CANAUX CONCÉDÉS A PERPÉTUITÉ
Ces canaux ont été exécutés par les Compagnies.
1° Le canal du Languedoc, avec ses embranchements, a pour but de relier l'Océan à la Méditerranée. Il a un pnrcours de 297 kilomètres, et a été concédé en 1666. Il était terminé en lr>84; il a coûté environ 13 millions de livres tournois, soit à peu près 40 millions de notre monnaie. —Le fonds social est de 12,920,000 fr. divisés en 1,292 actions de 10,000 fr.
2° Le canal de Givors a près de 18 kilomètres. La concession date de 176l. — Le fonds social est de 6.000 actions, ou mieux de 6,000 titres donnant droit à 1/6,000* de la propriété du canal, de ses dépendances et de ses revenus. — Le siège de la Société est à Lyon (1).
3° Le canal d'Aire à la Bassce (départements du Nord et du Pas-de-Calais) a été concédé en 1832. Son parcours est de 42 kilomètres. Le fonds social est représenté par 600 titres évalués en capital à 5,000 fr., et donnant droit chacun à 1 /600e des produits et de la propriété du canal. Chaque action peut se diviser en cinq coupons. Dernière répartition, 540 fr. — Administration, rue Saint-Guillaume, 12.
4° Le canal de Roanne à Digoin a une longueur dfe 55 kilomètres. La concession date de 1827. — Le capital de la Société se compose de 13,000 actions donnant droit chacun à 1/13,000* de la propriété et des revenus du canal. Dernière répartition, 11 fr.
Tous les canaux dont il vient d'être question forment en-
{1} Ce canal a été affermé par ta Compagnie générale des Mines de In Loire, laquelle a un traité de transport avec la Compagnie du chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon ; en sorte que le canal se trouve à peu près sans emploi.
semble un parcours d'environ 2,807 kilomètres. La dépense qu'ils auront coûtée, en moyenne, est d'environ 124,000 fr. par kilomètre : ce qui fait pour le tout un capital d'à peu près 350 millions, dont l'intérêt, à 5 0/0 seulement, serait de 17,500,000 fr., et dont le produit net est à peu près zéro.
On a conclu de ce fait, et fort judicieusement à notre avis, que les canaux ne peuvent, financièrement, être traités comme des entreprises particulières, qui doivent toujours, à peine de ruine et suicide, donner intérêt et dividende; que sous ce rapport, les canaux sont pour des actionnaires des entreprises médiocres, sinon tout à fait mauvaises; qu'ils doivent rester à la charge de l'État, être affranchis par conséquent de tout tarif, et que leur produit doit se trouver dans les résultats généraux de la circulation.