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SOUS-CARBONATE D ’ A M M O N 1 A Q U E

Alcali volatil concret y sel volatil d'Angleterre (i).

Ce sel est connu depuis long-temps. Il a été, préparé primitivement en Angleterre , d’où lui vient le nom de sel volatil d' A iigleterre. On le distinguait de l’alcali volatil liquide par le nom à' alcali volatil concret , sans savoir cependant quelle était sa composition. Ce ne fut qu’après la découverte de Black qu’on reconnut que ce

(i) Ce sel a été appelé alcali volatil aéré (Bergman), méphyte

volatil y sel ammçniacal crayeux y craie ammoniacale. Mais ces noms ne lui furent donnés qu’après qu’on eut reconnu sa composition.

DU PHARMACIEN. GSg

sel était un composé d’acide carbonique et d'amraoniaquCé

Ce carbonate s’obtient de la cécompositlon des ma- • libres animales , an moyen de la chaleur : aussi il est sali par de l’huile animale fétide. On doit lui faire subir quelques opérations, pour l’obtenir privé de cette huile.

( V oyez la pai^tle de cet ouvrage, page 1 79.) ;

Lorsqu’on veut rohtenir hianc, exempt de toute matière étrangère, on opère de la manière suivante. Oo prend vingt - quatre parties d’hydrochlorate d’ammoniaque bien blanc, et privé de toute substance étrangère. On le réduit en poudre, pois on le môle avec trente parties de carbonate de chaux pulvérisé ( emte ) , qu’on a soin de calciner légèrement, pour loi enlever les matières végétale's qu’elle peut contenir, sans dégager d’acide carbonique. ’

On mélange le tout , et on l’introduit dans une cornue de grès , recouverte d’un lut terreux. Cette cornue doit être d’une capacité double de celle du mélange. On adapte à ce vase.imc cruche de grès ayant une tubulure sur l’une de ses parois (1). On Iule soigneusement les jointures de ces deux vases. On place a cornue dans un fourneau à réverbère , et la cruche dans un vase assez grand pour la contenir , et qui ;est employé à recevoir l’eau qu’on doit faire tomber sur le récipient, A la partie supérieure de ce vase est un trop-plein destiné è vider î eau qui s’est échauffée en passant sur le

(1.) On peut se servir d’un récipient en plomb , ayant un couvercle mobile à sa partie supérieure , et une ouverture latéiale pont redevoir le col de la cornue. ;

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vase condensateur. On a soin de placer la cruche de manière à ce que la tubulure latérale soit au-dessus de l’eau , on ferme cette tubulure avec un bouchon , et on procède à la distillation. On commence d’abord par mettre dans le fourneau quelques charbons, pour échauffer seulement la cornue. On élève la température , qu’on soutient de manière à entretenir la volatilisation du carbonate J sans trop échauffer le récipient , sur lequel on dirige un filet d’eau , qui doit couler depuis le commencement de l’opération jusqu’à la fin.

On peut se servir de la tubulure latérale supérieure pour bien conduire son opération. Si le feu est trop violent, lorsqu’on retire le bouchon , les vapeurs prennent subitement de l’expansion, il faut alors modérer la chaleur, et muliiplier les moyens de condensalion. Si , le bouchon étant ouvert , les vapeurs ne sortenb|iLmnt avec force j c’est une preuve que l’opération và bien.

On continue d’entretenir le feu , qui doit être plus fort à la..ÿfin de l’opération , les dernières portions de sel étant plus difficiles à volatiliser. On ce^se le feu lorsque le récipient sc refroidit, ce qui annonce qu’il n’y a plus de volatilisation ni de condensation.

L’opération étant terminée, on laisse refroidir l’appareil ; on le démonte. Si le récipient est en grès , on le casse pour enlever le carbonate qui se trouve attaché sur les parois. Ce sel a une épaisseur qui varie selon la quantité de mélange employé et la grandeur du récipient (i)^ Une portion du carbonate obtenu,

(i) Si le récipient est en plomb , on enlève le couvercle inoéile, et l’on détache le sel. ' '

celui qui se trouve à la partie inférieure du récipient , est un peu coloré et humide. Cette coloration est plus grande sî le sel ammoniac employé était impur et coloré. On remédie à cet inconvénient en mettant ce se! à part , pour lui faire éprouver une rectification (1) . Ou conserve le carbonate d’ammoniaque dans un flacon bien bouché.

Voici ce qui wSe passe dans l’opération. Par Faction de la chaleur il y a une double décomposition , formation de muriate de chaux, restant fixe , fondu dans la cornue ; et de carbonate d’ammoniaque volatil , qui se dé gage, il est plus ou moins pur, selon la pureté des matières preniières employées.

Ce se! est blanc j il a une saveur caustique urineuse , une odeur ammoniacale très-forte , il ramène au bleu le |D^^r de tournesol rougi paPfâ acides, il verdit le sirop dè'violettes. Exposé à lair, il se vaporise ,* soluble dans l’eau , il se volatilise , si on le met en contact avec l’eau bouillante : traité par les acides, il donne paissance à des sels ammoniacaux en perdant l’acide carbonique, qui se dégage. La potasse, là soude , la chaux, la baryte , mises en contact avec ce sel , le décomposent , et .donnent naissance à de nouveaux combinés et à de l’alcali

volatil , mis à nu. , v

Ce sel est formé de 56,4 1 d’acide. ,

*' et de 43,59 de base.

(1) M. Oessard a, dans le Bulletin de pharmacie^ 1810, tome 2^ .page la et suiv.^ indique un moyen pour la rectification de ce produit ; ‘ mais cet appareil n’offre pas tous les avantages qu’on pouvait désirer ; d^ailleiu'S il serait dispendieux: de remployer en fabrication.

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Le carbonate d'ammoniaque contient toujours une certaine quantité d’eau , qui a été déterminée , et qu’on a reconnue être depuis un huitième jusqu’à un douzième.

Le sous-carbonate d’ammoniaque est employé par le pharmacien-chimiste pour séparer la glucine et i’yltria de l’alumine. Pour cela , on traite le mélange des deux oxides ( alumine et yttria , ou alumine et glucine ) à l’état d’hydrates par ce sous - carbonate , qui dissout la glucine ou l’yttria sans dissoudre l’alumine. On fdtre ; etj en chassant par le moyen de la chaleur le sous-carbonate d’ammoniaque, on obtient l’oxide qu’il avait dissous.

Le sous-carbonate d’ammoniaque est mêlé au tabac en poudre pour lui donner du montant, il est aussi employé dans la fabrication du pain , façon anglaise. Les dégraisseurs s’en servent pour enlever les taches d’acide; en pharmacie, il est introduit dans de petits flacons , et vendu sous le nom de sel volatil cU Angle-' terré; quelquefois on l’aromatise avec de l’essence de lavande.

Les caractères qui peuvent servir à le faire reconnaître sont : 1" son odeur, 2“ sa volatilité. Lorsqu’il est traité par l’acide nitrique , il y a dégagement d’acide carbonique, et conversion du carbonate en nitrate d’ammoniaque, qui a des caractères bien particuliers.

CARBONATE DE BARYTE.

, Le carbonate de baryte pouvant être employé parle

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pharmacien pour obtenir îa baryte et ses sels , nous avons cru devoir en parler dans notre ouvrage.

C’est en qu’on eut la première connaissance

de ce sel , qu’on a depuis tî'ouvé tout formé en Angleterre , dans le Hanckshire ; à Anglesarck , en Syrie ; à Neuberg , en Sibérie ; à Schlaugenberget dans le pays de Galles. Ce carbonate est à l’état de pureté , ou accompagné de matières étrangères. Le plus ordinairement il est blanc, et en masses rayonnées, d’une grande densité. Calciné et traité par l’acide nitrique, étendu , on peut le convertir à l’aide de la chaleur en nitrate.

Le carbonate de baryte pur doit être préparé de la manière suivante. On veèse , dans une solution de nitrate de baryte , du sous-carbonate de soude liquide jusqu’à ce que l’addition d’une nouvelle quantité de ce sel ne produise plus de précipité. Le nitrate de baryte est décomposé , l’acide nitrique s’unit à la soude , et l’acide carbonique à la baryte. 11 y a formation de deux sels; mais le premier de ces sels (le nitrate de soude ) est soluble , tandis que le carbonate de baryte ne l’est pas, ce dernier se précipite. On filtre. Le carbonate de baryte reste sur le fdtre , tandis que le nitrate de soude passe à l’état liquide. On lave le fdtre à l’eau bouillante jusqu’à ce que îa liqueur qui sert au lavage n’ait plus de saveur. On laisse égoutter^ on fait sécher le précipité à l’étuve, et on le conserve ensuite dans un flacon bouché en liège. Ce sel est blanc , pulvérulent et très-pesant. 11 n’a ni odeur ni saveur.

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