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SULFURES

On nomme sulfures toutes les combinaisons du soufre avec les corps combustibles simples métâlftiques. Ces combinaisons se préparent de plusieurs manières : 1® directement parla voie sèche, en chauffant un métal ou un

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oxide métallique mêlé au soufre eu proportions définies dans un vase convenable ; 2® par la voie sèche, au moyen d’intermède, en calcinant un sulfate avec un corps combustible (le charbon) , qui ramène l’acide sulfurique du sulfate à l’état de soufre, et réduit l’oxide métalliqqe ; 5° parla voie humide, en faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré dans des dissolutions métalliques , ou encore en versant dans ces solutions des hydrosulfates a^j^alins liquides.

Les sulfures employés par les pharmaciens sont les suivans , que nous avons divisés en deux classes , ceux préparés avec les métaux , et ceux préparés avec les oxides métalliques.

PREMIÈRE CLASSE. Sulfure d’antimoine.

de fer.

de mercure.

SULFURE d’antimoine.

Le pharmacien ne prépare pas le sulfure d’antimoine ; celui dont il fait usage lui vient par la voie du commerce, sert à préparer le métal, et contient presque toujours de l’arsenic. La quantité de ce métal étant quelquefois assez grande pour être nuisible , il doit employer de préférence le sulfure d’antimoine provenant de la mine exploitée dans le département de l’Ailier , qui , d’après les expériences de MM. Vauquelin etSerulas, a été reconnue exempte de ce métal. Cependant, comme il est difficile de savoir si le sulfure qu’on achète provient de i’exploitatioa de cette mine, le pharmacien, intéressé à

î)ü PHARMACIEN.

reconnaître la nature de celui qu’il emploie en fait l’analyse de la«manière suivante.

Après avoir pulvérisé une quantité donnée de sulfure, on le grille avec précaution de manière à l’amener à l’état d’oxide sulfuré gris ; on le mêle ensuite avec une quantité égale à son poids de crème de tartre , et on calcine cemélange dans un creuset pendant trois heures. De cette opération il résulte un alliage métallique Aq potassium d'antimoine et d’arsenic , qui , placé de suite sous l’eau , dans un vase convenable , donne lieu à .de l’hydrogène arseniqué, qu’on recueille, pour le brûler dans une clochci Par sa combustion, ce gaz laisse de l’hydrure d’arsenic , dont on apprécie la quantité en lavant la cloche avec de l’eau distillée. Recueillant l’eau de lavage , qu’on évapore à une douce chaleur ; pesant le vase opératoire lorsque l’eau est volaJtilisée , le débarrassant de l’hydrure d’arsenic par le lavage , et pesant de nouveau le vase, la dilïérence entre les deux pesées donne le poids de l’hydrure d’arsenic.

SULFURE d’antimoine HYDRATÉ. KERMÈS.

La préparation du kermès , connue sous le nom de poudre des chartreux ^ parce qu’un religieux de cet „ordre, le frère Simon , l’employait à des cures réputées heureuses , fut rendue publique par l’achat que le gouvernement fit du secret de cette préparation. Malgré que Glaubert et Lemery fussent les auteurs de cette découverte , un chirurgien nommé La Ligerie vendit ce secret , qu’il tenait de M. Chastenay de Landau , à qui un élèViC de Glaubert l’avait communiqué. Le mode de

préparation rendu public par La Ligerie en 1720 était vicieux , mal conçu. Les petites quantités ïï’alcalis employées donnaient peu de kermès. Tout^ ces raisons firent que ce procédé fut abandonné par les praticiens , et qu’on suivit généralement celui présenté à l’académie des sciences par Lemery üls , qui revendiqua pour son père la découverte de cette préparation , et qu’il décrivit sous un autre nom que celui de kermès dans son traité de Ü antimoine.

Le procédé de Lemery consistait à mettre en contact 20 ' parties d’eau , 6 parties de potasse du commerce et le vingtième en poids de cette dernière, de sulfure d’antimoine pulvérisé ; à bien agiter le mélange , à filtrer la liqueur bouillante après 8 minutes d’ébullition , enfin à recueillir le précipité, qui se déposait par refroidissement , et à le laver ensuite avec de l’eau , jusqu’à ce qtie celle-ci eût enlevé toutes les parties solubles qui altéraient sa pureté.

Baumé rapporte un autre procédé au moyen duquel Lemery obtenait le kermès par la vole sèche. Enfin divers auteurs s’occupèrent successivement de sa préparation , et indiquèrent divers procédés.

Celui de M. Cluzel présentant l’avantage de donner un produit léger, d’un brun pourpre velouté , brillante toujours beau et d’une nuance égale, nous avons dû le rapporter ici préférablement à tout autre. On prend une partie de sulfure d’antimoine porphyrlsé, 22 parties et demie de carbonate de soude cristallisé, 260 parties d’eau qu’on a faitbouillir pendant quelques minutes , pour chasser l’air qui s’y trouve naturellement. On répand

par portions successives , dans l’eau contenue dans une chaudière de fer, le mélange de sulfure et de sel , et on détermine l’ébullition pendant une demi-heure ou trois quarts d’heure , au plus ; on fdtre , et on reçoit la liqueur dans une terrine échauffée par l’eau bouillante, de manière que la précipitation du kermès ^ qui s’opère parle refroidissement de la liqueur, se fasse le plus lentement possible (1). On couvre les terrines, on laisse déposer pendant 24 heures, on filtre, on lave le kermèsavecde l’eau qui a bouilli , a été fdtrée et refroidie à l’abri du cont*act de l’air. On sèche le kermès dans l’étuve portée à 20° de température ; et quand il est séché et réduit en poudre homogène dans toutes ses parties, on le place dans des flacons de verre bien bouchés , recouverts de papier coloré>

Le carbonate de soude étant constant dans sa composition , est meilleur que le sous-carbonate de potasse , qui varie toujours dans lecommerce, soit naturellement, soit par fraude. ;

M. Fabroni a proposé dernièrement un nouveau procédé pour obtenir ce produit (2).

Ce procédé, suivant l’auteur, donne un kermès qui l’emporte non-seulement sur tous les résultats fournis par les autres procédés pour la beauté, mais encore pour la quantité. Pour préparer le kermès par la méthode de M. Fabroni, on prend 3 à 4 parties de tartre cru et une partie de sulfure d’antimoine. On porphyrise ce dernier ,

(1) Reçue dans de Peau froide , la liqueur ne donne qu’un kermès de couleur jaune ; dans Peau chaude, la couleur est altérée. ( CluzelJ

(2) Giobm difhysica^ 1824, page 67.

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et on le mêle exactement au sel de tartre , qu’on a pulvérisé. On introduit le mélange dans un creuset , et on l’expose au feu , qu’on pousse jusqu’à ce que le creuset soit rouge, et que le tartre soit tout-à-fait décomposé, ce qu’on reconnaît à ce qu’il ne se dégage plus de fumée. Quand le creuset, hors du feu, est refroidi , on en retire la matière, qu’on pulvérise, et qu’on projette dans de l’eau bouillante ; on fdtre , et on obtient le kermès , qui se dépose par le refroidissement, et qui a une couleur très-intense. On recueille sur un filtre de papier, on lave avec de l’eàu, et on facilite la dessiccation du filtre (quand il a été bien lavé) en l’enveloppant dans du papier non collé. On comprime au moyen d’une presse, on renouvelle le papier à mesure qu’il s’imbibe , et quand il ne s’humecte plus , on fait dessécher le filtre , et on pulvérise le kermès pour le conserver , comme nous l’avons dit plus haut.

La théorie de la formation du kermès et du soufre doré a été donnée^depuis peu par M. Berzelius , qui considère i® le kermès comme du sulfure d’antimoine très -divisé correspondant au protoxide d’antimoine; 2® le soufre doré , comme un sulfure très-divisé correspondant au deutoxide d’antimoine , à l’acide anlimonieux.

Selon ce chimiste , le sulfure d’antimoine , traité par là solution d’oxide de potassium ou de sodium, se partage en trois parties. La première, réagissant sur les quantités nécessaires de potasse et d’eau, donne lieu à des sousliydrosuîfates de potasse ou de soude , et à du protoxide d’antimoine ; la seconde se combine avec une portion

du protoxide fermé , et devient insoluble ; la troisième se dissout dans le sous-hydrosulfate ; enfin le protoxide, qui ne s’unit pas au sulfure métallique, entre en combinaison avec l’alcali ,'d’oü il résulte un composé peu soluble , qui ne se dissout point en totalité. On doit donc obtenir en résidu un mélange de ce composé et de sulfure d’antimoine uni au protoxide, et un hydrosulfate liquide , tenant en dissolution du sulfure d’antimoine à l’aide de la chaleur, en combinaison avec le protoxide.

Si l’on ajoute ensuite un acide dans la liqueur qui a laissé déposer, par le refroidissement, le kermès qu’on a séparé, cet acide décompose l’hydrosulfate , et le combiné de potasse et d’oxide d’antimoine. Le sulfure qui restait dissous parThydrosulfate se précipite, ainsi qu’une ’ nouvelle quantité formée par l’union de l’oxide d’antimoine avec l’hydrogène sulfuré mis à nu. Mais comme tout l’hydrogène sulfuré du à la décomposition de l’eau est dans la liqueur , et qu’on n’y trouve qu’une partie de protoxide provenant de la même décomposition en trop petite quantité pour saturer cet acide, une partie s’y trouve en excès, et se dégage.

Pour expliquer la formation du ^soufre doré , il suffît de faire remarquer que , par l’exposition à l’air , l’hydrosulfate passe à l’état d'hydrosulfate sulfuré , et que le soufre provenant de l’acide hydrosulfurique décomposé s’unit au kermès’ au moment de sa précipitation , donne lieu alors à un sulfure correspondant à l’acide antimonique.

Le plan de notre travail n’est pas de nous étendre davantage sur les travaux de M. Berzelius; nous ren-

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voyons à Texcellent ouvrage de M. Thénard , 4* édition, tome 5 , page 4oi ; et aux mémoires de MM. Berzelius et Robiquet , insérés dans le tome 20 âes Annales de chimie et de physique , et 81 des Annales de chimie.

SULFURE d’antimoine HYDRATÉ , MÊlÉ d’uN EXCÈS DE

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