HYDROCHLORATE DE CHAUX
Ce sel e^t le résultat de la combinaison de l’acide hv-
drochlorique avec la chaux , dans la proportion
(1) Il faut prendre de l’eau distillée. Sans cette précaution , on décomposerait une partie du sel , et on obtiendrait un médicament infidèle, qu’il faudrait jeter.
de 48,10 d’acide et de 5 1 ,90 de chaux.
Ce sel se prépare directement en saturant l’acide hy^ drochlorique par de la craie en excès , en faisant bouillir la liqueur , en filtrant 1 en faisant évaporer, et en calcinantle résidu pour décomposer une petite quantité d’hy^ drochlorate de fer qui provient ou de la craie ou de l’acide. Par cette opération , l’hydrochlorate de fer est décomposé et converti en oxide. On dissout dans l’eau le produit calciné , on filtre , l’oxide de fer reste sur le filtre; on réunit les liqueurs filtrées pour les faire évaporer et obtenir ce sel cristallisé.
La saturation de l’acide hydrochlorique par le carbonate de chaux (craie) doit être faite avec précaution. On ajoute la craie peu à peu , afin de ne pas causer une effervescence trop vive ; cette effervescence pourrait faire passer une partie du produit sur les bords du vase où la saturation s’opère.
On prépare encore l’hydrochlorate de chaux en dissolvant dans l’eau le résidu provenant de la décomposition de l’hydrochlorate d’ammoniaque par la chaux (vojez page 435 et suivantes) , en filtrant la dissolution , la faisant évaporer et cristalliser.
Ce sel , soit à l’état liquide , soit à l’état cristallin , est ( peu employé en pharmacie ; on se sert seulement de ce ( produit, qui a subi la fusion ignée , et qui a été converti ! par ces opérations en chlorure de calcium. On prend le ) sel , on l’amène à l’état de dessiccation dans une chau- 1 dière de fonte ; quand il a été ainsi desséché , on le met ) dans un creuset qu’on place dans un fourneau-, et on
cliaufTe fortement. Par celte opération , ce sel perd nonseulement une petite quantité d’eau qu’il contenait encore , mais aussi un peu d’acide ; enfin il passe à l’état de chlorure , avec formation d’eau résultant de la décomposition de l’acide hydrochlorique et de l’oxide de calcium. Ce produit est alors une combinaison i de 62,41 de chlore
et de 07,59 de calcium. ( Berzelius. )
Le chlorure de calcium est blanc. Exposé à l’air, ‘il en^ attire riiumidité, devient déliquescent, se décompose de nouveau , et passe à l’état d’hydrochlorate. La propriétéque le chlorure de calcium a, de luire dans l’obscurité , l’a fait appeler phosphore de Homberg , parce que ce chimiste est le premier qui lui reconnut cette propriété.
IIYDROCHLORATE DE FER.
Muriate de fer.
Ce sel se prépare en traitant la limaille de fer privée de cuivre et d’autres substances étrangères par l’acide hydrochlorique pur , filtrant la solution lorsqu’elle est saturée , et la faisant évaporer jusqu’à siccité , et en l’enfermant ensuite dans un vase qu’on doit boucher exactement,
" Ce sel a une couleur verte; sa saveur est styptique. Il est très-sohible dans l’eau froide , plus soluble encore dans l’eau bouillante ; il cristallise par refroidissement. Soumis à.l’aclion de la chaleur , il se décompose , et se convertit en chlorure avec formation d’eau. Le proto-
chlorure de fer étant employé dans la teinture de Bestuehefj, on le prépare de la manière suivante.
On introduit dans un creuset du muriate de fer desséché ; on le recouvre d’un autre creuset renversé ; on lu te la jointure des deux creusets ; on place cet appareil dans un fourneau ; on ajoute ensuite à l’entour de ces vases des charbons allumés , et on chaufFe fortement pendant une heure et demie. Au bout de ce temps , on
cesse le feu , on laisse refroidir , et on démonte l’appareil. On enlève ensuite la partie sublimée , qui se trouve dans le creuset supérieur, et on l’enferme dans un flacon qui fb'it être bouché exactement. Getîe précaution est indispensable : ce chlorure , exposé à l’air , se décomposerait, absorberait de l’humidité et de l’oxigène de 1 air, et passerait à l’état d’hydrochlorate de fer plus oxidé.
HYDROCHLORATE d’oR.
Chlorure d'or, Muriate d'or.
Ce sel est le résultat de la combinaison de l’acide hydrochlorique avec l’oxide d’or. Il se prépare de la manière suivante. On introduit dans une fiole à médecine de l’or pur, que l’on a divisé au moyen de ciseaux , après l’avoir aminci en le frappant sur un tas d’acier avec un marteau , ou après l’avoir amené à l’état de lames minces au moyen d’un laminoir ; on verse ensuite sur ce métal de l’acide hydrochloro - nitrique , préparé en mélangeant ensemble 1 partie d’acide nitrique à 36® et 3 parties d’acide hydrochlorique ; on place la fiole à
MANUEL
médecine sur un bain de sable , et on chaulFe jusqu’à ce que la dissolution soit complète , en ajoutant de nouveau de l’acide , si la quantité qu’on y a mise d’abord n’était pas suffisante pour opérer sa dissolution (1). Lorsque cette solution est opérée , on verse dans une capsuie de verre ; on rince la fiole avec un peu d’eau distillée ; on réunit ce lavage , et l’on fait évaporer à une douce chaleur. Quand la dissolution est évaporée à siccités et que le sel est sec , on l’introduit , aussitôt qu’il est refroidi, dans un flacon bouché en verre, que l’on ferme exactement.
L’évaporation de ce sel doit être faite avec les plus grandes précautions ; si l’on chauffait trop fortement ce produit, on pourrait opérer la décomposition d’une partie du seL
HYDROCHLORATE d’oR ET DE SOUDE.
Muriate d’or et de soude.
Ce sel , qui est employé avec succès dans le traitement des maladies vénériennes anciennes , se prépare de la manière suivante (2). On prend deux onces d’or
(1) Le Codex indique les proportions suivantes :
Or 100 parties.
Acide hydrochloro-nitrique 3oo
L'acide hydi’ochloro-nitrique du Codex est préparé avec une partie d’acide nitrique à 32° et 2 parties d’acide hydrochlorique à 22°.
(2) Ce procédé est dû à M. Figuier de Montpellier, qui fut chargé par M. Chrétien de préparer ce sel, dont il se sert avec succès. {Journal de pharmacie page 64 , tome 6. )
laminé et divisé ; on l’introduit dans un matras à long col ; on verse sur le métal huit onces d’acide hydrochloro-nilrique , préparé dans les proportions d’une partie d’acide nitrique sur trois parties d’acide hydrochlorique ; on pose le matras sur un bain de sable placé sur un fourneau, et on laisse agir à froid jusqu’à ce que l’ébullition qui résulte de l’action de ce mélange versé sur le métal soit terminée. On chauflé alors le bain de sable de manière à porter la liqueur à l’ébullition , que l’on soutient jusqu’à ce que la dissolution soit complète. On laisse en repos ; on décante la dissolution claire dans une capsule de verre , on sépare un dépôt qui se trouve au fond du malras , et qui est un peu de chlorure d’argent (1). On fait évaporer la dissolution à une douce chaleur jusqu’à ce qu’elle ait une consistance sirupeuse ; on retire alors la capsule du feu ; on étend le liquide avec 1 2 parties d’eau distillée , et on fdtre. On prépare ensuite une solution de muria te de soude pur, dans la 1 proportion de 4 de ce sel décrépité pour 3 onces d’eau ; lorsque la dissolution est filtrée , on la réunit J dans une capsule avec la solution de muriate d’or, et ,on i fait évaporer jusqu’à consistance de sirop clair. On rer tire alors la capsule du feu , et on la place dans un endroit frais. Le muriate d’or et de soude cristallise ; on ; ' sépare l’eau-mère en inclinant la capsule ; on ajoute eni! suite aux eaux-mères huit fois leur poids d’eau distillée , et on fdlre. On fait évaporer de nouveau ; pour avoir
(1) L’or /jwr du commerce contient très-souvent une petite quantité d’argent.
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une seconde cristallisation ; on ajoute encore un peu de muriate de soude à la liqueur; on fait évaporer et cristalliser de nouveau. On réunit le produit des trois cristallisations ; on le fait dissoudre dans l’eau distillée, et ■ on fait évaporer pour obtenir les cristaux , qui sont mis n égoutter, puis à sécher, sur du papier josepli , enfin enfermés dans les flacons.
Les eaux-mères doivent être évaporées jusqu’à ce qu’elles ne fournissent plus de sels , ou bien , après les diverses cristallisations pour retirer l’or qu’elles contiennent ; on précipite ce métal par une lame de fer que l’on met en contact avec la solution. L’or se dépose ; on le recueille sur un filtre ; on le lave, et on peut s’en servir pour obtenir de nouveau des sels d’or.
On doit recueillir les fdtres et les papiers qui ont servi dans cette préparation. Ces papiers brûlés donnent des cendres aurifères, dont on retire le métal en les traitant par l’acide hydrochloro-nilrique , et en précipitant la solution par une lame de fer ainsi que nous l’avons déjà dit,
PROCÉDÉ DU Codex.
Les proportions dans lesquelles le muriate est préparé sont les suivantes :
Or fin gros.
Acide hydrocbloro-ni trique. . . ’ 1 once 1/2.
Hydrochlorale de soude pur. . 2 gros.
L’bydrochlorate d’or doit être donné avec précaution , ce sel étant vénéneux et susceptible de causer des accidens. On l’ordonne en frictions sur la langue , les
gencives , à la dose d’i/i5 à 1/8 de grain. On le mêle à des poudres inertes.
MURIATE d’or préparé. PrOCÉDÉ DE M. FiGUIER.
On prend 2 grains 1 /4 de poudre d’iris Irès-fine , qui a été privée par l’eau et l’alcool de tout ce qu’elle contient de soluble ; on mêle cette poudre à 3/4 de grain de muriate d’or et de soude. Ces deux substances , triturées dans un mortier, sont conservées pour l’usage.
Les sels d’or dissous dans l’eau sont aisément reconnus par les réactifs suivans. Une lame de fer les décompose et revivifie l’or, qui se précipite sous forme d’une poudre brune. L’étain les précipite sous forme d’uiie poudre de couleur pourpre. Les acides sulfureux et gallique et l’acétate de cuivre en ramènent l’or à l’état métallique.
Les secours à donner contre les accidens qui résultent de l’action des sels d’or sur l’économie animale sont ! la limaille de fer porphyrisée , le sulfate de fer en petite ! quantité.