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MORPHINE

Narcéine de Chaussier.

La morphine est une base salifiable de nature végétale, qui existe dans l'opium , et qui s'y trouve combinée avec l'acide méconique, selon la plupart des auteurs, et avec l'acide sulfurique , selon M. Dupuis ( Société Philomatique , séance du 12 mai 1827 ). La morphine fut découverte dans l'opium par Seguin , puis par Sertuerner, pharmacien allemand : cette découverte conduisit un grand nombre de chimistes à rechercher dans divers véjjétaux employés en Médecine , des principes analogues. Les procédés indiqués pour obtenir la morphine sont nombreux : nous en rapporterons quelques-uns ici.

(i) LV'mt'iine pure étant peu soluble, on a pour lint, en ajoniant l'ncidt acétique, d'aider à la sohibililc de cette substance.

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Procédé de Sertuerner. On fait digérer à plusieurs reprises de ropium du commerce avec de l'eau distille'e ; lorsque ce liquide n'enlève plus de parties solubles , on re'unit les liqueurs , qui doivent marquer 8°. On les pre'cipite alors par l'alcali volatil , dont on ajoute par petites portions jusqu'à ce qu'il y en ait en excès. Lors du mélange de l'ammoniaque à la liqueur, il y a précipitation d'une certaine quantité d'une matière gélatineuse, que l'on enlève promptement ; il se forme ensuite un second précipité grisâtre , brillant , qui se dépose au fond du vase. On recueille le précipité sur un filtre, on le lave avec de l'eau, jusqu'à ce que le liquide en sorte sans couleur et sans saveur ; lorsqu'il est lavé , on enlève le filtre , on détache le produit, on le délaie dans l'eau, et on le traite par l'acide sulfurique , en quantité convenable pour former un sulfate liquide ; on décolore ce sel par le charbon animal privé, par l'acide hydro-chlorique, des sels qu'il contient; on filtre la liqueur , on la décompose ensuite par l'alcali volatil ajouté en excès. La morphine mise à nu se précipite ; on la recueille sur un filtre , on la lave et on la fait sécher; lorsqu'elle est sèche, on la lave avec de l'alcool à 22°, pour lui enlever la matière colorante qu'elle retient : quand l'alcool à ce degré ne lui enlève plus de matière colorante , on fait bouillir sur la partie non dissoute , de l'alcool à 36°, et l'on filtre la liqueur bouillante ; par refroidissement, elle laisse déposer de la morphine ; on la recueille sur un filtre , et on la fait égoutter et sécher. On fait ensuite évaporer les eaux-mères, qui donnent une nouvelle quantité de produit , qu'on recueille de la même manière.

Procédé de M. Robiquet. On prend de l'opium du commerce choisi , et le plus sec possible , on le divise en petits morceaux au moyen d'un couteau à racine ; on le met en contact avec de l'eau froide- on laisse en macération pendant cinq à six jours ; au bout de ce temps, on sépare l'eau qui a servi à cette opération, et l'on malaxe la partie insoluble dans de l'eau ordinaire , dans le but d'épuiser l'opium de tout ce qu'il contient de soluble dans ce véhicule. On réunit le produit Tome H. 5q

q5o HIANTJEL

de la macération aux eaux de lavage ; on y ajoute de la inagne'sie calclne'e , dans la proportion de 5 parties de magne'sie pour I oo- d'opium employé (i) ; on fait bouillir pendant un quart d'heure. La magnésie décompose le méconate de morphine qui est dans le liquide ; elle forme avec cet acide un sous-sel qui se précipite en même temps que la base, en entraînant de la matière colorante; on recueille le précipité sur un filtre , on le lave à grande eau ; on met le filtre à égoutter , ensuite on le fait sécher. On détache le précipité du filtre , on le réduit en poudre fine , et on le fait digérer à une douce chaleur, dans une quantité suffisante d'alcool à 22°. Lorsque l'alcool s'est chargé de matière colorante, on décante ce liquide : on renouvelle ce traitement jusqu'à ce que l'alcool à 22° n'enlève plus rien au précipité; on jette sur un filtre , on laisse égoutter ; on traite le résidu détaché du filtre par l'alcool à 36° à l'aide de l'ébullition ; on filtre le liquide bouillant j la solution , par refroidissement, laisse déposer la morphine ; on épuise le précipité , à plusieurs reprises , avec une nouvelle quantité d'alcool. Lorsque les liqueurs alcooliques ne laissent plus déposer de morphine, -on les fait évaporer à une basse température ; elles fournissent par ce moyeu . une nouvelle quantité de produit. Si la morphine obtenue par ce moyen n'est pas entièrement blanche, on la fait redissoudre dans de l'alcool ; on ajoute à la solution une petite quantité de charbon animal lavé , on fait bouillir, et l'on filtre le liquide bouillant.

Procédé de M. Hottot. Ce procédé a été présenté à la Société

(1) Qnelqnes personnes emploient la chaux au lien de la magnésie, et ils Ùisent s'être bien tronve's de cet emploi. M. Robinet a remarque que lorsqu'on pr<icipite par la chaux une solution d'opium préparée avec l'acide hy(h-ochloriquc , une partie de la morphine échappe .^ la précipitation et reste en solution avec la cliaux. Par l'acide carbonique ajoute en excès, on précipite la chaux h. l'état de carbonate; mais ce sel est mêlé de morphine. Le même effet n'a-t-il pas lieu lorsque l'on pre'cipiic la morphine par la magnésie et par Tammonianue ?

DU PHARMACIEN. QOl

de Phaviuacie comme une modification du procède' décrit par Thomson dans un journal anglais, Annals ofPhilosophj', 1820. On prend un kilogramme d'opium du commerce pur et sec (i), on le fait macérer dans une quantité d'eau suffisante , on le malaxe ensuite dans une nouvelle quantité d'eau , pour épuiser. On réunit les liqueurs, on les amène à une densité' de 2° à l'aréomètre ; on y verse ensuite de l'ammoniaque en assez grande quantité pour que la liqueur devienne neutre et légèrement alcaline. Cette addition d'alcali donne lieu à la précipitation d'une autre matière floconneuse, analogue au caoutchouc : on laisse, déposer, on décante, on filtre; on verse ensuite dans la liqueur filtrée 2 onces d'ammoniaque : cette nouvelle addition détermine la précipitation de la morphine. On fait jeter un bouillon à la liqueur; on recueille le précipité qui s'est formé, on le "lave à l'eau froide; lorsqu'il est sec, on le traite par 3 kilogrammes d'alcool à 34°; on ajoute au mélange 64 giammes de charbon animal; on fait chauffer au bain-marie jusqu'à ce que l'alcool soit en ébuUition; on filtre l'alcool bouillant ; la morphine se précipite par refroidissement. Lorsque les eaux-mères alcooliques ne fournissent plus de morphine , on les soumet à la distillation pour en retirer l'alcool , qu'on fait servir à des opérations ultérieures. On obtient, par cette dernière opération, une nouvelle quantité de morphine. La morphine dans l'opium est accompagnée d'un autre principe auquel on a donné le nom de narcoline. Pour obtenir la morphine pure , on traite l'extrait d'opium du commerce par l'éther , à plusieurs reprises. Ge véhicule dissout la narcotine sans toucher à la morphine. On peut encore ( ce qui est plus économique ) traiter la morphine elle-même par l'éther : le but qu'on se propose , dans ce cas ,

(i) La quantité d'eau contenue dans Topium est très variable; nous nous en sommes assures b. plusieurs reprises. Cette remarque mérite d'être prise en considération, lorsque l'on traite de grandes quantiiés d'opium pour en extraire de la morphine.

gjSa MANUEL

est d'obtenir la morpluiie pure, afin que ses effets ne Soient

pas modifie's par la présence d'une substai>ce étrangère.

La présence de la morphine a été constatée dans l'opimn indigène ( obtenu par incision des pavots cultivés en France ) , par Vaxiquelin ; dans les capsules des pavots indigènes cultivés en France , par M. Tilloy ; dans les capsules du pavot d'Orient cultivé en France, par M. Petit; enfin, dans l'extrait de coquelicot préparé à Narbonne , par un pharmacien de ce pays qui est maintenant fixé à Paris (i). Une discussion sur la priorité de la découverte de la morphine dans le pavot indigène , s'est élevée entre MM. Petit et Tilloy, sur la priorité d'extraction. Il est résulté que ces deux pharmaciens-chimistes, sans avoir connaissance de leurs travaux respectifs, avaient tous les deux atteint la solution du problème. M. Tilloy a poussé plus loin ses expériences ; il a livré au commerce de la morphine extraite du pavot indigène (2), et il a de plus indiqué le procédé à l'aide duquel il parvient à extraire ce produit pour le livrer au commerce à un prix raisonnable. Ce procédé est le suivant: on prépare un extrait avec les tètes de pavots ; on traite cet extrait par l'alcool à 36°, pour en isoler la gomme ; on sépare la solution alcoolique , que l'on soumet à la distillation pour en retirer l'alcool ; on amène le résidu en consistance sirupeuse; on traite une deuxième fois par l'alcool, qui précipite de nouveau une certaine quantité de matière gommeuse, mêlée de nitrate de potasse ; on sépare une seconde fois la liqueur, et on la soumet à la distillation. On fait dis-

(i) M. RifiFard , qui ;i l'ait l'analyse de la fleur du coquelicot, n'a pas trouve de morphine dans celte fleur. IMM. Brek et Ludervig ont obtenu de .semblables résultais; mais ces praticiens ont reconnu dans cette fleur des principes qui avaient échappe h M. RifFard.

(a) Des essais faiis sur la plante entière du Papiivei Rheas en iSl", ne nous ont fourni que de très petites quantités de niorpliine. Le procédé suivi était celui de M. Tilloy. Ceiicadant, ce saviint pharmacien a, dans les années jSïS, iSatt et 1827 , livré au commerce , plus de 8 livres «le morphine provenant des capsules du pavot cultive dans les départemer.s de la Côte-;!'Or et dn Nord.

DU PIJARVACIRN. qSS

soudre dans l'eau le résidu de cette seconde distillation ; on filtre pour séparer les matières insolubles; on précipite la liqueur par la magnésie calcinée ; on laisse en repos pendant vingt-quatre heures. On recueille le précipité sur un filtre, on le lave, on le fait sécher, puis on le traite par l'alcool bouillant, qui dissout la morphine et qui la laisse déposer par refroidissement ; on sépare le produit, et l'on distille l'alcool pour retirer ce liquide et de plus une certaine quantité de morphine qui l'esté encore en dissolution. M. Tilloy pense qu'on pourrait, au lieu de magnésie calcinée, employer, par but d'économie, les sous-carbonates de soude, de chaux ou de magnésie. Le procédé de M. Tilloy est analogue à celui qui a. été employé par M. Dublanc jeune dans l'analyse de l'extrait, de pavot indigène.

M. Henry fils , connu par ses nombreux travaux , a donné , il y a quelques années , connaissance à l'Académie royale de Médecine , d'un procédé pour l'extraction de la morphine , sans l'emploi de l'alcool. Ce procédé consiste à épuiser l'opium du commerce par de l'eau aiguisée d'acide hydro-chlorlquc , à concentrer les liqueurs aux deux tiers, à filtrer, à décomposer par l'alcali volatil, à recueillir le dépôt, à le laver . à le traiter par l'acide hydro-chlorique jusqu'à saturation , à faire bouillir la solution avec du charbon animal , à filtrer , à faire évaporer pour obteniv un hydro-chlorate de morphine , qui , purifié à plusieurs reprises par cristallisation , est ensuite décomposé par l'ammoniaque. ( V. Jounral de Chimie médicale y mars 1828, )

La morphine pure est une substance blanche, cristalline, se présentant sous la forme de prismes rectangulaires ; mise dans la bouche, elle y produit , au bout de quelques instans, une saveur amère ; elle est insoluble dans l'eau froide , soluble dans une grande quantité d'eau à 100" centigrades, soluble dans l'alcool froid, plus soluble dans l'alcool bouillant, d'où elle se précipite par refroidissement ; elle bleuit le papier de tournesol rougi, s'unit aux acides, et forme des sels susceptibles de cristalliser. Parmi les caractères qui ser-

9^4 MAJNUEL

vent à faire reconnaître la morphine, on doit principaleinent considérer l'action de la chaleur , celle des acides et celle des sels de fer peroxide's. La morphine exposée à l'action de la chaleur, entre en fusion ; par refroidissement, elle se prend en une masse transparente présentant des rayons. Les acides forment, avec la morphine, des sels qui sont décomposables par les alcalis , qui en précipitent la plus grande partie de la lïioirphine ; ces sels , mis en contact avec les sels de fer peroxide's , et particulièrement avec le per-hydro-chlorate , donnent lieu au développement d'une belle couleur bleue ; mise en contact avec l'acide nitrique, elle prend une couleur rouge de sang ; mise en contact avec l'acide suif urique concentré y cet acide la charbonne. Les sels de morphine les plus habituellement employés sont l'acétate et le sulfate : on les fait entrer dans des pilules , potions et sirops. La morphine , selon MM. Bi'ande , Bussy , Dumas et Pelletier, Thomson, est composée r

De carbone. . 69,0 (1)

D'hydrogène. 6,5

D'azote 4»^

D'oxigène. . . 20

L'action de la morphine sur l'économie animale a été le sujet de discussions scientifiques; ces discussions étaient dues particulièrement à ce que les savans qui avaient opéré l'avaient fait avec de la morphine à divers degrés de pureté. Introduite à l'état solide dans l'estomac de l'homme, elle parait se transformer en sel , et elle agit comme le ferait l'acétate. On doit donc , si l'on voulait l'employer à cet état , la donner à la même dose que ce sel ( d'un quart de grain à un grain en 24 heures) ; à de hautes doses , elle pourrait porter du trouble dans l'économie animale, déterminer des accidens graves, et même causer la mort.

(0 Bussy. (2) Brande. ^3) Pelleiier et Dnmas. (4) Thomson.

DU PHARMACIEN. qSS

Des recherches sur la possibilité de démontrer la présence de la morphine et des sels dans l'économie animale, ont été faites parMM. Orfila, Lassaigne , Dublanc et SéruUas. M. Orfila a vu que l'on pouvait reconnaître la présence de la morphine dans un mélange fait avec 4 onces d'urine ou de sang et I grain de morphine , mais que l'on n'avait pu, constater l'existence de ce principe dans le sang de trois chiens qui avaient pris 12, i5 et i8grams de morphine. La morphine a cependant été démontrée dans l'urine de l'un de ces animaux. Les recherches de M. Lassaigne ont démontré que l'on pouvait séparer l'acétate de morphine des liquides animaux et des alimens avec lesquels il a, été mêlé. Le procédé qu'il a prescrit est le suivant : on fait évaporer les liquides, et on les traite par l'alcool à 36°, bouillant; on fait évaporer la solution alcoolique qui contient l'acétate de morphine et les matières grasses , jusqu'en consistance d'extrait; ou traite par l'eau distillée, qui dissout l'acétate sans toucher à la graisse ; on filtre la dissolution, et on la fait évaporer jusqu'à ce que l'on obtienne le sel cristallisé. On peut, à l'aide de ce procédé, découvrir l'acétate de morphine dans l'estomac et dans les intestins grêles des animaux qui en ont pris , ainsi que dans les matières rendues peu de temps après l'ingestion du poison (i). Lorsque la dissolution qui doit fournir le sel cristallisé est coloi'ée , on fait évaporer en consistance d'extrait. On dissout l'extrait dans l'eau ; on verse dans la dissolution de l'acétate de plomb liquide qui précipite les matières colorantes. La morphine reste en solution dans le liquide décoloré; on débarrasse ce liquide par l'hydrogène sulfuré de l'excès de plomb qu'il peut retenir; on chauffe pour chasser l'excès d'acide hydro-sulfurique ; on filtre à travers le charbon animal ; on fait évaporer la liqueur en la plaçant dans une capsule sous la cloche de la machine pneumatique, mettant à côté un vase qui

(t) 11 est proliable que le même mode d'agir peiu être appliqué pour rechercher la [Kcsence de la morpliiiie dans rtcononiic aninialc ; cette substance, dans ce cas, passe à l'état de sel et devi'.nt solublc.

gù6 MANUEL

contient de l'acide sulfurique concentré et faisant le vide; de cette manière , on obtient l'acétate , sur lequel on peut tenter quelques essais afin de le reconnaître. Le procédé proposé j)ar MM. Dublanc est le suivant : ou fait évaporer la masse suspecte jusqu'à ce qu'elle ne contienne que le moins d'eau possible, sans être altérée ; on la traite à plusieurs reprises par l'alcool absolu , à l'aide de la chaleur ; on filtre la liqueur alcoolique, qui doit contenir de la morphine, des traces de matière animale et des sels; on verse dans cette solution de la teinture alcoolique de noix de galles , qui précipite la petite quantité de matière animale dissoute par l'alcool. Il reste en dissolution de la morphine et du taimin. ^n étend le liquide filtré d'un peu d'eau distillée , et on le mêle avec une assez grande quantité de dissolution de gélatine, qui décompose le tannate de morphine. On filtre pour séparer le précipité composé de tannin et de gélatine , et l'excès de gélatine , et l'alcool qui a passé à la filtration fournit la morphine par Tévaporation. Le procédé de Lassaigne est préféré à celui de M. Dublanc ; les raisons 'de cette préférence ont été exposées dans l'ouvrage de M. Orfila. M. Sérullas a reconnu que l'acide iodique ou les iodates acides étaient de bons réactifs pour faire reconnaître l'acide iodique et les iodates acides. Ce savant a profité de la. propriété dont jouit la morphine et l'acétate de cette base, de décomposer l'acide iodique ou les iodates, et de ramener l'iode à l'état natif. Dans ses expériences , il a vu qu'une liqueur qui contient un centième de grain de morphine , mêlée à une petite quantité d'une solution d'acide iodique ou d'iodate acide, déterminait à l'instant même une décomposition, et donnait lieu à une coloration en jaune lorsque l'iode est en très petite quantité, ou à de l'iode si la quantité de morphine et celle d'acide iodique sont plus considérables. ( 7^. le Journal de Chimie médicale , t. VI , p 2?.4 et 257. )

La morphine combinée aux acides donne naissance à divers sels, l'hydro-chlorate , le sulfate et l'acétate. Nous avons indiqué comment on préparait l'hydro-chlorate et le sulfate. ÎSous nous occuperons maintenant de l'acétate.

DU PHARMACIEN. g5j

On prépare ce sel de la manière suivante. Oq fait dissoudre dans de l'alcool bouillant une certaine quantité de morphine (i). Lorsque la dissolution est opérée, on ajoute peu à peu de l'acide acétique pur, jusqu'à ce que la base soit nonseulement saturée, mais qu'il y ait un lé^er excès d'acide. Ou fait évaporer le liquide , soit à l'aide de la chaleur de la vapeur d'eau, soit à l'étuve. Lorsque le sel est sec, on le réduit en poudre , et on le conserve en cet état.

L'évaporation de ce sel doit être faite avec le plus grand ménagement ; sans cela , on décomposerait une partie de l'acélate , et l'on aurait un sel avec excès de base.

L'acétate de morphine est mis en usage comme le sulfate ; mais, ainsi que nous l'avons dit, quelques praticiens pensent que la forme cristalline du sulfate doit le faire employer de préférence. On pourrait obtenir, si on le voulait , l'acétate à l'état cristallin. Il suffirait pour cela de le faire évaporer avec soin , et d'arrêter l'évaporation à un degré convenable.

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