DES OXIDES
On appelle oxides les corps qui résultent de la combinaison de l’oxigène avec les corps combustibles , mais qui ne sont point acides. Nous eussions pu diviser ces
oxides en plusieurs sections, en nous basant sur les métaux qui les produisent ; mais ceux emploj'és par le pharmacien sont si peu nombreux, que nous avons du nécessairement les classer par ordre alphabétique.
OXIDE d’antimoine PRÉPARÉ PAR LE NITRE. — ANTIMOINE
DIAPHORÉTIQUE.
Pour obtenir cette préparation , on mêle exactement ensemble parties égales de nître et d’antimoine métallique pulvérisé. Quand le mélange est homogène, on place un creuset dans un fourneau , on l’entoure de
MAK ÜËL
charLons alîiiou^s. Lorsqu'il est rouj^e » ou projelle peu h, peu le luéiange au moyen d’une cuillère de Ter. A chaque addition de mélange il y a défiagralioo ; et lorsque toute la mcatière a été successivement ajoutée, on chauffe assez fortement pendant une demi-heure. Si l’on retire le creuset du feu , on olitient l’antimoine diaphorétique non lavé, qui est composé d’oxide d’antimoine et de potasse. Si l’on veut obtenir la préparation appelée antimoine dlapiiorétiqiw lavé, on jette dans de l’eau contenue dans une terrine la matière à demi-fondue , en ayant soin de ne le faire que par petites portions, car elle pourrait faire jaillir l’eau , sauter elle-même , et blesser l’opérateur. On agite la niasse dans l’eau pour la réduire à l’état pulvérulent; et quand elle est à cet état , on laisse déposer la partie liquide , qu’on décante. On ajoute de nouvelle eau , on laisse faire le dépôt , on décante de nouveau , on jette sur un filtre , et on lave avec de l'eau bouiilanle jusqu’à ce que l’eau qui sort du lavage n’ait plus de saveur. On fait sécher à l’étuve, ou mieux encore on le réduit en trochisques , qui , lorsqu’ils sont secs, son! introduits dans des flacons et conservés pour l’usage.
D’après les expériences de M. Thénard, cet oxide d’antimoine relient un cinquième de son poids de potasse. Dans cette opération, l’oxigènede l’acide nilrique se porte sur le métal et l’oxide, l’azote se dégage; une partie de i’oxide d’antimoine formé agit comme acide, se combine à un excès de potasse, et donne lieu à un sous-antimoniale de potasse insoluble.
DXÏDE d’aNTI\IOINE PEROXIDf;. -™ MATIERE PERLEE DE
M. Rerkrusgiiis.
On obtient cet oxide des eaux de lavage des précipités obtenus de la déflagialion du ni lie avec rantimoine ïnétallique. En les saturant par i’acide acétique , ii se forme un précipité très-blanc, qu’on recueille sur un filtre, et qu’on lave à plusieurs reprises. On le fait sé-» cher, et on renferme cortvenabiement.
OXIDE d’aNïIMOÎXE OBTENU DU DEUTOCHLORURE PAR l’eau. — POUDRE d’alGAROTIÏ.
Pour obtenir cet oxide, qui n’est pas lout-à-fait exempt d’acide hydrochlorique , on prend du beurre d’antimoine liquide , en quantité nécessaire , puis on verse par petites portions dans l’eau bouillante. L’eau est décomposée , son hydrogène se porte sur le chlore, qui passe à l’état d’acide hydrochlorique, tandis que l’oxigène se combine au métal , qui se précipite. Le précipité , qui a une belle couleur blanche, doit être recueilli sur un filtre , et lavé à plusieurs reprises avec de l’eau bouillante. On le fait sécher, et lorsqu’il est parfaitement sec , on le réduit en poudre et on le conserve pour l’usage.
OXIDE d’antimoine VITREUX CONTENANT DU SULFURE
d’antimoine. — VERRE d’aNTIMOINE.
Ce combiné, qui se prépare en calcinant dans un creuset de terre l’oxide gris provenant de la calcination du sulfure d’antimoine a été examiné chimique-
Al A N ü E L
lïicnl par M. Vaiiquelio , qui a reconnu que l’apparence vitreuse qu’il possédait était due à de la silice, qui s’y trouvait depuis 8 jusqu’à i 2 p. 0/0.
Cet oxide se trouve dans le commerce , mais le pharmacien peut au besoin le préparer de la manière suivante.
On fait chauffer assez fortement , et avec le contact de l’air, sur un tét à rôtir, placé sur des charbons ardens ou sur Fâtre d’un four, du sulfure d’antimoine , en ayant soin de remuer souvent pour mettre toutes ses parties en contact avec l’air, il en résulte la combinaison de la plus grande partie du soufre avec l’oxigènes* le soufre passe à l’état d’acide sulfureux et se dégage , tandis que l’antimoine, séparé du soufre^ s’oxide, prend l’apparence d’une poudre de couleur grisâtre oxide sulfuré gris. On
place cet oxide dans un creuset de Hesse, et on pousse forlementle feu. L’oxide d’antimoine réagit sur la silice du creuset, en dissoul.une petite portion, se fond, etprendune belle couleur hyacinthe. On peut activer la fusion de ce verre d’antimoine en ajoutant à l’oxide une petite quantité de silice en poudre fine. Quand cet oxide est fondu , on le coule sur une table de marbre ^ puis on le divise en morceaux , qu’on enferme dans un lieu convenable.
N. Nous avons cru devoir ranger ici cet oxide , qu contient pour 1000 ^
Silice 0,45
Peroxide de fer 52
Sulfure d’antimoine. ... 19
Peroxide d’antimoine. . . 9,1 5
OXIDE DE BARIUM. BARYTE CAUSTIQUE.
On prépare l’oxide de barhimen introduisant dans un creuset de platine du nitrate de baryte pur cristallisé , plaçant le creuset dans un fourneau au milieu de charbons ardens, et chauffant fortement , de manière à décomposer le nitrate. /
L’acide nitrique se décompose , ses élémens se dégagent, et l’oxide de barium reste sous forme d’une masse spongieuse. On s’a perçoit que l’opération est terminée lorsqu’il ne se dégage plus aucun gaz. On relire alors le creuset du feu, on le laisse refroidir, en garantissant la baryte du contact de l’air. Lorsque le creuset est froid, on retire la baryte pour l’enfermer dans- un flacon de verre hermétiquement fermé.
On prépare avec la baryte deux produits. L’un, liquide, appelé eau de baryte, est la solution de l’oxide dans l’eau; l’autre, solide, en cristaux , est un hydrate de baryte cristallisé. Cet hydrate s’obtient de la manière suivante. ^
On délite la baryte en y jetant une petite quantité d’eau. Quand elle est délitée , on l’introduit dans un matras avec de l’eau distillée. On fait bouillir cette eau sur une quantité de baryte plus grande qu’elle n’en peut dissoudre; on filtre la liqueur bouillante ,* qui par relroidissement laisse déposer des cristaux, qu’on fait égoutter sur du papier joseph , et qui doivent être renfermés dans des flacons bien secs , bouchés à l’émeri.
MANUEL