ACÉTATE DE PLOMB
Sucre de plomba sucre de saturne , set de saturiie^
L’acétate de plomb est le sel résultant de la combinaison de l’acide acétique avec l’oxide de plomb. Ce sel est connu depuis long-temps , et les ouvrages d’Isaac Hollandus et de Raymond Lulle , en font mention. La préparation de l’acétate de plomb s’opère soit en luisant réagir l’acide acétique sur le plomb métallique, à l’aide du contact de l’air atmosphérique, ou plutôt en traitant le carbonate ou l’oxide de plomb par l’acide acétique. Le traitement de la litharge par l’acide étant le mode le plus aisé à suivre , et celui qui présente le moins d’inconvénient, nous le rapportons ici, parce qu’il peut être employé parle pharmacien (1).
On prend la quantité qu’on veut de litharge pure et exemple de cuivre , on la met dans une chaudière de plomb , on verse dessus de l’acide acétique pur prove« liant de la distillation du vinaigre ou de celle du bois. On agite jusqu’à ce que l’oxide soit dissous et qu’il y ait encore en excès une certaine quantité d’acide. On fait évaporer la liqueur jusqu’à ce qu’elle se recouvre d’une pellicule. On cesse alors l’évaporation , et on laisse cristalliser. Lorsque les cristaux se sont bien déposés, on
(1) Si la céruse contient de la craie ou forme un acétate de chaux, une partie d’acide acétique est employée en pure perte.
décante la liqueur, et on met les cristaux à égoutter. Les eaux-mères sont évaporées de nouveau et à plusieurs reprises , jusqu’à ce qu’elles ne fournissent plus de sel. Lorsque l’acétate de plomb est égoutté , on le lave avec un peu d’eau ; on le met à égoutter de nouveau , et , lorsqu’il est sec , on le place dans des boîtes garnies de papier. Si les cristaux obtenus des eaux-mères n’étaient pas blancs, il faudrait les purifier en leur faisant subir une solution dans l’eau et faire cristalliser celle-ci. ^
L’acétate de plomb est un solide cristallisant en petites aiguilles brillantes satinées , qui ont la forme de prismes ^ tétraèdres aplatis, terminés par des sommets dièdres. La saveur de ce sel est d’abord sucrée, ensuite astringente. L’eau à 100“ en dissout 29 centièmes de son poids ; elle laisse précipiter quelques cristaux par refroidissement, î Ces cristaux , retirés du liquide et exposés à l’air, n’é- ( prouvent aucune altération. Exposés à l’action de la 1: chaleur, on obtient non-seulement de l’acide et del’es- U prit pyro - acétique, mais des produits gazeux et d’au - 1 ires liquides semblables à ceux qui sont fournis par B la décomposition des matières végétales. D’après Berzej' îius , l’acétate de plomb est formé
de 26,96 d’acide acétique,
58,71 de base et de 1 4 ,55 d’eau.
t Ce sel est souvent employé en médecine , à l’extérieur , ic comme répercussif, dessiccatif, résolutif. On l’emploie iLKjuelquefois à l’intérieur ; mais alors ce médicament doit '\iêtre administré avec les plus grandes précautions; car
MA N ÜEL
il pourrait causer des accidens graves. Les secours h donner dans un cas d’empoisonnement par l’acétate de plomb et par le sous-acétate , dont nous allons parler plus bas, sont : les sulfates de soude, de potasse et de magnésie, l’eau hydrosulfurée ; mais préférablement les sulfates alcalins.
L’acétate de plomb peut être reconnu par les essais suivans : i° traité à l’état de sel par Lacide sulfurique , il est décomposé , il y a formation d’un sel de plomb insoluble et dégagement d’acide acétique ; 2® les carbonates alcalins restés dans la solution se décomposent et donnent lieu à un précipité de carbonate de plomb (céruse) ; 5® le chrômate de potasse versé dans sa solution donne lieu à un sel jaune chrômate de plomb , reconnaissable à sa couleur ; 4® traité au chalumeau sur un charbon, ce sel est décomposé, et laisse pour résidu du plomb à l’état métallique.