MESSAGERIES IMPÉRIALES (SERVICES MARITIMES
(Siège social : Paris, 28, rue Notre-Dame-des- Victoires.)
Ce fut en 1835 que le gouvernement français entreprit
d'établir un service de bateaux à vapeur, ayant son point de départ à Marseille, et desservant à époques fixes les divers ports du littoral de l'Italie, ,de la Grèce, Malte, Alexandrie, Smyrne et Constantinople.
L'exemple du gouvernement français donna bientôt naissance à la création de lignes semblables, par l'Angleterre, l'Autriche, lçs États-Unis, la Turquie elle-même. Les Compagnies anglaise^ Çunard et Péninsulaire, par le nombre et la puissance de leurs steamers, et par l'étendue de leurs lignes, laissent loin derrière elles aujourd'hui tout ce qui a été tenté en France et dans les autres États.
Pendant quatorze ans le service de la Méditerranée fut exécuté par l'État, avec un déficit annuel de 3,500,000 fr. En 1847 et 1848, ce déficit s'élevait à 4,500,000 fr., non compris les frais généraux, l'intérêt du capital, l'assurance et la dépréciation. Triste monument de l'imbécillité de l'État en matière de commerce et d'industrie.
Le gouvernement pensa alors sans doute qu'il ne pouvait se débarrasser à trop haut prix d'une si détestable affaire : par la loi du 8 juillet 1851, le service des paquebots de la Méditerranée fut concédé à la Compagnie des Messageries nationales, aux conditions suivantes :
Durée de la concession, 20 ans 5
Reprise du matériel de l'État, consistant en 13 navires de la force de 160 à 220 chevaux, pour le prix de 3,318,000 fr.
Subvention de l'État, moyenne annuelle, 2,700,000 fr.
Parcours effectués chaque année, 105,216 lieues marines.
La Compagnie s'est formée au capital de 24 millions de francs, divisé en deux séries de 2,400 actions de 5,000 fr, chacune.
La première série a été seule émise, avec un versement de 2,500 fr. par action : ce qui portait à 6 millions le capital immédiatement disponible.
Or, après une exploitation de 16 mois, le capital de 6 millions n'avait pas été entièrement dépensé : il restait un solde de 607,076 fr. Le produit net de la Compagnie était de 3,086,345 fr.-, elle payait à ses actionnaires un dividende de 600 fr, par versement de 2,500 fr., soit 18 0/0 Tan, et ellean-
nonçait en outre qu'au moyen de ses réserves elle aurait, en quatre années, doublé son matériel ; en autres termes, qu'elle aurait formé, à l'aide de ses bénéfices, et sans rien demander de plus aux actionnaires, la moitié de son capital social. En 1854, la Compagnie des Messageries Nationales hé-
et Cie, à Marseille), à des conditions qui, sans nouveau déboursé de sa part, paraissent devoir doubler son revenu. Cette dernière Compagnie, qui n'a péri que par l'incapacité et l'égoïsme de sa direction, avait fait avec l'État un traité par lequel elle s'obligeait à entretenir 10 navires à vapeur, de la force de 300 chevaux et à grande vitesse; à eflectuer 17 départs par mois de Marseille aux deux ports de l'Afrique de Tunis et Maroc; et à transporter annuellement pour l'État 20,000 hommes et 5,000 tonneaux de matériel; moyennant quoi l'État lui accordait une subvention de un million par an. La Compagnie n'ayant pu tenir cet onéreux engagement, le traité avec l'État a été résilié, et la Société dissoute. La
Compagnie des Messageries Nationales est alors intervenue; " en même temps qu'elle se rendait acquéreur, au plus bas prix, du matériel de Y Impériale, elle obtenait du gouvernement un nouveau traité, avec réduction du nombre des départs mensuels à 10, et augmentation de 500,000 fr. sur l'indemnité allouée.
Depuisla déclaration de guerre, la Compagnie des Messageries Nationales, chargée des transports de troupes et de matériel pour l'Orient, a obtenu la francisation de trois steamers d'origine anglaise; plus encore un million de subvention pour ce supplément de service : en sorte que l'heureuse Compagnie se trouve en ce moment pensionnaire de l'État pour une somme de plus de 5 millions.
Le rapport de 1856 constate les résultats suivants : Les itinéraires réglementaires ont suivi la progression ciaprès :
Dix navires neufs, d'une force collective de 2,490 cho-
rita de la succession de la Comt
ie Impériale (Taffe fils
1853 : 105,216 lieues.
vaux, sont entrés en ligne en 1855; au 31 mai 1856 le matériel naval était de :
Navires en service 41 force. 8,970 chevaux.
— en construction, . 5 — 1,380
Total 46 — 10,360
La Compagnie a fondé à Marseille, à Gonstantinople et dans ses principales agences des établissements spéciaux distribués d'une manière conforme à son organisation et à ses besoins.
Le principal intérêt de l'exploitation s'est porté, en 1855 comme en 1854, sur les transports militaires, 202,914 soldats et officiers de tout grade, 29,250 tonnes de matériel, tel est le mouvement militaire desservi par les navires de la Compagnie, tant à l'aller qu'au retour, depuis le commencement de la guerre jusqu'en mai 1855. — Le navire la Ville* de-Bordcavx s'est seul perdu en 1855. Il n'appartenait pas à la Compagnie, qui Tavait à fret.
Les recettes de 1855 ont dépassé celles de 1854 de 90 0/0, et de 29 0/0 seulement si l'on tient compte de la différence des parcours.
Le développement du trafic se résume comme suit :
Voyageurs. Marchandises.
1852. . . 27,347 9,338 tonnes.
Le compte de l'exploitation se répartit ainsi :
Receltes de toute nature 25,749.092 12
Dépenses 20,275,264 54
Bénéfices 6,473.827 68
dont 5 OjO au fonds de réserve. .... 273.091 25
Solde à reporter 6,200.136 33
Il a déjà été distribué 2.100,000 «
Reste 3.040.136 33
L'administration propose de répartir un dividende der 2,880,000 •»
Solde de l'exercice 1855. 160,135 33
Cette nouvelle distribution, à 60 fr. par action, porte à 105 fr.le dividende moyen annuel payé en 1855 aux actions de la deuxième série.
Le capital social est de 24 millions réalisés; les actions sont de deux séries. — Le conseil est autorisé à émettre un emprunt au moyen de 16,C00 obligations remboursables à l'échéance de 14 ans à partir de leur création, soit au 1er oc* tobre 1870. Elles portent 15 fr. d'intérêt.
Durée de la Société, du 22 janvier 1852 au 31 décembre
L'assemblée se compose des propriétaires de 20 actions.