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HYDROCHLORATE DE POTASSE

Muriate de potasse , sel fébrifuge de Sjlvius.

On fut long-temps avant de distinguer la base de ce muriate de celle du muriate de soude , et ce n’est que depuis la fin du siècle dernier que ce sel et sa composition sont bien connus. Sylvius , professeur h Leyde ,

ie recommanda comme un spécifique contre les fièvres , et c’est pour cette cause qu’on l’appela sel de Sjlvius.

On prépare cet hydrochlorate en saturant le sous-carbonate de potasse pur par l’acide hydrochlorique pur, en filtrant la solution , et en la faisant évaporer jusqu’è ce qu’elle marque 5o® à l’aréomètre ; en portant ensuite la liqueur à l’étuve pour quelle puisse cristalliser lentement. Quand la cristallisation est opérée , ce qui arrive au bout de quelques jours , on décante les eaux- mères, et on met à égoutter le vase dans lequel sont les cristaux , en ayant soin d’incliner ce vase sur un seul côté. Quand les cristaux sont égouttés , on les détache du crislallisoir (i) , et on les lave avec une petite ouantité d’eau distillée; on les fait égioutter et sécher. On réunit les eaux-mères, qu’on fait évaporer pour en tirer de nouveaux cristaux. Quand on arrive à la fin de l’opération, les eaux sont colorées , elles refusent de donner de nouvelles cristallisations. On les évapore à siccité , on calcine légèrement , on redissout dans l’eau , et on fait cristalliser de nouveau.

On peut encore préparer ce sel en dissolvant dans .• l’eau distillée du sulfate ou du tartrate acide de potasse, î et en versant, dans ces solutions du muriate de chaux î liquide jusqu’à ce que ce sel ne détermine plus de pré- :i cipité. 11 y a ici double décomposition, l’acide hydroi\ chlorique s’unit avec la potasse du sulfate ou du lartrate, K forme un hydrochlorate soluble , tandis que l’acide sul-

' (i) Par cristaliisoir on entend une capsule , une terrine , etc., etc,

furique ou tartrique s’unit à la chaux , et forme un sulfate ou un tartrate insoluble, qui se précipite. On filtre , on lave le précipité jusqu’à ce que la liqueur qui a passé sur le filtre soit insipide. On fait évaporer les eaux réunies , et on obtient le muriate de potasse comme nous l’avons dit précédemment.

Ce sel prend une forme cristalline , qui est celle d’un cube; sa saveur est salée, amère. Soumis à faction de la chaleur, il perd sa forme régulière, décrépite , sé brise, et est presque réduit en poussière : il passe alors h l’état de chlorure, avec dégagement d’eau.

A une température plus élevée , il éprouve la fusion ignée ; il peut alors être coulé en plaques minces , qui se fendillent en refroidissant.

Ce sel est soluble dans l’eau froide, un peu plus dans l’eau bouillante : on ne peut l’obtenir cristallisé que par l’évaporation des solutions qui le contiennent II est encore quelquefois employé en médecine comme apéritif. ^

Les réactifs qui peuvent faire reconnaître l’hydrocblo- ’ rate de potasse sont : 1° le nitrate d’argent , qui donne avec la solution de ce sel un précipité de chlorure d’ar- ' gent insoluble dans l’eau et dans l’acide nitrique pur, soluble dans l’ammoniaque; 2'’ l’acide sulfurique, qui , mis en contact avec ce sel ,' le décompose en formant une combinaison d’acide sulfurique et de potasse (sulfate de potasse) , en mettant à nu de l’acide bydrocblorique, qui se dégage. 5® Mis en contact avec la solution de muriate de platine , il la précipite ; le précipité formé est soluble dans une très-grande quan-

tité d’eau ; soumis à l’action de la chaleur » il est converti en métal et en oxide de potassium.

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