ÏHÉOPJE 1)E LA FORMATION DES SULFURES ET DES PHÉNO
MÎîNES QUI OiVT LIEU LORS DE LA COMBINAISON DU SOUFRE
AVEC LES bases.
M. Yauquelin a reconnu par des expériences qu’il a faites que les quantités de soufre qui s’unissent aux oxides alcalins sont proportionnelles aux quantités d’oxigèneauxquelles les métaux peuvent s’unir , que la quantité de soufre dans les sulfures (celui de chaux par la voie sèche excepté) est la même que celle de l’acide sulfurique contenu dans les sulfates correspondans , que les sulfures préparés d’après les dispensaires le sont avec de trop petites quantités de soufre , et que cette quantité devrait être doublée pour obtenir des sulfures saturés. Il a reconnu en outre que le soufre chauffé avec les oxides alcalins (la potasse) donnait lieu à un sulfure de métal et à du sulfate de potasse. Cet efiét n’a pas lieu si l’on prépare le sulfure de potasse à une basse température. Il y a donc formation de deux composés à deux tempéra-
tures différentes ; à une liante température , formation d’un sulfure de métal et d’un sulfate de potasse, résultats de la combinaison de l’oxigènede la potasse avec du soufre pour former de l’acide sulfurique ^ qui s’unit à une partie de l’oxide , et production de sulfure de potassium par la combinaison du soufre avec le métal désoxidé ; dans le deuxième cas , formation d’un oxide sulfuré de potasse. (Gay-Lussac.)
DE LA SOLUTION DES SULFURES DANS l’eAU.
Le pharmacien est souvent dans la nécessité de dissoudre dans l’eau les sulfures alcalins pour préparer les liqueurs sulfureuses. Dans cette opération, il obtient de la solution dans l’eau du sulfure préparé à une haute température des hydrosulfates mêlés de sulfate dépotasse, tandis qu’il n’obtient du sulfure préparé à une douce chaleur qu’un hydrosulfate mêlé d’un hyposulfîte de po tasse. Quoi qu’il en soit, les deux sulfures, préparés différemment, peuvent servir indistinctement pour obtenir
les liqueurs hydrosulfurées destinées pour des bains.
AMMONIAQUE, COMBINAISON DE l’aZOTE AVEC
l’hydrogène.
Alcali volatil^ alcali volatil fluor. Son nom d’^ïm-' moniaque lui fut donné de la substance dont on le retire, le muriate d’ammoniaque (sel ammoniac) , qui venait anciennement de la province d’Ammonie. Les ouvrages de Valentin , publiés dansje xvii® siècle, sontles premiers qui traitent delà séparation de l’ammoniaque et de quelques
unes de ses principales propriétés. Ce produit existe dans les trois règnes delà nature : on i^’a rencontré depuis longtemps dans le voisinage des volcans. MM. Austin et Vauriuelin reconnurent sa formation dans l’oxidation du fer,* et l’im de nous î’a reconnu dans les oxides de fer natarels, dans quelques eaux minérales ferrugineuses; enlin , conjointement avec MM. Lassaigne et Bonllay , dans des végétaux , où il existe à l’état de liberté. Il fait partie des produits des animaux où il se trouve à différens états , suivant la nature du produit.
L’ammdniaque peut être obtenu à l’état gazeux, alors il est invisible , transparent , très-acre, très-caustique , verdissant fortement le sirop de violettes, ramenant au bleu le papier de tournesol rougi, ayant une pesanteur spécifique de 0,591. Si on l’expose à la flamme d’une bougie, la flamme s’agrandît, et une partie du gaz subit la combustion. Si l’on fait passer à travers ce gaz l’élinceiie électrique, ou qu’on le fasse passer lui-même a travers des tubes de porcelaine garnis de tessons de tubes de même espèce ou de grès , l’ammoniaque est décomposé, et on obtient lui mélange de gaz hydrogène et de gaz azote. M. Bertliollet reconnut ([ue cette combinaison était dans la proportion de 2 1 , î 5 d’hydrogène sur 1 00 d’azote , ou de i5o d’hydrogène et de 5o d’azote en volume. Quelques chimistes , au nombre desquels on compte MM. Berzelius et Davy , ont avancé que l’ammoniaque était un oxide d’ammonium; ils ont même été jusqu’à calculer, d’après la composilion des se4 ammoniacaux, que cet oxide contenait 20 p. 0/0 d’oxigène. Cette opinion ^ toute respectable qu elle est , ne peut être accueillie. L’analyse
qu’en ont faite MM. Vauqueîifâ , Bertlioliet et' Cluzel , et qu’ils ont répétées plusieurs fois , n’ayant donné pôur résultat de sa décomposition que de l’azote et de l’hydrogène , nous sommes fondés è regarder l’ammoniaque comme' formé de ces deux substances. L’ammoniaque s’obtient en grand en chauffant ensemble dans des chaudières de fonte ou dans descvlindres un mélange de chaux éteinte et demuriateoude sulfate d’ammoniaque, adaptant à la marmite ou au cylindre des tubes qui vont communiquer à un appareil de Woidf , monté avec des tourilles en grès. Au reste, l’appareil ne diffère en rien de celui employé dans nos laboratoires , si ce n’est la grandeur des vases et le moins de soin qu’on y apporte. Comme opération pharmaceutique, quelques précautions doivent être prises pour obtenir ce combiné.
On introduit dans une cornue de grès lutée avec de la terre à poêlier mêlée d’une petite quantité de crottin de cheval 5o parties de muriate d’ammoniaque pulvérisé, et 100 parties de chaux qu’on a réduite en poudre.
Pour réduire la chaux en poudre, au lieu de la pulvériser par contusion , on met des morceaux de chaux dans une terrine, et on y versé peu a peu de l’eau. On continue tant que la chaux fuse. Quand la chaux s’échauffe, on cesse d’en ajouter; on l’abandonne pendant queb ques heures; au bout de ce temps, elle peut être passée au tamis. Cette chaux ainsi pulvérisée offre plus d’avantage pour l’extraclioD de l’ammoniaque. L’eau qu’elle a absorbée pour se déliter rend la décomposition plus facile, sert de véhicule, et aide au dégagement du gaz' qui se fait plus rapidement.
MANUEL
Quand les deux substances sont introduites dans la cornue , qui doit être au moins d’une capacité double de celle de la chaux et du sel ammoniac , on agite avec précaution pour opérer le mélange. On place la cornue dans la partie moyenne d’un fourneau de laboratoire , et on adapte au bec de la cornue un flacon tubulé , qui communique par un tube de sûreté à double courbure recl^gulaire à un appareil de Woull V, composé de trois flacons contenant de l’eau en parties égales au poids du sel ammoniac employé pour l’opération , c’est-à'dire âo parties. Le premier flacon ne doit contenir qu’une trèspetite quantité d’eau. Elle est employée à laver le gaz qui passé dans ce flacon , et va se dissoudre dans les sui vans. On lute bien l’appareil avec un lut de farine de lin ou de poudre de tourteau d’amandes et de colle. On recouvre ce lut de bandes de linge enduites de blancs d’œufs et de chaux pulvérisée , et on abandonne ainsi l’appareil pendant plusieurs heures. Auboutde ce temps, on chauffe doucement la cornue, et l’on continue graduellement le feu jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de bulles de gaz , que le tube de la cornue soit chaud , et qu’il y ait condensation dans le ballon d’une quantité d’eau qu’on attribue à une portion d’humidité du sel ammoniac et de la chaux qui se dégage.
On remarque pendant l’opération que l’eau qui est dans les flacons s’échauffe et augmente de volume : cet effet est dû à la condensation du gaz , qui abandonne tout le calorique qui lui était nécessaire pour être ténu à l’état gazeux.
DU PHA?»MACIEN,
Ce qui se passe dans celte opération est facile à concevoir. La chaux, qui a plus d’affinité pour l’acide hydrochlorique que n’en a l’ammoniaque , s’empare de cet acide, donne lieu à de l’eau, à du chlorure de calcium fixe, et à de l’ammoniaque , qui se dégage sous forme de gaz , qui chasse d’abord l’air des vases, puis va se condenser dans l’eau qu’on lui présente.
Quand l’appareil est refroidi, on le démonte, et on trouve dans la cornue une masse de couleur jaune rougeâtre d’une grande dureté. Traitée par l’eau , cette masse, qui est le chlorure dé calcium mêlé de chaux , passe à l’état d’hydrochîorate , ne se dissout qu’en partie. La partie non dissoute est la chadx,qui se trouvait en excès dans le mélange. Quant aux liquides contenus dans les flacons, on ne doit se servir du premier produit qui a servi au lavage que pour des opérations qui ne demanderaient que l’emploi de i’ammopiaque impur; ou bien encore on peut le purifier en l’introduisant dans une cornue et faisant chaufîerpour dégager Je gaz, qu’on reçoit au moyen de tubes de sûreté dans un premier flacon contenant peu d’eau pour le laver , ensuite dans un second pour recueillir et dissoudre ce gaz ainsi lavé. Le deuxième flacon est ordinairement saturé. 11 doit alors porter à 22® à l’aréomètre â esprit : c’est le titre auquel on le vend dans le commerce. Le troisième flacon ne contient que de l’alcali volatil faible , qui peut être employé à divers usages, ou à remplir le deuxième flacon dans une nouvelle opération.
L’ammoniaque obtenu autrement que par le procédé que nous venons de décrire ne serait pas pur. Ainsi ob-
MANUEL
fi
tenu, il ne doit pas préçipiter le nitrate d’argent quand on l’a saturé par l’acide nitrique. 11 ne doit pas noircir par le contact de l’acide sulfurique , ce qui a lieu , si ce combiné contient de l’huile animale.
L’alcali volatil du commerce contient des corps étrangers, dus d’abord à l’eau employée pour le préparer, et qui n’est pas de l’eau distillée. Le pharmacien ne doit donc employer, le plus possible, que celui qu’il a préparé ou purifié lui-même.
La purification de l’ammoniaque du commerce peut se faire en introduisant ce liquide dans une cornue tubulée, adaptant à la cornue'5 flacons de Woulf garnis de leurs tubes de sûreté, et chauflant. Le premier flacon contient peu d’eau , ou mieux une légère solution de potasse , qui sert à laver le gaz , et les deux autres à le condenser.
On conserve l’ammoniaque liquide dans un flncon bouché à l’émeri, ou dans des bouteilles de verre vert bouchées de même. On place ces flacons dans un endroit frais : sans cette précaution , le gaz ammoniac , qui tend à se mettre en expansion , ou briserait les flacons, ou jetlerait au- dehors les bouchons en perdant de ses propriétés.