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SOUS-PHOSPHATE DE SODDE

Ce sel, composé, d'après Berzélius, de 20, 33 d'acide, de 17 ,67 de soude, et 62 ,00 d'eau, est le premier des phosphates qui fut découvert. En 1737 , Hellot reconnut sa présence dans l'urine ; il en fit la description , en le regardant comme un sel particulier. En l 'j^o , Hanpt le nomma sal mirabile perlalum . En 174^» MargraiF reconnut qu'il était formé d'acide phosphorique ; mais il observa que , traité par le charbon , on ne pouvait pas en obtenir de phosphore. Rouelle détermina les quantités d'acide et de soude dont il était formé. Proust ne reconnut pas ce sel pour un phosphate, et Morveau appela l'acide obtenu de ce sel, obtenu par Scheèle, acide Ourélique. Klaproth et Scheèle reconnurent ensuite que l'acide décrit paj: Proust était de l'acide phosphorique combiné avec de la soude.

Ce sel peut être obtenu directement en saturant de l'acide phosphorique par du sous-carbonate de soude ; on fait ensuite évaporer le résultat de la combinaison (1) , et par refroidissement, on obtient ce sel cristallisé. Toutefqjp ce moyen n'est pas mis en usage. On emploie généralement , pour la préparation de ce produit, les os et l'acide sulfurique, produits qu'on peut se procurer en grande quantité et à un prix peu élevé. On agit alors de la manière suivante. On fait brûler des os d'animaux jusqu'à ce que le i-ésidu obtenu de la calcination soit entièrement blanc ; on réduit ces os en poudre, soit au moyen d'un moulin, soit avec un pilon : on les p^se au tamis. Quand ils sont ainsi divisés, on les traite par l'acide sulfurique ainsi

(i) Tliompson , dans son système de Chimie, indique les quantités d'acide it de sous-carlonate de soude J» employer. Sa tramnies d'acide exigent 91 grammes de .sous- carbonate.

Di; PBARMACIl.N. j'jf)

qu'il suit. On place dans un baquet doublé en plomb i5o parties de la poudre d'os ; on la délaie dans 3po parties d'eau, on y ajoute 90 parties d'acide sulfurique à 66°. Quand le mélange est fait , on le brasse vivement. Il y a de suite effervescence , dé;jagement d'acide carbonique et hydro-sulfurique. Ces deux acides proviennent de la décomposition des carbonates et des sulfures qui se trouvent dans les os calcinés.

On laisse réagir le mélange pendant quatre à cinq jours , en ayant la précaution de l'agiter de temps en temps pour que toutes les parties soient bien en contact entre elles. Quand la j'éaction est terminée , on ajoute au mélange igie quantité d'eau convenable pour bien délayer la masse ; on brasse, puis on laisse reposer. Quand le dépôt est fait, et que la liqueur est éclaircie, on décante et l'on ajoute une nouvelle quantité d'eau; on brasse de nouveau, on laisse reposer, on décante une seconde fois ; on jette enfin le dépôt sur un filtre ; on recueille le produit filtré, qui est réuni à l'eau des deux premiers lavages: on épuise le résidu par de nouvelle eau. Ces dernières eaux ne sont pas réunies aux deux premières ; elles servent de petites eaux qu'on met en usage dans une seconde opération. On réunit dans une chaudière les eaux provenant des deux premiers lavages après qu'elles ont été filtrées, et on les fait évaporer jusqu'à ce que la liqueur soit réduite à moitié. On arrête alors l'évaporation , et l'on sature la liqueur par du sous-carbonate de soude en excès, en ayant soin de n'ajouter de ce sel que peu à peu, pour que l'effervescence produite par le dégagement d'acide carbonique ne soit pas trop vive. Quand la saturation est terminée , ce qu'on peut apercevoir à l'aide d'un papier réactif, on fait bouillir la liqueur pendant une demiheure , on la filtre pour séparer un précipité qui s'est formé pendant l'ébullition ; on la remet sur le feu , et on la fait évaporer jusqu'à ce qu'elle marque 26° à l'aréomètre. On couvre alors la chaudière , et l'on cesse le feu. On laisse la liqueur eu repos pendant douze heures. On a soin de la tenir chaude, en empêchant l'air de circuler dans le foyer. Pour cela, on a un registre qui intercepte le courant d'air dans la cheminée de ti-

rage , et une porte qui ferme le cendrier du fourneau. Au bout de ce temps , on tire à clair la liqueur, on la coule dans des terrines qui sont portées dans une étuve chauffée à 25° ; on abandonne ces terrines à elles-mêmes. Les cristaux s'y déposent sur les parois. Quand les cristaux sont bien formés , ce qui demande l'espace de deux ou trois jours , on sépare les cristaux des eaux-mères, on les lave avec de l'eau, et on les met à égoutter dans une trémie. On reprend les eaux-mères , on les fait évaporer. Si elles sont colorées , on y ajoute un cinquième de noir animal , et l'on fait bouillir le tout en étendant d'eau ; on filtre et l'on rapproche le produit de la filtration. Ou examine si l'eau-mère ainsi clarifiée est encore avec^ excès d'alcali!; si elle ne présentait pas cette condition , il faudrait avoir soin d'ajouter une petite quantité de carbonate de soude. Le sous-phosphate de soude ne cristallisant bien que quand il est avec excès "de base , les eaux-mères du sousphosphâte de soude , lorsqu'elles sont neutres ou avec excès d'acide phosphorique , donnent des cristaux informes , et quelquefois même elles n'en donnent pas du tout.

Si les cristaux obtenus d'une première cristalhsation sont colorés , on les fait dissoudre de nouveau dans de l'eau ; on filtre , on laisse déposer le tout, ou bien on filtre, on fait évaporer, et l'on coule dans des terrines qu'on porte à l'étuve.

Le sous-phosphate de soude obtenu comme nous venons de le dire doit être enfermé dans des vases bien clos ; exposé au contact de l'air, il s'altère promptement, devient efïïorescent, et tombe en poussière.

Hassenfratz a publié, dans les Ann. de Chim., t. X, p. 184,' le moyen suivant pour obtenir le phosphate de soude par la décomposition des os calcinés, par l'acide sulfurique, etc. Ce chimiste recommande d'employer 6 livres d'acide sulfurique du commerce sur 9 livres d*os; il fait sentir l'inconvénient qu'il y aurait d'employer une trop grande quantité d'acide pour décomposer le phosphate de chaux. Une partie de l'acide sulfurique restant mêlée au liquide , serait saturée par le carbonate de soude , et, après la saturation , ou obtiendrait du

phosphate de soude mêlé à du sulfate de la même base. Ce procédé) que nous avons répété en grand à plusieurs reprises, donne d'excellens résultats.

Le phosphate de soude verdit le sirop de violettes. Sa saveur, qui est alcaline et urineuse , n'est cependant pas très désagréable. Ce sel est soluble dans J^ parties d'eau à 12°, et dans 2 parties d'eau bouillante ; il cristallise par refroidissement ; ses cristaux sont des prismes rhomboïdaux, dont les angles aigus sont de 60". Le phosphate de soude s'effleurit promptement à l'air ; mais cette efflorescence n'a lieu qu'à la surface. Exposé à l'action de la chaleur, il se fond dans sqn eau de cristallisation. Si l'on élève la température jusqu'à la chaleur rouge, il prend l'apparence d'un émail de couleur blanche.

Le phosphate de soude que l'on trouve dans le commierce est quelquefois mêlé de sulfate de soude , dont la valeur est moindre. Ce sel provient de la quantité d'acide sulfurique trop considérable qu'on a employée dans la préparation du phosphate de soude , ou bien encore il y a été mêlé par fraude. Pour reconnaître si le phosphate de soude qu'on achète est à l'état de pureté, on fait dissoudre dans l'eau 100 parties (grammes) de sous-phosphate de soude, on filtre la solution, on lave le filtre, et l'on verse dans la liqueur filtrée de l'acétate de baryte par petites portions. Il y a double décomposition , formation d'acétate de soude soluble , et de phosphate de baryte insoluble qui se précipite. On cesse d'ajouter de l'acétate de baryte lorsqu'on s'aperçoit que ce sel ne produit plus de précipité. Ou laisse déposer, on sépare ce précipité delà liqueur, on le lave, et lorsqu'il est bien lavé , on le traite^par l'acide nitrique concentré , qui dissout totalement le précipité, si le phosphate de soude étaflt pur, tandis qu'il laisse une partie indissoute,- si ce sel était mélangé de sulfate, lequel a été décomposé et converti en sulfate de baryte. Le poids du résidu insoluble indique la proportion dans laquelle le sulfate de soude était mélangé au phosphate.

Ce sel a été anis en usage dans l'art médical , par le docteur

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Pearson On le donne à la dose d'une à deux onces dans du bouillon aux herbes. Sa saveur étant moins de'sagre'able que celle des sulfates de soude et de magnésie, on l'emploie comme purgatif , de préférence à ces sels.

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