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Tome II

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senlen'ca (fausse angusture), dans Isl Jèi>e de Saint- Ignace. Dans la noix vomique, elle est accompagne'e d'un autre alcali vége'tal, la strychnine.

La brucine s'obtient de la manière suivante. On réduit en poudre l'ecorce de fausse angusture ; lorsqu'elle est pulvérisée, on l'introduit dans un flacon à l'émeri , on verse dessus de l'éther sulfurique ; on agite et on laisse ces substances en contact, ayant soin d'agiter de temps en temps le flacon , pour que l'éther puisse agir sur toute la poudre. Au bout de vingt-quatre heures, on décante l'étber, qui s'est coloré et chargé d'une matière grasse particulière ; on remet de nouvel éther, et l'on recommence l'opération jusqu'à ce que ce véhicule n'agisse plus. On traite cette poudre ainsi épuisée à plusieurs reprises par de l'alcool bouillant, et jusqu'à ce que ce liquide ne lui enlève plus rien.

On réunit les liquides alcooliques qui ont été filtrés ; on les place dans le bain-marie d'un alambic , puis on soumet à la distillation. De cette manière, on retire une quantité d'alcool qui peut servir à traiter de nouveau de la poudre d'angusture.

Lorsque la distillation est terminée, on traite le résidu (J,' extrait alcoolique défausse angusture) par de l'eau distillée à plusieurs reprises , ayant soin de bien laver les parties insolubles. On filtre la solution aqueuse, et on la traite par un excès de sous-acétate de plomb ; ce traitement a pour but de séparer la plus gi'ande partie de la matière colorante , qui se précipite. On recueille le précipité sur un filtre et on le lave avec de l'eau. La liqueur, séparée du précipité, est soumise à un courant d'hydrogène sulfuré , qui réduit à l'état de sulfure le plomb qui était en excès. On filtre de nouveau pour séparer ce sulfure, et l'on concentre la liqueur; on la traite par l'acide oxalique, qui s'unit à la brucine pour former un oxalate; on évapore ensuite jusqu'à consistance d'extrait. On lave l'extrait avec de l'alcool à la température de zéro ; ce liquide enlève toutes les parties étrangères à l'oxalate de brucine. On fait ensuite dissoudre ce sel dans l'eau distillée , et l'on ajoute de

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la magnésie. On fait bouillir : la magnésie s'unit à l'acide oxalique , et la brucine est mise à nu ; on reprend cette base par l'alcool bouillant ; on filtre ; on fait évaporer alors lentement l'alcool ; on obtient alors la brucine à l'état cristallin.

Si la brucine obtenue de cette manière est colorée, on la fait dissoudre dans l'alcool, on ajoute à ce liquide une petite quantité de cbarbon animal lavé à l'acide hydi-o-chlorique, on fait bouillir et l'on filtre.

La brucine, par une évaporation lente, cristallise en prismes réguliers de plusieurs lignes de longueur ; si l'on bâte l'éva— poration, on l'obtient, au contraire, sous forme de feuillets nacrés. Sa saveur est amère, acerbe, persistante; elle est soluble dans 85o parties d'eau froide et dans 5oo parties d'eau bouillante. Elle est inaltérable à l'air ; exposée à l'action de la chaleur, à une température un peu plus élevée que celle de l'eau bouillante , elle se fond, se prend, par refroidissement, en une masse qui a beaucoup de ressemblance avec la cire. Exposée à une température plus élevée, elle se décompose, fournit de l'eau, de l'acide acétique, de l'hydrogène carboné, très peu d'acide carbonique, enfin de l'huile empyieumatique en assez grande quantité.

Cette substance a été employée en Médecine par MM. Andral fils et Magendie, dans les même casque la strychnine. Le premier de ces deux praticiens a reconnu que six grains de brucine produisent les mêmes effets que ceux qui résultent de l'emploi d'un grain de strychnine impure ou d'un demi-grain de strychnine à l'état de pureté. Le niême médecin a aussi employé cette substance depuis un grain jusqu'à cinq, dans des cas de paralysie. M. Magendie a administré ce médicament et avec succès dans des cas d'atrophie ; il faisait prendre à ses malades des pilules d'un huitième de grain, à la dose de six par jour.

Ce médicament , lorsqu'il fait partie d'une préparation pharmaceutique, doit être divisé exactement dans cette prépara-» tion , qui, d'ailleurs, ne doit être délivrée que sur l'ordonnance d'un médecin bien connu.

Ql6 IVIAMEl,

On prépare l'iiydro-chlorate de brucine en traitant la brucine par l'acide hydro-chlorique , faisant e'vaporer et cristalliser.

CmCHONINE.

Cinchonine.

La cinchonine fut découverte par M. Duncan d'Edimbourg, puis examinée successivement par MM. Gomès et Laubert. Le premier de ces savans la décrivit sous le nom de cinchonin.

Aucun de ces chimistes n'avait considéré cette substance comme un alcali. Ce sont MM. Labillardière, Pelletier et Caventou qui nous firent connaître sa nature et la propriété qu'elle a de saturer les acides et de former des sels.

La cinchonine existe dans les diverses espèces de quinquina, ainsi que l'ont constaté MM. Pelletier, Caventou et Michœlis , mais particulièrement dans le quinquina gris , cinchona condamînea.

Pour obtenir ce produit, le procédé suivant a été indiqué. On met du quinquina gris réduit en poudre avec de l'alcool bouillant. On continue le traitement par l'alcool, jusqu'à ce que ce véhicule l'ait entièrement épuisé , ce que l'on reconnaît à ce que l'alcool qui a bouilli sur cette poudre n'a pas d'amertume. On réunit l'alcool qui a servi aux divers traitemens et on l'introduit (après l'avoir filtré) dans un bain-marie, en y ajoutant une petite quantité d'eau pour garantir les produits dissous, de l'action de la chaleur. On opère la distillation (i) , et on la cesse lorsque l'alcool est distillé. On démonte l'appareil distillatoire : on traite par l'eau aiguisée d'acide hydro-chlorique le résidu de la distillation. Cet acide étendu dissout la cinchonine, forme avec elle un hydro-chlorate, et laisse un l'ésidu de nature résineuse. On filtre le liquide acide, on lave

(i) Cette opération a pour objet de recueillir la plus grande partie de Talcool employé', pour le faire servir & de nouvelles opérations.

DL' PHARMACIEN. (JIJ

de nouveau le résidu avec de l'eau ai{;uise'e d'acide ; ou répète cette opération jusqu'à ce que l'eau acidulée sorte de dessus le résidu sans avoir d'amertume. On réunit les eaux acidulés, on les met en contact avec de la chaux ou avec de la magnésie calcinée', ajoutée en assez grande quantité pour saturer l'excès d'acide hydro-chlorique , et pour décomposer l'iiydro' chlorate de cinchonine : la base végétale séparée de sou acide se précipite avec l'excès de magnésie. On recueille le précipité sur un filtre, on lave, et lorsque le précipité est lavé, on le fait sécher ; on le traite, alors, par l'alcool bouillant, qui dissout la cinchonine. On retire cette substance de sa solution alcoolique par cristallisation et par évapora tion. Si les cristaux obtenus étaient colorés, on les redissout dans un acide, et l'on traite ensuite le sel formé (le sulfate, par exemple) par l'eau et le charbon animal. On filtre la liqueur , on précipite de nouveau le sel par la magnésie , et l'on traite de nouveau par l'alcool, etc.

On peut aussi obtenir cette substance en traitant la poudre de quinquina gris par l'acide hydro-chlorique ou sulfurique affaibli , précipitant ensuite la solution sulfurique par la chaux en excès, réunissant le précipité sur un filtre, le lavant et le traitant, lorsqu'il a été desséché , par de l'alcool à l'aide de la chaleur, en agissant comme nous l'avons dit plus haut , si la cinchonine est colorée.

La cinchonine se trouvant avec la quinine dans divers quinquinas, ces deux substances ayant la plus grande analogie entre elles, et s'obteuant de la même manière, on les sépare l'une de l'autre par le procédé que nous allons rapporter , procédé qui a été décrit par M. Callaud , pharmacien. Il est basé sur la différence de solubilité des deux sulfates.

Ce procédé était déjà mis en pratique par M. Robiquet, qui le tenait de MM. Pelletier et Càventou, et qui y avait apporté quelques modifications. On combine avec l'acide sulfurique de la quinine obtenue ainsi que nous le dirons plus bas ; mais comme cette quinine contient une certaine quantité de cinchonine , on obtient à la fois et du sulfate de quinine et du sul-

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fate de cinchonine. Ce dernier, qui est plus soluble que le premier, ne cristallise pas et reste dans les eaux-mères. Pour le se'parer , on ajoute aux eaux-mères du sulfate de quinine, une solution de potasse caustique jusqu'à ce qu'il y en ait un le'- ^er excès. Cette solution détermine une de'composition des sels, et donne lieu à un sulfate de potasse, lequel reste en dissolution , tandis que la cinchonine encore mêlée de quinine se pre'cipite; on recueille le pre'cipite' sur un filtre, on le lave à grande eau, et on le traite, lorsqu'il est sec, par l'alcool bouillant ; on filtre l'alcool, et lorsque le pre'cipite' est e'puisé, on re'unit les liqueurs alcooliques , et on les soumet à la distillation pour en retirer une partie de l'alcool. On prend le résidu de la distillation tandis qu'il est encore chaud, on le met dans une capsule. Ce résidu donne une cristallisation qui est de la cinchonine. On sépare les cristaux des eaux-mères, on fait évaporer celles-ci, et l'on continue cette opération jusqu'à ce que la liqueur ne fournisse plus de cristaux.

Si la cinchonine obtenue par ce moyen n'était pas blanche, il faudrait la réduire en sulfate, décolorer celui-ci par le charbon animal privé de phosphate et de carbonate de chaux , décomposer ensuite ce sulfate par la chaux , et traiter de nouveau le précipité par l'alcool , comme nous l'avons déjà dit.

La cinchonine est blanche , transparente , soluble dans aSoo fois son poids d'eau bouillante , presque insoluble dans l'eau froide , soluble dans l'alcool , plus soluble dans l'alcool chaud , peu soluble dans l'éther , dans les huiles fixes et volatiles. La saveur de cette substance est amère, mais elle ne se développe que longuement, à cause de son peu de solubilité. Exposée à l'air , elle ne s'altère pas , mais à la longue elle absorbe l'acide carbonique. La cinchonine est alcaline; elle bleuit le papier de tournesol rougi, s'unit aux acides, les sature , et forme des sels. Exposée à l'action du feu, elle fournit les mêmes produits que ceux que l'on obtient des matières végétales azotées.

L'analyse que MM. Pelletier et Dumas ont faite de cette

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substance leur a donné les résultats suivans : carbone, 76,9-7 ; azote, 9,02 ; hydrogène, 6,22 ; oxigène , 7,79-

Les combinaisons de la cinchonine avec les acides qui sont employés en Médecine , sont l'acétate, le nitrate, l'hydrochlorate et le sulfate. Le sulfate est plus particulièrement employé.

L'acétate s'obtient en saturant la cinchonine par l'acide acétique , filtrant la liqueur qui contient ce sel en dissolution, la faisant évaporer pour obtenir des cristaux. Ce sel cristallise en petits grains ou sous forme de paillettes translucides. Le nitrate s'obtient en dissolvant dans de l'acide faible la cinchonine , saturant l'acide , traitant la solution par du charbon animal lavé, fdti'ant, faisant évaporer et cristalliser. Ces sels sont peu employés , c'est le sulfate qui est mis en usage. {V . ce mot. )

La cinchonine a été employée comme fébrifuge par plusieurs praticiens, et particulièrement par M. le docteur Chomel ; son usage fut ensuite abandonné , parce que l'on crut remarquer moins d'efficacité dans ce produit que dans la quinine.

L'attention des praticiens semble s'être fixée de nouveau sur ce produit, depuis que nous émîmes les réflexions suivantes. {Voir la première édition du Manuel du pharmacien et le Journal de Chimie médicale, 1. 1", p. 1 48. ) // sérail convenable que quelques médecins fissent de nouvelles recherches sur l'ac' tion de la cinchonine , comparée à celle de la quinine, dans le traitement des Jîevres) et si la valeur médicale de cette base était constatée par l'expérience , le sulfate de quinine , dont le prix élevé paraît ejfrajant à beaucoup de personnes y serait maintenu à un prix modéré , par l'usage du sel à base de cinchonine , que nous croj^ons aussi actif, en nous basant sur les succès obtenus autrefois de la poudre de quinquina gris.

Des expériences faites par M. Bally ont confirmé l'idée que nous avions émise; et ce savant, dans la séance de l'Académie royale de Médecine , du i8 octobre 1825, lut un mémoire sur la propriété fébrifuge de la cinchonine. Il résulte de ce travail que le sulfate de cinchonine arrête les fièvres aiguës et pério-

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diques lorsqu'il est pris à la dose de 6 à 8 grains par jour. Celte combinaison est , d'après M. Bally , moins irritante que ne l'est le sulfate de quinine.

Les expe'riences de M. Bally furent faites à l'hôpital de la Pitié' , sur vingt-sept malades attaqués de fièvres aiguës et pe'riodiques.

Les préparations de cinchonine sont : le sirop , le vin et l'alcool préparé avec ces substances.

Sirop de cinchonine , Sirop de sulfate de cinchonine.

On prépare ce sirop en dissolvant, dans 32 gram. ( i once ) d'eau, 24 déci;;rammes (48 grains) de sulfate de cinchonine. Lorsque la dissolution est faite , on prend 5oo gram. ( i livre ) de sirop de sucre marquant froid 35°, on le met dans une bassine d'argent, dont on a fait la tare, et l'on fait cuire jusqu'à ce que ce sirop ait perdu , par évaporation , une once d'eau; lorsqu'il est cuit à ce point, on ajoute la solution de sulfate de cinchonine , qui doit être claire ; on agite le tout avec une spatule d'argent ; on laisse refroidir , on introduit dans un flacon, et l'on conserve pour l'usage.

T^in de cinchonine , Vin de sulfate de cinchonine.

On prépare ce vin en dissolvant dans un litre de vin de Madère, i gramme ( 18 grains) de sulfate de cinchonine ; on filtre le vin lorsque la dissolution est entièrement faite. On peut préparer ce vin avec du vin de Bordeaux , avec du vin de Bourgogne , etc. , selon la formule du médecin (i).

Alcool de cinchonine.

Alcool tenant du sulfate de cinchonine en dissolution.

Ou fait dissoudre dans une once d'alcool 4 décigr. et demi

(i) La matière colorante dn vin est souvent precifiilce par la cinrhoninc.

(9p,rains)desulfatedecinchonine. D'après M. Magendie, cette teinture peut servir à préparer instantanément du viu de cinclionine. Ce praticien recommande d'ajouter à une pinte de vin Ô4 grammes (2 onces) de teinture alcoolique ; mais on ne doit pas perdre de vue que le vin ainsi préparé contient 2 onces d'alcool par pinte.

Le sulfate de cinchonine étant soluble dans l'alcool , on se sert de ce moyen pour reconnaître si ce sel a été falsifié par des substances insolubles dans ce véhicule ; s'il n'est pas soluble en entier , on examine quelle est la nature du résidu (1).

CHINOIDINE.

La chinoidine avait été signalée par M. Sertuerner comme un nouvel alcali distinct de la quinine et de la cinchonine , alcali qui aurait existé dans le quinquina ; mais des recherches dues à MM. Henry , Delondre et Levaillant ont démontré que la chinoïdine n'existait pas, et que ce que M. Sertuerner avait regardé comme un nouveau principe était un mélange de quinine, de cinchonine et d'une matière jaune particulière. ( V. le Journal de Pharmacie, t. XVI, p. i440

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