CARBONATE DE POTASSE
Ce sel , qui est une combinaison d’acide carbonique et de potasse dans les proportions
de 45, d’acide . <•
4o , de base (Bergman)
1 7 , d’eau
jouit de propriétés bien différentes de celles du souscarbonate. Il n’attire plus l’humidité de l’air; il cristallise en prismes quadrangulaires, terminés au sommet par deux triangles renversés en forme de toit de maison , ou en prismes tétraèdres, rhomboïdaux, à sommets dièdres. Sa saveur est alcaline , non caustique ; il verdit le sirop de violettes , ramène au bleu le papier de tournesol, est soluble dans l’eau froide , plus soluble dans l’eau bouillante, mais en perdant une partie de son acide, qui se dégage sous forme de bulles. Chauffé fortement, il perd de
DU PHARMACIE N. 6l5
i’eau de crîstaliisatîon de l’acîde carbonique , et passe à l’état de sous-carbonale.
Ce sel se prépare de la manière suivante. On monte un appareil composé d’un grand flacon à 5 tubulures, contenant du marbre blanc concassé et de l’eau. La première tubulure porte un tube de sûreté recourbé à angle droit , qui va plonger dans un deuxième flacon contenant de l’eau ; la deuxième sert h fixer un entonnoir à longue tige , dont l’extrémité inférieure doit plonger dans l’eau. On peut à volonté fermer cet entonnoir avec un tube de verre plein arrondi par les bouts; la troisième, située à la partie inférieure^ sert à retirer les produits résultans de la décomposition du marbre par l’acide hydrochlorîque hydroclilorate de chaux. Du deuxième flacon part un second tube de sûreté qui plonge dans un troisième flacon contenant une solution de potasse pure ; de ce troisième flacon un tube qui va plonger dans un quatrième vase , et ainsi de suite (i). Cet appareil étant monté et luté , une fois le lut séché , on verse par l’entonnoir de l’acide hydrochlorique , en ayant soin de
n’en mettre que par petites portions , et à plusieurs reprises. L’acide hydrochlorique se trouvant en contact avec le marbre , le décompose , s’unit à la base pour former un hydrochlorate. L’acide carbonique mis h nu se dégage. Cet acide passe dans le premier flacon , où il se lave^ et de là dans les solutions de potasse , où il se combine en partie pour former le bi-carbonate , qui cristal*^ lise dans la liqueur sur les parois des flacons et autour
(i) Ces flacons sont à larges ouvertures et fermés par des bouchons de liège.
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des tubes. Il ne faut pas laisser les tubes s’eno;orger de ce sel. Pour cela on monte, autant que possible , l’appareil avec des tubes à large orifice , ou qui soient coupés h la partie inférieure en bec de plume. On renouvelle les quantités de marbre et d’acide autant qu’on veut. A cet effet on casse le marbre en morceaux , on le fait entrer par la tubulure supérieure , et on fait couler le sel liquide formé de chaux et d’acide hydrochlorique parla tubulure inférieure. Lorsque le carbonate cristallisé est en assez grande quantité, on démonte l’appareil, et on l’enlève. On le met à égoutter, on l’étend sur du papier à filtrer. Quand il est sec, on l’enferme dans des flacons fermés en liège.
Plusieurs procédés ont été donnés pour obtenir ce carbonate. De Chaulnes exposait une solution de potasse pure dans le gaz acide carbonique qui se dégageait de la fermentation de la bière. Pelletier se servait de celui que nous venons de citer. Berthollet employait le suivant.
PROCÉDÉ DE Berthollet.
On introduit dans une cornue un mélange de carbonate de potasse liquide et du sous-carbonate d’ammoniaque dans les proportions convenables. La potasse enlève l’acide carbonique au sel ammoniacal , met à nu la base, qui se dégage à l’état gazeux, et qu’on peut recueillir et condenser. Ce mode est maintenant employé parles Anglais pour préparer le carbonate de soude 'saturé.
Ce sel peut être reconnu et distingué du carbonate
neutre de soude en le saturant par les acides, qui donnent des sels à base de potasse bien différons de ceux à base de soude.