TARTRATE DE POTASSE ET DE FER SOLIDE
Boules de Mars.
Cette préparation , qui est connue sous le nom de boules de N and, est un mélange de tartrate de potasse et de fer, de tartrate de fer neutre et de fer en excès. Ce médicament a été long - temps préparé d’après diverses formules qui diffèrent entre elles : quelques-unes indiquent l’emploi du tartre rouge ; d’autres du tartre blanc et dans des quantités différentes. Le procédé indiqué par le Codex est le suivant.
On prend une partie de limaille de fer bien pure et » exempte de tous corps étrangers , on la porphyrise.
[ Lorsqu’elle est porphyrisée , on la mêle à deux parties > de tartre rouge en poudre très - fine , on ajoute à ce 1 mélange de l’alcool faible à 18" en quantité convenable I pour le réduire en une bouillie ayant la consistance d’un 8 sirop épais. On place celte bouillie dans un vase de iJ terre vernie , et on l’abandonne à une réaction spontanée D et dans un endroit dont la température soit un peu
MANCEL
élevée. Pendant 5 à 6 jours , on a soin d’agiter le mélange de temps en temps et avec une spatule de fer.
Au boutdecetespace de temps, on place le vase sur un fourneau, et on chauffe jusqu’à 60® Réaum. On agite souvent avec la spatule. Lorsque , par la chaleur, ce produit est arrivé à consistance de miel épais , on le délaie avec une nouvelle quantité d’alcool à ï8®, on fait épaissir de nouveau à la même température , on délaie une troisième fois , et on répète cette opération jusqu’à ce que la masse ait perdu son éclat métallique et ait pris une belle couleur noire. On fait alors évaporer jusqu’à ce que la pâte ait une consistance telle, qu’on puisse en former des sphères du poids d’une ou deux onces , qu’on fait ensuite sécher à une chaleur trèsdouce et dans une étuve.
On fixe dans le bout de quelques-unes de ces boules un petit crochet en fer qui sert à y adapter un ruban pour la suspendre.
M. Resat , pharmacien , a donné le procédé suivant pour préparer le même produit (1).
Tartre 3 parties.
Limaille de fer 2
On réduit le tartre en poudre , on le mêle dans une marmite de fonte , on ajoute ensuite la limaille de fer porphyrisée , puis de l’eau en quantité suffisante pour en faire une pâte. On couvre d’eau cette pâte , et on fait évaporer jusqu’à consistance de bouillie. Arrivé à cet état , on expose le mélange à l’air pendant quelques
(1^ Bulletin de 'pharmacie^ tome 3, page 36, j.
DU PHAPxMACIEN. ySo
jours. Au bout de ce temps ^ on recouvre la masse d’une nouvelle quantité d’eau , et on fait ensuite évaporer en consistance d’extrait pilulaire; on pile fortement cette masse dans un mortier de fer et jusqu’à ce qu’elle ait une cassure noire sans aspect métallique ; on roule alors cette masse en boules d’une once à une once et demie.
Pour préparer les boutes de Mars, dites boutes de Motsheim, M. Resat ajoute à la masse préparée dans les proportions que nous venons d’indiquer de petites quantités de benjoin et de térébenthine bien pure. Ces quantités sont de i oo grammes de chacune de ces substances pour une masse de 5oo grammes de pâte.
M. Roi de Mirecourt ( Vosges ) prépare les boules de ' Molsheim d’après une autre formule , qui est la suivante.
Pâte d’acier pour les boules 2 livres.
Mastic en poudre fine 5 onces.
Oliban en poudre 5 onces.
Myrrhe 1 once.
On mêle exactement ces substances , et on en forme des boules ovales , qu’on moule au moyen d’un inslru- 1 ment en métal (i).Ces boules sont garnies d’un ruban 1 à l’une de leurs extrémités.
Les boutes de Mars bien préparées doivent être sans ] fissures, lisses^ d’une couleur noire, homogènes dans ) toutes leurs parties. Mises dans l’eau, elles doivent s’y 1 dissoudre et colorer ce liquide.
(i) On a soin de recouvrir d’huile les parois du moule.
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