tée) bénie entre toutes les femmes.” Comment Marie il? reçoit-elle ces éloges? Elle s'étonne, elle se rétid trouble, elle s'humilie, elle se confond; elle ne se
reconnaît que la servante du Seigneur, au moment ‘4h même où elle en est proclamée la Mère; et depuis de Le
son élévation à cette haute dignité, quelle fut la vie de cette incomparable Vierge? Ce fut une
Je.
et elle a plus 'ement late sa envois ander rer, et
Mère et lui r une t-il, je s êtes Tarie Ile se ne se pment epuis fut la une
vie obscure, une vie d'humiliations, mais d'humiliations qu’elle aimait, qu’elle recherchait et dans lesquelles elle mettait toute sa gloire.
Pour moi, rempli d’orgueil, je mets ma gloire à paraître aux yeux des hommes. Plein d’estime pour moi-même, je ne puis souffrir de leur part le moindre mépris; leur oubli, leur indifférence me blessent jusqu’au fond de l’âme; je me nourris de vanité; je ne recherche que moi-même; je rap“ porte mes succès à mes prétendus mérites; mon amour-propre se glisse dans toutes mes actions, infecte et corrompt le peu de bien que je puis faire, et m'en dérobe le mérite aux yeux de Dieu, et souvent aux yeux des hommes.
Et cependant que de motifs n’ai-je pas de m’humilier? pur néant par mon origine, quel bien y a-t-il en moi qui ne vienne de Dieu? et s’il vient de Dieu, comment osé-je en tirer vanité, et lui en ravir la gloire? Si Dieu me retirait tous les biens qu’il m'a donnés, que me resteraitil? Le péché, qui m’asservit au démon, qui me rend ennemi de Dieu, et digne de ses terribles vengeances.
: Mais si je descends dans mon cœur, quel abîime de misères j’y découvre! que d’inclinations perverses, que d’affections déréglées! Je porte audedans de moi le germe de toutes les passions, et
que faut-il pour les faire éclore? J’éprouve des sentimens si vifs pour les choses de la terre, et si peu de goût pour celles du ciel! je suis tout de feu pour les créatures et pour moi; je suis tout de glace pour les biens spirituelset pour Dieu ! Amateur de moi-même et de mes aises, ardent à faire ce qui me plaît, et à ne faire que cela; attaché à mes mauvaises habitudes, je suis rempli d’amour-propre, lorsque tout devrait m’humilier. Je sais par une triste expérience que mon orgueil n’a été jusqu’ici pour moi qu’une source funeste de chagrins, d’inquiétudes, de jalousies, de dépits, de tourmens, de péchés, et malgré cela, je me laisse dominer par ce vice également détesté de Dieu et des hommes... Quoi de plus humiliant que mon orgueil même!
Résolution. J’éviterai de dire aucune parole à ma louange.
Bouquet spirituel. Je vous salue, Marie pleine . de grâces, le Seigneur est avec vous.
PRIÈRE
O Marie, 6 la plus humble des créatures, venez me guérir de mon orgueil et de l’enflure de mon cœur! j’en reconnais l'injustice, le ridicule et les dangers; mais je sens que ce vice a jeté dans mon âme de profondes racines; comment les
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arracher toutes sans un secours puissant de la
grâce? Obtenez-moi ce secours de votre divin.
Fils; obtenez-moi l’amour de l’humilité, de cette vertu si nécessaire, que sans elle je ne puis entrer dans les cieux. Que cette belle vertu soit dans mes pensées, dans mes paroles, dans mes actions et surtout dans mon cœur. Alors j'aurai lieu d'espérer que Jésus-Christ un jour recevra dans sa gloire un serviteur marqué des traits qui lui sont les plus chers. Ainsi soit-il.
HISTOIRE
Secours dans le danger de mort.—ÆEn 1808, un chirurgien major de l’armée française, en Espagne, se trouvait à Madrid, quand éclata la fameuse insurrection du 2 Mai, où le peuple espagnol, se jetant sur les Français, massacra sans pitié, pendant plusieurs heures, tout ce qu'il put rencontrer. Ce jeune officier était depuis 1805, de la Confrérie du Rosaire de St. Thomas d’Aquin, à Paris, et remplissait, en toute occasion, ses devoirs de chrétien et d’associé du Rosaire. Le 1“ Dimanche de ce mois, 1° Mai, il avait, selon l'usage des fervens associés, fait la communion en l’honneur de la Sainte Vierge, dans une chapelle de la ville dédiée à Notre-Dame de Lorette. Au milieu de l’insurrection,il tombeentre les mains
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d’une troupe furieuse armée de sabres, de: couteaux, de poignards qui, le reconnaissant pour officier français, le maltraite rudement et s’apprête à le massacrer. Dans ce danger imminent, son premier soin est de se recommander à Dieu, et d’implorer la protection de Notre-Dame de Bon-Secours. Les paroles de sacrilége et d’impie, qui retentissent à ses oreilles, lui inspirent la pensée de montrer son chapelet; “ Voyez! je ne suis pas un impie,” leur dit-il. La vue: du Rosaire arrêta, comme par enchantement, les bras des meurtriers. Cependant, la haine qu'avait inspiréelenom français, allait lever tous les scrupules, quand la Providence permit que le sacristain de l'église de Lorette-passât au même moment. Il reconnaît l'officier français, et proteste aux plus acharnés que c’est un bon chrétien, et qu’il l’a vû communier la veille. Leur fureur se calma: et leur pensée de mort se changea en témoignage d'estime et d'affection. Ils le conduisirent dans une maison sûre, où il se trouva à couvert de tout danger, Que de fois depuis il'a béni Notre-Dame du Rosaire et la pieuse pratique qui lui a valu une assistance si spéciale et si manifeste!
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