‹ Manuel du pèlerin de Notre-Dame de Bon-Secours, à Montréal [microforme]Chapitre 7 sur 50 · PÈLERINAGE · texte numérisé non relu

PÈLERINAGE

Un Pèlerinage est un pieux voyage entrepris par une pensée de religion. Son terme est un lieu, ou un objet consacré à Dieu ou à ses Saints, à l’occasion duquel on offre au Seigneur un tribut d'amour et de reconnaissance, et des prières pour obtenir quelque bienfait du Ciel.

Un dévot pèlerin marche sur les traces des fidèles de l’ancienne loi qui, chaque année, visitaient le temple de Jérusalem, Il imite Marie elle-même, son chaste époux et son divin enfant, qui ne manquaient pas à ce devoir de religion. Il imite les disciples des Apôtres, et tant de fervens chrétiens, que le cœur conduisait dans les lieux où s'étaient opérés tous les mystères de l’amour et de la miséricorde de Homme-Dieu. La Sainte Vierge n’était pas étrangère à cet hommage, comme le remarque St. Jérôme. Son souvenir n'est-il pas lié, en effet, à tous les monumens qui rappellent son divin Fils?

On comprend, sans peine, pourquoi tant de

ehrétiens, à qui l’âge, le sexe, ou la position 80ciale interdisait cette visite lointaine, cherchaient l’occasion d’honorer la Ste. Vierge dans tant de lieux où son image et ses bienfaits la rendaient comme visible à leurs regards, et présente à leur amour. Îls avaient appris de St. Augustin que Dieu, bien qu’il soit présent partout et qu’il ne puisse être circonscrit dans un lieu, avait cependant voulu, par un dessein qu'il ne nousest À pas permis d'approfondir, accorder dans certains | lieux plus de faveurs que dans d’autres.

Voici les heureux fruits que vous pouvez retirer d’un pèlerinage pieux:

1°. Vous excitez et nonrrissez en vous des sentinens de foi, d'amour et de reconnaissance.

C’est ce que produit toujours la vue des objets qui p:

rappellent de grands et de touchans souvenirs. pl 2°. Vous faites une œuvre satisfactoire. Ily Æ co

a toujours quelque peine à prendre, quelque vio-

lence à se faire, quelque sacrifice à s'imposer qu

pour s’arracher aux distractions du monde, et Æ Il

venir, peut-être loin de sa demeure, accomplir

quelques exercices de dévotion dans un sanctuaire

béni du ciel. le 3°, Souvent, dans ces visites pieuses, vous

pouvez gagner des indulgences. Le chrétien,

même le plus juste, a besoin de recourir à ce tré-

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sor inépuisable de l'Eglise, afin de s'acquitter de ses dettes spirituelles.

Il est facile de conclure quelles doivent être les dispositions du bon Pèlerin. Il aura une intention droite et pure, cherchant à honorer Marie, à la remercier de quelque bienfait, ou à solliciter de sa protection quelque nouvelle faveur. Il ne fera donc jamais ce petit voyage, ni au détriment de sa santé, ni au détriment de ses devoirs Le recueillement et la modestie accompagneront ses pas, et disposeront son âme à s’unir à Dieu. Enfin, il priera avec ferveur, et il retournera à sa maison, le cœur plus attaché à la vertu, et plus dévoué à Marie. Car il y a toujours aux pieds de ses autels, un touchant commerce d’hommages d’une part et de bienfaits de l’autre, qui resserre de plus en plus les doux liens de l’amour et de la confiance.

Nous réunissons ici quelques pieux exercices et quelques prières qui peuvent occuper le Pèlerin. Il les choisira selon sa dévotion.

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