‹ Manuel du pharmacien; ou, Précis élémentaire de pharmacieChapitre 137 sur 254 · Ç)62 MARCEL · texte numérisé non relu

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nommé cjrlisine, extrait qui jouit de quelques propriéte's particulières.

La cytisine est d'une couleur jaune ; sa saveur est amère et nause'abonde ; exposée à l'air, elle en attire l'humidité ; elle se dissout difficilement dans l'alcool concentré , très facilement dans l'alcool affaibli; elle est insoluble dans i'éther , soluble dans l'eau. Sa dissolution aqueuse ne rougit ni le papier de tournesol ni le papier de curcuma ; elle n'est pas précipitée par divers sels, l'acétate de plomb, les nitrates d'argent et de mercure, les sulfates de cuivre et de fer, par les hydro-chlorates de baryte, de chaux, d'étain et de strontiane.

La cytisine introduite dans l'économie animale agit et comme vomitif et comme purgatif. A la dose de 5 grains, elle a produit les mêmes effets que ceux qui seraient résultés de l'emploi de 3 grains d'émétique ; 8 grains- ont déterminé chez l'un des auteurs de la découverte ( A. Chevallier ) une espèce d'empoisonnement qui a été combattu avet succès par des boissons acidulées , et particulièrement par l'emploi de la limonadje tartrique prise en grande quantité.

DATDRINE.

Daturium.

On a donné le nom de daturine à une substance cristalline qui a été découverte par Brandes , dans les semences de la stramoine om pomme épineuse. La daturine, selon ce chimiste , se trouve dans la graine, à l'état de malate acide, que l'on peut obtenir à l'aide de l'alcool bouillant. On décompose ensuite ce sel par la magnésie , et l'on reprend le précipité par l'alcool bouillant; la liqueur , par évaporation , laisse déposer la daturine.

Ce principe est pres([ue insoluble dans l'eau et dans l'alcool froid; il est soluble dans l'alcool bouillant, susceptible de s'unir aux acides et de former des sels d'où l'on peut précipiter la daturine par les alcalis.

DU PIJAR3ÎACIEN. g63

Les sels que forme la daturiue combinée aux acides soni très solubles-

On a attribué à la daturiue l'efficacité de l'extrait de stramonium employé contre le rhumatisme invétéré, et dont les bons effets ont été constatés à l'hôpital d'Utrech, par MM. Kirchoffet En-irelhart.

La daturine n'a pas encore été employée comme moyen thérapeutique; il serait à désirer que qi^lque praticien s'occupât de l'examen des propriétés de ce nouveau produit.

DIGITALINE.

C'est M.Royer de Genève qui, le premier, a parlé du principe actif de la digitale , qu'il a nommée digitaline. En traitant la digitale, il obtint des résultats qui ont été consignés dans la Bibliothèque universelle des Sciences, ^u'in 1824.

Pour obtenir le principe actif de la digitale, on réduit la digitale en poudre , on l'introduit dans un vase , et on la recouvre d'éther ; on laisse agir à froid ce véhicule sur la poudre. Lorsqu'il s'est chargé d'une grande quantité de ce principe , on enlève l'éther, on le remplace par d'autre, et l'on aide l'action à l'aide de la chaleur; on laisse refroidir , et l'on sépare ce liquide. L'éther qui a servi à ces opérations est coloré, et il a pris .une saveur amère. Filtré et soumis à la distillation, il laisse un résidu d'apparence résineuse, d'une amertume insupportable. Ce résidu doit être traité par l'eau, qui le sépare en deux parties : la première , soluble , contient la digitaline mêlée à d'autres substances îMa deuxième, insoluble, est d e la chlorophylle. On sépare celle-ci de la première par la filtration ; puis on traite par de l'hydrate de protoxide de plomb pour séparer l'acide , d'après M. Royer : l'acide contenu dans la digitale formant un sel soluble avec l'oxide de plomb, ce sel reste mêlé à la digitaline. Pour obtenir cette substance séparée de ce sel , on réduit à siccité la liqueur , et on la traite de nouveau par l'éther rectifié ; on obtient pour résultat une solution éthérée, qui contient la matière active de la digitale,

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dégagée de la plus grande partie des substances qui raccoih— pagnaient. On fait évaporer , et Von obtient une substance brune poisseuse , qui ramène au bleu le papier de tournesol rougi , et qui est d'une amertume extrême. Cette substance, ainsi qu'on l'a vu à l'aide d'expériences physiologiques, possède les propriétés de la digitale. La digitaline n'est pas encore employée en Médecine.

D'autres chimistes ont#galeinent reconnu un principe alcaloïde dans la digitale pourprée. Un auteur suédois, cité dans l'ouvrage de Chimie de Thompson , a signalé la découverte de ce principe. Dans la thèse sur la digitale pourprée , présentée à la Faculté de Médecine de Paris, en iS?^? par le docteur NicoUc , un jeune chimiste, M. Pauquy , a publié un procédé très différent de celui de M. Le Royer , et par lequel il a prétendu avoir isolé un principe de nature alcaline et cristallisée, qu'il a aussi nommé digitaline , mais qui ne ressemble pas du tout à celui auquel M. Le Royer a donné ce nom. Ce procédé, qui, de l'aveu de l'auteur lui-même, doit être examiné, consiste à faire bouillir des feuilles de digitale dans de l'eau aiguisée d'acide sulfurique , à faire rapprocher la décoction , et à la soumettre à l'ébullition avec de la magnésie calcinée ; celle-ci enlève l'acide combiné au principe alcalin présumé dans la décoction. Pour isoler ce principe, le résidu refroidi et bien lavé est traité par l'alcool rectifié et bouillant : la liqueur filtrée et concentrée jusqu'aux trois quarts, laissa déposer un corps blanc, inodore^ d'une saveur acre, cristallisé en aiguilles très fines , insoluble dans l'eau et soluble dans l'alcool et l'éther. L'alcalinité d& ce principe cristallin était démontrée par l'action de son solutnm alcoolique sur le papier de tournesol.

Sans prétendre nous ériger en juges de ces divers travaux , nous ferons néanmoins une simple observation sur le but auquel semblent tendre la plupart des chimistes qui s'occupent d'analyses de substances organiques; c'est ([ue, voulant trouver . des alcalis partout , ils oublient qu'un grand nombre de substances immédiates, mais nullement alcalines ou salifiablcs ,

DU PUARMACCliN. <)65

sont également douées de propriétés actives, cl que les qualités physiques, comme la saveur, l'odeur, qui sont les causes de ces propriétés, peuvent dépendre de principes huileux, volatils, résineux, gommeux , etc., qui certainement ne passeront jamais pour des alcalis. Ainsi , en appliquant notre observation au sujet de cet article , nous pensons que le principe amer et nauséeux auquel la digitale paraît devoir ses propriétés n'est pas encore assez déterminé pour être considéré comme une nouvelle base salifiable oiganitiue; il nous semble même que la digitaline de M. Le Royer est un corps composé de plusieurs substances , toutes solubles dans l'éther , et qui , si elles étaient isolées , seraient douées de propriétés très différentes.

GENTIANIN,

Principe actif de la gentiane.

On a donné ce nom à un principe amer découvert dans la gentiane, par MM Henry et Caventou ; il s'obtient en agissant <le la manière suivante : on réduit en poudre delà racine de gentiane , on introduit cette poudre dans un matras , on verse dessus de l'éther sulfurique rectifié, en assez grande quantité pour que la poudre en soit recouverte d'un travers de doigt; on laisse en macération pendant quarante-huit heures, on décante la liqueur étliérée , on filtre cette liqueur, et l'on remet une nouvelle quantité d'élher sur la poudre déjà épuisée. Après quarante-huit heures, on enlève la dissolution, et l'on l'épète ce traitement jusqu'à ce que l'éther en contact avec la poudre ne lui communique plus de couleur,- on réunit les solutions éthérées, on les introduit dans le bain-marie d'un alambic, et l'on procède à la distillation, pour retirer la plus grande partie de l'éther, qui peut servir de nouveau à e'puiser de la poudre de gentiane. On démonte l'appareil ; on trouve dans le bain-marie une masse poisseuse de consistance molle ; on la traite i\ froid pai l'alcool à /{o", et l'on continue

de la traiter par ce véhicule, jusqu'à ce que l'alcool en 'sorte incolore : par ce moyen, on de'pouille l'extrait e'the're' de tout le gentlanin , et l'on a pour re'sidu une substance semblable à la {du. On réunit les lavages alcooliques, on les soumet à l'évaporation à l'aide d'une douce chaleur, en recueillant l'alcool, qui se vaporise. Sur la fin de l'évaporation , le gentianin reparaît sous la forme d'une matière cristalline jaune qui se prend en masse ; cette matière isolée est d'une amertume très forte ; on la traite par l'alcool faible , qui la redissout en l'isolant d'une matière grasse inodore , insipide et d'une couleur verdâtre.

La solution alcoolique contient le gentianin , un acide et la inatière odorante de la gentiane ; on fait évaporer ce solulum à siccité, on délaie le résidu dans l'eau, on y ajoute une petite quantité de magnésie pure , on fait bouillir et évaporer à siccité. Par ce dernier traitement , on chasse la plus grande partie de la matière odorante de la gentiane , et l'on débarrasse le gentianin de l'acide qui était avec lui ; on fait ensuite bouillir l'extrait avec l'éther , qui redissout le gentianin sans toucher à la magnésie ni au sel magnésien ; on filtre, et l'on fait évaporer le liquide, qui fournit ce produit par évaporation. Pour obtenir une petite quantité de gentianin qui a été précipité et qui reste fixé à la magnésie , on traite cette substance par l'acide oxalique, qui s'unit à la base et met à nu le principe végétal , que l'on reprend ensuite par l'éther.

Le gentianin est jaune, inodore, ayant une amertume semblable à celle de la gentiane, amertume qui augmente de force lors de la combinaison de ce principe avec un acide. Il est soluble dans l'étlier et dans l'alcool ; ses solutions , abandonnées à une évaporation spontanée, laissent déposer des cristaux jaunes, ayant la forme d'aiguilles. Il est peu soluble dans l'eau froide, mais cependant en assez grande quantité pour rendre l'eau amère; il est plus soluble dans l'eau bouillante. Ce principe , dissous dans les acides, perd de sa couleur ; ces solutions acides, mises en contact avec un alcali en excès , deviennent

plus foncées. Le gentianiu ne rougit pas sensiblement le papier bleu de tournesol, il ne bleuit pas non plus le même papier rougi par les acides. Soumis à l'action de la chaleur , ce produit se décompose en partie : la partie qui n'éprouve pas de décomposition se sublime et se dépose sur les parois du tube, sous forme de petites aiguilles ; la partie décomposée donne lieu à des produits analogues à ceux qui résultent de la décomposition des matières végétales azotées.

Des essais faits par M. Magendie sur le gentianin , li^i ont fait reconnaître que ce produit n'est pas vénéneux : plusieurs grains de cette substance injectés dans les veines , n'ont produit aucun effet apparent. Ce savant en ayant pris i o décigram. ( 2 grains ) dissous dans de l'alcool , cette préparation , d'une amertume extrême, lui fit éprouver dans l'estomac un léger sentiment de chaleur. ; ,i>fMl»;

Les pi'éparations suivantes de gentiane ont été recommandées par le même praticien :

Teinture de gentianin. Alcool à 24°, 32 grammes (i once) ; gentianin pur , 25 centigrammes ( 5 j^rains ). On fait dissoudre le gentianiu dans l'alcool, et l'on conserve la solution, qui est destinée à remplacer l'élixir de gentiane. Celte préparation est employée dans les mêmes circonstauce^ ,, xl'^près l'ordQunapce du praticien. i, ^ . •.,',• i' • '

Sirop de gentianin. Sirop de sucre, ,.5oo grammes (i livre); gentianin, 8 décigrammes ( 16 grains). Faites dissoudre le gentianin dans l'eau; mêlez, et conservez-le, pour s'en servir comme on le fait du sirop de gentiane.

'glaïadine.

Gliadine.

Cette substance est extraite du gluten, d'où dérive son nom. On prend le gluten , on le traite par l'alcool en s'aidant de la trituration ; on filtre la solution alcoolique qui , rapprochée à siccité , fournit la glaïadine ; mais elle n'est pas epcore à l'é-

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tat de pureté; on la sépare d'une matière jaune qui raccompagne , par l'éther sulfurique , qui ne dissout pas la glaïadine, mais bien la matière jaune ; celle-ci est ensuite dissoute dans l'alcool , et conservée pour l'usage. La glaïadine est employée pour précipiter le tannin de sa solution alcoolique ; on en a fait une heureuse application à l'analyse chimique , pour reconnaître si l'infusion ou la décoction alcoolique d'une plante ou d'une partie quelconque d'un végétal , contient du tannin. L'avantage de ce produit sur la gélatine , dans ce cas , est bien marqué : l'alcool ne le précipite pas , tandis qu'il précipite en partie la gélatine. On ne sait alors si le précipité obtenu est de la gélatine précipitée par de l'alcool , ou du tannin précipité par la gélatine. La glaïadine peut encore servir à faire reconnaître les sous-carbonates alcalins, qui y déterminent un précipité blanc. On a indiqué cette substance comme un excellent contre-poison des sels mercuriels.

Einhoff prescrit de préparer ce produit en broyant les pois, les lentilles ou les fèves , i-amolUes avec de l'eau , décantant la liqueur laiteuse , laissant déposer l'amidon, décantant et recueillant sur un filtre la glaïadine qui reste en suspension dans la liqueur. '•

Ce pi'oduit , d'un brun clair , est transparent ; il ressemble à de la colle forte ; exposé au feu , il brûle avec une odeuf d'empyreume ; traité par l'acide nitrique , il se colore en jaune ; laissé en contact' avec l'eau, il se décompose en donnant naissance à de l'ajnmoniaque. Il est soluble dans les acides sulfurique et hydro-chlorique : la première de ces solutions précipite par l'eau, la seconde par les alcalis. La glaïadine est dissoluble dans les alcalis ; mais elle est précipitée par les acides, et mêitie par l'acide carbonique de l'air. (Einhoff , Journal de Gehlen, t. VI, p. 126. )

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