SOUS-CARBONATE DE SOUDE IMPUR , SOUDE DU COMMERCE
La soude n’a été distinguée de la potasse que dans le milieu du xvm® siècle; cependant elle était connue dès le IX® : l’arabe Geber l’avait indiquée dès-lors; mais onia confondait avec la potasse. C’est à Pott, à MargralF et à Duhamel qu’on doit la distinction de ces deux substances. '
La soude s’obtient de la combustion des végétaux qui croissent sur les bords de la mer, et particulièrement des salsola , des fucus et des v arecs , et surtout du salsolasoda (1). Pour l’obtenir, on cueille ces plantes, on les met en tas , qu’on laisse exposés à l’air. Une fois desséchées , on les brûle. On calcine ensuite les cendres, en renouvelant les surfaces pour détruire la plus grande partie des matières charbonneuses. On laisse refroidir ce produit. Quand il commence à se vitrifier , on l’enlève en masses plus ou moins grosses , qui varient de couleur. Ces soudes sont des mélanges d’une petite quantité de sous-carbonate avec des sulfures , du charbon , des matières terreuses ^ de l’oxide de fer, etc. Ces soudes, comme les potasses , ont besoin d’être examinées pour reconnaître leur valeur réelle. L’on connaît les soudes d'Alicante f de Cherbourg , celle de varec , enfin la soude factice. Cette dernière est un produit de l’art dû û notre indlistrie. C’est M. Leblanc qui le premier chercha à obtenir la soude du sulfate. Dizé s’en occupa ensuite. Ce procédé , modifié parM. Darcet, réussit parfaitement; et les heureux résultats de cette belle découverte sont incalculables. La méthode employée pour obtenir la soude est la suivante. On calcine du sulfate de soude desséché avec du carbonate de chaux pulvérulent {craie) et du charbon (1). L’oxigène de l’acide sulfuri^ que se porte sur le charbon , le convertit en acide car-
(1) M. Chaptal a examiné quelles sont les plantes qui contiennent le plus de soude.
(2) Cette calcination se fait dans des foux’s à réverbères construits exprès.
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honiqiie, qui se dégage. Le sulfate passe alors à Télat de sulfure , mais bientôt le soufre se combine avec la chaux pour former un sulfure de chaux , et la soude se trouve libre. On relire ce produit, qui , exposé à l’air, absorbe peu à peu l’acide carl)onique , et passe à l’état de souscarbonate.
Le carbonate de soude s’obtient delà lexiviation des soudes factices ou naturelles qui ont été exposées h l’air pour absorber l’acide carbonique. Pour cela on les pulvérise grossièrement; on place le produit de la pulvérisation dans un tonneau, et on verse dessus de l’eau froide de manière à ce que celle-ci surnage. Lorsquel’eaua séjourné pendant 12 à 1 5 heures sur la soude, on laisse écouler le liquide par un trou pratiqué à la partie inférieure du tonneau, qui est garnie de paille à la hauteur de 4 è 5 pouces. On recueille ces eaux dans des réservoirs. On ferme le tonneau , on ajoute de nouvelles quantités d’eau , qui servent à laver de nouvelles soudes , de manière 5 épuiser toutes les par- ' ties solubles , et à ne pas augmenter les eaux de lavage. On réunit toutes ces eaux, on les fait évaporer, et on porte la liqueur à 5o° de l’aréomètre. On cesse le feu ^ on laisse déposer la liqueur, on l’entretient! chaudement. Au bout de 6 heures on décante la partie supérieure du liquide qui s’est clarifié , et on la porte à l’étuve dans des ' vases propres à la recevoir. Là elle cristallise , et les cristaux qu’on obtient sont plus réguliers, si la cristallisation s’est faite lentement. Ces cristaux sont quelquefois tin peu colorés. Pour les priver de cette couleur, on les redissout dans l’eau distillée,, on tire à clair, et on fait cristalliser.
DU PHAnMAClEN.
Quelques personnes se servent d’eau chaude pour lessiver les soudes. Ce mode a Finconvénient de donner une solution et des cristaux moins purs que lorsque la dissolution a élé opérée à froid. Ces cristaux obtenus au moyen del’eau chaude peuvent cependant être employés pour diverses préparations qui ne nécessitent pas Femploi du sous-carbonate de soude pur.
Le sous-carbonate desoudequ^on trouve dansle commerce est quelquefois à Fétat de cristaux , quelquefois à Fétat àQ petits sels. Ces carbonates pouvant contenir des quantités plus ou moins grandes d’alcali, on se sert de Facîde sulfurique pour en reconnaître la proportion. [Voyez acide sulfurique.)
Les soudes du commerce sont aussi essayées par le même procédé. On reconnaît par la saturation d’une lessive de loo grammes de cette soude combien elle contenait de matière alcaline. Ces essais sont nécessaires, quelques soudes ne contenant que lo p. o/o de soude , tandis que d’autres en contiennent 24 et plus.
Le sous-carbonate de soude a une saveur âcre, légèrement caustique. 11 est soluble dans l’eau froide, plus soluble dans Feau chaude; il cristallise par refroidissement. Les cristaux qu’on en obtient ont la forme de prismes rbomboïdaux. Exposés à Fair, ils de viennent blancs, ce phénomène est du à ce qu’ils perdent une certaine quantité d’eau , et s’effleurissent. Si on les soumet à Faction du feu , ils se fondent dans Feau de cristallisation ; à mesure que la chaleur devient plus forte , ils perdent cette eau , et passent à Fétat de sel sec y mais sans éprouver de décomposition.
MANUEL
Ce sel contient une très -grande quantité d’eau de cristallisation. Cette quantité a été évaluée par M. Berard à 6*2,69 p.0/0 ; Bergman, Kîapproth Font portée h 64, Thompson à 65. Mais cette quantité nous a paru , d’après l’expérience, s’élever jusqu’à 66 p.0/0. Le carbonate de soude en cristaux que nous avons employé était dans les conditions nécessaires pour pouvoir déterminer exactement les quantités d’eau et de substance sèche.
On trouve le sous- carbonate de soude en très-grande quantité en Égypte , à la surface du sol , ou dans de petits lacs qui contiennent de l’eau en hiver , et qui la perdent dans les chaleurs de l’été par l’évaporation. Ce carbonate est mêlé de substances étrangères. (On en a trouvé aussi en efflorescence sous les arches d’un pont construit sur la Seine.)
Le sous-carbonate de soude pris à l’intérieur à l’état de concentration peut causer des accidens graves. On doit y remédier en donnant des boissons acidulées en grande quantité, de l’eau chargée de blancs d’œufs, du lait , de l’huile , etc.
Il est composé d’après Thompson de
i4,i6 diacide carbonique.
20,60 d’oxide. ‘
65,24 d’eau.
Les caractères particuliers qui peuvent servir à faire reconnaître ce sel , et à le distinguer du sous-carbonate de potasse , sont les suivans ; 1® l’exposition du carbonate à l’air: celui de potasse attire l’humidité , se résout en une liqueur alcaline, tandis que celui de soude perd de son çau cle cristalhsation , s’effleurit, et finit par se réduire
en poudre , si cette exposition a lieu à une température un peu élevée. 2® Le sous-carbonate de soude, traité par l’acide bydrochlorique , il y a production d’hydrochlorate de soude sel marin. Ce sel est bien différent de celui obtenu de la saturation du sous-carbonate de potasse, hydrochlorate de potasse. Traités par d’autres acides (acétique , sulfurique , nitrique) , les sels résultans de la combinaison de ces acides avec les deux sous - carbonates possèdent des caractères particuliers qui peuvent faire reconnaître très-facilement quel est celui de ces carbonates qui a été employé dans la combinaison. 5° Combinés avec les huiles , le carbonate de soude forme des savons durs , et celui de potasse des savons mous.