POUDRES
On donne le nom de poudre au mélange de plusieurs substances pulvérisées. Ainsi poudre de kina signiüe une poudre composée dont le kina est la base; et pour désigner cette écorce réduite en poudre , on dit kina en poudre ou kina pulvérisé.
Règles générales pour la préparation des poudres.
Comme toutes les substances qui composent une poudre ne fournissent pas les mêmes produits dans le cours de leur pulvérisation ; qu’il en est qu’il faut pulvériser avec résidu , d’autres sans résidu ; que parmi elles il s’en trouve de plus solides les unes que les autres , il convient de les pulvériser toutes séparément.
2® On ne doit jamais faire entrer dans les poudres des sels déliquescens , qui , en absorba^ l’humidité atmosphérique , se résoudraient en liquew^, et altéreraient le mélange. 7. ^
3® On doit éviter d’y introduire des semences émulsives , dont l’huile ne tarde pas à rancir. Si pourtant
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elles sont prescrites, il faut ne les mêler à la poudre qu’au moment de l’employer.
4® Pour y diviser les huiles essentielles , il faut les triturer avec du sucre.
5® Les substances minérales ont besoin d’être porphyrisées^ autrement leur pesanteur, plus considérable que celle des autres substance , les entraînerait au fond des bocaux, et l’homogénéité de la poudre serait détruite.
6® Si l’on veut faire entrer dans la poudre du macis , des gérofles , de la muscade , de la vanille , etc. , comme ces substances sont trop molles pour se pulvériser seules , on râpe la muscade , on divise les autres en menus morceaux; on absorbe leur humidité en les mêlant avec la poudre la plus sèche qui entre dans le médicament , et on pulvérise sans résidu.
7® Lorsque chaque substance a été pulvérisée séparément , on prend la quantité prescrite de chacune d’elles J on les réunit toutes dans un mortier de marbre , on les mêle par trituration , et on les fait de nouveau passer à travers un tamis à mailles plus larges que celui qui a servi à leur tamisation première.
8® Lorsque la poudre se compose de substances minérales, comme celle de Stahl , pour lui donner plus de ténuité, après un mélange exact on la porphyrise.
Lespoudressont d’une conservation difficile, car elles attirent toutes l’humidité , ce qui oblige de les enfermer dans des flacons très-secs , bien bouchés et couverts de
papier pour les défendre des rayons lumineux. Malgré ces précautions , elles subissent avec le temps une altération qu’il est-impossible de bien expliquer, et qui est surtout sensible dans leur emploi médical. C’est ainsi que l’ipécacuanha perd un peu de sa vertu émétique ; la rhubarb^e,, la cantharide présentent le même phénomène ; aussi doit-on en préparer peu à la fois , et n’en tenir qu’une petite quantité dans le bocal qui sert aux distributipns journalières de la pharmacie.
Poudre ^ornachine de tribus. Poudre du comte
de fP ariv le k. Poudre de Scammonée composée du
Codex, Cette poudre se compose de scammonée, de sur-tartrate de potasse et d’oxide d’antimoine potassé, ou antimoine diaphor étique. On pulvérise chaque substance séparément , on les mélange dans un mortier , et on les tamise.
Cette poudre au bout de quelque temps de préparation devient émétique. On croyait que la scammonée , par une portion de son carbone, ranfenaitune petite portion d’oxide d’antimoineim minimum d’oxidation,et que l’excès d’acide de la crème’de tartre, se combinant avec l’oxide, moins oxigéné, formait un peu d’émétique. Celte opinion est entièrement abandonnée , car il est peu probable qu’à la température ordinaire de semblables plié' nomènes puissent avoir lieu. M. Nachet attribue l’elïet émétique à une mauvaise préparation de l’oxide d’antimoine.
Poudre tempéra^ite de Stakl. Poudre de sulfate
dépotasse composée du Codex. Pour donner à celte
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poudre la finesse et la belle couleur rouge qu*on y re» cherche, on pulvérise le nitrate et le sulfate de potasse, on les met à part; on porpliyrise le cinnabre avec de l’eau , on le sèche, on le pulvérise de nouveau, on le mêle aux sels , et l’on reporphyrise le tout ensemble.
Poudre de Dov^r. — Poudre d'ipécactÆkha et d*o^ pium. composée dû Codex. Cette poudre, lorsqu’elle est préparée par le simple mélange des substances qui la composent, est loin d’avoir les mêmes propriétés que celle obtenue parle procédé de Dover. Le^ici. On pulvérise trcs-fmemenlie- sulfate de potasse , on le mêle au nitrate en poudre grossière, et on jette le mélange dans un ereuset. Il est utile de bien pulvériser le sulfate , car il est moins fusible que le nitrate, et quelquefois se précipite au fond du creuset. Lorsque les sels sont fondus , on les coule dans un mortier de fer échaufl’é par quelques char^ bons ardens ; on triture le mélange jusqu’à ce qu’il soit presque froid ; alors on y mêle l’opium purifié et pulvérisé. On agite rapidement , et lorsque le refroidissement est parfait ^ on ajoute ripécaëuanha et la réglisse; on triture encore quelque tempè , et l’on tamise ensuite. On observe que, lorsqu’on met l’opium dans le mortier, il se dégage une odeur extrêmement vireuse, due à la chaleur que les. sels conservent encore, il ne faudrait cependant pas que celle-ci fût trop forte, on s’exposerait à brûler l’opium.
TROCHISQUES.
Les trochisques sont des médicamens uniquement destinés à l’usage externe , formés de substances eschar-
rotiques , et clans la composition desquels il n’entre ni sucre, ni miel, ni extrait^ ni conserve. Lorsque l’on employait les trochisques de vipère et ceux de coloquinte , pour les préserver de l’attaque des insectes , on les trempait dans un solutum alcoolique de baume de la Mecque. On formait ainsi à leur surface un vernis qui les incrustait et prévenait leur altération. Les seuls trochisques employés aujourd’hui sont ceux de minium.
On porphyrise le minium et le sublimé corrosif, on en fait un mélange très-exact, qu’on incorpore dans la mie de pain tendre; on divise la pâte a vue d’œil en petites masses du volume et de la forme d’un grain d’avoine.