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SOUS-SULFATE DE MERCURE

T arbitk minéral, sous-deutosuifate de mercure^

C’est Crolîius qui le premier fit connaître ce sel, qu’il appela turblth minéral, il en tenait la préparation secrète , tout en vantant ses vertus médicinales. Kunkeî rendit public , en 1 700 , le procédé de préparation. Ce sel se prépare de la manière suivante. On prend deux parties de mercure pur, on les introduit dans une fiole à médecine dont le fond doit être és:aî dans toutes ses

parties ; on verse sur le métal, ‘2 parties 1/2 d’acide sulfurique à G6“, et on met la fiole sur la grille d’un fourneau placé sur la paillasse d’une cheminée à hotte, tirant parfaitement. On chauffe d’abord doucement le vase , et on élève successivement la température. Une portion de l’acide sulfurique est décomposée, une partie de son oxigène se porte sur le métal , le convertit en oxide , qui s’unit à la partie d’acide sulfurique non décomposée. Tandis que l’acide sulfureux se dégage (1) , on continue de chauffer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de dégagement d’acide sulfureux. Alors on retire la masse

(1) On peut actepter à la fiole un appareil propre à laver et à obtenir le gaz acide sulfureux liquide , ou utiliser cet acide , en préparant certains sulfites.

mercurielle de la fiole , on la place dans une capsule de porcelaine, et on chaufie graduellement, de manière à chasser l’excès d’acide. Cette dernière opération doit être conduite avec soin. Si l’on chauffe trop peu, le sulfate de mercure qu’on retire est très ~ acide , la plus grande partie de la masse saline est dissoute par l’eau , et l’on n’obtient que très -peu de sous -sulfate.

Lorsque la dessiccation du sulfate de mercure est arrivée au point n’écessaire , on retire la capsule du feu ; on réduit en poudre la masse saline^ et on verse de l’eau bouillante sur cette masse, qui est dans un mortier de verre. On agite ensuite avec un pilon, pour que toutes les parties soient en contact avec l’eau. Par ce lavage , on détermine la formation de deux sels mercuriels à base d’acide sulfurique : le premier, soluble, est un sulfate acide de mercure ; il reste dans la liqueur. Le second , qui e^i avec excès de base , est le soussulfate de mercure , le turbltli minéral. On le lave à plusieurs reprises , pour lui enlever tout le sulfate soluble qu’il pouvait retenir, et on le fait égoutter et sécher, on l’enferme dans un flacon , après l’avoir réduit en poudre.

Ce sel est sous la forme d’une poudre jaune, d’une couleur très-belle. 11 est presque insoluble dans l’eau ; mis dans la bouche , au bout de quelques instans on lui reconnaît une saveur mercurielle.

Le turbith minéral soumis à l’analyse , on trouve qu’il est composé de i5,o d’acide sulfurique.

84,7 de peroxide.

0,5 d’eau.

MANUEL

Ces quantités peuvent varier d’après la manière d’opérer du manipulateur , et le degré de dessiccation qu’on a fait éprouver au sel mercuriel.

Si , lorsqu’on fait évaporer les eaux-mères contenant le sulfate acide de mercure , on a le soin d’arrêter l’évaporation au bout de huit à dix minutes , et qu’on laisse refroidir la liqueur, on obtient un sel mercuriel qui est d’une belle couleur jaune orangé et en petits cristaux. Ce sel, que run de nous a obtenu en faisant le turbith minéral , n’a pu encore êlre examiné.

En continuant l’évaporation, en calcinant le résidu , et en le traitant par l’eau , on peut obtenir de nouveau du turbith.

Le nom de turbith a été donné au sous -sulfate de mercure à cause de sa couleur, qui est analogue à celle d’une racine employée en pharmacie , et qui porte ce nom.

Ce sel Introduit dans l’économie animale serait un poison. Les secours à administrer contre les accidens causés par le turbith sont : l’albumine délayée dans l’eau, le gluten , la farine, le lait.

La chaleur peut servir de réactif pour faire reconnaître le turbith , qu’elle décompose en dégageant le mercure, qu’on peut recueillir sur une lame de cuivre.

Sa couleur, sa pesanteur, et le peu de corps qui possèdent des propriétés physiques analogues , font facile-^ ment distinguer ce sel.

DU PHAKMACIEN.

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