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OXIDES DE FEE

Les produits résultant de la combinaison du fer avec l’oxigène employés en pharmacie sont : i® l’oxide noir préparé à feau, et qu’on appelle vulgairement

MANUEL

martial; 2® l'oxide noir préparé par l' acide acétique ^ et auquel on donne le même nom. 5® La préparation de fer obtenue en calcinant pendant long-temps les oxides ci-dessus ou en décomposant le sulfate de fer vert , couperose verte , dans une cornue de grès ou dans un , creuset de terre, lavant le produit de la calcination^ pour en obtenir le résidu , qu’on appelle oxide rouge , colcotkar, etc.

i THIO P s .MARTIAL.

OXIDE DE FER HYDRATÉ PRÉPARÉ A l’e A U.

Un grand nombre de procédés ont élé indiqués pour la préparation de l’éthiops martial. MM. Lemery fils, Fourcroy, Gay-Lussac ,Yauquelin, Fabroni , Bouillon- Lagrange, Trusson, Jossc, Croharé, Cavezali , Guibourt, ont écrit sur l’oxidation du fer. Le mémoire le plus récent a été publié par M. Guibourt dans le Journal de pliamnacie.

Ce praticien distingué, après avoir examiné la plupart des procédés mis en usage, cite le suivant, comme celui qui lui paraît le plus convenable. Une autorité basée sur des faits nous paraissant irrécusable , nous croyons devoir adopter le moyen recommandé par ce chimiste. On prend de la limaille de fer , qu’on passe à travers les mailles d’un tamis de crin très-serré, pour séparer les matières étrangères que cette limaille contient toujours. On la met dans une terrine , on la lave à grande eau , puis on en extrait l’eau ; quand elle en sort claire, on abandonne la limaille à elle -même.

Quand l’opération commence h marcher , on l’active en remuant la masse avec une spatule , en ayant soin d’ajouter de temps en temps de petites quantités d’eau pour que la limaille soit toujours humide. Au bout de 4 à 5 jours , on lave le fer pour en séparer l’oxide , qui est entraîné par les eaux de lavage. On laisse déposer l’eau, on décante , on verse l’oxide sur le filtre , et quand il est égoutté , on le presse, et on le fait sécherà l’étuve. Le fer qui ne s’est pasoxidé donne, par le même moyen, de nouvel oxide, qu’on peut séparer de nouveau au bout de 4 à 5 jours.

Dans celte opération^ l’eau est décomposée , son oxigène se porte sur le métal , le convertit en oxide , tandis que l’hydrogène se dégage. M. Austin a remarqué que lors de l’oxidalion du fer il y avait forma don d’ammo niaque. M. Vauquelin a trouvé cet alcali dans la rouille de fer qui se forme dans l’intérieur des maisons. L’un de nous a confirmé qu’il y avait toujours formation d’ammoniaque pendant l’oxidation du fer, qu’en outre les oxides de fer naturels contiennent de l’ammoniaque (l’analyse a confirmé ce fait). L’oxide de fer obtenu par le procédé de M. Guibourt est d’un beau noir,* il salit fortement le papier et les mains. Il se dissout dans les acides sans effervescence sensible. Chauffé fortement dans une cornue , il perd une petite quantité d’eau qui avait échappé à la dessiccation.

OXIDE DE FER NOIR PRÉPARÉ PAR e’aCÎDE ACETIQUE.

Pour obtenir cet oxide , qui est un mél^mge d’oxjde de fer et de charbon , on agit de la manière suivante.

MANUEL

On dissout dans l’eau distillée du sulfate de fer trèspur , puis on ajoute à cette solution par petites portions, et jusqu’à ce qu’il n’y ail plus de précipité, une solution de squs-carbonate de soude, qui détermine un précipité. Quand la précipitation est complète , on laisse déposer, on décante la liqueur (i) , on verse sur le précipité une nouvelle quantité d’eau , on agite le tout pour que le précipité puisse bien se laver. On décante de nouveau après le dépôt, et on jette le précipité sur un filtre, on le lave jusqu’à ce qu’il n’ait plus de saveur, ou que l’eau qui en sort ne précipite plus les, solutions de baryte. On dessèche ensuite ce précipité, et quand il est bien sec , on l’humecte avec de l’acide acétique faible dans la proportion de 3 d’açide pour 8 d’oxide. Le mélange étant bien homogène, on l’introduit dans une cornue de grès lutée; on adapte à la cornue un tube de sûreté, et on distille. L’acide acétique passe en partie à la distillation , et en partie se décompose en donnant les produits des matières végétales. Celui qui est décomposé laisse pour résidu du charbon , qui reste avec l’oxide de fer (2). L’oxide noir préparé par ce procédé doit être rejeté , à moins que le médecin n’ait envie d’administrer à son malade du charbon végétal divisé, en même temps que de l’oxide de fer.

L’oxide de fer noir préparé par le procédé de M. Vau-

(1) Cette liqueur, par l’évaporation , donne des ciistaux qui sont le résultat de la combinaison de la base du carbonate avec l’acide du sulfate de fer ( sulfate de soude ).

(2) M. Save, pharmacien, a donné un procédé pour obtenir l’étliiops des batitures de fer; mais ce pharmacien employant l’huile dans la préparation de cet oxide, nous n’avons pas cru devoir le rapporter ici.

qiielîn peut être employé comme le premier. Il ne contient pas de substances étrangères. Pour l’obtenir, on prend 2 parties de fer porphyrisé , et 1 partie d’oxide rouge. On mêle ces deux substances dans un mortier, et quand le mélange est fait bien exactement, on l’introduit dans un creuset de Hesse garni de son couvercle , on lute , on place le creuset sur une tourte au ' milieu des charbons , et l’on chauffe pendant 2 heures. On laisse tomber le feu , on retire le creuset, et quand il est refroidi , on en relire l’oxide , qui est d’une belle couleur noire , et bien homogène dans ses parties.

Dans celte opération, l’oxigène de l’oxide se porte sur le fer, se répand également dans toute la masse, forme un oxide noir de fer. Suivant M. Berzeîius, l’oxide noir contient p. 0/0 de métal 69,51 d’oxigène. *

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