Tome II
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PHOSPHATE d'ammoniaque.
Ce sel résulte de la combinaison de l'acide phosphorique avec l'ammoniaque, dans les proportions de loo d'acide et de 47j^2 de base. C'est Rouelle qui le premier reconnut la nature de ce sel, qui fut ensuite étudie' par Lavoisier et par Vauquelin.
On prépare ce phosphate en agissant de la manière suivante. On prend des os d'animaux, qui ont été calcinés à blanc ; on les réduit en une poudre fine , on les met en pâte avec un peu d'eau ; on verse sur cette pâte de l'acide sulfurique concentré dans la proportion de 4 parties d'acide à 66° sur 5 parties d'os pulvérisés; on remue le mélange avec une spatule de bois, afin que le tout soit bien homogène ; on laisse ensuite réagir pendant quatre à cinq jours en remuant de temps en temps.
Durant cet espace de temps , l'acide sulfurique , qui est en contact avec les os calcinés (os qui sont composés en grande partie de carbonate et de phosphate de chaux ) , décompose le .carbonate et une partie du phosphate , forme du sulfate de chaux , et met à nu l'acide carbonique , qui se dégage , ainsi qu'une partie de l'acide phosphorique , qui reste en dissolution dans la liqueur. Cet acide se combine à une quantité du phosphate , et forme un phosphate acide de chaux.
Quand la réaction est terininée, on étend d'un peu d'eau' le mélange , on le brasse fortement , on le jette ensuite sur un filtre de loue , la liqueur , qui passe d'abord trouble , finit par s'éclaircir. On change le vase qu'on avait placé comme récipient , et l'on verse sur le filtre les premières liqueurs passées troubles. Lorsque le liquide est passé, on lave le résidu, jusqu'à ce que l'eau qui en sort soit insipide ; on réunit toutes les liqueurs , on les fait évaporer en partie , et l'on sature ensuite la liqueur restante par de l'alcali volatil, qu'on ajoute par pelite porticfn, et jusqu'à ce qu'il y en ait un léger excès, ce qu'on peut reconnaître en se servant d'un papier de tournesol
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rougi par un acide. L'addition de l'alcali volatil détermine la précipitation du phosphate de chaux tenu en solution. On fait jeter un bouillon à la liqueur, on la filtre , on la fait évaporer convenablement ; on y ajoute ensuite un peu d'alcali , et l'on porte ce sel à cristalliser. Loi*sque les cristaux sont séparés de lalicjueur, on rapproche les eaux-n^.ères, afin d'obtenir de nouveau des cristaux. Quand elles cessent d'en donner, on les étend d'eau ; on les traite avec un dixième de charbon animal debarrassédu carbonate et du phosphate de chaux ; on les filtre, et la liqueur évaporée dans une cornue, peut donner de l'acide phosphorique, si l'on chauffe fortement le phosphate d'ammoniaque qu'on obtient pour résidu.
Si le phosphate d'ammoniaque qu'on a retiré d'une première cristallisation n'était pas blanc, il faudrait le faire redissoudre dans l'eau distillée , filtrer la solution , la faire évaporer, séparer les cristaux des eaux-mères, les faire dessécher, et les conserver convenablement.
Ce sel donne des cristaux octaédriques ; sa saveur est salée , un peu amère ; il est soluble dans deux fois son poids d'eau à 10° de Réaumur. Exposé à- l'action de la chaleur dans une cornue, il éprouve la fusion aqueuse; si on le chauffe plus long-temps , il se dessèche , se boursoufle , se décompose , perd de sa base , et passe h l'état d'acide phosphorique.
Chauffé fortement avec du charbon dans une cornue de grès bien lutée, on observe d'abord un dégagement d'ammoniaque. L'acide phosphorique, mis à nu , est ensuite décomposé, et donne lieu à du phosphore. Ce moyen , appliqué à l'extraction du phosphore en grand, serait plus avantageux que celui suivi ordinairement, l'acide phosphorique étant mis à nu; il nécessiterait un moindre degré de chaleur que celui exigé pour la décomposition du phosphate acide de chaux'. La rupture des vases serait moins fréquente, et par conséquent les dangers moins grands, et l'économie considérable (1).
[t] L'acirle phosphorique est employé pour airéttr la curie des dents et d-es autres os.