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ACIDE HYDROCHLORIQUE

Esprit de sel ^ acide marin, acide muriatique.

C’est Glauber qui le premier , vers le milieu du xvii. siècle , fit connaître l’acide hydrochlorique , et indiqua le moyen de l’obtenir. Le radical de cette combinaison

étant alors inconnu , ou lui donna un nom dérivé de la

substance d’où il avait été retiré.

Cet acide fut successivement le sujet d’un grand nombre de travaux. MM. Henry , Berthollet , Gay-Lussac ,

(i) L’oxigène et le chlore, par les phénomènes qu’ils produisent gyec cet acide gazeux, servent de réactifs pour le faire reconnaître.

Thénard , Davy et Berzelius s’en occupèrent. La plupart des expériences tentées par ces sa vans avaient pour but de rechercher quelle était sa nature. C’est à MM. Gay- Lussac et Thénard que nous devons la connaissance de sa composition, regardée maintenant comme le résultat de la combinaison du chlore avec l’hydrogène , dans les proportions d’un volume d’hydrogène et d’un volume de chlore.

Depuis Glauber, la préparation de l’acide hydrochlorique a été modifiée , et des masses considérables de cet acide , provensant de la décomposition du sel marin pour le transformer en sulfate de soude , et ensuite en soude factice, ont été mises dans le commerce ; mais ces grandes quantités d’acide sont salies par une huile volatile provenant du goudron qu’on mêle au sel marin destiné à la fabrication des soudes. Cet acide contient en outre de l’acide sulfureux ,‘des sels de fer et de chaux qui proviennent des appareils, ou qui ont été entraînés pendant la distillation.

L’acide hydrochloriquc obtenu par ces opérations, qui se pratiquent au moyen de divers appareils (î) , peut

(i) Trois sortes d’appareils sont employés parles fabricans d’acide hy.drochlorique , les hastrin^ues ^ les chaudières et les cylindres. Le premier de ces appareils consiste en un bassin en plomb , revêtu de

maçonnerie, dans lequel on décompose des quantités considérables

de sel marin , dont on recueille l’acide en le faisant traverser des réfrigérans composés de bouteilles de grès, superposées les uns sur les autres de manière à ce que le gouleau de l’une entre dans le fond de l’autre. L’acide les traverse toutes de bas en haut , et se trouve condensé avant d’arriver à la dernière. Les chaudières et les cylindres peuvent être considérés comme des appareils de Wouîf, dont les flacons et les tubes sont en grès yu lieu d’être en verre. Cet appareil

être employé parle pharmacien aax diverses opérations qui ne demandent pas l’emploi de l’acide hydrnchloriqne à l’état de pureté ; mais il ne pourrait pas l’être pour obtenir l’acide carbonique destiné à la fabrication des eaux minérales , ni à une foule d’autres préparations qui exigent l’emploi de cei acide pur. On est donc obligé pour se le procurer de Iç préparer de la manière suivante.

On met dans un ballon à long col , et dont !a capacité est au moins le double de celle qu’occupe le sel , trois kilogrammes de sel ‘marin décrépîté. On place ce/ ballon sur un bain de sable assez grand pour recouvrir ce vase jusqu’à moitié ; on met ensuite ce bain de sable sur un fourneau. On adapte deux tubes au bouchon qui ferme le ballon ; le premier, courbé en forme d’S, sert h introduire l’acide sulfurique; le second, de Weîter, courbé à angle droit, conduit le gaz dans nn petit fIai:on à trois tubulures , dans lequel on met 6 onces d’eau destinée à laver le gaz de ce flacon. Le gaz lavé , et qui ne s’est pas dissous , est porté par un autre tube dans un deuxième flacon tubulé,et de là dans un troisième : ces deux derniers flacons doivent contenir chacun un kilogramme d’eau ; les tubes qui conduisent le gaz ne doivent plonger dans le liquide que de quelques lignes seulement. Si l’on n’emploie pas de tube de sûreté , on a soin d’adapter à la troisième tubulure de chaque flacon, qui est libre, des bouchons portant des tubes droits qui plongeni à peine dans le liquide. Ces tubes permelleut à l’air de rentrer dans le flacon^ préviennent l’absorption, qui pourrait

j^sladapté à des marmites ou à des cyliadres, selon <jue l’un ou l’autrç de ces appareils est employé.

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avoir lieu par un changement de température. Si Ton se sert de tubes de sûreté , un bouchon seul ferme les tubulures.

L’appareil étant ainsi disposé , on lute toutes les jointures avec du lut de colle et de graine de lin ; on laisse sécher le lut. Lorsqu’il est sec , on introduit dans le ballon, par le tube en S, 4 kilogrammes d’acide sulfurique résultant d’un mélange de 5 kilogrammes i /‘2 d’acide sulfurique et d’un demi -kilogramme d’eau. On verse cette quantité à plusieurs reprises ; on laisse la réaction s’opérer pendant quelque temps sans le concours de la chaleur. Quand on voit qu’elle se ralentit, on chauffe modérément le bain de sable , et on élève graduellement la température, qu’on entretient jusqu’à ce que le dégagement du gaz ait cessé. Ce phénomène indiquant que l’opération est terminée , on relire le feu de dessous le fourneau , et on laisse refroidir l’appareil. Lorsque l’appareil est refroidi, on le démonte, et Ton recueille l’acide hydrochlorique qui s’est dissous dans les flacons. L’acide du troisième flacon est le plus pur , celui du second l’est moins , et celui du premier contient une certaine quantité d’acide sulfurique qui a été entraînée à la distillation. L’acide ainsi obtenu doit être conservé dans des flacons fermés en verre , qu’on place à la cave , ou en tout autre lieu dont la température soit peu ‘élevée.

La théorie de cette opération est facile à expliquer. L’acide sulfurique , qui a plus d’affinité pour l’oxide de sodium que n’en a l’acide hydrochlorique , décompose e sel marin, s’unit à sa base, et met à nu l’acide, qui se dégage, et qu’on recueille, soit à l’état gazeux, soit à

l’état liquide, en le faisant passer dans i’eau , où il ss dissout (i)i

L’acide hydrochlorique gazeux est incolore. Lors- .qu’il est répandu dans l’atmosphère, il s’empare de l’eau qui s’y trouve en dissolution , et donne lieu à des fumées blanches. Il éteint les corps en combustion : respiré , il détermine une irritation des membranes muqueuses , et produit quelquefois le crachement de sang. Sous une forte pression et à une basse température , ce gaz devient liquide. Exposé dans un tube de verre à une forte chaleur, il n’est pas altéré. Soumis à l’action d’im courant électrique, ce gaz se décompose; il en résulte . du chlore et de l’hydrogène. En contact avec l’eau , il s’y dissout avec rapidité. A la température de 20“, pression de 76 centimètres , l’eau en dissout 4^4 lois son volume. C’est alors de l’acide hydrochlorique liquide. Quand il est pur et concentré, il est blanc , très-acide , d’une odeur fatigante. Saturé de gaz à 20° , sous la pression de 78 centimètres , il a une pesanteur spécifique de î ,208. Chauffé ^ans une cornue jusqu’à la température

nécessaire à son ébullition, il laisse dégager du gaz acide

hydrochlorique en grande quantité. Le gaz peutêtre re- /

cueilli à l’état gazeux ou dans un liquide. L’acide hydro-

chlorique pur ne doit pas précipiter la solution de baryte, ni donner de précipité par les alcalis./ (Potasse, soude , ammoniaque. )

Pris intérieurement , et en grande quantité , il

(1) L’appareil destiné à recueillir l’acide hydrocldoriqu» gazeux consiste en un ballon ou flacon de lavage, à l’une des tubulures duquel on adapte un tube à recueillir les gaz. '

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est vénéneux. Les premiers secours à donner d^ins les cas crenipoisonnement par cet acide sont les solutions alcalines légères , le lait de magnésie, les boissons chargées d’albumine, le lait.

Les réactifs qui font connaître sa présence sont 1® le nitrate d’argent, qui donne lieu avec cet acide k un précipité blanc caillebotté , insoluble dans l’eau, dans l’acide nitricpie en excès; soluble dans l’ammoniaque (à l’état humide). Exposé ati contact de l’air, ce précipité prend une couleur violette; chauffé fortement , il prend un aspect particulier , devient semblable à de la corne (cequil’afaiî peler argent corné). C.hauffé dans un creuset avec un oxide alcalin ( la potasse ou la soude), il y a décomposition du chlorure, et le mé- , tal réduit se rassemble au fond du creuset sous forme d’un culot métallique. ( F oyez argent , page 588.)

Le protoet le deutonitrate de mercure sont eîuployés pour reconnaître la présence de cet acide. Le protonitrate mis en contact av^c-l^acide hydrochlorique donne lieu à du protochloriire de mercure, précipité blanc, 1 qui se dispose sous forme d’une poudre blanche insoluble dans l’eau , volatile quand on l’expose à Faction du feu , etc. [F oyez protochlorure de mercure.) Le deuto- ^îiîtrate donne lieu à du perchlorure , sublimé corrosif, qui se dissout dans le liquide^ et qu’on peut obtenir à î’état solide par l’évaporation.

La combinaison de l’acide hydrochlorique avec les bases donne lieu à des bydrocblorates , qui ont des caractères particuliers qui font reconnaître ces sels , et par conséquent leur acide. [F oyez hydrochlorates.)

ACIDE HYDROCHLORO-NITEIQEE , ACIDE NITEO-MUF.IATIQUE ,

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